LExposition catholique de Lyon

11/Oct/2010

Il est matériellement impossible á l'Institut de participer aux innombrables expositions auxquelles on l'invite. Il y en a trop en tous pays et souvent trois ou quatre en même temps. Il y aurait de quoi occuper une équipe et ruiner une Caisse bien fournie.

Pourtant, de temps à autre il est difficile de refuser son concours. Ce fut le cas notamment à Lyon, diocèse d'origine de l'Institut, au mois de mai dernier. Les autorités religieuses avaient organisé, dans l'immense Palais de la Foire, une exposition remarquable qui attira environ un million de visiteurs. La longueur des parois recouvertes par l'exposition était estimée à 10 kilomètres.

Les deux maisons de St Genis Laval et de N.-D. de l'Hermitage s'étaient partagé le travail qui nous concernait et les dépenses, qui atteignirent environ 10.000 francs. Chacune avait organisé un stand, la première dans les galeries de l'enseignement des Missions, l'autre dans celles consacrée aux gloires du diocèse, dont le V. P. Champagnat n'est pas la moindre.

Voici un petit aperçu de ces deux stands.

 

Stand missionnaire. — Au troisième étage du Palais de la Foire, dans la galerie de l'enseignement en pays de Missions, à côté du stand des Frères des Ecoles Chrétiennes et de ceux des Ursulines et des Dames de St Maur, les Frères de St Genis-Laval avaient organisé un magnifique stand de nos œuvres missionnaires. L'ornementation, d'un goût très exotique, grâce à des broderies et à des banderoles chinoises, était parfaitement réussie.

L'attention des visiteurs était d'abord attirée par un grand Planisphère Mariste, aux couleurs très vives, montrant les 43 nations où nos Frères se dévouent ; de brèves explications et des statistiques encadraient cette carte.

A droite, un graphique indiquait les progrès de l'Institut de 1817 jusqu'à nos jours ; le fléchissement de 1903, bientôt suivi d'une nouvelle progression, ne manquait pas d'exciter la curiosité des visiteurs attentifs.

Le portrait du V. P. Champagnat était à la place d'honneur ; de nombreux visiteurs déclarèrent le connaître ainsi que « sa maison » (N.-D. de l'Hermitage). Le portrait du R. F. Diogène était en dessous de celui de notre V. Fondateur ; sa figure sympathique et les explications données sur ce digne supérieur général le firent admirer.

Deux grandes photos, l'une montrant les 1.000 élèves de l'école municipale franco-chinoise de Shanghai, et l'autre les 700 élèves de la section chinoise du Collège St F. Xavier, de la même ville, d'autres belles photos de nos Frères et de nos juvénistes chinois, de nos Frères de Ceylan, en soutanes blanches, de nos Frères et de nos œuvres de Nouvelle Calédonie, un imposant tableau de nos Frères massacrés en Chine, etc. … disaient à tous l'ampleur de nos efforts et de nos sacrifices pour, la conversion des païens. Avec quelle respectueuse attention les visiteurs écoutaient le récit de la mort de nos Frères massacrés par les Chinois, et tel ou tel de s'écrier avec une légitime fierté: « Celui-ci est de ma paroisse, de mon canton. »

Une peinture de N.-D. de Chine, en costume d'impératrice chinoise, telle qu'on la vénère à Tong-Lu, un crucifix en cloisonné et un grand catéchisme illustré en chinois donnaient quelque idée de la vie chrétienne en Chine.

De nombreux et beaux dessins, des devoirs les plus divers, rédigés par nos élèves de Chine ou de Ceylan, ainsi que des travaux sur bambou indiquaient les connaissances intellectuelles et pratiques de nos élèves indigènes. Les visiteurs, on peut bien le faire remarquer, s'extasiaient devant ces travaux et le courage des missionnaires qui ont eu à se familiariser avec la calligraphie chinoise, dont ils avaient de multiples échantillons sous les yeux.

La vie païenne était illustrée par des statuettes de bouddhas, de déesses, de bonzes mendiants, par des brûle-parfums, par des pagodes en miniature, etc. …

De nombreux bibelots en bois ou en métal donnaient une idée de la vie chinoise et avaient le don d'intéresser surtout les jeunes visiteurs : le repas avec les bâtonnets, le sacrifice aux ancêtres, le supplice de la cangue, les. voyages en pousse-pousse, en brouette, en palanquin, la. pêche au cormoran, etc. …

Des milliers de visiteurs très sympathiques défilèrent devant notre stand missionnaire, en exprimant bien haut. leur admiration pour notre dévouement et pour l'ampleur et le succès de nos écoles des missions. Parmi les visiteurs, que de noms il faudrait citer, en se bornant aux plus illustres.

Bornons-nous à rappeler de nombreux anciens élèves. d'avant 1903, heureux de revoir des Frères Maristes- et de s'écrier : « Quand reviendrez-vous pour élever chrétiennement nos enfants? »

On vit défiler d'innombrables prêtres séculiers et réguliers, religieux et religieuses, la plupart de nos confrères, de nos scolastiques et juvénistes de la région et les élèves des écoles libres du vaste diocèse de Lyon.

Une charmante fête de la Sainte Enfance, organisée. par Mgr Mério, directeur général de l’Œuvre et présidée par S. Em. le Cardinal Maurin, Archevêque de Lyon, avait attiré des milliers d'enfants. Plusieurs centaines de ces derniers, revêtus de costumes chinois, annamites, indiens, arabes, etc. … défilèrent gravement, avec un évêque de 12 ans en tète, à travers les galeries de l'Exposition Catholique, sous les yeux ravis des autres enfants et d'une foule considérable.

Aux innombrables jeunes gens et enfants qui visitèrent notre stand missionnaire, je fis remarquer le magnifique développement de nos œuvres et que nous pourrions faire encore beaucoup plus de bien, si nous étions plus nombreux. Il est à espérer que les belles choses vues et entendues par ces jeunes visiteurs feront naître de bonnes et nombreuses vocations.

En distribuant le « Petit Juvéniste » et des feuillets illustrés sur la Congrégation, aux visiteurs de notre stand missionnaire, je les ai exhortés à invoquer avec confiance le V. P. Champagnat et le vénéré Frère François, afin de hâter leur béatification et de favoriser ainsi notre recrutement.

 

Stand Champagnat. — Le stand Champagnat avait été conçu comme un vaste reliquaire de notre Fondateur. On y voyait tout d'abord : un buste représentant b‘ Vénérable Père, une belle maquette de la maison de l'Hermitage édifiée par lui, au prix de mille difficultés, une vue de la chapelle où reposent ses restes précieux et ceux de son fidèle imitateur, le Frère François.

Ensuite frappait les regards un grand planisphère des œuvres maristes dans le monde proclamant bien haut la protection de Marie sur un Institut qui est son œuvre et dont le Vénérable Champagnat ne s'est jamais regardé que comme l'ouvrier : « Marie a tout fait chez nous ! » disait-il souvent.

Reliquaire, on y contemplait les ornements dont il s'était servi à l'autel. On y voyait des autographes: tels que lettres, sermons, ébauche de la Règle ; des pièces officielles: sa nomination comme vicaire à La Valla son celebret, son passeport, etc. …

Reliquaire, on pouvait y vénérer son bréviaire, sa croix de profession, sa ceinture, etc. …

On y avait joint le portrait du Frère François, divers objets ayant été à son usage: son livre de messe, son tableau de première communier, sa croix de profession, des autographes, son brevet (2ième degré), des lettres, etc. …

Les sentiments de vénération de la foule qui circulait étaient manifestes. Quelques citations, au hasard, de ce qui a été vu et entendu, suffiront pour le montrer.

« Je veux voir notre stand », disait à sa mère un élève d'un pensionnat dirigé par les Frères Maristes. Tel autre enfant a voulu avec insistance, conduire sa mère et sa sœur au stand Champagnat ; une femme de Saint-Chamond à la vue de la maquette, s'est écriée spontanément : c'est la maison des Frères bleus. Combien nombreux sont ceux qui, avec la plus grande attention, ont lu les sentences du Vénérable Fondateur, celle-ci: « Elever chrétiennement un enfant est une œuvre sublime » et cette autre : « Gravez la dévotion et Marie dans le cœur d'un enfant et vous l'avez sauvé. »,

Pour ne pas les oublier, il en est qui les ont copiées.

Certains visiteurs, ayant reçu des images et des feuillets, les faisaient toucher pieusement et spontanément aux objets ayant servi aux Serviteurs de Dieu; combien fut touchant ce geste d'un prêtre baisant avec respect la dalmatique dit P. Champagnat !

Que de réflexions ont été entendues !… il nous suffira, en terminant, de rapporter ce que disait à sa compagne une personne tout émue : « C'est malheureux de ne pouvoir invoquer les saints de chez nous, parce qu'on ne les connaît pas! »

Cette exposition aura été pour beaucoup l'occasion de connaître notre V. Fondateur d'admirer son action et de louer la Sainte Vierge des grandes choses qu'elle a opérées par son fidèle serviteur.

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