Lettres adressées au R. Frère Supérieur par les Supérieurs Généraux de quelques familles religieuses, en relations damitié avec la nôtre

19/Sep/2010

I. — S. G. Mgr. A. Dontenville, Archevêque titulaire de Ptolémaïs, Supérieur Général des Oblats de Marie Immaculée. — Révérendissime Frère : Je vous suis très reconnaissant de la bonté que vous avez eue de me faire connaître que le 2 janvier prochain vous auriez le bonheur de célébrer le premier Centenaire de la Fondation de votre Institut.

Au nom de toute la Congrégation des Oblats et en mon nom, je viens vous féliciter de cet heureux événement.

Je me ferai un devoir de m'associer à vous pour rendre des actions de grâces au Ciel pour toutes les faveurs dont votre cher Institut a été l'objet pendant le siècle qui vient de s'écouler.

La famille religieuse que le vénérable Marcellin Champagnat a fondée et dirigée a non seulement atteint sa centième année d'existence, mais elle a été animée d'une vigueur de sève extraordinaire. Elle a projeté des rejetons jusqu'aux extrémités de la terre. Oui, le bon Dieu l'a visiblement et abondamment bénie.

Je ne connais pas par le détail tout ce que vos fils ont accompli dans les Missions où ils sont associés aux Pères Oblats, mais les Vicaires Apostoliques et les Directeurs de nos maisons m'ont souvent parlé avec admiration des résultats obtenus par vos dévoués Instituteurs, soit en Afrique du Sud, soit au Canada, soit aux Etats-Unis.

Je suis heureux de me faire auprès de vous l'interprète de tous les nôtres qui ont le grand avantage de posséder les Chers Frères de Marie, pour vous. exprimer leur reconnaissance du concours si dévoué que vos fils leur ont donné.

Je fais des vœux pour que votre Institut, déjà si méritant et que vous gouvernez si sagement, marche de progrès en progrès, afin que son action soit de plus en plus féconde pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.

Daigne le bon Dieu, par l'intercession de la Vierge Immaculée, exaucer mes vœux !

Eu. vous renouvelant l'assurance de ma religieuse affection, je vous prie de me croire, mon Révérendissime Frère,

Votre bien dévoué en N. S. et M. l.

Rome, le 20 décembre 19lG.

† Ang. Dontenville O. M. I.

Arch. de Ptolémaïs

Sup. Général O. M. I.

 

Le T. R. P. Patrice Murray, Supérieur Général de la Congrégation du Très-Saint Rédempteur. — Mon Très Révérend Frère Général : C'est du fond du cœur que je viens m'associer à la joie de votre cher Institut à l'occasion du premier centenaire de sa fondation. Hélas ! le malheur des temps n'autorise pas en ce moment les démonstrations qu'on aurait pu désirer pour commémorer un si glorieux anniversaire. Votre famille religieuse, comme toutes les autres, doit supporter sa large part d'épreuves dans le conflit sanglant qui désole l'Europe. Toutefois cela ne doit pas nous empêcher, en contemplant l'œuvre accomplie par le vénérable serviteur de Dieu le Père Champagnat, de répandre aux pieds du Divin Rédempteur nos plus vives actions de grâces. Nés de l'Eglise, les Ordres religieux, disait un pieux écrivain, ressemblent tous à leur Mère, et leurs Fondateurs sont tous des images vivantes de Jésus-Christ.

Mais, outre leur commune similitude, chacune de ces corporations saintes est marquée d'un trait particulier de ressemblance Glue les autres n'ont pas, au moins au même degré. L'Institut des Petits Frères de Marie a reçu lui aussi à ses débuts son cachet divin, c'est l'humilité, caractère distinctif de Notre Seigneur, vertu de prédilection de tous les enfants de la Sainte Église. Son Bethléem fut une modeste chaumière d'un pauvre village. C'est là qu'un humble prêtre, aussi remarquable par sa foi et sa confiance en Dieu, que dépourvu des richesses et des appuis de ce monde, inaugurait une œuvre éminemment salutaire pour l'éducation religieuse des enfants. Dieu donna la fécondité au petit grain de sénevé planté par son serviteur, et ce grain est devenu un grand arbre qui étend ses rameaux sur de nombreux pays et qui abrite sous son ombre bienfaisante des milliers d'enfants.

Si l'Institut des Petits Pères de Marie a reçu de Dieu une si remarquable prospérité, c'est qu'il a été fidèle jusqu'ici à l'esprit de son Vénérable Fondateur, c'est qu'il a su se tenir dans cette voie d'humilité, de simplicité et de modestie qui lui avait été tracée aux premiers jours de son existence.

Je me réjouis des bienfaits répandus sur l'enfance chrétienne. depuis un siècle par votre chère Congrégation et je l'en félicite. Je fais des vœux pour voir bientôt sur les autels le prêtre modeste qui a su concevoir et exécuter une œuvre aussi noble et aussi salutaire. Je demande à la T. S. Vierge Marie, dont l'humilité attira les regards et les bénédictions de Dieu, de conduire toujours les Petits Frères sur les traces de leur Fondateur ; c'est ainsi qu'ils continueront leur marche ascendante au sein de l'Eglise qu’ils honorent aujourd'hui par leur ferveur et leur modestie.

Veuillez agréer, mon R. F., l'assurance de mes sentiments les plus respectueux et les plus dévoués en N. S.

Rome, le 29 décembre 1916.

Patrice Murray C. S. S. R.

Sup. Général T. Rect. Maj.

 

Le T. R. Père Raffin, Supérieur Général des Pères Maristes. — Mon Très Révérend Frère Supérieur Général : Je vous suis très reconnaissant de l'aimable invitation que vous avez bien voulu m'adresser d'assister aux belles fêtes, par lesquelles vous célébrerez, le 2 janvier 1917, à la Maison Mère de Grugliasco, le Centenaire de la Fondation de votre Institut par notre Vénérable Père Champagnat.

Si les temps tristes, douloureux et difficiles que nous traversons n'étaient un obstacle, je me serais fait à la fois un honneur, un plaisir et un devoir d'aller en personne prendre part à la célébration de ce Jubilé séculaire. Du moins, comme représentant de notre humble famille religieuse toujours si étroitement unie à la vôtre, je tiens à être d'esprit et de cœur au milieu de vous en cette solennelle circonstance.

Avec vous, Mon Très Révérend Frère Supérieur Général, je remercie avec effusion Jésus et Marie des abondantes bénédictions célestes dont votre Institut a été comblé, des admirables accroissements qu'il a pris dans l'Eglise Catholique, et des fruits innombrables qu'il a produits par l'éducation chrétienne des enfants dans les cinq parties du monde, depuis que le 2 janvier 1817 le Vénérable Père Champagnat, déjà associé du Vénérable Père Colin, en jetait les fondements à Lavalla, où il exerçait les fonctions de Vicaire.

Avec vous encore, Mon Très Révérend Frère Stratonique, et avec tous les membres de votre très méritante Congrégation, je me réjouis des félicitations qui vous arrivent spontanées, cordiales, de la part de vos nombreux amis et protecteurs.

Avec vous tous, enfin, je forme les vœux les plus sincères appuyés des supplications les plus instantes, afin que bientôt la sainte Vierge, notre céleste Mère, daigne obtenir pour son bon et fidèle serviteur, son zélé et digne fils, le Vénérable Père Champagnat, les honneurs de la Béatification, comme une nouvelle et pressante invitation à marcher sur ses traces et comme un nouveau et précieux gage de prospérité de l’Institut des Petits Frères de Marie.

Veuillez agréer, Mon Très Révérend Frère Supérieur Général, avec l'assurance de mon souvenir devant Dieu et aux pieds de la Vierge Marie, l'expression de mes sentiments religieusement et affectueusement dévoués en J. M. J.

Lyon, le 28 décembre 1916.

J. Raffin, Sup. Gal, S. M.

 

Le T. R. Père P. Albera, Supérieur Général des Salésiens. — C'est avec un vrai bonheur et avec une joie toute spirituelle que les pauvres fils du Vénérable Don Bosco s'unissent à ceux du Vénérable Marcellin Champagnat pour remercier Dieu dans un élan do vive reconnaissance.

Votre saint Institut, si fécond et si méritant dans l'enseignement chrétien, compte un siècle d'existence. Un siècle de labeur pour le bien des âmes, un siècle de travail intérieur de sanctification. Deo gratias !

Ceux de nos confrères qui dans les différents pays, surtout en Amérique, ont été le plus au contact des vôtres, ont partout été édifiés par le zèle tout apostolique dans le travail toujours pénible de l'instruction et par l'esprit profond de l'observance religieuse des Petits Frères de Marie.

C'est pourquoi ; tout en remerciant Dieu avec Vous, nous Lui demandons, par l'intercession de nos Vénérables Fondateurs, de vous maintenir dans vos glorieuses traditions, de vous multiplier, et de vous préparer les meilleurs succès dans la sainte Eglise militante et triomphante.

Daignez agréer nos respectueux sentiments en N. S.

Turin, le 19 décembre 1916.

Paul Alliera, Sup. Gal.

 

Le T. R. Père Couet, Supérieur Général des Pères du Saint Sacrement. — Mon Cher et Très Honoré Frère : Le biographe du Vénérable P. Pierre-Julien Eymard raconte que le serviteur de Dieu, étant Directeur spirituel au Collège de Belley, s'offrit à son Supérieur "pour aller chaque année dans les écoles des Petits Frères de Marie chargées de l'instruction primaire ; dans chaque établissement il serait resté le temps suffisant pour donner une retraite aux enfants, établir parmi eux une Congrégation de la T. S. Vierge et enseigner aux Frères instituteurs à la bien diriger ; avant de quitter la paroisse, il aurait fait, avec l'agrément du Curé, un discours aux paroissiens sur l'éducation des petits enfants".

L'obéissance disposa autrement du P. Eymard ; mais il avait, par son projet, donnée une belle marque d'intérêt à l'œuvre admirable que font les Petits Frères de Marie.

Ce souvenir m'est revenu à la mémoire quand j'ai appris que, malgré les difficultés de l'heure présente, vous aviez l'intention de ne pas laisser passer inaperçu le centième anniversaire du jour où le Vénérable P. Marcellin Champagnat réunit à Lavalla, dans une humble maison qu'il avait réparée lui-même, ses premiers disciples qui ont été les prémices de votre Institut.

Et je tiens à vous dire, mon cher et très honoré Frère, que les fils du Vénérable P. Eymard ne manqueront pas de s'unir à ceux du V. P. Champagnat dans une circonstance si solennelle : avec eux ils remercieront Dieu des développements magnifiques de la Société qui prenait si pauvrement naissance le 2 janvier 1817 ; avec eux ils prieront pour qu'elle continue avec fidélité sa belle mission qui est d'instruire la jeunesse, tout en la formant à l'amour de la T. Sainte Vierge et à la pratique des vertus chrétiennes.

Veuillez agréer, mon cher et très honoré Frère, l'assurance de mes sentiments respectueux et bien dévoués en Notre Seigneur

Rome, le 26 décembre 1916.

Eugène Couet, S. S. S.

 

Le T. R. Père Hiss, Supérieur Générai des Marianistes. Très Révérend Frère Supérieur : C'est de Rome même, avant de rentrer en Suisse, que je veux répondre à votre aimable lettre du 4 courant. Vous m'annoncez la prochaine célébration du premier Centenaire de la fondation de votre Congrégation, et vous m'invitez à m'associer à vous et aux membres de votre famille religieuse pour remercier Dieu des nombreux et insignes bienfaits qu'Il a accordés à la Congrégation pendant cette période de cent ans. C'est avec empressement que je me rends à votre invitation, et le 2 janvier prochain je dirai la Sainte Messe à vos intentions.

Nous avons en effet en Jésus-Eucharistie, soit par la Sainte Messe, soit par la Sainte Communion, de quoi suppléer à notre propre insuffisance. Au saint autel, Jésus en s'offrant à son Père, lui offre un sacrifice d'action de grâces d'une valeur infinie. A la sainte table, Jésus se donne à nous avec tout ce qu'il est et tout ce qu'il a ; nous pouvons donc puiser à notre aise dans le trésor de ses mérites et donner à nos actions de grâces toute la valeur des siennes.

Nous avons encore à notre disposition une formule d'action de grâces qui doit nous être chère de préférence à toute autre, c'est le Magnificat, cantique de foi et d'humilité sorti du cœur de la B. Vierge. Comme enfants de Marie, c'est en quelque sorte pour nous un bien de famille et nous devons aimer à le réciter.

Veuillez agréer, etc. …

Rome, le 10 décembre 1916.

P. Hiss, Sup. Gal, S. M.

 

Le T. R, Père Pajot, Supérieur Général des Missionnaires de la Salette. — Mon Très Honoré Frère : Je vous suis extrêmement reconnaissant d'avoir bien voulu m'annoncer le grand événement que vous vous apprêtez à célébrer le 2 janvier de la prochaine année.

Je prends la part la plus vive à votre joie si légitime et vous félicite bien cordialement du précieux honneur que vous réserve à cette occasion le Chef suprême des pasteurs et des fidèles.

Avec vous, je rends grâces au Seigneur de la prospérité merveilleuse qu'il a daigné accorder à votre chère famille religieuse au cours du siècle qui, pour vous, s'achève ; et je lui demande de tout mon cœur de vous continuer de plus en plus ses paternelles faveurs.

Puissiez-vous en particulier bientôt goûter l'ineffable consolation de voir élever sur les autels votre Vénéré Patriarche, ce bon et fidèle serviteur qui, il y a cent ans, plantait dans le champ de la Sainte Eglise et arrosait de ses sueurs l'imperceptible grain de sénevé de l'Institut des Petits Frères de Marie, devenu aujourd'hui un arbre magnifique, dont la puissante ramure s'étend sur les deux mondes. Qui dira les innombrables légions d'oiseaux du ciel, je veux dire d'âmes d'enfants, qui, sous l'efficace protection de son ombre salutaire, ont conservé, dans toute sa fraîcheur, leur innocence baptismale ?

Dans ces douces fêtes qui se préparent et la bénédiction pontificale qu'elles ne manqueront pas de vous attirer, je veux voir (et c'est mon plus ardent désir qu'il en soit ainsi) le gage d'une nouvelle recrudescence de prospérité pour les dignes fils du Vénérable Père Champagnat.

Puissent-ils croître sans cesse en nombre et en ferveur afin d'être en mesure de réparer les ruines spirituelles qu'amoncelle tous les jours davantage, notamment dans notre pauvre et chère France, le satanique fléau de l'éducation sans Dieu, et même, hélas ! contre Dieu !

Veuillez agréer, etc. …

Grenoble, le 18 décembre 191G.

P. Pajot, M. S.

Sup. Gal des Missionn. de la Salette.

 

Le Très-Honoré Frère Imier de Jésus, Supérieur Général des Frères des Ecoles Chrétiennes. — Très Honoré Frère Supérieur Général : Avec vous et tous vos Frères, nous nous réjouissons du prochain centenaire que vous allez célébrer de la fondation de votre Institut par le Vénérable Marcellin Champagnat. De tout cœur aussi, nous nous associons aux félicitations si bien méritées que vous recevez en cette circonstance, de toutes les contrées du monde.

Et comment n'éprouverions-nous pas, Très Honoré Frère, les sentiments d'une fraternelle joie ? Votre œuvre et la nôtre ont une fin identique ; et le Vénérable Champagnat vous a légué, comme à nous S. Jean Baptiste de la Salle, cet esprit de foi et de charité qui unit les cœurs religieux, et leur fait remplir une mission semblable avec une sainte émulation, d'autant plus féconde qu'elle ne s'inspire que de l'amour de Dieu et des âmes.

Et puis, Très Honoré Frère, en ces temps où le besoin le plus universellement senti est l'éducation chrétienne du jeune âge, les fils de S. Jean Baptiste de la Salle pourraient-ils ne pas se réjouir de voir, parallèlement à leur Institut, croître et prospérer un autre Institut voué à cette grande et sublime mission ? Y aura-t-il jamais assez d'apôtres, pour apprendre aux enfants à connaître, aimer et servir Notre Seigneur Jésus-Christ ?

C'est donc à bon droit, Très Honoré Frère, que nous partageons la pieuse allégresse des Petits Frères do Marie, qui, après un siècle de dévouement, de zèle et de prospérité, veulent célébrer les gloires de leur Père et fondateur, et lui offrir un concert de louanges, d'amour et de reconnaissance.

A ce juste sentiment de joie, permettez-nous, Très Honoré Frère, de joindre nos humbles mais très sincères congratulations, qui ne seront du reste, qu'un faible écho de celles qui vous seront déjà venues de Nosseigneurs les Evêques, et surtout de notre glorieux Pontife Benoît XV.

Oui, nous vous félicitons, vous d'abord, Très Honoré Frère, d'avoir, à la suite de vos infatigables prédécesseurs, si largement contribué à l'affermissement et à l'extension de l'œuvre du Vénérable Champagnat. Nous félicitons vos Frères d'avoir secondé votre zèle et multiplié vos écoles, dans nos contrées, aussi bien que dans les pays de mission et jusque dans la Chine, où votre Institut a eu l'insigne gloire de produire des martyrs de l'enseignement chrétien. Quels saints transports doivent avoir éprouvés, votre Vénérable Fondateur et ceux de ses nombreux fils qui l'entourent au ciel, en voyant le grain de sénevé semé, il y a cent ans, devenir un grand arbre où sont venues s'abriter des légions d'âmes.

Ces sentiments dont je suis heureux de me faire l'interprète, ne sont, Très Honoré Frère, que l'expression de la fraternité religieuse qui règne entre l'Institut des Frères des Ecoles chrétiennes et celui des Petits Frères de Marie, fraternité particulièrement chère à notre B. Père et au vôtre, et qui sera toujours, aux membres des deux Congrégations une source de grâces pour cultiver côte à côte, avec fruit, la vigne du Seigneur.

Et c'est à raison même de cette confraternité, que nous joignons nos humbles prières aux vôtres pour que bientôt il vous soit donné de célébrer une fête plus belle, plus solennelle encore que celle que vous préparez à cette heure, la Fête où vous chanterez avec l'Eglise une nouvelle hymne de gloire à celui qu'alors on appellera le Bienheureux Champagnat.

Je vous prie de vouloir bien agréer, etc. …

fr. lmier de Jésus

Sup. Gal.

 

Le T. R. Frère Martial, Supérieur Général des Frères de Saint Gabriel. — Révérend Frère Supérieur Général : Un retard inexplicable de la poste m'a privé d'un très grand plaisir, le plaisir de me joindre à vous et à toute votre magnifique famille religieuse au jour de ses actions de grâces et de ses supplications.

Votre lettre datée du 5 décembre n'est parvenue à nos frères de Saluzzo que le 22 janvier et ne nous est arrivée ici qu'à la fin du même mois. J'aime à croire que vous aurez attribué mon silence aux circonstances exceptionnelles où nous nous trouvons et non à de l'indifférence de ma part.

Comme vous le dites, les Congrégations enseignantes doivent à l'heure présente, sentir d'autant plus le besoin de vivre dans une étroite union et de travailler dans l'harmonie la plus complète le coin du champ du Père de famille qui leur a été assigné, que leur apostolat est plus contredit et rendu plus difficile par les ennemis de l'enfant, par les semeurs d'ivraie et par la persécution ouverte faite à l'enseignement religieux.

Oui certes, Révérend Frère Supérieur Général, je vous félicite de tout cœur à l'occasion du centenaire de la fondation de votre bel Institut et je .me joins à vous, prenant part à votre reconnaissance envers Dieu qui vous bénit, envers le Pape qui vous aime et vous loue, envers Marie dont vous portez le nom dans l'univers entier et que vous faites aimer par des. centaines de mille d'enfants.

Je me réjouis d'autant plus du bien que vous faites et du bien qui vous arrive que nos deux congrégations sont plus spécialement unies dans l'œuvre commune, et que personnellement j'ai eu plus d'occasions de vous visiter, d'être reçu chez vous aimablement en France, en Italie, en Espagne, en Amérique.

Daignent Notre Seigneur et Marie Immaculée étendre de plus en plus leur protection sur votre Institut, augmenter ses sujets et ses œuvres, pour l'encouragement de tous les ouvriers du Bon Dieu, le bien des âmes et le triomphe de la Sainte Eglise. Je vous prie d'agréer, Très Révérend Frère Supérieur Général, l'expression de nies meilleurs sentiments en N. S.

Saint-Laurent sur Sèvre, le 2 février 1917.

fr. Martial,

Sup. Gal.

 

Le T. R. Frère Albéric, Supérieur Général des Frères du Sacré-Cœur. — Mon Très Révérend Frère : Mon conseil vient d'écouter avec une religieuse sympathie la lecture de votre touchante lettre de faire-part qui nous annonce avec bonheur, pour le 2 janvier prochain, la célébration solennelle du premier Centenaire de votre Institut, et nous honore de la gracieuse invitation à nous associer à l'expression de votre reconnaissance émue.

De grand cœur notre modeste Congrégation joindra, à la date indiquée, ses unanimes actions de grâces à celles qui jailliront à flots pressés de toutes les âmes des Petits Frères de Marie.

Avec vous tous, nous remercierons la divine Providence et Marie, votre Patronne puissante et bien aimée, pour les bénédictions aussi éclatantes que nombreuses qu'elles se sont plu à répandre sur la bienfaisante institution du Vénérable Père Champagnat ; notamment à notre connaissance :

L'étroite et féconde union qui a toujours caractérisé l'Administration Supérieure de votre vaillante société ;

Une organisation judicieuse et très efficace, qui s'étend à tous les degrés de votre hiérarchie, depuis la Maison-Mère, avec ses multiples et excellentes œuvres de formation, jusqu'à la marche harmonieuse du moindre de vos postes ;

Le bon esprit, la piété, la simplicité, le zèle industrieux, le prosélytisme ardent qu'on est charmé de constater chez tous vos religieux ;-

L'abondance des recrues pleines de promesses qui peuplent vos nombreuses maisons de postulat et de noviciat ;

Une enviable multitude de beaux et bons postes distribués dans l'univers entier ;

L'enseignement donné avec un remarquable succès et avec une parfaite intelligence de la bonne éducation chrétienne à une légion d'enfants et de jeunes gens appartenant à toutes les conditions sociales et à toutes les contrées de la terre ;

Le grand honneur procuré à la Religion et à l'Eglise par le dévouement inlassable, mais discipliné de vos excellents sujets ;

Le cachet de bonne confraternité et de parfait voisinage qui, dans chacune de vos maisons, caractérisent tous vos frères, et dont, avec gratitude, nous avons maintes fois éprouvé les ravissants effets, — etc. …, etc. …

Oui, voilà, grâce au Ciel et au bon vouloir de vous tous, un siècle bien rempli. Il n'est que juste de le clore par un solennel Te Deum et par un vibrant Magnificat. Et soyez assuré, Très. Révérend Frère, que nous serons heureux d'unir nos voix à celles de tous vos Religieux.

Ce devoir rempli, nous ne manquerons pas de faire monter vers le Sacré-Cœur et la Bonne Mère des vœux très ardents pour la continuation toujours accrue d'une prospérité aussi rapide que bien méritée.

N'est-ce pas avouer que nous considérons votre fête comme étant la nôtre, dans Une large mesure ? En vertu de la très particulière solidarité qui doit unir entre elles les diverses Congrégations enseignantes, les Enfants du Père Coindre entendent vivre en parfaite harmonie avec les Fils du Vénérable Père Champagnat.

Nous avons la ferme confiance que les Petits Frères de Marie iront de plus en plus la main dans la main avec les Frères du Sacré-Cœur.

Dans ce doux espoir, je vous prie d'agréer, etc. …

Rentaría, le 22 décembre 1918.

Fr. Albéric

Sup. Gal.

 

Le T. R. Frère Jean-Joseph, Supérieur Général des Frères de l'Instruction chrétienne. — Mon Très Révérend Frère Supérieur Général : En arrivant à Jersey, après une absence de dix jours, je trouve votre bonne lettre du 5 décembre qui n'est parvenue à destination que le 13 janvier. Je regrette beaucoup ce retard qui m'a empêché de vous envoyer ma réponse pour la date de votre centenaire.

Permettez-moi néanmoins, mon Très Révérend Frère, de vous dire aujourd'hui que je m'associe de tout cœur à vos joies, et que, dans cette année jubilaire qui est aussi la nôtre, les actions de grâces que nous adresserons à Dieu pour les bienfaits dont il a comblé notre Institut s'étendront aussi aux faveurs reçues par les Congrégations qui datent de la même époque, et tout spécialement la vôtre qui, poursuivant le même but, nous honore de sa sympathie et, en sœur bienveillante, nous fait bénéficier de ses lumières et de ses entraînants exemples.

Les rapports intimes entre M. de la Mennais et M Mazelier, Fondateur de la Congrégation de S° Paul Trois-Châteaux, devenue une branche de votre Institut, se sont continués entre vos vénérés prédécesseurs et les miens. Le Révérend Frère Cyprien, aussi bien que le Révérend Frère Abel professait pour le Révérend Frère Théophane la confiance la plus absolue et aimait à recourir à ses sages conseils.

Dans les trop courts moments que j'ai passés avec vous, mon Révérend Frère, j'ai pu constater que votre cœur a hérité de cette bienveillante bonté qui, pour l'amour de Dieu et des âmes, n'hésite pas à communiquer les secrets d'une organisation vraiment admirable.

La visite que vous m'avez fait faire à votre Grand Noviciat m'a particulièrement intéressé, et je ne puis m'empêcher de voir dans ce complément d’une formation très sérieuse une des principales causes de la prospérité de votre Institut. Vous ancrez dans tous vos sujets l'esprit du Fondateur, vous les mettez tous dans le même moule, et, quelle que soit leur nationalité, ils en sortent plus unis, plus Frères, plus dévoués à leurs Supérieurs et plus zélés à poursuivre le but de l'Institut. Comme les martyrs qui s'honoraient avant tout de leur titre de chrétiens, ils pourraient répondre à toutes les questions relatives à leur nom, à leur famille, à leur pays : Je suis Petit Frère de Marie.

En bénissant Dieu des faveurs qu'il a répandues sur votre belle société pendant le siècle écoulé, je veux aussi vous présenter mes vœux pour celui qui commence. Puissiez-vous voir vos enfants, déjà très nombreux, se multiplier encore ! Que tous vous consolent par leur ferveur croissante et leur zèle infatigable ! Que toutes vos œuvres prospèrent et se développent pour la plus grande gloire de Dieu et le plus grand bien des âmes ! Puissiez-vous enfin voir bientôt sur les autels votre Vénérable Fondateur, ce grand serviteur de Dieu et de Marie.

En retour des prières que de tout cœur j'adresse au Ciel pour vous, mon Révérend Frère, je sollicite le secours des vôtres ; car, comme vous le faites remarquer, dans les circonstances difficiles où nous nous trouvons, nous avons grand besoin d'une protection spéciale d'En Haut.

En terminant, mon Très Révérend Frère, je vous demande de vouloir bien vous associer aussi aux actions de grâces que nous adressons à Dieu dans cette année de notre Centenaire. C'est le 29 septembre 1917 qui sera pour nous la grande date de cette année jubilaire. Cette union dans les louanges qui, de nos différentes Communautés, s'élèveront vers le Ciel, resserrera encore, si possible, les liens qui unissent nos deux Congrégations. Puissent-elles l'une et l'autre travailler efficacement à la régénération de la Société et au triomphe de l'Eglise.

Veuillez agréer, Mon Très Révérend Frère, l'expression de mes sentiments les plus respectueux et les plus dévoués en J. M. J.

Jersey, le 20 janvier 1917.

fr. Jean-Joseph,

Sup. Gal.

 

Le T. R. Frère Sulpice, Supérieur Général des Frères de la Sainte Famille. — Mon Très Révérend Frère Supérieur Général : De grand cœur, la petite société des Frères de la Sainte-Famille s'unira à l'anniversaire que célébrera le 2 janvier prochain, sa sœur aînée, la belle et très florissante Congrégation des Petits Frères de Marie. Ce jour-là, la Messe de Communauté et les communions qui seront faites à Villa Brea seront offertes selon toutes vos intentions.

De tout l'élan de nos cœurs, nous ferons monter nos louanges vers la glorieuse patronne de votre Institut, qui justifie si bien la confiance qu'a mise en elle votre Saint Fondateur, et qui montre, par les abondantes bénédictions qu'elle répand sur vos œuvres, combien lui est agréable le zèle de vos Religieux à propager sa gloire et à faire épanouir dans les cœurs de leurs très nombreux disciples l'amour de son divin Fils.

Ainsi nous témoignerons de notre affection et de notre reconnaissance pour les excellents Petits Frères de Marie si empressés à nous prouver à l'occasion leur bienveillance et leur intérêt, desquels nous nous trouvons très honorés.

Permettez-moi, Mon Très Révérend Frère, de saisir cette occasion pour vous remercier de la bonté que vous avez de nous servir le Bulletin de votre Institut, dont la lecture est si instructive et si édifiante.

Agréez aussi que je vous offre les vœux que nous formons du meilleur de nos cœurs pour vous, Très Révérend Frère, pour les très honorés Frères du Régime et pour toute votre Communauté, aux prières de laquelle je me recommande avec tous les miens.

Chieti, le 20 décembre 1916.

                            fr. Sulpice,

Sup. GaI.

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