Les souhaits de bonne année à Grugliasco

02/Sep/2010

 

De temps immémorial, c'est l'usage, à la maison-mère, que, le premier jour de l'an, vers les 7 heures et demie du matin, toute la Communauté, sous la présidence du R. F. Supérieur entouré des membres du Régime, se réunit dans la salle commune pour l'expression des vœux réciproques de bonne année et la cérémonie de l'accolade fraternelle.

Toujours bien touchante en elle-même, si on sait en comprendre le sens chrétien, cette réunion de famille a revêtu un charme nouveau depuis que la présence des grands novices, représentants de nos diverses provinces, en a fait, pour ainsi dire, un résumé de la Congrégation tout entière. Il semble qu'on y voie s'embrasser dans une douce et religieuse étreinte tous les membres de l'Institut, depuis ceux que Dieu a investis de la plus haute autorité jusqu'à ceux qui remplissent les emplois les plus humbles ; depuis les vieillards blanchis dans les travaux de l'apostolat ou les offices de charité jusqu'aux petits juvénistes qui aspirent à les remplacer dans la vie ; depuis ceux qui vivent habituellement auprès des premiers supérieurs jusqu'à ceux qui, dans les régions les plus éloignées, travaillent à la même œuvre, sous l'inspiration des mêmes sentiments.

Encore le tableau n'est-il pas complet, car, au-dessus de cette scène terrestre, il faut voir, comme dans les grandes verrières de nos cathédrales, une scène céleste, à peine séparée de la première par un léger voile de nuages, et où notre V. Fondateur, avec tous nos Frères de la grande province du Paradis, groupés autour de Marie, notre divine Mère, inclinent leur regard attendri et sourient de complaisance.

C'est vraiment à une vision de ce genre que faisait songer la réunion du 1ier janvier de cette année.

Dès sept heures et demie, dans la salle des exercices, où les portraits du Vénérable et des anciens supérieurs semblent former une couronne aux images de Jésus en croix , du Sacré- Cœur et de la Très Sainte Vierge, mises à la place d'honneur, tous les groupes de la Communauté se trouvaient assemblés, dans l'union des mêmes sentiments.

L'entrée du R. F. Supérieur, suivi des membres de son Conseil, est saluée par une salve d'applaudissements, où l'on sent que les mains reçoivent leur impulsion du cœur et par un chant de circonstance, exécuté à la façon coutumière des grands novices, c'est-à-dire très bien.

A peine a-t-il pris place sur l'estrade préparée pour lui au fond de la salle, un des membres les plus qualifiés de la Communauté lui exprime en français les sentiments et les vœux dont tous les cœurs sont remplis pour lui en cet heureux jour ; puis douze grands novices viennent successivement lui dire la même chose, au nom des Frères de la région qu'ils représentent, et dans la langue propre du pays. C'est ainsi qu'on entend résonner tour .à tour les langues graves et savantes du Nord avec l'allemand et l'anglais ; les langues sonores et harmonieuses du Midi avec le portugais, l'italien, l'espagnol et le grec ; les langues colorées et poétiques de l'Orient avec l'arabe et le turc ; les langues primitives de l'Extrême-Orient et de l'Océanie, avec le chinois et le samoan, etc.

Le R. F. Supérieur, très ému, commença par renvoyer au Seigneur toutes les louanges que venaient de lui exprimer d'un cœur sincère, et en tant de manières différentes ses fils en Dieu, les déclinant modestement pour sa personne, mais les acceptant pour le caractère de Supérieur dont la Providence l'avait revêtu ; puis il en prit occasion pour faire un bel éloge de l'esprit de famille, qui sait mettre à la fois tant de charme et tant de force dans les sociétés, qui ont la sagesse de le cultiver et de l'entretenir soigneusement dans leur sein ; il invita tous les Frères. de la communauté, et en leur personne tous les membres de l'Institut, à se serrer de plus en plus étroitement autour des supérieurs de tous ordres, pour que l'union dans le respect de l'autorité se fortifie aussi de plus en plus dans la Congrégation à mesure qu'elle s'étend davantage, et lui donne la possibilité de remplir le but de sa fondation en dépit de tous les obstacles que l'enfer lui suscite. ' II y a peu de choses impossibles, ajouta-t-il en s'appuyant sur un proverbe anglais, mais à condition qu'on les veuille fortement et de concert : were there is a will, there is a way.

Descendant alors de son siège, il donna, par rang d'ancienneté, l'accolade fraternelle à tous les Frères et enfants, qui en tirent autant les uns à l'égard des autres, en se témoignant par quelques bonnes paroles les sentiments de charité qui animaient leurs cœurs.

N'est-il pas vrai que le V. Fondateur et ses premiers disciples, qui avaient la charité fraternelle en si haute estime, durent être heureux, du haut du ciel, de contempler une scène oh elle. se manifestait avec tant de sincérité et de sainte effusion ?

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