Les Frères enseignants à la gloire du Bernin

22/Mar/2010

Glorification des saints et leçons providentielles. — Quand le Bulletin d'avril atteindra ses lecteurs accoutumés, de grandioses solennités, une fois de plus, se seront déroulées dans l'immense basilique de Saint-Pierre de Rome. Et des foules chrétiennes enthousiastes auront, dans leur émerveillement, contemplé, dans l'historique « Gloire du Bernin », l'apothéose d'un humble Frère enseignant : le Bienheureux Bénilde de Jésus.

La date du 4 avril 1948 s'inscrit resplendissante, triomphale, dans l'histoire de l'Institut des Frères des Écoles Chrétiennes, mais elle doit aussi faire époque dans celle des congrégations de Frères enseignants qui se sont formées et développées dans le sillage lumineux de saint Jean-Baptiste de la Salle.

C'est avec une allégresse fraternelle que tous les Instituts voués à l'éducation de la jeunesse s'associent au bonheur des Frères des Écoles Chrétiennes qui chantent l'exaltation de leur Bienheureux Confrère. Avec eux et avec toutes les âmes chrétiennes, ils admirent les merveilleuses opérations de l'Esprit-Saint dans la conduite de l'Église. C'est lui qui règle l'efflorescence de la sainteté à toutes les époques et en favorise l'épanouissement avec une éblouissante variété en toutes les races et sous tous les climats de la catholicité.

Des auteurs, séduits par cet aspect de la vie de l'Église, étudient la physionomie des saints constituant une galerie incomparable de portraits de Notre-Seigneur Jésus-Christ1. Car tous les saints ambitionnent de reproduire le même attirant et inégalable idéal par une identification aussi vivante que possible avec Jésus-Christ. Mais, remarque M. Joseph Folliet, « parce que personne, limitée dans l'étendue et la durée, contingente et donnée une fois pour toutes dans l'histoire, imitant et recevant le Christ à sa manière qui ne saurait se confondre avec celle d'aucune autre, chaque saint réalise un exemplaire singulier et unique dont l'irremplaçable succès frappe d'étonnement ses frères les hommes et réjouit le cœur paternel de Dieu2 ».

Dans les plans de la Divine Providence, la vocation des saints, tout au long des siècles, répond à des aspirations, à des nécessités, à des urgences spéciales. Mais s'il est un fait notoire du plus haut intérêt, c'est l'harmonieuse convenance du moment historique des béatifications et des canonisations des âmes héroïques avec les leçons dont les générations contemporaines paraissent éprouver un besoin plus pressant.

Envisagée sous cet angle, combien est instructive, à son heure, par exemple, la glorification de saints éducateurs comme Jean-Baptiste de la Salle. Jean Bosco ; de saintes éducatrices telles que Marie-Madeleine Postel, Madeleine-Sophie Barat, Lucie Philippini, à une époque où la lutte se fait âpre sur le terrain scolaire ; celle d'intrépides missionnaires comme Jean de Brébœuf et ses compagnons ou Jean de Britto ; d'athlètes ,de la foi tels que Pierre Canisius ou Bellarmin ; de professeurs d'université comme Contardo Ferrini ; d'âmes prodigieusement dévouées et charitables de la trempe de Jeanne-Antide Thouret, de Louise de Marillac, d'Euphrasie Pelletier ou d'humbles religieuses comme Thérèse de l'Enfant-Jésus, Bernadette Soubirous, Catherine Labouré en nos jours d'apostasie, d'égoïsme et d'orgueil…

Ne pouvons-nous pas, sans présomption ni curiosité déplacée, réfléchir sur les desseins providentiels qui permettent, en 1948, l'élévation aux honneurs des autels d'un maître d'école en un village de montagne ?

Après les destructions matérielles et les démolitions morales accumulées par les guerres, les nations bouleversées cherchent à tâtons les bases d'une restauration de l'ordre social. Les esprits qui ne tombent pas dans le désespoir comptent refaire l'ordre nouveau à partir d'une jeunesse tournée vers des idéals prometteurs. Mais pour des catholiques, l'éducation ne contribuera efficacement au rétablissement d'un équilibre social durable que s'il se construit selon les lois divines et les normes tracées par la Sainte Eglise. A ce point de vue, le rôle des éducateurs catholiques prend des proportions d'une importance à la fois splendide et presque tragique.

La béatification du Frère Bénilde, arrivant à ce tournant de l'histoire, ne revêt-elle pas la valeur d'un symbole ? C'est dans une école de montagne, pour les enfants d'une population rurale que Frère Bénilde se dévoue jusqu'à l'épuisement. Pendant vingt ans, il reprend, à Saugues, chaque jour, avec le même calme, la même patience souriante, la même fidélité, la même attention, le même esprit de foi, la même humilité et le même amour de Dieu et des âmes, le monotone règlement d'une école primaire.

Cette exactitude sans fêlure dans l'accomplissement du devoir ordinaire ne s'explique que par l'héroïsme d'une vertu dont le rayonnement s'affirme d'une fécondité surprenante dans la population de Saugues qui garde sa vie catholique et dans l'Institut des Frères des Écoles Chrétiennes auquel il procure des centaines de recrues.

Frère Bénilde est le modèle des maîtres d'école qui travaillent à l'éducation chrétienne des fils de paysans et d'ouvriers dans des situations obscures, incomprises, décriées et parfois au prix d'injustices, d'ingratitudes et de persécutions. De la béatification du Frère Bénilde comme des béatifications et canonisations récentes, ainsi que des nombreuses biographies d'âmes authentiquement chrétiennes, une leçon plus générale se dégage avec une irrésistible évidence. C'est qu'une vie uniquement tissée d'actes communs, ternes, anonymes peut être très sainte à condition que ces devoirs quotidiens s'accomplissent le plus parfaitement possible dans l'amour de Dieu.

Tel était, par exemple, le programme de sanctification de cet officier, père de famille nombreuse, tombé pendant la guerre et dont on a relevé cette résolution caractéristique « Faire la volonté de Dieu, sans chercher à accomplir des choses extraordinaires, faire ce que Dieu veut dans l'état on il nous a placés3. »

L'auteur des Chrétiens au carrefour, analysant les caractères de la spiritualité de notre temps, constate : « De plus en plus, pour nos contemporains, l'ascèse tend à se confondre avec la pratique amoureuse de ce que les moralistes appellent les devoirs d'état. L'extraordinaire aujourd'hui, c'est la perfection de l'ordinaire4. » Ceci revient au mot d'ordre donné jadis par saint Bernard à ses moines : « Communia facere, sed non communiter  Faire des choses communes, mais d'une façon non commune. »

Cette leçon. Pie XI l'a d'ailleurs magnifiquement mise en lumière lors de la proclamation de l'héroïcité des vertus du Frère Bénilde, en 1928, et depuis, combien de fois elle a été rappelée aux âmes religieuses en quête de moyens de perfection !…

 

Une coursière… dans le chemin de la perfection. — Frère Bénilde se sanctifie dans une école de montagne, dans l'exercice à jet continu de l'humilité, de la simplicité, de la modestie, de l'obéissance, de la pauvreté, de la patience, du don total de soi par la parfaite observance des Règles de son Institut… Il semble que l'identité des fonctions et des vertus le rende en quelque sorte plus nôtre, plus « Petit Frère de Marie ». Il est démontré que dans une vie toute d'humilité, dans la vie cachée et obscure d'une petite communauté, il a trouvé l'infaillible chemin qui conduit et l'amour de Notre-Seigneur et de Notre-Dame, avec la soif inextinguible de la gloire de Dieu et du salut des âmes.

Ce sentier de l'humilité, à travers les arrachements d'une abnégation continuelle, d'une obéissance entière aux volontés divines, est la coursière qui, dans les desseins providentiels, nous fait déboucher en pleine sainteté dans notre vocation de Petit Frère de Marie.

Que l'humilité soit notre vertu spécifique, qu’elle constitue l'esprit propre de notre Institut, que par elle nous devions acquérir les autres vertus, travailler à notre perfection et parvenir à un tendre et généreux amour pour Jésus-Christ et sa divine Mère et à l'union la plus intime avec la Très Sainte Trinité, c'est ce qu'établissent, avec une insistance contraignante les textes des Constitutions (art. 3, 6, 73) et des Règles communes (art. 5. et les art. 176 et suivants de cette perle ascétique qu'est le chapitre VI). Ce programme de sanctification a été délibérément, fermement, irrévocablement imposé par le Vénérable Père Champagnat à ses disciples. Et Pour qu'il reste gravé dans leur mémoire et dans leur cœur, il a voulu l'enfermer dans leur nom même comme on serre un diamant dans un écrin.

La signification du mot Petit qui se lit à la première ligne, des Constitutions, a été commenté par les trois hommes que le Vénérable Fondateur jugea les plus fidèles interprètes de sa pensée et continuateurs de son œuvre : les Frères Jean-Baptiste, Louis-Marie et François. Un témoin oculaire des élections du 12 octobre 1839 atteste « qu'elles remplirent de Joie le Vénérable Père ; rarement on l'avait vu aussi gai, aussi heureux. « Ah ! s'écria-t-il, que Dieu soit béni ! C'est bien le choix que je désirais ; ce sont bien les hommes qu'il faut5. » Et que nous disent-ils ?…

Ouvrons la vie du Vénérable, Fondateur, édition originale de 1856. Le Frère Jean-Baptiste écrit : « Comme la Sainte Vierge, qui a excellé dans toutes les vertus, s'est distinguée particulièrement par son humilité, et que d'ailleurs la fonction d'instituteur des petits enfants est, par elle-même, un emploi humble, il voulut que l'humilité, la simplicité et la modestie fussent le caractère distinctif de ce nouvel Institut. Pour que les Frères comprissent bien sa pensée, il leur donna le nom de Petits Frères de Marie, afin que ce nom leur rappelât sans cesse ce qu'ils doivent être. Ce mot Petit qui blesse certaines personnes, qui est une énigme pour quiconque ne connaît pas l'esprit de la Congrégation, et que plusieurs regardent comme superflu et inutile, n'a donc pas été donné aux Frères au hasard et sans motif. Dans l'idée du pieux Fondateur, ce mot doit leur apprendre que l'esprit de leur vocation est un esprit d'humilité ; que leur vie doit être une vie humble, cachée et inconnue au monde ; que l'humilité doit être leur vertu de prédilection, et que c'est par la pratique journalière de l'humilité qu'ils travailleront efficacement à leur sanctification et à celle des enfants qui leur sont confiés. Ce mot Petit est pour ainsi dire le cachet et le moule de l'Institut il est le miroir qui reflète sans cesse l'esprit du pieux Fondateur ; qui enseigne et qui montre à chaque Frère ce qu'il doit être et la forme qu'il doit avoir6. »

Dans l'Avant-Propos des Avis, Leçons, Sentences, Frère Jean-Baptiste répond d'abord à la question : Qu'est-ce que l'Institut des Petits Frères de Marie… Puis il insiste « Mais pourquoi ce mot Petits Frères, qui blesse certaines personnes et qui fait peut-être rougir quelques Frères encore faibles dans l'esprit de leur état ? — Ce mot Petit est là pour nous apprendre quel est le véritable esprit de notre Institut, l'esprit qui doit animer tous les Frères qui en font partie. Ce mot Petit est le flambeau qui doit nous éclairer, quand nous lisons et méditons notre Règle, et sans lequel nous n'y verrions qu'une lettre morte. Il est la clef qui nous en ouvre l'entrée, nous en découvre le véritable sens et nous en donne l'intelligence parfaite. Il est, en un mot composé de cinq lettres, l'explication et le commentaire le plus naturel et le plus vrai de tout ce qui est contenu dans nos Constitutions7. »

Puis il répète que ce mot, placé à la tête de nos livres intentionnellement, nous enseigne que notre vie comme celle de la Sainte Vierge doit être humble, cachée, inconnue au monde ; que dans notre conduite nous devons nous efforcer, comme Marie, d'être humbles, modestes et tout brûlants d'amour pour Jésus.

Frère Jean-Baptiste conclut : « Tel est le caractère distinctif et l'esprit propre de notre Institut. Nous sommes appelés à nous sanctifier par l'humilité. » Après quoi, il se réfère à la récente circulaire du Révérend Frère Louis-Marie, datée du 16 juillet 1868, dont il reproduit le commentaire.

En effet, le 6 juin de cette année-là, à l'occasion du 28ième anniversaire du décès du Vénérable Père Fondateur, le Frère Louis-Marie a fait un pèlerinage à Son tombeau et il en rapporte le fruit particulier à retirer des retraites : « un renouvellement général dans l'esprit de l'Institut, dans l'amour et la pratique de l'humilité, vertu fondamentale qui doit faire le caractère propre de notre petite société8 ». Après de nombreuses citations de textes scripturaires et patristiques montrant l'humilité comme une disposition souverainement efficace pour attirer les regards du Seigneur et les grâces de rénovation spirituelle, le Révérend Frère Louis-Marie dit « notre besoin pressant de nous réfugier, de nous abriter sous la garde de l'humilité, de la modestie, de la simplicité ; d'être et de paraître partout ce que nous dit le beau nom que nous portons : de bons, de vrais Petits Frères de Marie9 ».

Et il explique comment nous devons être petits devant Dieu, petits devant nos Supérieurs, petits devant les autorités, le clergé et les magistrats, petits devant nos confrères, petits même devant les enfants, petits devant nous-mêmes…. Autant de points sur lesquels devront porter examens, réflexions et résolutions.

Le Frère Louis-Marie et le Frère Jean-Baptiste invitent à s'adresser à Marie, le modèle accompli de la plus parfaite humilité, la Ressource Ordinaire de l'Institut et de tous ses Membres afin qu'elle nous obtienne la grâce insigne d'une vraie humilité, afin qu'elle nous aide à faire les efforts nécessaires pour acquérir cette vertu, nous y former, nous y perfectionner…. Le moyen indispensable de mourir en prédestinés comme Marie, c'est de nous abaisser ; de nous humilier comme elle. Marie n'est la plus élevée de toutes les pures créatures dans le ciel que parce qu'elle a été la plus humble, la plus petite de toutes à ses yeux sur la terre10 ».

Certes, ces deux premiers commentateurs sont persuasifs, mais le troisième commentaire est, d'une éloquence plus prenante encore. Frère François le donne par sa vie. Voici un Petit Frère de Marie authentique en marche vers la béatification…. A Dieu ne plaise que nous voulions ici devancer les jugements de la Sainte Église !…. Mais en compulsant le volumineux Summarium des deux procès dits de l'Ordinaire et Apostolique, on est frappé de la concordance des cent dix-neuf témoins qui relèvent les vertus de ce fils spirituel de prédilection du Vénérable Père Champagnat.

De celui qui est proclamé la « copie », « la continuation vivante du Père Fondateur11 », « la Règle vivante12 », de celui « qui plus que personne réalisa l'esprit, le plan du Fondateur13 », un témoin ayant connu personnellement le serviteur de Dieu pendant une trentaine d'années, qui a habité avec lui pendant deux ans, qui a lu sa' biographie, ses circulaires et parlé de ses vertus avec des confrères, déclare solennellement : « J'affirme que la caractéristique du Frère François était l'humilité et personne de ceux qui l'ont connu ne me démentira. Il était le type du Petit Frère de Marie tel que l'avait conçu le Père Champagnat. Aussi, lorsqu'on veut se retremper dans l'esprit primitif de l'Institut, on n'a qu'à relire la vie du Frère François. Humilité, simplicité, modestie, mépris des louanges des hommes, c'est bien là la dominante de sa vie14. »

D'autres attestent : « Frère François était l'humilité même. Il nous disait : « Soyez humbles. Vous êtes les Petits Frères « de Marie, vous ne seriez pas petits si vous étiez orgueilleux15. » « Il était le plus humble des Frères16. » « La vie de Frère François était tout intérieure, mais elle se manifestait partout pleine d'une profonde et sincère humilité17. » « L'humilité paraissait incarnée dans le Frère François. Tout dans sa personne et ses paroles était digne d'un Petit Frère de Marie18. »

Les affirmations se multiplient sur les leçons et les exemples d'humilité donnés par le Frère François : le jour de son élection où il sert à table ; pendant son généralat, dont il n'accepte les dignités que par obéissance et comme par force et tâchant de s'effacer autant que possible19. Il avait une grande défiance de lui-même, il se regardait comme incapable de gouverner l'Institut, mais il s'appuyait avec confiance sur Dieu. Il fut, toute sa vie, étonné d'avoir été choisi comme Supérieur20.

Après sa démission du généralat, il s'efface, il ne se distingue en rien des autres Frères21, il manifeste son bonheur de rentrer dans le rang comme un petit novice22, et un religieux respect pour le Supérieur Général23 ; il se considère comme un vieux pot ébréché qui doit servir aux plus humbles usages24 ; il ne s'arroge aucun privilège25.

Frère François aimait la vie cachée et humble… Toute son attitude prêchait l'humilité. Il ne parlait pas de lui-même et semblait toujours s'oublier en mettant ses confrères en avant26. Le chapitre de nos Règles qui parle de l'humilité revenait très souvent dans ses instructions et il engageait avec insistance à le mettre en pratique toute la vie27.

Après cette nuée de citations, on admettra volontiers qu'un témoin puisse soutenir que l'humilité a été la vertu de prédilection de Frère François28 ; et qu'après une étude des enseignements et des exemples du serviteur de Dieu, un autre relève la résolution suivante inspirée par une grande force d'âme : « Accepter, agréer, recevoir toutes les humiliations journalières, les peines, les souffrances, les perplexités, les craintes selon la volonté de Dieu toujours sainte, parfaite, aimable, bienfaisante29. »

Un autre témoin, qui a observé un ensemble d'attitudes révélant un homme plongé dans la sainte présence de Dieu et un comportement à la fois pieux, humble, doux, bon, lui gagnant les cœurs des Frères et des personnes du dehors qui l'approchent, conclut : « Frère François possédait toutes les vertus et il les cachait sous lie voile de l'humilité30. »

Enfin, la circulaire annonçant, en 1880, l'élection du Révérend Frère Nestor corrobore tous ces témoignages. Elle dit la joie éprouvée par les capitulants de voir le Très Révérend Frère François au milieu d'eux. Sa présence a été un puissant encouragement pour tous et c'est avec bonheur que chacun a pu contempler, en sa personne vénérée, les vertus d'humilité, de simplicité et de modestie qui caractérisent les Petits Frères de Marie31.

 

Conclusion. — Ainsi la. vie du Frère François démontre que, par la pratique d'une humilité vraie et d'une abnégation totale qui écartent l'amour déréglé de soi, grand obstacle l'action divine, un Petit Frère de Marie peut offrir une âme largement ouverte à l'influx du Saint-Esprit qui la fait avancer, à pas de géant, dans l'exercice des vertus surnaturelles de foi, de confiance en Dieu, d'obéissance, de pauvreté, de chasteté, de régularité parfaite, et la conduit, sous l’égide maternelle de Notre-Dame jusque sur les hauts sommets de l'amour de Dieu.

Frère François s'est engagé à fond sur le chemin de l’humilité tracé par Notre-Seigneur, Notre-Dame, saint Joseph, par les plus grands saints et par le Vénérable Père Champagnat… Sur les pas de Jésus, il a réalisé ce paradoxe, déconcertant pour l'orgueil humain : On monte dans la charité divine dans la proportion exacte on l'on descend, dans l'ombre et l'oubli de soi, jusqu'à l'abîme de sa misère32. C'est l'insondable mystère de l'Amour Miséricordieux s'abaissant des splendeurs de la Trinité Sainte à la recherche d'une chétive créature pour l'emporter d'ascensions en ascensions vers l'ineffable vision intuitive…

A une époque de luttes acharnées contre les écoles chrétiennes et les congrégations enseignantes, il est consolant de voir la Divine Providence placer sur les autels des religieux qui, à l'exemple de Notre-Seigneur, ont fait leurs délices d'être avec les petits enfants et de les attirer à Lui33.

Et en nous réjouissant avec la grande famille religieuse de saint Jean-Baptiste de la Salle, en chantant avec elle l'hymne de l'action de grâces pour la béatification de l'humble Frère Bénilde qui devient le modèle des instituteurs chrétiens, il est bien permis de nourrir en nos âmes le réconfortant espoir de voir un jour rayonner aussi dans la « Gloire du Bernin » un Petit Frère de Marie dont les vertus d'humilité, de simplicité et de modestie se sont épanouies, comme une touffe odorante de violettes, embaumant d'un mystérieux parfum de sainteté le val solitaire de Notre-Dame de l'Hermitage.

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« Jésus, Marie, Joseph, faites que je vive et que je meure en bon Petit Frère de Marie!… »

( Indulgence de 300 jours, toties quoties et spéciale et l'Institut.)

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1 Cf. E. Hello : Physionomie des Saints; Henri Joly : Psychologie des Saints: R. Plus : La Sainteté catholique ; Th. Paravy : Le maître de la sainteté, S. S. Pie XII : Encyclique Mediator Dei 20 novembre 1947, 3, partie, in fine.

2 J. Folliet : Les chrétiens au carrefour, p. 153.

3 R. Plus : La sainteté catholique, p. 120.

4 J. Folliet : Les chrétiens au carrefour, Sainteté d'aujourd'hui.

5 L. Ponty : Vie du Frère François, p. 51.

6 Vie de Joseph-Benoît-Marcellin Champagnat, t. II, p. 183, édition 1856.

7 Sentences, Leçons, Avis du Vénéré Père Champagnat (1868), p. vii.

8 Circulaires des Supérieurs Généraux, t. III, p. 453.

9 Circulaires, t. III, p. 457.

10 Circ. p. 459 ;

11 Summarium, 1590 ;

12 Summarium, 1658

13 Summarium, 1599

14 Summarium, 695.

15 Summarium, 96 ;

16 Summarium, 994 ;

17 Summarium, 1054

18 Summarium, 1568

19 Summarium, 1336

20 Summarium, 1538

21 Summarium, 196, 213, 578 ;

22 Summarium, 1028 ;

23 Summarium. 53, 54, 1611 et Ex Processu Apost., 358 ;

24 Summarium, 1667

25 Summarium, 1052

26 Summarium, 213, 1611 ;

27 Summarium. 149 ;

28 Summarium, 1611

29 Summarium, Ex Processu Apost., 189.

30 Summarium, 1426 ;

31 Ex Processu Apost., 360.

32 Messager du Cœur de Jésus, avril 1943 : Vers l'héroïsme par l'humilité.

33 Summarium : Ex processu Apost. 332

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