Les petits chanteurs dArlon

04/Nov/2010

A la Maison Généralice, l'accueil a été chaleureux, et leur compatriote, le Très Révérend Frère Charles-Raphaël a l'air de leur dire des choses qui laissent détendus les aînés, interrogatifs les adolescents et rêveurs les plus petits.

On fera peut-être au Bulletin la critique d'ouvrir ses pages trop volontiers à toutes les formes de triomphalisme, mais c'est là un mot un peu facile, et puis, après tout, il y a bien la procession des Rameaux.

Former un groupe capable, non pas de supplanter l'assemblée liturgique, mais de l'animer, est d'ailleurs une œuvre ardue, qui est, hélas, trop souvent considérée comme si secondaire qu'on entend la question suivante: « Un tel a créé une merveilleuse chorale, mais qui va lui succéder? ». Si cette interrogation sournoise veut dire que l'on doit se préoccuper, ou que lui-même doit se préoccuper du problème, c'est une inquiétude louable. Mais si, comme il arrive, cela veut dire que l'on voit surtout ce qu'aura de gênant l'après-choralisme c'est le fait d'une curieuse mentalité, qui considère la formation musicale comme une concession passagère faite par faiblesse à quelqu'un qui « aimait ça » et non pas comme une donnée fondamentale de l'éducation.

Il pensait plus juste le Père Champagnat qui n'hésitait pas à innover en introduisant le chant à l'école. Mais plutôt que de paraître gloser ou inventer citons tout simplement le Frère Jean-Baptiste (Vie éd. 1856, Vol. 2 pp. 360-361).

« Le Père Champagnat, que les intérêts de la Religion préoccupaient sans cesse, remarquant que bien souvent les Offices divins se faisaient mal dans les Eglises de campagne par défaut de chantres, pensa que ce serait contribuer grandement à la gloire de Dieu, à l'édification publique et à la solennité des Offices, que d'apprendre le plain-chant aux enfants, afin, par ce moyen, de préparer et de former des chantres pour les Paroisses. Il ne se trompa pas, et messieurs les Curés virent l'introduction du chant dans les écoles avec un indicible plaisir, et lui témoignèrent hautement leur satisfaction. « Dieu soit béni, lui écrivait l'un d'eux, de vous avoir fait comprendre un des grands besoins de notre époque, et de vous avoir inspiré le moyen de le satisfaire. Par l'enseignement du chant, vos Frères rendront les plus grands services aux Curés; ils réveilleront et renouvelleront la piété des fidèles; ils attireront un grand nombre de personnes aux Offices, et ils donneront aux enfants l'amour et le goût des cérémonies de l'Eglise ».

En introduisant le chant dans nos Classes, le Père Champagnat se proposait encore d'attirer et d'attacher les enfants à l'Ecole par le plaisir pur et innocent que leur procure le chant, de les maintenir dans la joie et le contentement, de leur faire goûter les charmes de la vertu, de les instruire agréablement des vérités de la Religion, de leur inspirer des sentiments de piété et de bannir les chants profanes. Le chant produit en effet tous ces résultats quand les enfants y sont bien formés. A l'époque où a commencé la Congrégation, le chant ne faisait aucunement partie du programme de l'enseignement primaire: depuis il y a pris place; mais le Père Champagnat a la gloire et le mérite de l'y avoir introduit le premier; au moins dans les écoles des campagnes ».

Toutes les chorales n'ont pas la vocation de venir à Rome. Toutes ont la mission de contribuer à l'éducation de la foi. Le Père Champagnat a compris avec un sens humain et un sens surnaturel remarquables la valeur pédagogique du chant à une époque où rien n'y poussait. Combien plus en verrait-il aujourd'hui la nécessité dans l'univers du loisir, de la chanson et de la guitare!

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