Le Sec. Noviciat à Saint-Paul-Trois-Châteaux

F. Placide-Louis.

21/Oct/2010

Pour répondre à un vœu du XIV° Chapitre Général : créer un Second Noviciat dont la période serait de neuf mois, St Quentin-Fallavier fut le lieu choisi pour donner suite à ce projet. D'autre part, dans le but de favoriser le plus grand nombre possible de Frères, le Second Noviciat de cinq mois devant se continuer, il fallait trouver un local et un site réunissant toutes les conditions exigées pour ce genre de retraite.

La belle et spacieuse maison de St Paul-Trois-Châteaux fut jugée, à juste titre, le Cénacle idéal des exercices spirituels. En effet, solitude, paix, calme, tranquillité, font le charme de ce séjour où tout porte à la réflexion, à la prière, à l'étude ascétique. D'accord avec le Conseil Provincial, il fut décidé que St- Paul deviendrait le troisième Centre d'un Second Noviciat.

Des travaux d'aménagements furent étudiés par le T. R. Frère Supérieur et les Supérieurs de la Province. Les plans bien arrêtés, on se mit à l'œuvre sans retard. Grâce à l'énergique poussée du Frère Maître élu, F. Fernando Luis, au dévouement inlassable de quelques Frères de la maison, à la prévoyante sollicitude du cher Frère Provincial, Fr. Emile-Antoine, qui dépêcha, pendant les derniers jours, une équipe de secours formée de quelques jeunes Frères aux bras vigoureux, les choses allèrent d'un si bon pas que tout était prêt le 20 août, pour recevoir le groupe de la première Session du Second Noviciat de St-Paul-Trois-Châteaux.

En dépit des difficultés provoquées par une grève de chemins de fer qui affecta toute la France, vingt-deux Frères, venant des contrées les plus lointaines, furent présents pour l'ouverture ; les trois absents arrivèrent quelques jours après, ce qui porta à vingt-cinq le groupe de la première Session de St- Paul, la 80ième de l'Institut.

 Le R. F. Supérieur Général, accompagné des C. F. Régis-Aimé et Marie-Odulphe, vint, malgré la distance assez considérable, présider l'ouverture de ces saints exercices. Le lendemain, dans une paternelle allocution, il détermina, avec toute la clarté et la précision que nous lui connaissons, les fruits que chacun doit s'efforcer de retirer de cette période bénie de rénovation spirituelle dont la Congrégation lui offre le précieux privilège.

« A l'encontre d'une erreur assez répandue, on ne vient pas au Second Noviciat pour se « convertir » quand on a usé toutes ses bougies spirituelles. Non, le Second Noviciat est cette école du cœur, devant retremper l'âme dans la vie intérieure, dans l'humilité, l'abnégation de soi, l'amour de Notre Seigneur et de Notre-Dame…»

Il est difficile de mieux résumer en peu de mots tout le programme de perfectionnement qui doit s'accomplir pendant la durée du Second Noviciat.

Notre Vénéré Supérieur profita de cette occasion pour donner à ses auditeurs un bref aperçu sur la marche de nos causes de béatification et le développement de notre Institut dans le monde, nous invitant, par le fait même, à multiplier prières et sacrifices pour hâter la béatification de notre Vénérable Fondateur qui fait l'objet de tous nos désirs.

 

Saint Paul-Trois-Châteaux est à mi-chemin entre Lyon et la mer Méditerranée. C'est une région historique par excellence. Saint-Paul-Trois-Châteaux fut un évêché qui remonte aux premiers siècles de l'Eglise. Saint Restitut, qu'une tradition identifie avec l'aveugle-né de l'Evangile, en fut le premier pasteur. Quatre-vingt-treize autres lui succédèrent, dont treize ont mérité les honneurs de la canonisation.

Partout on découvre des vestiges des divers peuples qui ont séjourné dans les parages. Sur toutes les hauteurs stratégiques se dressent encore les murs pantelants d'anciens castels ou de vétustés donjons aux tours crénelées, sièges de combats épiques que l'histoire a consignés dans ses pages ; l'on admire aussi de gigantesques statues de la Vierge, ou de modestes chapelles dominant les hauteurs, signes évidents de la foi profonde des populations de jadis.

Le climat est sain, la voûte azurée d'un bleu très pur ; la brume est presque inconnue comme la neige n'y est qu'accidentelle.

Diverses espèces d'arbres produisent des fruits savoureux, de fin mai à décembre. Les cerises ouvrent la marche ; les suivent de près : pêches, abricots. Voici le raisin ; lui font escorte : figues, prunes, poires, amandes et olives. Enfin, le fruit d'arrière-saison : le kaki, beau entre tous dans sa robe jaune-or, exquis par son goût. Il persiste à son point d'attache, alors même que l'arbre s'est dépouillé de sa parure vert-pomme.

Le train, de Lyon, vous transporte par la rive gauche du Rhône, jusqu'à Pierrelatte. Là, un autocar vous accueille et, prenant la direction de l'Est, vient vous déposer, après dix minutes, à la Place centrale de St Paul-Trois-Châteaux.

Un vaste édifice attire immédiatement votre attention, là à votre gauche. « C'est le Couvent des Frères », vous dira un familier des lieux. On s'en approche, on appuie sur le bouton avertisseur de la porte d'entrée. Un vénérable octogénaire remplit l'office de portier. Il vous accueille avec le sourire et vous salue d'une belle expression de bienvenue. En pénétrant dans l'enceinte, on est un peu surpris de n'entendre aucun bruit. L'explication nous en est donnée par l'aimable cicérone qui nous y introduit. « C'est que, voyez-vous, nous ne sommes pas très nombreux ».

En effet, ce quadrilatère imposant d'édifices aux belles lignes symétriques, était autrefois un vaste rucher qui abritait juvénistes, postulants et novices, scolastiques, religieux occupés à maints travaux manuels et toute l'administration provinciale. Mais voilà, la tourmente du laïcisme a étouffé toutes ces belles œuvres ! La cage s'est vidée de ses oiseaux et oisillons qui faisaient le charme de ce séjour. Actuellement, une quarantaine de vénérables vieillards, attendent paisiblement, dans la prière et la pratique des vertus dont ils sont de vivants exemples, l'heure de la récompense finale due aux bons et fidèles serviteurs.

La belle et pieuse chapelle de communauté est le rendez-vous habituel de ces affamés du Bon Dieu. C'est de là qu'ils font descendre sur nous, les Grands Novices, sur leur province et l'Institut, les bénédictions divines. C'est là qu'ils implorent la Vierge Marie de faire surgir les vocations de la Relève, afin que la splendeur religieuse de la France renaisse par l'école dont ils furent, contre vents et marées, les ardents défenseurs et les vaillants champions.

          F. Placide-Louis –Sous-Directeur du S. Noviciat.

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