Les Scolastiques de S. François Xavier

11/Oct/2010

La guerre d'Espagne avait fait surseoir au départ des jeunes Frères espagnols du scolasticat S. François Xavier. On avait d'abord pensé que ce serait l'affaire de quelques jours. Mais les choses s'étaient mises à traîner en longueur.

Enfin, le gouvernement de Burgos ayant remis en vigueur les anciens décrets concernant les missions et, d'ailleurs, la plupart des jeunes Frères n'étant pas en âge militaire, on a pu, au début de février, songer à la visite de famille qui est d'usage, avant le départ pour les pays lointains. Ils se sont donc acheminés en plusieurs contingents vers les Pyrénées.

Leurs impressions, dans leur pays auquel on commençait à imposer, lors de leur départ, des allures laïques ou même irréligieuses et qu'ils trouvent au retour sous sa physionomie traditionnelle, se manifestent dans les lettres enthousiastes qu'ils ont écrites de là-bas.

On peut bien en citer deux ou trois passages:

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« Quel enthousiasme, dit l'un, il y a dans notre catholique Espagne.

En passant la frontière, nous avons été embrassés par les réquétés. Nous montrant leur image du Sacré-Cœur qu'ils portent tous: « Voilà le salut de l'Espagne et le nôtre », nous ont-ils dit. Sur la façade des casernes on peut lire en grosses lettres : « Vive le Christ-Roi! »

Ici, à Pamplona, j'attire l’attention de tout le monde, à cause de l'habit religieux qu'on est content de voir. On vient de temps en temps baiser la croix de profession que vous m'avez donnée en partant. Tous les jours, de cinq heures à onze, il y a des messes et les églises sont pleines. C'est ce qui donne espoir que le bon Dieu bénira notre bon peuple et que bientôt, dans toute l'Espagne, on entendra, du nord au sud, et de tous les cœurs à la fois, crier : « Vive le Christ-Roi ! »

Mes parents sont contents de ma visite. J'ai un frère qui est au front de Miranda et, le 15 février, mon second frère, qui a 15 ans, va s'engager. Mes parents acceptent bien volontiers ce nouveau sacrifice et je suis sûr que c'est de bon cœur qu'ils feront aussi celui de mon départ ».

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« A Irun, dit une autre lettre, lorsque je me suis séparé des autres, une voix a crié, parmi les gens qui étaient là : « Vive les Frères?… »

Ma mère était plus heureuse que tous les autres. Que de fois elle a dit, en me voyant, avec des soupirs d'admiration : « Oh, Jésus! »

Mes petits frères vont très bien. Le plus jeune est très dégourdi, il fait l'exercice militaire admirablement et c'est lui qui commande à tous les gamins du pays quand ils jouent au soldat.

Je compte aller voir mon frère aux tranchées, du côté de Madragon, consoler nos Frères d'Anzuola en passant et leur porter quelques bouteilles de vin. Ensuite, je reviendrai à la maison, après avoir vu la guerre de près.

Quelle joie de voir tous ces braves bérets rouges, véritables moines guerriers qui vont à la messe tous les jours et disent leur rosaire quotidien! »

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