Maison-Mère

18/Oct/2010

Décès de M. l'Aumônier. — Le 8 février 1949, vers 7 heures du soir, s'éteignait, dans la paix du Seigneur, en une chambre de notre infirmerie, un digne et saint prêtre : M. l'abbé Joseph Andrillat, aumônier de la Maison-Mère, depuis 1934.

C'est d'une voix unanime que les Supérieurs Majeurs, les membres des divers secteurs de la communauté, les Frères de la province de Saint-Genis-Laval, les confrères qui l'ont approché à l'occasion d'un bref séjour à la Maison-Mère et d'autres personnes qui l'ont connu, ont relevé dans le vénéré défunt d'indiscutables vertus sacerdotales.

Prenant très au sérieux ses fonctions d'aumônier, il s'était imposé une extraordinaire assiduité. Il n'a jamais voulu s'absenter: pour prendre, comme on dit, des vacances. Même pendant les retraites, où la substitution eût été automatique, il ne s'éloignait point et bien des retraitants aimaient à s'adresser à lui.

Le service astreignant du confessionnal, la visite des malades, la distribution matinale de la Sainte Eucharistie aux Frères de l'infirmerie ou aux voyageurs, la célébration des offices liturgiques, il les a assurés, pendant quatorze ans, avec une ponctualité chronométrique.

Malgré des infirmités d'une gravité croissante, il tenait s'acquitter personnellement de ce qu'il considérait comme le strict devoir de sa charge d'aumônier. Plus d'une fois, il est tombé de faiblesse au cours de certaines cérémonies. D'une fidélité exemplaire aux antiques rites de la liturgie lyonnaise, très pénétré du profond respect dû aux choses saintes, il articulait tes formules de prières d'un ton pieux et convaincu…. mais dont la lenteur exerçait à la patience une piété qui se serait voulue plus expéditive.

Des crises diabétiques et cardiaques obligeaient M. l'Aumônier à un régime sévère et, sans doute, une fois ou l'autre, la nature réussit-elle à déconcerter, momentanément, une vertu habituellement maîtresse d'elle-même et des réactions involontaires de la sensibilité.

En dehors de ses fonctions spécifiquement sacerdotales, M. l'abbé Andrillat vivait humble, effacé, pacifique à la Maison-Mère. Il aimait l'Institut des Petits Frères de Marie qu'il servait avec un généreux désintéressement sous le rapport pécuniaire. Il s'appliquait à en prendre l'esprit et il en suivait le développement avec une sympathique admiration.

Une certaine timidité et défiance de soi le dissuadaient ordinairement de parer en public. Mais quand, occasionnellement, à l'aide de ses notes, il s'enhardissait à le faire, adressait d'admirables exhortations aux Frères surpris et édifiés. Tels sermons, par exemple, sur saint Joseph ou sur la résurrection de Notre-Seigneur furent riches de doctrine et d'expression.

Mais si les activités extérieures du vénéré défunt étaient réduites a l'extrême, tous les témoins s'accordent encore dans la constatation d'une vie intérieure profonde et d'une piété soutenue. Qui dira les grâces obtenues pour la fécondité surnaturelle de son ministère par ses stations prolongées devant Jésus-Eucharistie ? Il aimait à se réfugier dans quelque partie de la grande chapelle où, loin des regards, il pût prier à son aise. C'était à la tribune de l'orgue qu'on le surprenait parfois. Mais le plus souvent, c'était au transept devant l'autel de Notre-Dame qu'il répandait ses oraisons… Notre-Dame!… comme il l'aimait !… Il avait trouvé cette dévotion dans sa famille foncièrement- chrétienne : deux de ses oncles étaient prêtres et l'un d'eux, l'abbé Brosse, est mort Vicaire Général de Lyon. C'est à Notre-Dame de Fourvière, avoua-t-il à quelqu'un, qu'il avait trouvé tout enfant sa vocation sacerdotale.

Le 11 février, fête de Notre-Dame de Lourdes, après un service solennel célébré par M. le Doyen de Saint-Genis, assisté de ses vicaires, et sous la présidence de Mgr le Vicaire Général Rouche qui donna l'absoute, la dépouille mortelle de M. l'Aumônier est allée prendre place près de la Grande Croix du cimetière de la Communauté.

Ainsi s'est réalisé l'un de ses plus chers désirs… C'est au milieu des Frères qu'il a assistés à leurs suprêmes combats, dont il a béni la tombe et pour lesquels il a tant prié que .M. l'abbé Joseph Andrillat attend le jour de la résurrection.

R. I. P.

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