Le triple esprit de lInstitut

F. S.

07/Sep/2010

Dans l'écusson qui se trouve au bas de la couverture du Bulletin, on s'est efforcé de symboliser avec autant de vérité et de précision que possible tout ce qu'il y a de plus essentiel dans l'idéal que le Vénérable Fondateur se faisait de l'institut, et par conséquent de l'esprit particulier qui doit animer tous ses membres, s'ils veulent s'en montrer les véritables enfants.

Sur un fond d’azur, qui dans la langue héraldique signifie douceur, sérénité, se voient, disposées en triangle, trois violettes d'argent dont l'éclat paisible et discret semble faire briller d'une splendeur plus vive le chiffre d'or de Marie, placé au centre. On a voulu nous rappeler ainsi que, par la pratique fidèle et constante de l'humilité, de la simplicité et de la modestie, dont la violette est l'emblème commun, nous devons honorer et glorifier Marie, notre divine Mère et Patronne, dont la vie est un modèle si parfait de ces belles vertus.

C'est donc — avant même qu'ils aient pu l'ouvrir — une sorte de prédication, une exhortation pieuse aux vertus propres de notre vocation que fait à ses lecteurs notre revue de famille à chaque visite qu'elle leur rend ; mais elle la fait dans une langue que tous peut-être ne comprennent pas bien. C'est ce qui a fait naître à l'auteur de ces quelques lignes la pensée de la leur traduire en langage commun : heureux si, en leur donnant une idée un peu plus nette de l'ineffable idéal qui nous y est proposé, il pouvait rendre plus efficace en eux et en lui-même le désir de s'en rapprocher chaque jour un peu plus !

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A juste titre, nous nous estimons heureux d'être regardés comme les enfants de Marie, de porter son nom, d'appartenir à une Société qu'elle s'est plu à combler de bénédictions toutes particulières ; mais c'est une faveur dont nous devons tacher de nous rendre dignes en cherchant à ressembler à cette divine Mère, à modeler notre vie sur la sienne, à nous pénétrer de son esprit et à faire nôtres les vertus qui ont été spécialement les siennes, à commencer par son incomparable humilité.

Certes, si jamais une pure créature eût pu se croire affranchie de la pratique de cette vertu, et autorisée è avoir de hauts sentiments d'elle-même, ce devait être assurément Marie, car quelle autre fut jamais douée d'un pareil degré d'excellence ? Parfaite dans son corps comme dans son âme ; exempte du péché originel et de ses suites ; pure de tout péché actuel ; fidèle à coopérer à la grâce de Dieu de toute l'étendue de ses puissances, et honorée de l'incompréhensible dignité de mère de Dieu, elle n'était pas seulement supérieure à tous les hommes, mais à tous les anges des plus hautes hiérarchies. Et cependant, jamais créature n'a été plus profondément ni plus sincèrement humble. Plus elle se sent élevée, plus elle reconnaît que cette exaltation est purement gratuite, et plus, de bouche et de cœur, elle s'en proclame indigne, en rapportant toute la gloire au Seigneur. Plus son esprit s'abîme dans la contemplation des grandeurs et dos perfections infinies de Dieu, plus bas sont les sentiments qu'elle a d'elle-même et plus profondément elle se prosterne et s'anéantit devint la majesté du Tout-Puissant, comme nous le voyons notamment dans le Magnificat, qu'on peut regarder comme l'extase de son humilité.

Or, si avec tant de grandeur, tant de perfection, tant de dignité, Marie s'est cru le devoir d'être si humble, comment, malgré toute la bonté que nous lui savons, pourrait-elle nous avouer pour ses vrais enfants, si, sans désir de nous amender, nous étions orgueilleux, vains, présomptueux, infatués de notre personne, nous qui avons, hélas ! tant de sujet de nous abaisser non seulement aux yeux de Dieu, mais encore à nos propres yeux et à ceux de nos semblables ; nous, qui ne pouvons jeter un sincère regard sur nous-mêmes sans nous trouver tant d'ignorance et d'erreur dans l'esprit, tant de passions et de malignité dans le cœur, tant de défaillance et de corruption dans la volonté, tant d'impuissance pour le bien et tant de propension pour le mal ? Pourrions-nous, de notre part, dans ces conditions, lui donner sans rougir le doux nom de Mère ?

En vue de l'honorer, de lui plaire, de mériter son amour et de nous attirer ses maternelles faveurs, ayons donc, à son exemple, une prédilection toute particulière pour la sainte humilité, et faisons de son acquisition l'objet constant dé nos généreux efforts.

Comme nous l'avons déjà vu, Marie, malgré sa sublime élévation et l'excellence incomparable des dons qu'elle avait reçus du ciel, n'eut jamais que d'humbles et bas sentiments d'elle-même. Quand l'Ange Gabriel, messager du Très-Haut, vient la saluer pleine de grâce, elle s'appelle modestement la servante du Seigneur, et quand Elisabeth, inspirée par l'Esprit-Saint, la proclame mère de Dieu, elle ne peut concevoir comment une si éminente dignité a pu retomber sur elle, et elle en attribue la cause à sa bassesse même : parce que Dieu, qui se plaît à exalter les humbles, a regardé la bassesse de sa servante. Prenons garde que le démon et l'amour-propre, en nous faisant perdre le souvenir, de notre pauvreté, de notre insuffisance et même de notre néant, ne viennent, au contraire, grossir démesurément à nos yeux le peu de bien qui peut se trouver en nous, et surtout nous le faire regarder comme le fruit de notre propre mérite, au lieu de l'attribuer uniquement à Dieu, de qui vient toute grâce, et sans lequel nous ne sommes capables d'aucune œuvre méritoire, pas même d'une bonne pensée.

Loin de publier, pour s'en faire gloire, les dons si éminents qu'elle a reçus de Dieu, Marie met tout ses soins à les tenir cachés aux yeux du monde. Nul, autour d'elle, ne semble se douter de sa noble origine, de sa science, de sa sagesse, du privilège insigne qu'elle a eu, seule entre tous les enfants d'Adam, d'échapper à la contagion de la tache originelle, et non seulement elle ne le regrette pas, mais elle évite tout ce qui pourrait le faire soupçonner. Elle ne dit rien à personne, pas même à son chaste époux, du mystère auguste de la maternité divine, et, pour que Joseph en ait connaissance, il faut qu'un ange vienne le lui révéler. Plus tard, lorsque Jésus fait d'éclatants prodiges, elle est toujours absente, et l'on ne parait pas savoir qu'elle est sa mère, pour se révéler comme telle, elle attend qu'il gravisse le chemin du calvaire au milieu des humiliations et des opprobres, et qu'il expire sur la croix entre deux voleurs. Oh ! pour être ses dignes fils, apprenons d'Elle à priser pour ce quelle vaut la gloire du monde et l'estime des hommes. Au lieu d'aimer à nous produire et de rechercher avec une puérile avidité l'approbation, les louanges et les applaudissements de ceux qui nous entourent, aimons comme Elle à vivre inconnus, ignorés, comptés pour rien ; à faire le bien sans bruit selon l'esprit de notre Vénérable Fondateur, plus soucieux de plaire à Dieu, qui voit lé fond des cœurs, que d'obtenir l'approbation des hommes, basée si souvent sur de vaines apparences

Marie ne se contentait pas de fuir les louanges qu'aurait pu lui attirer la divulgation des dons éminents dont Dieu l’avait favorisée ; elle acceptait encore avec résignation et même avec joie comme lui venant de la main de Dieu, toutes les humiliations qui lui arrivaient. Ce dut être, par exemple, une bien pénible confusion pour elle, qui était issue d'un sang royal, de se voir rejetée des hôtelleries de Bethléem parce qu'elle était déchue de ce haut rang, et de ne trouver, parmi ses compatriotes, personne qui voulût lui faire accueil. Et en combien d'autres rencontres ne se trouva-t-elle pas en face de nécessités tout aussi mortifiantes pour l'amour-propre, surtout pendant le temps de la passion de son divin Fils ! Que de fois elle dut se voir montrée du doigt comme la mère d'un malfaiteur ! Que de fois s'entendre charger publiquement d'injures, de sarcasmes, de reproches ! Et pourtant, loin de craindre et de fuir ces humiliations, elle va plutôt volontairement à leur rencontre. Devant les injures et les mépris comme en toute autre circonstance, elle n'a d'autre volonté que la volonté de Dieu, et d'autre désir que de l'accomplir parfaitement. Se regardant devant lui comme une pauvre esclave qui n'a rien en propre, elle ne sait, en toute chose, que se soumettre humblement à lui, et être contente de quelque façon qu'elle soit traitée. Intimement convaincue qu'elle ne mérite que des mépris et qu'elle est indigne des faveurs du ciel, elle accepte avec la même aisance, la même tranquillité et la même joie toutes les dispositions de la Providence quelles qu'elles soient, et bénit Dieu de tout son cœur dans les peines comme dans la consolation, dans les humiliations comme dans la gloire.

Que son exemple nous encourage et nous fortifie, qu'il nous apprenne à conserver du moins la paix parmi les humiliations qui nous surviendront soit de la part de Dieu soit de la part des hommes. Souvent peut-être nous en serons frappés sans que nous croyions les avoir méritées, elles nous viendront non point de ceux que nous pensions être en droit de regarder comme nos ennemis et dont par conséquent nous pouvions raisonnablement les attendre, mais de la part de personnes qui passent pour gens de bien et de vertu, et qui cependant semblent croire rendre service à Dieu en nous contrariant de toutes les façons, en s'opposant sans raison à nos desseins les plus justes, et prenant comme à tâche de nous faire de la peine. Alors si nous écoutons les suggestions de l’amour-propre, nous nous sentirons portés à nous plaindre, à murmurer et même à nous décourager. Mais si nous nous rappelons l'exemple de Marie, si nous la voyons, malgré sa sublime sainteté, en butte à des humiliations et à des épreuves bien autrement pénibles que les nôtres, si nous considérons que la noire ingratitude du peuple juif et la trahison de Judas ne furent pas plus capables de troubler la paix de son âme ni sa parfaite résignation à la volonté de Dieu que la rage malicieuse des Pharisiens, non seulement nous sentirons le murmure et la plainte expirer sur nos lèvres ; mais nous trouverons, avec le courage de baiser amoureusement la main de Dieu qui nous frappe, quel que soit l'instrument dont elle se sert pour cela, la force de rester, comme cette divine Mère, debout même au pied de la croix.

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Devenir humbles dans nos pensées, en puisant dans une exacte connaissance da peu que nous valons une basse opinion de nous-mêmes ; humbles dans nos sentiments en aimant à n'être appréciés que pour ce que nous sommes réellement, c'est-à-dire pour peu de chose ; humbles dans notre volonté en acceptant de bon cœur et pour l'amour de Dieu, comme choses qui nous sont justement dues, les humiliations auxquelles la Providence juge à propos de nous soumettre, tel doit donc être notre premier soin si nous voulons ressembler à Marie et vivré de son esprit.

Le second sera d'avoir un amour de prédilection pour la simplicité évangélique, qui nous portera à fuir comme particulièrement contraire à cet esprit tout ce qui, dans notre manière de penser, de parler, de nous vêtir, de nous loger et de nous conduire, ressentirait la recherche, le luxe, l'apparat, l'ostentation, en un mot, quelle qu'en soit la forme1.

Une des grandes préoccupations des mondains est de briller, de se signaler, d'être remarqués, distingués. Heureux, pensent-ils, ceux qui par leur esprit, leur savoir, leur éloquence provoquent des applaudissements dans les assemblées ! Heureux ceux qui peuvent étaler sur leur poitrine de nombreuses décorations ! Heureux ceux qui vivent dans des habitations magnifiques au milieu des splendeurs du luxe et des raffinements du confortable ! Heureux même, faute de mieux, ceux qui, sur les places et les boulevards, peuvent promener une riche toilette !

Les maximes et les aspirations des Petits Frères de Marie, s'ils veulent plaire à leur Mère du ciel, doivent être toutes contraintes. Au lieu de rechercher fiévreusement ce qui pourrait attirer sur eux les regards et les applaudissements des hommes, ils doivent le redouter comme un périlleux écueil et le fuir le plus possible ; au lieu d'ambitionner des demeures luxueuses et confortables, ils doivent s'estimer heureux — ce sont les termes de la Règle — d'être logés pauvrement, très simplement vêtus, couchés durement et de n'avoir qu'une nourriture frugale.

Comme société, Dieu nous a fait naître dans un séjour qui offrait de nombreux traits d'analogie avec la maison de Nazareth, et c'est sans doute une des raisons qui ont attiré sur nous, dès notre berceau, les regards de complaisance de la Très Sainte Vierge et nous ont valu l'abondance de ses maternelles bénédictions. Oh ! ne l'oublions pas, et tâchons de nous éloigner le moins que nous pourrons de l'heureuse simplicité de ces humbles débuts. Puissent toutes nos communautés rappeler toujours par leurs aspirations et leurs tendances, sinon tout à fait par leur aspect, quelque chose des premiers temps de l'Hermitage et de Lavalla ! Cela les aidera sans nul doute à se maintenir dans l'esprit de Dieu. Elles y trouveront même le moyen de s'attirer, au fond, l'estime des hommes ; car le monde, en dépit qu'il en ait, sent d'instinct la vanité de ses maximes, et, autant il se scandalise de les voir suivre pratiquement par ceux qui font profession de les renier, autant, malgré lui, il se sent pénétré de respect pour ceux qui savent s'en affranchir tout de bon pour suivre celles de l'Evangile.

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Enfin, avec l'humilité et la simplicité, il est un autre trait de ressemblance avec Marie que, d'après nos Constitutions, nous devons particulièrement nous efforcer de reproduire en nous : c'est la modestie. A plusieurs égards cette vertu charmante se rapproche beaucoup de ses deux sœurs que nous, venons de nommer. Ainsi, comme l'humilité, elle tempère en nous le mouvement intérieur par lequel nous sommes poussés naturellement à nous élever, à vouloir paraître, à exceller parmi nos semblables, et comme la simplicité, elle nous porte à fuir le faste, l'ostentation, la parade, pour nous complaire dans la retraite, la solitude, la vie cachée. Mais, sous d'autres rapports, elle a son domaine propre, qui tend à en faire une vertu spéciale.

Elle consiste à composer et harmoniser de telle sorte notre personne qu'à l'extérieur comme à l'intérieur tout y soit marqué au coin de la raison, ennobli, purifié par la grâce, et modéré ou tempéré par une sagesse qui semble s'ignorer. Même avec des traits extérieurs naturellement irréguliers, celui qui la possède à un haut degré reçoit d'elle on ne sait quel attrait indéfinissable qui lui gagne invinciblement l'estime, le respect et l'amour. Dans les lignes de son visage respirent une paix, une sérénité qu'on dirait célestes, ses yeux calmes se baissent naturellement sans aucune affectation, sa parole est ferme sans rudesse, avenante sans rien de mou ni d'efféminé, une gaieté sans évaporation, aussi éloignée de la légèreté que de la sécheresse, jointe à un cœur compatissant, donne un facile accès auprès de sa personne, dans son port et dans sa démarche, tout respire le calme, la mesure, la noblesse, la gravité, et cela sans étude, sans recherche, sans prétention de l'imposer aux autres. L'ordre et la quiétude qui règnent ainsi dans ses facultés et dans ses penchants donnent à tout son extérieur quelque chose de doux, d'attirant, j'allais dire de limpide qui laisse voir à l'œil la grâce et la suave amabilité des vertus de son âme.

C'est sous ces traits, mais à un degré bien supérieur encore, que notre imagination aime à se représenter le Sauveur, l'Homme-Dieu, quand il parcourait les champs et les bourgades de la Judée en prêchant sa céleste doctrine, et sous des traits analogues que les saints Pères se plaisent à nous dépeindre la Vierge Marie… Elle avait, dit Nicéphore, un port si noble et une si douce majesté qu'elle attirait tous les cœurs. Elle parlait peu, mais ses réponses étaient des oracles, et ses paroles pleines de grâce ; une exquise propreté relevait en elle des habits communs ; et, où finissait la nature, ajoute-t-il, là commençait la grâce. Je ne sais quoi de céleste brillait dans toutes ses actions, et la sainteté que Dieu avait répandue dans son âme perçait dans son air, dans ses regards et dans tous ses mouvements. En elle, toutes les vertus semblaient avoir trouvé naturellement leur place.

Regardons souvent cet ineffable modèle et tachons, par esprit filial et par devoir d'état, de le reproduire en nous le moins imparfaitement qu'il pourra nous être donné.

S'il importe, en effet, à tous les chrétiens, pour le bon exemple et l'édification, que leur modestie, comme le recommande saint Paul, soit connue de tous les hommes, cela importe de plus au religieux éducateur pour le bon succès de son ministère auprès des enfants, et au Petit Frère de Marie à un titre plus spécial encore pour rester fidèle à l'esprit de son état, et faire revivre les vertus de son auguste et bonne Mère.

A son exemple, ne concevons de nous que d'humbles sentiments, fuyons le monde et n'aspirons qu'a faire le bien sans bruit, sans ostentation et pour ainsi dire en nous effaçant, ne tolérons rien dans notre personne qui ne convienne à la sainteté de notre état, selon les prescriptions de notre règle, tenons les yeux ordinairement baissés, ne les tournant pas légèrement de côté et d'autre et ne les fixant sur rien qui paisse devenir pour nous un sujet de tentation, ne parlons qu'avec circonspection, et taisons-nous sur tout ce qui pourrait être interprété a notre louange, ne soyons pas trop prompts à donner notre avis, et ne l'exposons que d'une manière réservée, sans trop de désir qu'on en tienne compte ni trop de peur qu’on ne le rejette. Evitons avec soin de parler trop haut, ou trop bas, de nous permettre des bouffonneries de mauvais goût ou des railleries capables d'engendrer des disputes ou de peiner autrui, en un mot, en tout temps et en toute occasion, seuls ou en compagnie dans le repos ou le travail, en récréation comme à la prière, conduisons-nous d'une manière digne de Dieu, en la présence de qui nous sommes toujours. Revêtons-nous de modestie, comme des élus de Dieu2, nous souvenant que celui que demeura, en Jésus-Christ, doit aussi marcher, se conduire et se comporter comme Jésus-Christ3.

Les efforts réitérés que nous ferons dans ce but seront comme autant de fleurs mystiques qui nous permettront d'offrir à notre céleste Mère, à l'occasion de son beau mois, un des bouquets les plus agréables qu'elle puisse recevoir.

                                                                                                                              F. S.

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1 Dans un autre sens, la simplicité évangélique se rapproche de la sincérité, de la droiture de cœur, et nous porte à fuir dans n's rapports avec Dieu, avec le prochain et avec nous-mêmes, tout 'ce lui ressent la duplicité, la malice, l'hypocrisie ; la ruse, l'artifice. C'est ainsi que l'entendait le Divin Maître, quand il disait à ses disciples ; que, pour être dignes du royaume du ciel, ils devaient se faire semblables à des petits enfants, et joindre à la prudence du serpent la simplicité de la colombe. Chez l'homme fourbe et artificieux, il y a pour ainsi dire deux hommes, celui qui apparaît au dehors et celui qui existe réellement au dedans, et ces deux hommes sont souvent très dissemblables ; chez l’homme simple, au contraire, il n'y en a qu'un seul, parce que celui des apparences se confond toujours avec •celui de la réalité, et de là son nom. Sous Cette forme comme sous l'autre, la simplicité fut au nombre 'des plus éclatantes vertus de Marie, et par conséquent elle se recommande à nous aux mêmes titres.

2 Col., III, 12.

3 St. Jean. II, 6.

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