Lérida, Collège de N. D. du Montserrat

06/Sep/2010

Grandiose, touchante et vraiment digne du plus doux souvenir — dit le Diario de Lérida, dont nous ne faisons que résumer l'intéressant article — a été la fête organisée par les Frères Maristes de cette capitale, le 30 avril dernier, fête de N. D. du Montserrat, patronne de leur Collège, à l'occasion d’une centaine de leurs élèves qui faisaient la première Communion.

A huit heures du matin, au joyeux son d'un pas redoublé exécuté par la musique du Régiment de Navarre, élèves et professeurs sortirent de l'Etablissement, précédés de leur magnifique bannière et défilèrent en bel ordre dans les rues de Cataluña, S. Antonio et la Palma. On ne pouvait se laisser d'admirer cette belle phalange d'enfants, très jeunes pour la plupart, fraîchement et élégamment parés pour le grand jour, et qu'on aurait pris volontiers pour des chérubins, si grandes étaient la paix, la sérénité et la sainte joie qui se reflétaient sur leurs visages.

En face du palais épiscopal, Mgr. l'évêque revêtu de la chape, avec la mitre en tête et la crosse en main, se joignit à la procession qui bientôt après entrait ainsi solennellement dans l'église de S. Lorenzo, où devait avoir lieu la cérémonie, tandis que le chœur et l'orgue alternaient les versets du psaume Laudate pueri Dominum. Dans l'assistance nombreuse et choisie qui s'y pressait, on remarquait S. Ex. M. le Gouverneur civil, M. le Député Aunes et plusieurs ecclésiastiques de distinction.

Sa Grandeur célébra l'auguste sacrifice à l'autel du Santo Cristo, artistement décoré, orné d'une profusion de lumières, où se détachait l'image de la divine Reine de l'Amour. Du haut de son trône l'auguste Vierge semblait sourire maternellement ces tendres enfants qui, semblables à de jeunes lis, lui offraient le parfum de leurs cœurs innocents, où dans peu d'instants allait venir prendre ses délices le Dieu de l'Eucharistie.

Mais voici arrivé le doux moment qu’ils désiraient avec tant d'ardeur et dont une pieuse allocution leur a fait sentir mieux encore tout le prix Qui pourrait décrire la scène délicieusement émouvante qui alors nous captiva tous, tant que nous étions, réunis au pied du saint autel ? Qui pourrait peindre la beauté du visage de ces anges terrestres qui, illuminés par la foi en la présence réelle de tout un Dieu contenu dans l'Hostie, et le cœur brûlant de plus pur amour, allaient tour à tour s'agenouiller au pied du saint autel, et recevoir des mains du vénéré Prélat le pain de vie qui devait fortifier leurs âmes ? Ah ! il n'est pas étonnant que des yeux d'un grand nombre jaillissent des larmes de bonheur et d'attendrissement que leur ange gardien dut recueillir pour en orner un jour leur couronne.

Ils furent suivis à la Table Sainte par un grand nombre (plus d'une centaine) de leurs condisciples, qui avaient voulu s'associer à leur bonheur et par une longue procession de leurs parents. La Communion dura 45 minutes et plus de 600 personnes y prirent part. Pendant la cérémonie le chœur exécuta, sous la direction de l'auteur lui-même, le beau Poème Eucharistique de D. Eudaldo Meléndrez Clara, tellement goûté du public qu'on en demanda instamment la répétition à l'exercice du soir.

Cet exercice ne fut pas moins beau ni moins attendrissant que celui du matin. En présence du Saint Sacrement exposé, le R. Dr. José Cortecans, monta en chaire, et, dans un langage brillant, quoique toujours à la portée de la jeunesse, à laquelle il s'adressait spécialement, il célébra d'abord la gloire et les bienfaits de la divine Eucharistie, présentant la sainte Communion comme l’antidote infaillible contre les séductions du monde, du démon et de la sensualité ; puis , montrant à ses jeunes auditeurs captivés les divers objets disposés sur une petite table pour la cérémonie de la rénovation des vœux du Baptême, il les invita à venir jurer sur ces objets sacrés qu'ils seraient toujours fidèles à Jésus et à Marie, leur promettant que, moyennant cette fidélité, ils s'acquerraient pour le ciel une palme et une couronne qui ne se flétriraient jamais.

Un des jeunes premiers communiants, d'une voix attendrie qui fit verser des larmes à bien des assistants, lut ensuite, au nom de tous, une belle consécration à Marie, et la fête se termina par la Bénédiction du Très Saint Sacrement et un chant populaire en l'honneur de la Vierge.

Avant la sortie, les Frères eurent l'attention, en guise de souvenir, de faire hommage à tous les assistants d'un exemplaire du précieux autographe par lequel le Souverain Pontife avait daigné répondre à la lettre que le jeune José Ferrer lu avait adressée au nom de tous ses camarades de la première Communion. Cet autographe est ainsi conçu :

Ai cari fanciulli, col voto che si conservino sempre bruni come nel giorno in cui faranno la Prima Comunione, anche a conforto ciei loro Genitori e dei diletti Religiosi the si consacrano alla loro educazione, impartiamo con particolare affetto l'Apostolica Benedizione.

Dal Vaticano, li 12 aprile 1911.

PIUS PP. X.

A nos chers enfants, avec le vœu qu'ils se conservent toujours sages comme au jour où ils feront leur Première Communion, et aussi pour la consolation de leurs chers Parents et des bien-aimés Religieux qui se consacrent d leur éducation, Nous accordons avec une particulière affection la Bénédiction Apostolique.

Du Vatican, le 12 avril 1911.

PIE X Pape.

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