Maison Généralice – Rome

29/Oct/2010

La Maison Généralice a continué son rythme de vie accoutumé. Au bruit des machines et des bulldozers des premiers mois, a succédé le silence monacal. La chapelle centrale a vu, pour la première fois, se dérouler les cérémonies de la semaine sainte, pieuses et solennelles. A l'occasion des fêtes pascales, les Frères de la maison et les Frères Etudiants ont fait un pèlerinage à Assise, la ville de l'esprit et du renouveau chrétiens. Ce fut le sanctuaire de Notre-Dame des Anges qui les accueillit de bon matin. Les Frères eurent la joie de faire leurs dévotions dans la petite chapelle de la Portioncule, conservée intacte et qui rappelle les premiers pas de conversion du jeune François. Ils visitèrent ensuite le couvent franciscain attenant qui conserve les cellules des premiers Franciscains, de même celles habitées par S. Bernardin de Sienne et par S. Charles Borromée, de passage à Assise. Puis ils se rendirent à la « Cittadella Cristiana », centre de renouveau chrétien pour intellectuels. La soirée se passa à vénérer les émouvants souvenirs du Poverello: Le petit couvent de S. Damien où Dame Pauvreté émeut encore les cœurs chrétiens; le couvent de Sainte Claire qui conserve les restes incorruptibles de la sainte et le crucifix qui parla à S. François, lui disant: «François! restaure mon Eglise qui tombe!»; la grande basilique enfin, qui conserve la tombe du patriarche de la ville et les fresques de Cimabue et de Giotto.

Plusieurs personnalités éminentes ont rendu visite à nos Supérieurs Majeurs. Signalons entre autres, la visite de Son Exc. Mgr Joseph Fady, évêque de Lilongwe (Nyassa); celle de Mgr Jérôme Racotomalala, archevêque de Tananarive (Madagascar).

 

Réception de Son Eminence le Cardinal Arcadio Larraona.

Le 15 mars dernier, toute la maison avait la joie de recevoir la visite de Son Eminence le Cardinal Arcadio Larraona qui venait d'être nommé à la charge éminente de Préfet de la Sacrée Congrégation des Rites.

La réception revêtit une grande solennité car c'était la première fois que la maison recevait le Cardinal.

Reçu à la chapelle au chant de l'Ecce Sacerdos et du Magnificat, Son Eminence fut ensuite conduit au grand salon d'honneur. Là, après un chant de circonstance, le CF. Alessandro, Procureur Général, fit la présentation des divers groupes de la maison et parla des rapports intimes qui ont toujours existé, non seulement entre le Cardinal Larraona et notre Institut, mais aussi entre les fils de Saint Antoine Marie Claret et ceux du Bienheureux M. Champagnat. L'orateur montra que des liens étroits unissent les deux Congrégations: liens fortifiés par l'esprit qui leur est commun: la dévotion à Marie et les vertus d'humilité et de simplicité qui les animent. Il remercia Mr. le Cardinal de l'intérêt qu'il a toujours porté aux choses de notre Institut et des directives claires et sages que nos Supérieurs ont constamment trouvées auprès de lui, alors surtout qu'il était Secrétaire de la S. Congrégation des Religieux.

Son Eminence répondit ensuite longuement, en langue italienne, remerciant des témoignages d'honneur qu'il venait de recevoir de la part des Frères Maristes, dans leur nouvelle Maison Généralice. Il se dit heureux des bons rapports qui ont toujours existé entre la Congrégation du Bx. Père Champagnat et celle de Saint Antoine Claret. Il rappela qu'il connaît notre Congrégation de longue date. Déjà tout jeune il avait lu avec grand intérêt la vie de notre Bienheureux Père Fondateur et le livre des Avis, Leçons, Sentences dont il a gardé un souvenir ineffaçable. « Ce sont des choses, dit-il, qu'on n'oublie plus quand on les a lues durant les années de l'adolescence». Il parla aussi de la dévotion à Marie qui unit les deux Congrégations et conseilla de bien cultiver la dévotion à Marie Médiatrice Universelle, « vérité, dit-il, qui n'est pas un simple rêve, mais pure réalité ».

Son Eminence se plut ensuite à commenter sa devise personnelle, à laquelle le C. F. Procureur avait fait allusion: «Laisser faire; faire faire; faire », qu'il tient du vénéré P. Gignac, S.J. et qui nous prêche si bien le calme, la discrétion et l'abandon à la divine Providence. Puis contemplant la belle jeunesse qui s'étalait à ses pieds, le Cardinal rappela la part qu'il avait eue dans la fondation de l'Institut Jésus Magister et de Regina Mundi. Il avoua que son projet avait été plus vaste et n'a vu qu'une faible partie réalisée, tout comme il arriva au grandiose mausolée de Jules II qui n'est qu'un pâle reflet de ce que ce Pape avait voulu. Son Eminence avait projeté la création de quatre Facultés à l'usage des religieux et des religieuses :

Faculté de Philosophie et de Pédagogie; Faculté de Théologie; Faculté de Sciences Sociales et Faculté de Lettres. Il ne désespère pas de voir son projet mené, un jour, à bon ternie, vu les immenses facilités que l'on trouve à Rome pour cela.

En terminant, Mr. le Cardinal adressa un dernier conseil aux Frères Etudiants. « Pour pouvoir éduquer, leur dit-il, il faut d'abord s'éduquer soi-même. Formez-vous. Vous êtes les fils d'un grand éducateur. Soyez ses fils fidèles et sachez suivre ses traces et ses enseignements ». Son Eminence finit par ce souhait : « Comme je serais heureux si je pouvais un jour, changer le B majuscule en S, devant le nom de votre Père Fondateur».

On applaudit fort à ce souhait et la séance se termina par le chant d'un joyeux alléluia.

Son Eminence prit ensuite part à un repas de famille, charmant tout le monde par ses manières affables et sa simplicité.

 

Fête du Bienheureux Fondateur, clôture de la Retraite
des Supérieurs Majeurs, de l'Année de Spiritualité et de
l'Année scolaire du Jésus Magister
.

Le 6 juin, fête de notre Bienheureux Père Fondateur a mis toute la maison en joie. En ce jour a eu lieu la clôture de la retraite des Supérieurs Majeurs, suivie aussi par un certain nombre de Frères Provinciaux, Visiteurs et Directeurs. On a clôturé aussi en ce jour, celle des Frères de l'Année de Spiritualité et l'Année scolaire des cours de l'Institut Jesus Magister. Tout cela a donné lieu à une fête de famille fort réussie. Durant la grand'messe, tous ont pu admirer une belle chasuble, en soie de Chine, arrivée par Fiumicino le matin même. Cette belle chasuble est un don de nos Frères de Hong-Kong. C'est le Frère Directeur du collège S. François Xavier de cette ville qui arriva juste avant la messe et qui l'offrit à nos Supérieurs.

A la suite de la grand'messe, séance solennelle dans la grande salle du Jesus Magister, pour la clôture officielle des cours. Après un chant de circonstance, le CF. Beniamino Castagnetta Directeur des Frères Etudiants, lit un rapport sur les différentes activités qui ont rempli l'année scolaire écoulée. Il rappelle, à nouveau, la raison d'être de ces deux institutions, l'Institut Jesus Magister et l'Année de Spiritualité, si opportunes dans les temps actuels. « Deux œuvres, au dire du T.R.F. Léonida, qui sont une grande bénédiction du ciel pour notre Congrégation qui dispose ainsi d'un grand moyen de réveiller ou d'entretenir sa ferveur ». Parlant spécialement de l'Institut Jesus Magister, le F. Directeur rappelle que cette institution « répond aux besoins des jours actuels, qu'elle est un signe de la vitalité de notre famille religieuse». Citant Mgr. Piolanti, Recteur de l'Université du Latran, il parle de l'importance de cette œuvre: «De ce centre romain dit Mgr Piolanti, le rythme de votre apostolat recevra désormais une nouvelle impulsion qui animera toutes les artères de votre merveilleuse organisation… Le songe prophétique d'Innocent III se réalise et s'amplifie. Ce n'est plus le Latran croulant, soutenu par François et Dominique; non, c'est le nouveau monte sacro de S. Pierre Damien, redevenu l'un des grandi-centres d'attraction du monde catholique. La phalange des Frères Enseignants du Latran fera briller à travers l'univers, la doctrine du suprême magistère de l'Eglise ». Cette importance de la vocation des Frères Enseignants a été d'ailleurs réaffirmée par la Commission Centrale du Concile Œcuménique qui se prépare: «C'est précisément, dit la Commission, parce que la mission des religieux laïcs éducateurs est difficile et délicate, qu'ils doivent s'y préparer par des études théologiques susceptibles de leur permettre de donner un enseignement sur les vérités à croire et les vertus à pratiquer qui soit toujours plus clair, plus profond et plus complet». Le F. Directeur donne ensuite lecture des thèses qui ont été couronnées cette année par la licence en sciences religieuses : Les voici : « Le problème actuel de l'obéissance religieuse », par F. Gabriel Bouchard, du Canada. « Le sacerdoce des fidèles» par F. Ludovic Bourke (Australie). «La conformité à la volonté de Dieu signifiée selon S. François de Sales » par F. Joaquin Villanueva, de S. Fr. Xavier. « Il concetto d'esistenza nella Filosofia di M. Heidegger », par F. Italo Benin d'Italie. «Conflitti tra Fascismo e Azione Cattolica ». par F. Bruno Bellone d'Italie. « Estudio psieológico-dinâmico de la vocación del Bto. Marcolino », par F. Vicente Marcos (Leon).

Les thèses présentées à l'Institut de Mariologie sont les suivantes: «La vie du Frère Mariste à la lumière de la Visitation », par F. Carlos Aragon (Brésil Méridional). « L'obéissance religieuse dans le sillage de Marie », par F. Gabriel Bouchard. «Il Fratello Marista: una vita per Maria», par F. Alfio Ceccato. « El mensaje de Fatima y el Corazón de Maria », par F. M. Mediavilla (Cuba). « Formación mariana del aspirante marista », par F. Emilio Rubiolo (Argentine). « Marie et l'abandon à la divine Providence, selon S. François de Sales », par F. J. Villanueva.

Le F. Directeur donne alors la liste des Frères qui ont obtenu le baccalauréat en sciences religieuses, au Jesus Magister: Ce sont les Frères Gabriel Cabra et Nestor Quiceno de Colombie; Pierre Jérôme du Canada; Benoît Socquet de S. Genis-Laval et Eugenio Magdaleno d'Argentine.

(Rappelons que l'Institut Jesus Magister a été fréquenté cette année par 128 Frères appartenant à dix Congrégations et à vingt-six nations. Les Congrégations les mieux représentées ont été les Frères des Ecoles Chrétiennes avec 49 étudiants et les Frères Maristes avec 31).

Passant ensuite à parler de l'Année de Spiritualité, le F. Directeur affirme que les Frères qui ont suivi ces cours ont réalisé un travail fructueux et prometteur. Ça été « une année de calme et de loisir pour penser, prier, pratiquer et prévoir… Travail intense, réalisé dans une atmosphère de paix et de silence ». Les Frères qui l'ont suivie « affirment que l'année s'est déroulée sereine et féconde comme une réunion d'amis, une sorte d'édification divine de la vie ordinaire ».

A la suite du CF. Beniamino Castagnetti, F. G. Bouchard, étudiant finissant du Jésus Magister, délégué par ses confrères, adresse en leur nom, un mot de remerciement fort délicat: «Nous avons eu, dit-il, ces dernières années, la chance d'étudier paisiblement et même, il faut le souligner, les études que nous avons faites sont les plus hautes et les plus importantes qui soient: l'étude de Dieu et de sa parole, de son Eglise et de ses lois… Nous avons été l'objet non pas d'un seul privilège mais d'une série ascendante de privilèges… Aussi il ne suffit pas de dire que nous sommes reconnaissants, encore qu'il faille le proclamer, nous devons faire valoir le capital investi dans nos personnes… Notre séjour à Rome, à la Maison Généralice, est une des grandes grâces de notre vie. Il nous importe de faire profiter les autres de cette grâce: nos élèves, sans doute, mais d'abord, suivant l'ordre de la charité, nos confrères avec lesquels nous devons partager, je ne dis pas notre science, ce serait prétentieux, mais, la connaissance plus profonde que nous avons des sources et aussi nos plus vives certitudes; nous devons partager un amour de la Congrégation plus sérieux nourri au cœur même de l'Institut, au spectacle de sa vitalité et de sa diversité ».

A son tour, F. Pedro Finkler, de l'Année de Spiritualité, adresse quelques mots de reconnaissance au nom de ses confrères. Il affirme que ces Frères y ont fait des découvertes qui marqueront toute leur vie. « Nous avons reposé, dit-il, aux pieds des autels du savoir et de la sainteté, nous avons été nourris des eaux divines qui coulent du tabernacle et des sources de la spiritualité chrétienne; nous avons vécu la présence vivante de Champagnat et puisé aux sources maristes de La Valla et de l'Hermitage ».

Le R.F. Supérieur répond alors à ces trois orateurs dans un langage mesuré, élégant et substantiel. Il rappelle que si aujourd'hui les exigences de l'enseignement public à l'égard des enseignants sont grandes et parfois peut-être démesurées, les exigences de l'Eglise n'ont jamais été moindres. L'Eglise demande beaucoup et a toujours beaucoup demandé à ceux qu’elle envoie distribuer la parole de Dieu. Elle a toujours voulu voir en eux des chrétiens parfaits, des maîtres zélés et ouverts aux meilleures techniques. Le R.F. Supérieur parle aussi du besoin des études pédagogiques, car si l'éducation est un art, elle est aussi une science aux principes sûrs. Tous les anciens éducateurs, affirme-t-il, avoueront que dans bien des circonstances, ils auraient mieux procédé s'ils avaient tenu compte des bons principes pédagogiques. Il faut aux éducateurs une flamme qui brûle et échauffe. C'est là ce que l'Institut Jesus Magister se propose: former des religieux pleins d'idéal, de doctrine, capables de défendre la foi et de la vivre; des maîtres de qualité. Il souhaite aussi que les Frères qui finissent le cours de l'Année de Spiritualité se montrent partout des religieux éducateurs à la hauteur, donnant l'exemple d'une grande fidélité. Il laissa à tous enfin, pour consigne: Courage, confiance et volonté d'union. Courage devant les croix; confiance, car Dieu reste le maître de l'impossible; volonté d'union, fuyant l'isolement qui ne peut mener qu'à la stérilité.

Après cette séance, la maison a eu la joie immense d'avoir aux agapes familiales Son Eminence le Cardinal Aloisi Masella, Protecteur de l'Institut. Comme la presse l'a annoncé, Son Eminence a célébré dernièrement ses noces de diamant de sacerdoce. Les Supérieurs ont voulu profiter de la circonstance pour lui présenter leurs hommages, leurs félicitations et s'associer à sa joie et à sa reconnaissance pour les soixante ans de vie sacerdotale si bien remplie au service de Dieu et de son Eglise. Le repas a été une fête en l'honneur de Son Eminence. Le R.F. Supérieur lui a adressé quelques mots délicats d'hommage et de compliment, auxquels Son Eminence a répondu avec grande amabilité.

Le Cardinal a rappelé les rapports déjà anciens qui le lient aux Frères Maristes. Il s'est plu à raconter certaines anecdotes de sa vie de nonce en Amérique latine dans lesquelles rentrent des souvenirs maristes. Il a rappelé aussi l'amitié profonde qui le lia, autrefois au CF. Emery, ancien Procureur Général près le Saint-Siège et celle, non moins profonde, qui le lie aujourd'hui au CF. Alessandro. Son Eminence a fait des vœux pour que le bon Dieu veuille hâter la canonisation de notre Bienheureux Fondateur et a rappelé l'importance d'obtenir au plus tôt les miracles requis pour cela. Ensuite il va saluer les Révérendes Mères Dominicaines, les félicitant de la charité et du dévouement qu'elles montrent au service des Frères. Son Eminence se retire enfin laissant tout le monde sous le charme de son affection toute paternelle.

RETOUR

Comment amener la jeunesse à la pratique sai...

SUIVANT

Le Concile Vatican II...