les fêtes de la béatification à la Maison-Mère

23/Oct/2010

La Maison-Mère a vibré, elle aussi, de joie, d'enthousiasme et de ferveur en cette circonstance unique de notre histoire. Évidemment, l'absence des Supérieurs Majeurs et des chefs de section, présents à Rome pour l'exaltation officielle de notre Fondateur par la Sainte Église, enlevait à nos solennités ce cachet habituel des fêtes de famille présidées par le père et les frères aînés ; néanmoins, un lien invisible mais réel unissait fortement Rome et Saint-Genis-Laval dans une communauté de sentiments et de prières, dans l'allégresse, la fierté et surtout l'action de grâces.

Dès la veille, samedi 28 mai, la jeunesse en formation est mobilisée pour l'ornementation et la décoration de la chapelle, de la cour intérieure, des salles et des réfectoires et tout spécialement de la façade où se trouve la statue du Père Fondateur. Dans l'allée qui va de la chapelle au monument du Père Champagnat, de magnifiques dessins à la sciure coloriée donnent l'impression de riches tapis étendus sur le sol. Un artistique monogramme marial, encadré de deux tapis multicolores de ce genre, est étalé devant la statue du Fondateur. Plusieurs drapeaux aux couleurs papales et nationales sont disposés en faisceaux autour de la Vierge qui domine la façade de la chapelle, ou flottent au-dessus du toit.

Un grand écriteau BIENHEUREUX CHAMPAGNAT, en lettres détachées, ne sera placé que le lendemain tout au long de la façade, au-dessus de la statue.

A 21 heures, avant la prière du soir, a lieu une petite veillée devant la statue du Père Champagnat, avec un mot bref, mais combien émouvant, du C. F. Jean-Émile. Vicaire Général, le chant de quelques strophes de circonstance reprises en chœur par toute l'assistance, puis celui du Salve Regina.

 Et nous voici arrivés à ce jour si longtemps attendu, qui comble tous nos vœux.

Le Salve Regina du Centenaire (1917), s'élève vibrant de toutes les poitrines comme première manifestation de respect, d'amour et de reconnaissance envers « Celle qui a tout fait chez nous » et qui a toujours si visiblement protégé son fidèle Serviteur, aujourd'hui à l'honneur.

Tout à l'heure ce sera le colloque intime avec Notre-Seigneur par la Sainte Communion reçue avec une ferveur accrue et attisée par le souffle de l'Esprit-Saint que l'on fête tout particulièrement en ce jour.

A 9 heures, dans la chapelle gothique artistiquement décorée et brillamment illuminée, c'est la Grand'Messe solennelle dont les chants seront exécutés avec le concours du Scolasticat, du Noviciat et du Juvénat voisin.

En suivant le chant de l'épître et la longue liste des « Juifs pieux venus à Jérusalem de toutes les nations qui sont sous le soleil » (Act. II, 5), notre pensée se porte instinctivement vers la Basilique de Saint-Pierre de Rome où se trouvent réunis à cette même heure des centaines de Petits Frères de Marie de tous pays et de toutes races, venus en cette Pentecôte Mariste assister à la glorification du Père Fondateur. Aussi, avec quelle ferveur on chante à la fin de la messe le Magnificat, empruntant les accents reconnaissants de la Vierge Marie envers Dieu qui, en ce jour, exalte si magnifiquement l'humble Vicaire de Lavalla et, avec lui, l'Institut qu'il a fondé.

A 11 h. 30, nous sommes réunis à la salle du Scolasticat pour écouter la causerie du C. F. Jean-Émile, Vicaire Général, qui préside les fêtes à la Maison-Mère. Avec quelle émotion nous répondons à la triple invocation Bienheureux Marcellin Champagnat enfin rendue officielle. Le Cher Frère Vicaire Général nous donne un bref aperçu historique de la Cause de Béatification qui vient d'aboutir et souligne combien ce jour est glorieux pour notre Bienheureux Fondateur, pour l'Institut et pour l'Église. Et comme « noblesse oblige », il faut faire revivre en nous les maximes, l'esprit et les vertus de celui que Dieu nous a donné pour Fondateur et pour Modèle.

Ces mêmes sentiments seront exprimés au cours de la demi-heure d'adoration à la chapelle avant le repas de midi : considérations et réflexions mêlées de chants, pour exprimer notre reconnaissance à Dieu, l'Auteur de tout bien, à la Vierge Marie, notre « Ressource Ordinaire» et à notre Bienheureux Fondateur.

A l'heure du repas, les cinq réfectoires habituels sont réduits à deux : celui des Anciens et de la Communauté, présidé par un Père Salésien de l'École agricole de Pressin qui remplace ces jours-ci nos deux Aumôniers, pèlerins de Rome ; celui des Jeunes, que préside le C. F. Vicaire Général. Chants et débits divers, quelques-uns déclamés par leurs auteurs, expriment en vers ou en prose, aussi bien qu'en musique, les « ineffables délices, les saints transports de joie, de fierté, de bonheur » que nous vaut cette glorification du Père dont le triomphe rejaillit sur ses enfants.

A 15 heures, Juvénat et Maison-Mère sont de nouveau réunis à la grande chapelle pour le chant des Vêpres qui sont suivies de la procession à la statue du Bienheureux Père Fondateur, dans la cour intérieure. Le R. P. Salésien, après une courte exhortation à entrer, sur les traces du Fondateur, dans le chemin de l'action fécondée par la prière, fait réciter à l'assistance un Pater et un Ave suivis des invocations : « Sainte Marie, Reine des Apôtres, priez pour nous !» ; « Bienheureux Marcellin Champagnat, priez pour nous ! ». Un petit juvéniste s'avance alors pour réciter la charmante poésie intitulée : Aux agneaux du Bienheureux Marcellin Champagnat. Après une autre poésie déclamée par un juvéniste de la section des grands, les échos retentissent aux accents de l'hymne triomphal à 4 voix mixtes composé pour la circonstance par le maître de chapelle et organiste de la Maison-Mère.

La procession reprend le chemin de retour à la chapelle en chantant sur un air nouveau les strophes de la petite veillée d'hier soir. Au cours du Salut solennel, on chante le Te Deum de l'action de grâces en union avec celui qui est chanté dans toutes les paroisses du vaste diocèse de Lyon, ainsi qu'avec celui de la Basilique de Saint-Pierre de Rome et de toutes nos chapelles des cinq parties du monde.

En fin de soirée, l'illumination de la statue du Bienheureux Fondateur et de la façade Est où resplendit dans la nuit un gigantesque « AVE MARIA » formé par 200 lampes électriques, puis la veillée et un feu de camp clôturent cette journée à jamais mémorable.

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