Lettre dadieu du. Révérend Frère Supérieur Général aux Frères dEspagne

Fr. Léonida

17/Oct/2010

V. J.M. J. Burgos, le 15 août 1947.

Assomption de la Très Sainte

Vierge Marie, Fête Patronale de

l'Institut.

Mes Très Chers Frères,

« Obéissant à un impérieux besoin du cœur, je vous adresse ces lignes à la veille de mon retour à la Maison-Mère.

Je veux, par là, vous témoigner combien m'ont été agréables les jours que j'ai passés avec vous et vous laisser une preuve de l'affection et de l'intérêt que je vous porte.

Je remercie en premier lieu le Très Cher Frère Assistant Général de m'avoir accompagné dans cette visite, dont il a prévu tous les détails avec une sollicitude jamais démentie ; aussi cette visite s'est-elle effectuée dans les meilleures conditions possibles.

A tous aussi, mes plus sincères remerciements, en particulier aux Chers Frères Provinciaux, Visiteurs et Directeurs, de toutes les attentions que vous m'avez prodiguées, honorant ainsi dans mon humble personne le représentant de Notre-Seigneur et de notre Première Supérieure, prouvant également d'une façon manifeste, votre amour et votre attachement à la grande famille mariste.

Sous ce rapport, il m'est agréable de déclarer que tous, dans les Communautés et dans les Provinces, vous avez multiplié, avec une sainte émulation, les marques d'esprit filial dans les limites de la simplicité qui est bien nôtre et qui donne du charme à tout ce qu'elle inspire et anime.

Il a été extrêmement consolant pour moi de constater qu'en peu d'années l'on a réparé les ruines accumulées par la vague dévastatrice qui, en des jours de triste souvenir, a fauché des vies précieuses, a durement éprouvé la vertu et la persévérance de plusieurs et a anéanti des œuvres florissantes.

Oui, il est admirable le puissant renouveau des œuvres maristes en Espagne : les maisons de formation, les écoles et les collèges regorgent d'une jeunesse généreuse, disposée à remplir les devoirs que l'avenir lui réserve. Tous sont animés d'un ardent désir de perfectionnement matériel, intellectuel, moral et religieux.

Il est juste d'attribuer une telle restauration à un secours particulier du Ciel et obtenu par le sang fécond de nos martyrs et par les peines de ceux qui, s'ils purent sauver leur vie, ont souffert des vexations de toutes sortes. Mais, je ne puis non plus moins faire que de reconnaitre et de proclamer le mérite de vous tous qui avez travaillé à réparer les ruines, sans vous décourager devant la grandeur d'une telle entreprise.

n vous félicitant de tout cœur, je vous exhorte paternellement à continuer de servir, avec la même abnégation, notre cher Institut et par suite Notre-Seigneur et sa très sainte Mère.

Cultivez votre vie intérieure, aimez-vous comme des Frères, ne vous écartez en rien de l'observance régulière. Veillez sans cesse à la sélection et à la préparation très sérieuse des sujets. Maintenez, et, s'il est possible, intensifiez l'impulsion donnée aux études et à l'obtention des diplômes officiels qui accréditeront votre savoir ; mais fortifiez en même temps votre formation religieuse pour perfectionner ainsi de plus en plus votre vie spirituelle et votre apostolat.

L'Espagne sortie du creuset de la croisade rédemptrice oriente avec courage sa marche vers Celui qui est le seul espoir de l'Humanité. Et, comme l'Église qu'elle désire seconder dans sa mission de répandre la doctrine du Christ et de donner la primauté aux valeurs spirituelles, elle veut pouvoir compter, d'une manière spéciale, sur la coopération des éducateurs.

Vous n'avez pas été sourds à sa voix, vous ne le serez pas non plus à l'avenir. Continuez à faire de vos classes et de vos communautés autant de phares à la lumière indéfectible d'où irradient et la vérité qui montre le chemin et plus encore l'exemple qui entraîne.

Je demande à la Très Sainte Vierge, que vous aimez tant à titre de Maristes et d'Espagnols, de continuer à vous protéger avec une maternelle bonté. Je prie nos chers martyrs de vous aider à travailler le champ qu'ils ont arrosé de leurs sueurs avant de l'arroser de leur sang.

En prenant congé de tous, je vous bénis et vous donne l'assurance de vous rester étroitement uni d'esprit et de cœur.

Votre tout dévoué serviteur en J.M.J. »

                               Fr. Léonida, Supérieur Général.

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