les frÉres maristes dans la guerre du Biafra

F. Francis

04/Jun/2010

Au début des hostilités, les effectifs du District sont les suivants: près de 70 profès, 6 novices, 8 postulants, 20 juvénistes, tous dans la région de l'Est: l'actuel Biafra. 13 Frères sont des Blancs: 4 au Collège de l'Immaculée-Conception, Enugu; 4 à Bishop Shanahan, Orlu; et 3 Uturu.

 

IWOLLO

Les premiers Frères Maristes à éprouver les effets de la guerre furent les Frères africains qui enseignaient à Iwollo. En août 1967, les troupes fédérales attaquaient à partir de Neukka, et les premiers à entendre les coups de feu étaient les Frères Benignus (Directeur), Lewis, Malachy et Jérôme (Catéchiste). Ces Frères, par leur résistance héroïque, donnaient comme un prototype du merveilleux courage et du formidable sens du devoir qu'allaient montrer tous nos Frères biafrais, jeunes et vieux, pendant cette guerre.

Le missionnaire blanc responsable jugea bon de se retirer d'Iwollo quand se rapprocha le bruit de la bataille. Il alla trouver les Frères à la tombée de la nuit, les entassa, avec quelques affaires, dans sa voiture et les amena à 30 kilomètres à l'intérieur.

Après une nuit de repos, les Frères se réunirent et furent d'accord qu'ils n'auraient pas dû abandonner leur poste. Ils repartirent donc à pied et refirent les 3o kilomètres vers le lieu où l'on se battait et où ils pouvaient trouver la mort. Les gens qui étaient restés les reçurent les bras ouverts. Pendant quinze jours encore les gens demeurèrent des éclaireurs, sur les collines et dans la brousse, faisant le guet pour surveiller l'approche de l'ennemi.

Les Frères faisaient le catéchisme, organisaient une prière commune, matin et soir, et étaient l'âme de la paroisse. A mesure que se rapprochait le bruit des armes légères, la population s'enfuyait peu à peu, jusqu'à se réduire à une poignée. Finalement les militaires biafrais ordonnèrent l'évacuation générale.

Les Frères, les derniers à partir, purent voir depuis la brousse où ils étaient, les Fédéraux occuper leur maison, placer leurs canons dans la rue, prendre chèvres, moutons, poules, et s'apprêter à festoyer pour célébrer la prise d'Iwollo. Ce n'est qu'alors, après avoir vu l'ennemi retranché dans leur maison, que les Frères, en rampant, se faufilèrent à travers la brousse puis gagnèrent à pied Enugu, qui était alors la puissante et sûre capitale de l'Est.

 

ENUGU

Déjà deux Frères Maristes au Collège de l'Immaculée Conception, à Enugu faisaient l'expérience des horreurs de la guerre. Les Frères Norbert et Evan, tous deux de Glasgow, en Ecosse, s'étaient engagés comme volontaires de la Croix Rouge, et s'étaient trouvés en première ligne dès les premiers jours. Avec la Croix Rouge locale, ils travaillaient à évacuer les gens de la zone dangereuse et transportaient les soldats blessés et mourants dans les hôpitaux des camps ou dans les hôpitaux civils de l'intérieur.

 

Bientôt les Frères d'Enugu goûtèrent à leur tour à la guerre. Les raids commencèrent en septembre 1967. C'étaient d'abord des raids de primitifs utilisant des engins modernes surtout des avions de tourisme (avec des bombes ou démodées ou artisanales) qui volaient à haute altitude au-dessus des villes et lâchaient leur cargaison au hasard. Les dégâts étaient négligeables, rares les cas où ils atteignaient leur but et il était fréquent que l'on restât sur la véranda à regarder avancer l'avion et à voir l'éclatement des bombes de la D.C.A.

Quelquefois pourtant, une note sinistre se faisait entendre, par exemple, en un certain matin qu'une bombe explosa dans les locaux de l'école, alors que les Frères étaient à la messe, cent mètres plus loin. Quelques secondes après, une autre explosion ébranla la maison et des éclats d'obus allèrent tambouriner sur le toit de la chapelle. La bombe avait éclaté en plein air, juste au-dessus de la maison, sans quoi l'aumônier et les Frères auraient tous pu être tués.

Comme par hasard, tous se trouvèrent à plat ventre, à l'abri du côté du mur et quand on sentit que le danger était passé et qu'on pouvait se relever, on s'aperçut que le F. Aloysius était à genoux dévotement à sa place, apparemment imperturbable. Peu après, le petit déjeuner donnait aux moins charitables l'occasion d'un double commentaire: ou bien le F. Aloysius avait été figé à sa place par la peur, ou bien c'était son manque d'imagination d'Ecossais obstiné qui l'avait maintenu raide et fier à son poste. La vérité devait être découverte un peu plus tard, le jour qu'on le transporta à l'hôpital d'Onitsha. Il souffrait de fièvre et de migraine; tous les os lui faisaient mal et quand il avait entendu la première explosion, il n'avait pas eu la force de se coucher à terre. Quant à moi, je suis pour la théorie de l'Ecossais obstiné, vu que j'ai vécu avec lui pendant les bombardements d'Uturu où il y avait de vrais bombardiers et des bombes dévastatrices bien réelles, et je l'ai vu faire rire des gens terrifiés quand il arrivait à la course, de la maison, en pointant trois doigts contre le bombardier comme pour l'abattre.

Dans tout le pays les collèges ne rouvrirent pas pour la rentrée scolaire 1967 et nos Frères étudiants de l'« Immaculée Conception » et de « Bishop Shanahan restèrent à Uturu ».

F. Aloysius était alors hospitalisé, ce qui laissa les Frères Evan et Norbert à leur propre initiative pendant la bataille d'Enugu. Les gens croyaient que la ville ne capitulerait jamais; aussi restèrent-ils jusqu'au dernier moment. Nos Frères et beaucoup de Pères décidèrent aussi de rester. Quand l'ennemi se fut rapproché, à portée de canon, — disons 10 km. — et que les explosions ébranlaient la ville jour et nuit, beaucoup de gens changèrent d'avis et partirent. Quatre Pères restèrent encore au Séminaire Bigard sur une colline qui surplombait la maison des Frères. Deux autres Pères restèrent à la mine de charbon. Les autres partirent avec les gens pour les aider dans les camps qui se constituaient sur le territoire biafrais.

Au cours d'un cauchemar qui dura une semaine, Pères et Frères attendirent, écoutant le grondement de la bataille se rapprocher de plus en plus. Le sommeil était pratiquement impossible, car, jour et nuit, avions, bombes, rafales de mitrailleuses remplissaient l'air et usaient les nerfs. Le dernier dimanche de septembre, P. Donal O'Sullivan, Supérieur des Pères du Saint-Esprit, risqua sa vie plusieurs fois en traversant les lignes biafraises pour aller jusqu'au Séminaire Bigard et donner aux Pères l'ordre de se retirer de la zone des combats. La bataille pour notre camp de l'« Immaculée-Conception » avait déjà commencé et les troupes fédérales assiégeaient l'école quand le Père arriva à la maison et avisa les Frères Norbert et Evan de rejoindre les Pères et de quitter Enugu.

Rester n'avait plus aucun but utile. Des balles de mitrailleuses criblaient le mur arrière de la maison; des fenêtres volaient en éclats et le toit était tout percé lorsque la Peugeot 204 quitta le collège pour la dernière fois.

A peine les Pères et les Frères étaient-ils partis qu'une autre auto grimpait la côte et une figure aux traits tirés et au regard égaré en sortait: F. Aloysius, de retour de l'hôpital après une semaine. Quand il monta l'avenue il fut surpris de voir deux files de jeunes couchés à terre et des mitrailleuses prêtes à tirer, pointées carrément face à l'école.

Cette longue silhouette toute blanche qui se dressait sur la ligne de feu dut causer quelque stupéfaction, car il eut le temps de regarder la scène assez bien, avant que la première rafale ne le forçât à se réfugier dans la maison. Un officier vint vers lui, lui expliqua le départ des Frères et des Pérès et lui conseilla d'en faire autant. Il eut donc l'honneur d'être le dernier homme à quitter Enugu et il arriva à Uturu quelques heures après le gros du peloton.

 

UTURU

Pères et Frères n'étaient guère en forme après leur séjour à Enugu qui les avait bien éprouvés. F. Evan et les Pères décidèrent de partir chez eux pour reprendre des forces. F. Norbert, Directeur de l'« Immaculée Conception », voulait continuer son travail de Croix Rouge et il décida de rejoindre les Frères à « Bishop Shanahan » pour le travail à l'hôpital auprès des réfugiés. F. Donnan était déjà parti pour le Cameroun, étant alors très peu renseigné sur ce qu'il serait possible de faire en fait de classes régulières au juvénat et au noviciat d'Uturu. Les Frères John et Douglas avaient quitté « Bishop Shanahan » F. Aloysius décida de rester à Uturu et, comme il n'était plus question de directorat à l'« Immaculée-Conception », il fut décidé qu'il serait directeur là sur place. Les classes reprirent bientôt et une ambiance tout à fait normale régna dans le « compound ».

Après la chute d'Enugu, le premier octobre 1967, et J'avance des fédéraux sur les autres fronts, les réfugiés affluèrent de plus en plus au cœur du Ibo. Bien vite la côte d'alerte fut atteinte, et il n'était plus possible à nous qui étions à Uturu d'ignorer les milliers de gens qui vivaient dans la brousse, sans presque rien à manger. Même des familles aisées commencèrent à demander secours. Certains avaient 20, 30, 40, 50 bouches de plus à nourrir et les réfugiés continuaient à arriver.

Les écoles primaires n'avaient pas repris après Noël 67, et les sans-familles étaient hébergés dans des écoles et c'était à la communauté locale de les nourrir. Leur cas s'aggravait sérieusement; fièvre et maladies faisaient des ravages. La Mission devint le refuge de ces pauvres infortunés, et chaque jour c'était un flot humain en quête de nourriture et de médicaments.

Les ressources locales baissèrent vite et les premières morts obligèrent bien à se convaincre que l'aide extérieure était indispensable.

Une lettre rapidement envoyée au F. Gall, Provincial de Dumfries, apporta une réponse assurant l'aide immédiate, autorisant à utiliser les fonds de construction (4.000 livres sterling) pour nourrir les affamés. Notre premier projet s'avéra bon et devait donner plus tard de gros dividendes. On organisa un comité local pour acheter de petits lopins de terre pour chaque famille de réfugiés et, grâce au F. Aloysius et au responsable local de l'agriculture, on acheta 1.200 plants d'ignames que les réfugiés purent planter.

Pendant ce temps subsistait le problème de la faim, et chaque semaine, jeunes Frères, novices et juvéniles visitaient les camps, portant des vivres du pays: ignames et garri; ils achetaient les médicaments qui pouvaient servir et enseignaient les prières et le catéchisme. Bientôt cependant, il devint évident que ce n'était pas suffisant. Jour après jour, affluaient des gens qui avaient la fièvre, des maladies d'origine microbienne, etc., certains devant être hospitalisés.

L'hôpital local était déjà rempli non seulement par le flot régulier des malades, mais par des soldats blessés, des jeunes gens qui avaient reçu un éclat d'obus, des malades qui avaient évacué un hôpital bombardé ou un hôpital tombé aux mains de l'ennemi. Il n'y avait plus qu'une chose à faire: ouvrir notre propre section.

Dès le début 68, on commençait, d'abord petitement avec deux infirmières de l'hôpital M.M.M. d'Anua. C'était un dispensaire ouvert deux fois par semaine, mais la foule des malades était telle que les soins quotidiens devinrent tout de suite nécessaires. Pour les cas les plus graves, surtout femmes et enfants, on prit le dortoir des juvénistes, ceux-ci allant s'établir dans leur salle de récréation qui servait aussi d'étude et de réfectoire. On essaya encore d'établir un programme ordinaire pour novices, postulants et juvénistes, les jeunes Frères rejoignant les juvénistes pour les classes. Bientôt la guerre prit pour nous une nouvelle dimension. La construction d'une piste pour avions avait déjà commencé depuis quelque temps à environ 7 km du noviciat. Cela attira l'attention des forces fédérales et, désormais équipées de bombardiers Iliouchine russes qui lançaient des bombes très sûrement, ils commencèrent à visiter Uturu régulièrement.

Il fallait faire le guet, de l'aube à la nuit, pour annoncer quand ils arrivaient. Un Frère ou un enfant avec une clochette surveillait l'horizon et à la sonnerie de cette clochette, chacun fonçait à la course se réfugier dans les tranchées très sommaires creusées autour du camp.

Cela ne rendait guère efficaces les leçons de géométrie de passer une demi-heure d'attente angoissée dans une tranchée écrasée de soleil, jusqu'au retour des bombardiers. On n'a sûrement pas fait grand travail scolaire pendant ces mois, mais faire quelque chose, avoir une activité était nécessaire pour maintenir le moral. Et à deux pas, il y avait une action de tout autre nature à accomplir.

 

Le dispensaire, croissant chaque jour en prestige et en population, avait atteint la cote 200. Nous pensions que c'était le maximum, lorsque certain jour — qui ne peut s'oublier — deux gros camions arrivent dans la rue avec plus de 150 enfants malades et mourants, entassés les uns sur les autres. Nous n'avions ni place, ni médicaments, ni vêtements, ni nourriture pour un pareil « arrivage », mais que faire? Renvoyer tous ces enfants mourir dans la brousse? Notre première décision fut: Au diable les livres; tout le monde avec les malades!

Du plus vieux crâne chauve de F. Aloysius, directeur d'Owerri, jusqu'au plus tendre juvéniste, tous se mirent à ce travail gigantesque. Quelque 50 d'entre nous, y compris deux infirmières spécialisées et 8 qui avaient quelques notions, s'y attaquèrent avec énergie. On lava les enfants, on les porta dans les dortoirs (déjà pleins) et on leur trouva de la place.

Un peu de paille sur le béton en guise de lit, un bout de rideau de fenêtre, un dessus de coussin, une vieille veste, une vieille robe, ou, luxe suprême, un drap partagé entre quatre ou cinq: tel était la literie la meilleure que nous avions à offrir. Nous manquions, et jusqu'à l'angoisse de la denrée la plus précieuse: la foi. Et sans raison, car le Seigneur était là et ne nous a jamais laissé engloutir: près de l'être: souvent, dans l'angoisse: souvent, mais en dernière analyse, jamais à fond de cale. Notre grand soutien dans les moments désespérés, c'était ce vieux camion qui arrivait avec le bruit de son moteur et son slogan: Je crois en Dieu. Jamais il ne nous a manqué. Jamais non plus n'a cessé de briller le visage rayonnant de l'infatigable et ardent travailleur: F. Grégoire, qui réjouissait les cœurs et apaisait les soucis de bien des Pères, des Sœurs, des Frères, lorsqu'il sautait de sa cabine, liste en main pour chuchoter en aparté: « J'ai quelques provisions pour vous ».

Des jours bien tristes ont suivi cette arrivée massive d'enfants mourants. La petite procession au cimetière, quatre ou cinq fois par jour devint une habitude, et cette terre qui, chaque matin, commençait à ouvrir une de ses bouches, avait happé, le soir venu, quatre, cinq ou plus petites victimes.

Il faut avoir entendu et vu dans ces dortoirs surpeuplés, la souffrance humaine pour savoir ce que ces mots veulent dire. D'un lit à l'autre, d'une natte à l'autre, c'était le travail effrayant de la faim sur le corps. De petits corps gonflés de la tête aux pieds, par suite du manque de protéines ('), la peau qui ne pouvait plus retenir la pression de la chair, éclatait puis se ratatinait sur tout le corps, devenant une immense plaie infectée et palpitante.

D'autres petits corps, à l'état de squelettes, étaient fragiles comme du verre, au point qu'on n'osait même pas les transporter de peur de les briser en les saisissant. Et à mesure que chaque groupe venait se faire soigner, commença la double bataille: bataille pour sauver le corps et bataille pour sauver l'esprit. L'enfant si malade ou émacié qu'il pût sembler n'était pas un problème, dès lors qu'il pouvait manger et digérer. Mais pour atteindre l'esprit, il fallait quelques jours ou quelques semaines. Le monde lui avait donné un violent coup de poing: tout ce qu'il connaissait, tout ce qu'il aimait, tout ce en quoi il avait confiance, lui avait été arraché corne un habit; pourquoi? Il n'en savait rien; sa maison, ses parents peut-être, son pain de chaque jour, ses camarades de jeu, ses vêtements; et soudain, sans savoir, il était parti en courant, en courant, en courant, pour arracher sa vie à des spectacles que des yeux d'enfant ne devraient jamais voir: des corps tués, déchirés, déchiquetés; ses parents, ses amis, ou simplement d'autres morts. Lui alors, il avait fui loin de ces monstres terrifiants qui jetaient du haut du ciel la mort et la destruction sur tous ceux qu'il aimait et connaissait; il avait fui cette horreur sans nom, cette explosion effrayante qui arrivait d'on ne sait où, et, en un instant, semait la mort et disparaissait; il avait fui peut être le crépitement de la mitrailleuse, le brouhaha furieux des tanks ou des chars d'assaut. Allez vous étonner qu'il soit arrivé, avec des yeux hagards qui ne voyaient plus rien; des yeux retournés vers l'intérieur qui ne voyaient plus que les horreurs dont son esprit était hanté: des yeux pleins de méfiance et de soupçon envers une humanité qui l'avait trahi.

 

Attendre une semaine ce premier sourire, cette première réaction qui montrait que le passage était frayé, ce n'était vraiment pas payer cher cette nouvelle ouverture de l'esprit aux pensées des autres, cette nouvelle ouverture du cœur à l'amour des autres.

 

Comment le frayer, ce passage? Quels sont les stimulants pour éveiller à nouveau la confiance, rouvrir le cœur à l'amour? La nourriture, qu'elle fût saisie avec avidité ou refusée absolument, n'y faisait rien guère non plus, l'aiguille nécessaire mais douloureuse, ou les détestables médicaments qu'il fallait ingurgiter de force. Mais au fond pourquoi chercher? Il n'y avait qu'une solution: celle du Christ; la réponse à tous les maux du monde: l'amour.

Bientôt toutes les minutes de temps libre, les heures torrides de l'après-midi où la sieste devient le plus beau mot du dictionnaire, il fallut les passer avec un enfant, ou même deux, un sur chaque genou, les faisant sauter, les amusant, leur parlant, les dorlotant, les câlinant comme aurait fait leur mère, avec souvent pour récompense la nécessité d'un arrêt brusque et du linge à changer! mais il était si essentiel cet aspect du travail, que tous nos Frères, nos novices et nos juvénistes étaient encouragés à ne passer leurs moments libres qu'à jouer avec les enfants.

F. Peter, sous-maître de novices, que plusieurs collègues de Fribourg connaissent bien, introduisit une autre grande idée qui allait devenir un facteur déterminant dans le programme de réintégration. Ayant l'oreille musicale, un petit harmonica dont il était fier, un sifflet strident, il apprit quelques airs et aborda son public, se frayant un chemin de dortoir en dortoir, en sifflant ou jouant. L'oreille d'un Ibo est entraînée au rythme dès les premières années et du premier coup réagit. Les enfants bien portants se mirent à se balancer, marquant la mesure en battant des mains. F. Rufus, celui de nos Frères biafrais qui a la taille la plus élevée, saisit un des bébés qui avait l'air bien portant et fit le tour de la salle avec lui en dansant. D'autres enfants s'y mirent aussi et voilà: c'était une nouvelle route vers la santé qu'on venait d'ouvrir.

Désormais tous les soirs, le sifflet de F. Peter rassembla tous les bien portants; on fit la collecte de petits tambours; empruntés ou volés: de petites gamelles, de petites bouteilles, des boîtes, tout ce qui faisait du bruit, améliorait le volume, sinon la mélodie; un orchestre était né.

Soir après soir, souvent en écho aux coups de fusils lointains, le petit groupe se rassemblait, donnait la sérénade aux plus malades et partait faire le tour du compound, le finissant sur le terrain de basket-ball; et alors « les instruments » étaient mis de côté et tout le monde s'asseyait pour jouer à des jeux de leur âge; et F. Peter, en dépit de ses 50 ans, courait comme un gosse de dix ans, jusqu'à être tout en sueur et rugissait des encouragements, jusqu'à extinction de voix.

Une idée en amène une autre, et bientôt, F. James dénicha des rouleaux de fil de fer, des tubes d'installation électrique et deux haut-parleurs, et après bien des déceptions et des échecs, on eut de la musique avec un magnétophone à ruban qui lançait son message au-dessus des cris et des gémissements des mourants pour ceux qui avaient encore envie de vivre. Et quelles clameurs de joie chez les bien portants quand ils reconnaissaient leur étrange enregistrement à travers les haut-parleurs.

L'humanité gardera une dette envers le célèbre Charlie Chaplin. Jamais mieux cette dette n'aura été reconnue, jamais mieux appréciée que pendant ces mois harassants d'Uturu. Encore une fois, ce fut le F. James qui avança l'idée de montrer Chariot aux enfants et il la mena à bon terme, fidèlement, religieusement, jour après jour, de sorte que le premier accueil que lui réservaient chaque matin les enfants était: Frère Cinéma. Les deux mêmes bobines de Chariot tournaient, non sans quelque accroc à travers les pignons; peu importe que le violon de Chariot dansât comme un diable et sans pouvoir l'arrêter tout autour de l'écran. Us connaissaient tous ses tours, ses contorsions et ses manies, ils l'applaudissaient pour le faire revenir soir après soir, quand il écrasait ses ennemis un par un.

Vers le milieu de l'année 1968, la guerre sur un autre front allait devenir une sanglante réalité pour nos Frères de Port-Harcourt. Notre toute jeune communauté, qui n'avait pas encore un an d'existence, dirigée par un de nos Frères biafrais des plus capables et des plus mûrs: F. Alban, allait goûter l'horreur des raids et des bombardements aériens. Les longs mois de lutte à mort pour la possession de l'île de Booney, qui commandait l'entrée du port; les cadavres d'amis et d'ennemis, tous les jours que léchait la marée; le bruit du canon au loin, les récits d'horreurs, n'étaient guère faits pour préparer nos jeunes Frères (F. Grégoire qui allait devenir plus tard une figure si indispensable dans l'aide de la Caritas et qui recevrait plusieurs blessures d'un shrapnel au cours d'un raid aérien au-dessus de la piste d'Uli; F. Christopher, F. Ambrose et F. Pius) oui, ce qu'ils voyaient et entendaient n'était une faible préparation à l'affreuse réalité de la guerre: la mort soudaine et effrayante, les vivants et les cadavres mutilés, en pleine rue, la terreur, la confusion.

Quand Mgr l'évêque de Godfrey Okoye donna enfin l'ordre de partir, il ne restait plus grand monde dans la ville, et c'est une communauté dont les nerfs étaient à bout qui arriva à Uturu, n'ayant plus qu'un désir: dormir, dormir, loin des horreurs de toute cette guerre.

F. Alban était l'homme du moment et sa communauté était celle dont on avait besoin à Uturu. F. Gregory, homme de confiance, calme dans ses propos, était l'homme idéal pour le contrôle et la distribution des colis de vivres de Caritas, et donc il devenait l'indispensable bras droit du P. Divine, directeur de Caritas. Uturu était alors surpeuplé, et les enfants bien portants faisaient les commissions, le ménage, coupaient l'herbe, ramassaient du bois pour le feu, aidaient à préparer le repas, mais tenaient aussi de la place dans le dortoir. On avait besoin d'un centre de convalescence et Mgr Whelan mit la propriété des Sœurs d'Umuahia à la disposition des Frères. F. Alban entreprit le travail de direction du centre de convalescence avec l'aide de sa communauté à laquelle s'ajouta le F. Siméon venu d'Umuahia. Arrivèrent aussi deux infirmières expérimentées et des stocks de vivres et de remèdes.

Quel adieu triste à vous briser le cœur que celui de F. Aloysius prenant la route avec notre premier groupe si gentil de 35 petits bonshommes, maintenant guéris et les menant vers la guérison complète. Cela les faisait tellement pleurer de quitter une maison et un bonheur découverts depuis si peu de temps. Je ne fus guère surpris de le voir retourner avec deux des plus affligés, pas plus que je ne le fus quelques jours plus tard d'en voir un autre qui s'était évadé et avait fait les 15 kms pour revenir à Uturu.

Mais c'est là l'histoire des premières dents et nous savions bien que très vite, F. Alban aurait créé une nouvelle maison du bonheur à Amakohia.

En dépit du manque d'essence, F. Aloysius s'arrangea pour garder contact avec les « musiciens » et les « fans » de Charlie Chaplin, et pour en amener quelques-uns à Amakohia, qui devint un second foyer pour tous ces aimables petits.

 

ORLU

… Nos excuses à Orlu qui semble bien avoir été laissé de côté jusque-là: F. Lewis de Glasgow était directeur de la communauté avec F. Raphaël, le titulaire, F. John Barai, Espagnol et F. Douglas, de Wolverhampton, comme membres de la communauté. F. Raphaël était à Fribourg, faisant son second noviciat pendant les premiers mois de la guerre, mais quand les Frères John et Douglas partirent chez eux, F. Raphaël, principal de B.S.C., revint rejoindre F. Lewis. Quelle émotion pour nous à Uturu, à Noël 67, après des mois de blocus, privés de nouvelles du pays, quand les Frères Vincent et Raphaël arrivèrent sans qu'on les attende le moins du monde, avec des journaux, des lettres et, par dessus tout, eux-mêmes, délicieusement eux-mêmes, nous apportant des nouvelles dont nous avions tant envie: nouvelles du Chapitre, des confrères restés au pays et… des succès du « Celtic ».

 

F. Raphaël rejoignit les Frères Lewis et Norbert à Orlu, et pendant les mois qui suivirent, ils prêtèrent une main très utile à l'hôpital du St. Rosaire d'Armaigbo, où leurs connaissances en chimie furent utilisées au mieux pour les préparations pharmaceutiques.

Comme la guerre progressait, les réfugiés se multiplièrent et les Frères étendirent leurs activités aux « Compounds » et camps de réfugiés. Cela devait être ensuite la sphère d'activité normale de F. Norbert et l'un des spectacles, les plus communs dans la région d'Orlu devait être celui de F. Norbert, en grand équipement de la Croix Rouge, filant à bonne allure sur son vélomoteur portant des remèdes et médicaments aux malades dans les camps. Les remèdes seuls n'étaient pas la solution. La racine du mal c'était la faim; aussi, malgré les centaines de soldats à l'exercice dans le « compound », qui occupaient tous les bâtiments, sauf les appartements privés des Frères, F. Raphaël décida d'ouvrir un centre de ravitaillement.

Après les soins journaliers, dans le réfectoire des Frères, les enfants qui en avaient le plus besoin, recevaient un bon repas. Ils étaient légion, et même le curé de la paroisse, P. Den-ny Me Manus, un Irlandais, vint tendre la main et se mit bientôt à parler des mérites relatifs de la sulfaquanadine, du sulfathiazol, etc. …

Un poste de malades devint là aussi nécessaire; mais faute de place dans le « compound », pour en ouvrir un, les Frères firent appel à un collège proche, le Morning Star, pour l'utiliser à cet effet. On obtint la permission; on chercha et on trouva des infirmières et le poste fut ouvert. Des le début, ce fut un travail intenable pour les Frères. L'équipe n'était pas du tout au point et il n'y avait pas de jeunes Frères biafrais pour l'énorme travail de tenir les lieux en étal de propreté, de laver tous les jours les malades, les lits et les dortoirs. Même lorsque plus tard un docteur irlandais arriva sur les lieux et commença à donner des soins au poste des malades, il ne réussit pas du tout à améliorer le niveau d'hygiène, et, sans l'encouragement et l'aide des Frères, il se serait désespéré. Si j'insiste, c'est pour montrer combien nous avons été bénis à Uturu d'avoir tant de jeunes Frères si parfaitement dévoués et qui faisaient un si merveilleux travail à cet égard.

Tel était donc le travail des Frères et telles étaient leurs difficultés quand le sort et l'armée fédérale nous séparèrent d'eux en octobre 68.

 

AZARAEGBELU – OKPULA – IHIOMA.

La communauté d'Azaraegbelu avec le F. Lewis comme directeur, le F. Gérard (catéchiste), le F. Hyacinthe et F. Joachin, prirent leur part dans cet effort de guerre en aidant le P. Fred Fullen à faire marcher un certain nombre de centres de ravitaillement dans sa paroisse. La communauté dut être dispersée dans la dernière partie de 1968, lorsque la guerre se rapprocha et que de petits groupes de Fédéraux passèrent la brousse au peigne fin dans toutes les directions d'Okpala jusqu'à Azarakbelu.

La communauté d'Okpala, sous la direction du F. Richard, avec le F. John (titulaire) et le F. Gabriel (catéchiste), aida très efficacement le F. Sean Broderie à établir un petit poste de malades et beaucoup de grands centres de ravitaillement autour d'Okpala. Eux aussi durent se disperser à peu près à la même époque que Azaraegbelu et maintenant ils continuent leur travail avec le Père à Amakohia.

F. Anthony, directeur et titulaire d'Ihioma, avait dans sa communauté F. Austin et F. Wilfrid. Ce dernier, jeune encore et le second en taille après le F. Rufus, était un de ces jeunes Frères qui, dès le début de la guerre voulaient rejoindre leurs concitoyens sur le front. Quand le problème des réfugiés devint aigu à Ihioma, il mit tout son zèle et son enthousiasme à cet effort et, travaillant avec le P. Courtney, curé de la paroisse, et les Sœurs du St. Rosaire du couvent à côté, il fit un travail extraordinaire pour les dizaines de milliers de réfugiés de la paroisse.

 

OWERRI – UMUAHIA.

Vers la fin de 68, quand Owerri tomba et que le principal stock de la Caritas fut emmené à Ihioma, le choix tomba d'office sur le F. Wilfrid pour remplacer le F. Gregory dans son travail de contrôle et distribution des vivres. F. Gregory était alors occupé à plein temps à la piste d'Ulli.

Les autres Frères de la communauté ne restaient pas sans rien faire pendant ce temps-là. Ils lançaient un centre mariste de ravitaillement, nourrissant chaque jour quelque 300 enfants. F. Eugène était directeur de notre communauté mariste à Umuahia. Dans sa communauté il y avait F. Donatus (catéchiste) et F. Simeon. Mgr Mark Monefbo, directeur de l'enseignement dans le diocèse d'Umuahia, avait demandé l'assistance du F. Eugène au début de 68 et ce dernier se trouva avoir fort à faire pour essayer de mettre sur pied les fractions de subsides pour les écoles primaires et des fractions toujours décroissantes de salaires pour les maîtres.

La communauté d'Owerri avait à sa tête un de nos plus anciens Frères biafrais et un des plus paternels: la F. Alphonsus. Avec lui, il y avait F. Tobias et F. Michael Odinigwe qui travaillaient à l'imprimerie, et F. Simon Stephen qui était chargé de la vente des livres religieux.

La vie continua comme avant pour eux plusieurs mois, en dépit de fréquents raids aériens. Le « Leader », avec pour éditeur le P. Maher, Irlandais, paraissait régulièrement tous les mois jusqu'à ce que la pâte à papier fit défaut. Les Frères alors firent marcher l'affaire à eux seuls, comme maintenant, ne pouvant honorer que de petites commandes de cartes à entête et d'avis.

Vers la fin de 68, Owerri tombe et les Frères viennent à Uturu C'était à vrai dire une bénédiction camouflée; oui, à coup sûr une bénédiction pour nous à Uturu. C'étaient deux infatigables travailleurs de plus, qui sans ça n'auraient pu nous rejoindre: F. Tobias et Michel Odinigwe.

Dernière, mais pas du tout la moindre, cette communauté biafraise était dirigée par F. Clément (Directeur) avec F. Dominic comme titulaire, Benedict comme catéchiste, Simeon, Edward Angelu et Christopher (ces deux derniers devant rejoindre après la chute de Port-Harcourt).

F. Clément était à la tête du comité local des réfugiés et employait son temps et son énergie à ramasser de l'argent et des vivres pour les camps. F. Edward était chef du camp et aidait le F. Clément dans son travail du comité et aussi, toutes les fois que c'était possible, donnait un coup de main au poste des malades.

Le F. Dominic, lui aussi, était affecté aux soins du poste des malades et aidait à organiser les groupes, à distribuer les cartes de traitement et les tickets d'hébergement, et son influence servait bien à calmer les foules qui moussaient comme une crème fouettée.

Frères Siméon et Jérôme furent détachés pour ouvrir un centre de ravitaillement dans une zone particulièrement dure, à la paroisse voisine de Isuikwata. Ils vivaient avec le F. Albert Clarke, religieux spiritain, originaire de l'Ile de la Trinité, qui accueillit leur arrivée comme une bénédiction et bientôt, avec l'assistance, merveilleusement opportune, d'une des grandes bienfaitrices d'Uturu: Sœur Ursule (du St. Rosaire), ils eurent trois centres en fonctionnement, s'occupant de plusieurs centaines d'enfants.

Un autre Père vint réclamer des Frères à ce même moment: le Père Pat Doran, Spiritain de Oboma. Nous n'avions guère les moyens, mais il était dans une situation d'urgence. Avec deux Sœurs biafraises, il essayait d'organiser un poste de malades et de diriger plusieurs centres de ravitaillement. C'était notre confesseur, un ami vraiment sincère qui avait fait une fois à vélo, 50 kms de route de brousse pour venir nous confesser, qui disait la messe tous les jours pour nous alors que les bombardements étaient à la phase la plus aiguë. Comment refuser? F. Alphonse et F. Joachim Ikoye, deux Frères très jeunes, mais excellents travailleurs et qui avaient du tempérament, furent prêtés au Père et ses rapports élogieux sur leur enthousiasme et leur vertu et sur le grand changement qu'ils avaient apporté à son compound, devaient largement compenser le travail supplémentaire que leur départ nous créait à Uturu.

Ne faut-il pas voir, par exemple, un signe dans le fait que les deux Pères à qui nous avions envoyé de l'aide d'Uturu à cette époque, aient été tous deux capturés avec nous un fatal jour d'octobre 68? Les Frères sont encore dans ces mêmes paroisses et continuent leur travail de charité et de miséricorde.

 

Ce compte-rendu ne serait pas complet sans un mot d'appréciation pour ceux des Frères biafrais les plus remarquables qui travaillent à la clinique, au poste des malades, aux centres de ravitaillement et aux camps d'Uturu. J'ai fait mention de F. Peter dont le travail auprès des enfants a été si utile et si apprécié par tous ceux qui l'ont vu. Ce n'était qu'une partie de son travail. Sur lui retombait aussi, en tant que sous-maître des novices, de s'occuper des novices et des Postulants, du matin au soir, pendant que le Maître des novices faisait ailleurs un travail très absorbant.

Un autre Frère de solide valeur (il n'y a pas de mots pour lui rendre justice) c'est le F. Hyacinthe, maître des juvénistes. Ce Frère est l'homme aux convictions profondes, à la charité rayonnante et à la foi bien chevillée. Il était à l'affût des ordres et désirs de tous et tout le temps. Il s'occupait de centaines de familles dans le besoin, étudiait chaque cas, attribuait à chacun son dû, répartissait les vêtements entre hommes, femmes et enfants, s'occupait des juvénistes… ses occupations étaient légion, mais quelle que fût la crise ou le péril, jamais il ne perdait son sourire large et radieux, ni n'oubliait le mot d'encouragement à chacun, du directeur au dernier juvéniste. Dieu nous donne beaucoup de vocations comme celle-là, au Biafra et dans le reste du monde.

D'autres jeunes Frères montrèrent leur extraordinaire valeur: le F. Ronald Dike qui était responsable du poste des malades, F. Francis Ohiri qui en faisait toujours beaucoup plus que sa part et, plus d'une fois, travailla même jusqu'à épuisement; F. Albert, jeune temporaire, chargé de 120 malades dans la section spéciale des grands malades: un des travaux du compound les plus fatigants et même épuisants; et tous les autres, jeunes et vieux, dont le courage, la piété et la confiance en Dieu étaient un constant appel pour nous qui essayions d'être leurs dirigeants.

Un dernier mot à la louange des cinq ouvriers fidèles qui demandèrent la permission de rester avec nous quand la Croix Rouge fut partie, que les infirmières et l'hôpital eurent été dispersés et que nous étions là tout seuls à attendre l'arrivée de l'ennemi.

C'étaient F. Clément (Directeur d'Uturu), F. Benedict (Catéchiste à Uturu), F. Dominic (titulaire à Uturu), F. Ronald et F. Francis. S'il y avait des décorations maristes pour une bravoure au-delà des limites du devoir, je recommanderais volontiers ces confrères méritants pour la liste de promotion.

Plaise à Dieu que, grâce à l'aide de sa Sainte Mère, la paix revienne bientôt sur cette terre du Biafra maintenant déchirée et sanglante. Quand poindra cet heureux jour, les Frères Maristes pourront s'attendre à une nouvelle moisson merveilleuse de vocations; car les sacrifices, l'esprit, la foi de ces Maristes doivent apporter le centuple de bénédictions sur notre cause dans cette terre de douleurs.

F. Francis

 

Depuis lors, le F. Gall, Provincial de Grande Bretagne-Irlande-Nigeria, a pu visiter, au mois de mars 1969, toutes les petites communautés où nos Frères continuent leur œuvre. Une vingtaine se trouvent en territoire nigérian; respectés jusqu'à ce jour, ils peuvent continuer leur œuvre de miséricorde. Une quarantaine sont dans le réduit biafrais, continuant à soutenir la population par le pain matériel et celui de la parole de Dieu: catéchisme, préparation au baptême, préparation au mariage.

Il serait très intéressant de joindre à cet article un autre texte presque aussi long: la relation de la visite du Frère Vincent, qui, du Cameroun, va, à travers les territoires en guerre, rendre visite aux Frères du Biafra, pendant la semaine de Noël 1968. Nous regrettons beaucoup de n'avoir pas assez de place pour le publier.

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