LĂ©cole catholique

F. Charles Howard

21/Jun/2010

« Sans une référence constante à la Parole et sans la rencontre toujours renouvelée avec le Christ, l'Ecole Catholique s'éloigne de son fondement » (L'Ecole Catholique, No. 55). « Dans la perspective de J'idéal chrétien qu'elle poursuit, l'Ecole Catholique est particulièrement sensible à l'appel qui s'élève de toutes parts pour un monde plus juste et elle s'efforce de contribuer à l'établissement de la justice. Elle ne se contente pas d'enseigner courageusement les exigences de la justice, même quand celles-ci s'opposent à la mentalité de l'ambiance, mais elle cherche à les faire pratiquer dans sa propre communauté, notamment dans la vie journalière de l'école». (Id. N°. 58).

Ces passages, ainsi que d'autres encore du document, « L'Ecole Catholique » publié par la Sacrée Congrégation pour l'éducation catholique en 1977, fournit une opportunité de soulever certaines questions dans l'esprit de cette « autocritique permanente » et de « retour régulier aux principes et aux motifs de son inspiration » mentionnés dans ce même document (No. 67). Cette autocritique ne doit pas être uniquement négative. Il est patent qu'au moins sous certains aspects, nos écoles soient meilleures qu'autrefois: les professeurs sont mieux formés, les rapports avec les parents sont plus fréquents, l'atmosphère générale de beaucoup d'entre elles est empreinte d'une saine liberté, etc. … Il est important de reconnaître ces développements positifs, car certains Frères sont souvent leurs propres critiques les plus incisifs et sont davantage conscients des problèmes et des déficiences que du bien réalisé. Peu nombreux sont ceux qui pourraient nier que la tâche de l'école catholique est plus que jamais exigeante vu que les influences traditionnelles sont de plus en plus éclipsées par les mass-médias, les groupes de jeunes et d'autres. C'est une raison de plus pour nous de garantir que nous portons une attention particulière à ces deux choses qui sont vitales pour le développement spirituel de nos jeunes: leur formation à la prière et leur formation à la justice sociale. Donc, dans l'esprit d'autocritique, mentionné dans le document, nous présentons ici quelques questions relatives à ces deux aspects du développement de la foi.

 

1) Ceci implique la nécessité de créer un climat favorable, approprié parmi le personnel enseignant afin qu'il soit lui-même sensibilisé à ces résultats et que l'intérêt aux résultats de la « justice sociale » ne soit pas considéré comme un violon d'Ingres de certains Frères. En ayant ceci dans la tête et en se rappelant que le Concile Vatican II a dit que la tâche la plus ardue des éducateurs était d'instruire les jeunes aux nouveaux sentiments générateurs de paix (Gaudium et Spes, No. 82) quelle priorité nos écoles accordent-elles à la préparation des professeurs à ces responsabilités?

2) Nous pouvons nous réjouir d'un véritable progrès dans la plupart de nos écoles, en des domaines comme la coresponsabilité, l'initiative personnelle, le développement de la maturité, qui toutes contribuent à créer un climat de justice dans la communauté scolaire. Cependant des injustices peuvent encore subsister dans certains domaines comme la méthode de sélection des élèves, la tension excessive dans la compétition, l'attention trop faiblement accordée aux moins douées, etc. … Considérons-nous sérieusement ces possibilités d'injustice à l'intérieur de l'école elle-même?

3) Les conséquences de la justice et de la paix et leur théologie sont-elles intégrées dans la vie de l'école de quelque manière organisée ou bien en laisse-t-on le soin à l'initiative personnelle des professeurs?

4) Quelle méthode appliquons-nous pour entraîner nos élèves dans des activités apostoliques compatibles avec leur âge et leur développement intellectuel, et voyons-nous ceci comme partie intégrante de leur développement dans la foi, ou comme une sorte de matière à option? Nous pourrions citer à nouveau la déclaration du Pape Paul VI dans Evangelii Nuntiandi que «les jeunes devraient être encouragés à devenir toujours davantage les apôtres de la jeunesse ».

5) Plusieurs écoles sont généreuses en ramassant de l'argent pour les missions et autres œuvres charitables. Pourtant, la somme est parfois fort maigre, en comparaison avec l'argent dépensé pour les derniers aménagements de l'école. Ne montrons-nous pas à nos élèves et à leurs parents un ordre de priorité faussé?

6) Quels sont parmi les aspects de notre école et parmi les événements les plus significatifs ceux qui caractérisent le message de l'Evangile concernant les faibles et les défavorisés, le service de la communauté, la simplicité de vie et la lutte contre la société de consommation?

* * *

Une des difficultés que l'on rencontre en écrivant brièvement ces questions est le danger de trop simplifier, surtout depuis que les conditions sont si différentes dans beaucoup de pays. Il y a cependant un autre problème, qui peut être plus sérieux encore, c'est que la complexité de ces questions peut nous paralyser et empêcher toute action concrète.

En effet, dans beaucoup de nos écoles, il se fait un travail excellent, en dépit des difficultés, et le but de ces questions est de stimuler nos efforts, en pensant que nous faisons l'oeuvre de Dieu, qu'il est là pour soutenir notre courage et notre patience, sachant aussi, que nous vivons un moment spécial de l'histoire où, de toute évidence, l'Esprit est à l'oeuvre, tant dans les mouvements de prière que dans la lutte pour un monde plus juste. Nous devons être les parties vitales de ces mouvements, pour notre propre spiritualité, pour la formation dans la foi de nos élèves, pour la promotion des vocations, et pour le futur de notre congrégation.

F. Charles Howard, C.G.

Traduit de l'original anglais.

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