LĂ©panouissement progressif du culte de saint Joseph

23/Sep/2010

"Si le divin Fondateur du christianisme, au moment de remonter au ciel et au jour où il envoya le Saint-Esprit à ses apôtres, a mis l'Eglise entière en possession de tous les trésors de sa vérité et de sa grâce; et si les dons surnaturels de Dieu, comme Dieu lui-même, ont la propriété de ne pas s'épuiser ni s'amoindrir en se prodiguant, il entrait néanmoins dans le plan de sa sagesse suprême de réserver à son œuvre des développements graduels et successifs.

Sous l'influence de causes très diverses, et par suite de situations multiples avec lesquelles la religion entre en contact, mais surtout en vertu de la Providence très spéciale qui préside aux choses du monde surnaturel, des circonstances naissent où le double dépôt de la doctrine et de la piété chrétiennes semble produire des éléments nouveaux qui sont la mise en lumière ou la mise en œuvre de richesses jusque-là moins aperçues.

De siècle en siècle, les travaux des doctes, les méditations. des saints et, en dernier ressort, les enseignements de l'Eglise reculent et agrandissent le domaine de la science sacrée et de la foi. Par une autre voie non moins sûre, à condition qu'on y suive le mouvement de l'Esprit-Saint sous la conduite de l'Eglise, les élans de la ferveur chrétienne opèrent encore un progrès analogue. Ce que sont les définitions du corps enseignant dans l'ordre spéculatif, les dévotions du peuple le réalisent dans la pratique. Et comme les premières ne sont pas de simples théories, mais se résolvent en actes de foi et d'amour, les secondes ne. sont salutaires et légitimes que parce qu'elles s'appuient sur une base dogmatique. Les unes et les autres sont donc un épanouissement de vérité comme de grâce… C'est de quoi l’histoire du culte de saint Joseph, quand on en étudie les diverses particularités, nous fournit une justification frappante.

Les fondements de ce culte reposent sur l'autorité certaine de l'Évangile et sur les raisons théologiques les plus concluantes. Et cependant l'antiquité chrétienne, alors même qu'elle professait très explicitement sa piété envers d'autres saints, par exemple envers le saint Précurseur, envers les saints Apôtres, envers les premiers martyrs, est trouvée muette ou â peu près sur ce point.

Ce n'est pas que les grands docteurs se soient tus sur les prérogatives et les vertus du virginal époux de Marie, du père nourricier de Jésus, du dépositaire des Conseils divins : à le bien prendre, on trouve dans Origène, dans saint Chrysostome et surtout dans saint Augustin, le germe de tout ce qui est venu plus tard sous la plume des scolastiques et des mystiques; et il n'en pouvait être autrement. Quoique rares et concis, les textes évangéliques qui s'y rapportent sont tellement substantiels et expressifs qu'il était impossible aux commentateurs de ne pas mettre au jour la doctrine qui en découle.

Mais c'est cela même qui fait naître un juste étonnement. Comment s'expliquer que le passage de la spéculation à la pratique ait été si lent à se déterminer, et que les annales de l'Eglise d'Occident n'offrent, pendant tant de siècles, aucune trace d'un culte liturgique, d'un hommage publie, d'une dévotion populaire envers celui qui se recommandait par tant de titres à la confiance et à la vénération des peuples?

Ce fait, si peu concevable en lui-même, reçoit son explication de la loi que nous avons énoncée. Le culte de Saint Joseph était un de ces dons que le Père de Famille, comme un prudent économe, s'est proposé de tirer plus tardivement de son trésor; c'était une de ces réserves, si l'on peut ainsi dire, une de ces surprises que le suprême ordonnateur du festin des âmes avait ménagées pour la fin du banquet …

Cette augmentation, cette extension progressive de la gloire terrestre de saint Joseph, annoncée et préparée par plusieurs personnages marquants du moyen âge, a été prédite surtout en termes frappants par un fils de saint Dominique, Isidore de Isolanis, au commencement du XVI° siècle.

Le Saint-Esprit, disait-il, ne cessera point d'agir sur les cœurs des fidèles jusqu'à ce que l'Eglise universelle honore avec transport le divin Joseph d'une vénération nouvelle, fonde des monastères et érige des églises et des autels en son honneur.

Jésus-Christ, pour la gloire de son propre nom, a destiné saint Joseph à être le patron particulier et principal de tout l'empire de l'Eglise militante. C'est pourquoi, avant le jour du jugement, tous les peuples connaîtront, vénéreront et adoreront le nom du Seigneur et les dons qu’il a faits à saint Joseph, dons qu'il lui a plu de laisser presque cachés durant une longue suite de temps.

Le Seigneur enverra sa lumière jusque dans le plus intime des intelligences et des cœurs; de grands hommes scruteront les dons intérieurs de Dieu cachés en saint Joseph, et ils trouveront en lui un trésor d'un ineffable prix, tel qu'ils n'en ont point trouvé dans les saints de l'ancienne alliance.

Le Vicaire de Jésus-Christ, obéissant à l'inspiration du Saint Esprit, commandera que la fête du père putatif de Jésus, de l'époux de la Reine da monde, de l'homme très éminent en sainteté soit célébrée dans toutes les contrées de l'Eglise orthodoxe. Et ainsi celui qui dans le ciel a toujours été au premier rang ne sera point a un rang inférieur sur la terre.

Et tout cela s'est vérifié avec une précision si remarquable qu'on ne saurait refuser au pieux écrivain, sinon le don de prophétie, du moins la prévision la plus étonnante des moindres détails de l'avenir sur ce point.

Déjà avant lui, au XV° siècle, deux hommes éminents à des titres divers, Saint Bernardin de Sienne et Jean Gerson, l'illustre chancelier de l'Université de Paris, s'étaient appliqués à sonder le mystère des grandeurs de Saint Joseph en vue de procurer l'extension de son culte. Le premier consacra plusieurs discours célèbres à développer les mérites transcendants du glorieux Patriarche; et, tandis qu'il en popularisait le nom de ville en ville sur le sol de l'Italie, le second prononçait devant les Pères du Concile de Constance (1414) — dans l'espoir que l'intervention du virginal Epoux de Marie mettrait fin au grand schisme qui désolait alors l'Eglise d'Occident — un discours écouté avec grande faveur et très solidement basé, où il réclamait pour le bienheureux Chef de la Sainte Famille une place d'honneur dans la liturgie catholique.

En même temps, les familles religieuses de saint Dominique et de saint François s'employaient avec zèle à propager par toute la terre le culte de saint Joseph, apporté d'Orient en Occident par l'Ordre du Carmel ; de nombreuses églises en-France, en Belgique, en Allemagne et dans l'Italie du Nord l'adoptèrent, et celle de Rome, dès le milieu du XV° siècle, avait déjà un office propre. L'heure semblait donc venue où les Papes pouvaient intervenir et faire d'une dévotion jusque là particulière un culte officiel de l'Eglise universelle. Ce fut la gloire de Sixte IV, un Frère Mineur, de l'avoir compris. Par un décret qui porte la date de 1481, il institua la première fête générale de saint Joseph, avec le rite semi-double, et son successeur immédiat, Innocent VIII, l'éleva, dix ans plus tard, au rang de double.

En 1621, Grégoire XV la rangeait parmi les fêtes de précepte pour tout l'univers, et en 1714, Clément XI composa pour cette solennité, déjà élevée par Clément X au rite double de 2nde classe, une messe et un office propres qu’il tira en grande partie des Saintes Écritures. Ainsi chaque siècle amenait un pas en avant; les interventions pontificales se faisaient de plus en plus fréquentes, encore que l'Eglise procédât toujours avec la sage lenteur qui la caractérise, et c'était chaque fois pour ajouter à la couronne de Saint Joseph un fleuron nouveau.

Si le culte liturgique rendu aux saints par l'Eglise est avant tout un hommage dû à l'excellence de leurs vertus, il est aussi, et presque toujours principalement, inspiré par la confiance des fidèles en leur pouvoir et par l'efficacité éprouvée de leur intercession auprès de Dieu. De sorte que, s'il est vrai de dire que ces heureuses interventions successives des Souverains Pontifes en faveur du culte de saint Joseph contribuèrent puissamment à accroître la dévotion des fidèles envers le saint Patriarche de Nazareth, il est tout aussi vrai d'affirmer que ce fut l'empressement des fidèles pour le service de saint Joseph qui, par l'intermédiaire de savants théologiens et de quelques âmes d'élite, détermina les Souverains Pontifes â intervenir aux moments marqués par la Providence.

Or cet empressement des fidèles à honorer et invoquer saint Joseph, qui s'était déjà manifesté avec éclat dès le XIV° et le XV° siècle, ne cessa de grandir dans les siècles suivants; et il faudrait des volumes pour rapporter avec quelque détail toutes les manifestations de la piété privée, tous les monuments de la confiance des familles, des villes, des royaumes, des corporations séculières ou régulières au cours des XVI°, XVII° et XVIII° siècles. Construction de temples, de chapelles, d'autels ; érection de monastères, établissement de fêtes secondaires… que sais-je?? autant de preuves de ce sentiment de jour en jour plus vif qui porte les âmes pieuses â reconnaître dans saint Joseph une intercession très puissante par elle-même, comme aussi une providence particulière réservée à la société chrétienne et à l'Eglise pour le temps des grandes épreuves..

Au XVI° siècle, cette orientation de la dévotion et de la confiance des fidèles envers saint Joseph se personnifie d'une façon tout à fait remarquable dans sainte Thérèse d'Avila, l'illustre réformatrice du Carmel. Par l'intervention du saint Patriarche, elle avait été guérie d'une maladie qui la tourmentait depuis trois ans et qui mettait ses jours en péril. Depuis lors sa confiance n'eut plus de bornes. Aux autres saints, disait-elle, le Très Haut donne seulement grâce pour nous secourir dans tel ou tel besoin; mais au glorieux saint Joseph, je le sais par expérience, il a donné le pouvoir de nous secourir dans tous nos besoins sans exception… Je ne me souviens pas de lui avoir rien demandé jusqu'à ce jour qu'il ne me l'ait accordé… Il m'a même toujours exaucée au delà de mes prières et de mes espérances Quel tableau je mettrais sous les yeux, s'il m'était donné de retracer les grâces insignes dont Dieu m’a comblée, les dangers de l'âme et du corps dont il m'a délivrée par la médiation de ce bienheureux saint !… J'ai toujours vu les personnes qui ont pour lui une dévotion vraie et soutenue par les œuvres faire des progrès dans la vertu; car ce céleste protecteur favorise d'une manière frappante l'avancement des âmes qui se recommandent á lui. Les personnes d'oraison surtout doivent l'aimer avec une filiale tendresse… Que celui qui ne trouve personne pour lui enseigner à faire oraison choisisse cet admirable maire: il, profitera en peu de. temps et ne s'égarera pas sous sa conduite.

En reconnaissance des secours qu'elle avait obtenus de son généreux Protecteur pendant qu’elle bâtissait le monastère Saint-Joseph d'Avila, la sainte réformatrice se voua avec une ardeur sans réserve à la diffusion de son culte. Sur les dix-huit monastères qu'elle fonda, elle n'en plaça pas moins de treize sous le patronage du bienheureux Patriarche.

Au XVII° siècle, saint François de Sales; le pieux Olier et plusieurs autres maîtres de la vie spirituelle lui consacrent quelques-unes de leurs pages les plus lumineuses, les plus attrayantes et les plus onctueuses; Bossuet, célèbre ses vertus et ses mérites dans deux panégyriques qui sont à la fois parmi les plus magnifiques monuments élevés à la gloire du héros et parmi les chefs-d’œuvre les plus accomplis du théologien et de l'orateur; et c'est pour condescendre aux instantes prières d'une pieuse Carmélite, la vénérable Claire Colonna, émule de sainte Thérèse dans le culte du saint Gardien du Sauveur, que le pape Clément XI au commencement du XVIII° siècle composa l'office dont nous avons parlé plus haut.

A cette occasion même, on avait fait de divers côtés la demande de l'insertion du nom de ce grand saint dans les Grandes Litanies. Mais la Ste Congrégation des Rites trouvait de graves difficultés à l'accueillir. D'une part, en effet, elle craignait d'encourager une foule d'autres propositions de ce genre qui auraient eu l'inconvénient d'allonger indéfiniment les litanies alors qu'elle avait justement à lutter contre une tendance marquée à les raccourcir arbitrairement. Et d'autre part, quelle place y donner à saint Joseph? S'il n'occupait que son rang dans la série des confesseurs non pontifes, n'était-ce pas l'amoindrir au lieu de le relever dans la vénération des peuples? Et cependant, pouvait-il figurer dans les litanies à un autre titre que dans les offices divins ?.

Heureusement, quand vint l'heure de prendre une décision, il se trouva, par une permission de la Providence, que le promoteur de la foi était le grand canoniste Prosper Lambertini, encore simple prélat, mais destiné à devenir bientôt pape sous le nom de Benoit XIV ; et, dans la savante dissertation où il justifiait son suffrage favorable, il résolut toutes les difficultés d'une manière si lumineuse et si péremptoire que ses conclusions purent être adoptées sans hésitation par le Pape Benoit XIII, alors régnant. A la crainte de favoriser l'allongement des litanies et d'en rendre ainsi l'usage presque impossible dans les cérémonies sacrées, il opposa victorieusement que les fonctions sans égales confiées à saint Joseph et les vertus incomparables qui y correspondirent de sa part plaçaient la question à une hauteur capable de tenir à une distance comme infinie toutes les autres prétentions. Quant à la place que devait occuper le bienheureux chef de la Sainte Famille dans la série des saints, il montra que le titre d'époux. sans tâche de la Vierge Mère et la qualité de Père du Christ, énoncée dans les Ecritures et confirmée par la sujétion filiale de l'Homme-Dieu, constituent des prérogatives, supposent des mérites et des vertus qui posent saint Joseph en dehors de toutes les catégories ordinaires; d'où la conséquence que son invocation peut et doit précéder celle des apôtres et des martyrs parce que son ministère, par sa nature et sa fin, dépasse tous les autres ministères. Et, si on la place même avant l'invocation générale des Patriarches et des Prophètes, il faut y voir, au lieu d'une difficulté, une convenance très solide, puisque la qualification de patriarche appartenait aux chefs de toutes les familles dont se composait le peuple de Dieu, et que dans la Sainte Ecriture elle même saint Joseph est appelé Père de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui est le chef de tous les prédestinés et des élus.

Et, conformément à ces considérations, le Souverain Pontife, par décret du 19 décembre 1726, ordonna que le nom de saint Joseph serait inséré après celui de saint Jean-Baptiste, soit dans les Grandes Litanies, soit dans les Litanies plus courtes pour la recommandation de l'âme, lesquelles seraient désormais récitées avec cette addition par tous les fidèles.

En demandant ainsi pour le très fidèle Gardien de Jésus et le très saint Epoux de Marie le seul genre d'honneur et de culte qui semblait pouvoir être surajouté à tout ce qui avait précédé, le savant promoteur de la foi ne prévoyait pas qu'on pût aller plus loin; mais un des théologiens dont il s'était plu à invoquer le témoignage, le pieux Dominicain Isidore de Isolanis dont nous avons déjà parlé, avait écrit deux siècles auparavant, comme éclairé par une sorte d'intuition prophétique; "Jésus-Christ, pour la gloire de son propre nom, a destiné saint Joseph à être le patron particulier et principal de tout l'empire de l'Eglise militante, et sa fête doit prendre rang parmi les fêtes les plus importantes et les plus révérées" ; et l'acte apostolique qui devait réaliser cet oracle était depuis longtemps dans les vœux de la chrétienté. Ne convenait-il pas de penser, en effet, que le Serviteur fidèle que Dieu avait établi sur la terre, l'économe et le pourvoyeur de la Sainte Famille, et qui avait eu à suffire si souvent à des besoins pressants, à des situations extrêmes, a gardé dans le ciel le don et le privilège d'être en quelque sorte la providence temporelle des enfants. de Dieu aux abois? Ayant droit, par ailleurs au titre de patriarche, ainsi que nous l'avons vu plus haut, avant tout parce qu'il est, dans un sens aussi élevé que vrai, le chef et le père de toute la nation des élus, de toute la grande famille des membres mystiques de Jésus-Christ, Fils de Dieu, ne semble-t-il pas que ce soit à lui que revient spécialement la sollicitude en même temps que la puissance de pourvoir aux nécessités du peuple chrétien? Et s'il n'est pas rare que la détresse des particuliers ait reçu de lui les soulagements les plus inopinés, à combien plus forte raison la grande Société qui est devenue la maison du Christ sur la terre, et le successeur de Pierre, qui en est le conducteur visible, ne sont-ils pas en droit d'attendre de lui aide et secours aux heures difficiles?

Depuis longtemps, des esprits aussi éclairés que pieux avaient pensé que la réponse ne pouvait être qu'affirmative. Cette persuasion, à laquelle obéissait déjà le chancelier Gerson quand il insistait auprès des Pères du concile de Constance pour qu'une fête fût établie dans l'Église universelle en l'honneur de saint Joseph, s'était étendue et fortifiée de siècle en siècle; et l'on peut dire qu'elle était devenue à peu près unanime, lorsque le Pape Pie IX, le 7 décembre 1817, donna une première satisfaction au désir du peuple chrétien en étendant à toute l'Église la fête du Patronage de Saint Joseph, déjà concédée en 1680 aux Carmes réformés.

Cette concession fut accueillie avec joie; mais on souhaitait davantage encore;. on aspirait a voir le saint Patriarche de Nazareth, authentiquement revêtu du titre de Patron de l'Église universelle. Les suppliques dans ce sens se multiplièrent; des divers points de la chrétienté, les évêques firent arriver leur suffrage et celui des fidèles; en 1863, une réunion considérable de hauts dignitaires ecclésiastiques, assemblés à Trente pour célébrer le troisième centenaire du grand concile de ce nom, manifesta publiquement le désir d'un accroissement nouveau du culte de saint Joseph en vue d'obtenir la solution favorable des difficultés qui s'accumulaient d'année en année autour du Père commun des fidèles.

Enfin en 1870, au Concile du Vatican, la même demande fondée sur les mêmes considérations fut renouvelée avec éclat.

Manifestement, l'heure marquée dans les conseils d'En Haut pour la réalisation de ce vœu avait sonné; et c'est pourquoi, le 8 décembre de cette même année, le Saint Père, déterminé par la déplorable condition des choses d'alors, fit rendre par la Ste Congrégations des Rites, un décret qui proclamait solennellement saint Joseph Patron de l'Église universelle. Quelques mois plus tard, le 7 juillet 1871, il confirmait lui-même ce décret par des Lettres apostoliques où, non content de placer le saint Patriarche à la tête de l’Eglise persécutée, il élevait sa fête au rang de première classe, et prescrivait que son nom fût introduit parmi les suffrages communs de la messe et de l'office aux jours où ils sont d'usage.

Ce fut, dans tout l'univers chrétien, en même temps que le point de départ de la plus belle efflorescence de dévotion qu'on eût encore vue envers le glorieux Epoux de Marie — dont les images, les statues, les sanctuaires, les confréries, et les autres témoignages de la piété catholique à son égard se sont multipliés depuis d'une façon vraiment merveilleuse — l'occasion d'innombrables faveurs spirituelles et temporelles, publiques et privées, par lesquelles le saint Protecteur se plut à répondre au titre nouveau qu'il avait reçu du Chef suprême de l’Eglise et au redoublement de confiance dont il était devenu l'objet de la part des fidèles.

A ces faveurs, notre chère Congrégation, comme un grand nombre d'autres familles religieuses, a eu sa grande part et c'est pourquoi nous avons une raison toute spéciale, comme nous le disait le Révérend Frère Supérieur dans sa circulaire du 2 février dernier, de participer fervemment, avec tous nos élèves, aux prières et aux solennités qui ont lieu, cette année, clans tous les diocèses pour célébrer le cinquantième anniversaire de ce mémorable événement. Selon les intentions du Saint Père qui les a ordonnées, nous continuerons donc à demander avec tous les bons chrétiens par la puissante intercession du glorieux Patriarche, le retour de la paix clans le monde, l'accroissement de l'union et de la charité entre les diverses classes de la société, le respect de l'autorité el l'observation des lois divines dans les familles, et pour nous-mêmes l'imitation du tendre amour de Joseph pour Jésus et Marie.

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