Marcellin Champagnat et la catéchèse

Fr. Paul Sester

21/Jun/2010

En fondant l'institut des Frères Maristes, le Père Champagnat pensait à la catéchèse comme au but même qu'il entendait poursuivre. Ceci semble incontestable et transparaît à travers ses paroles et ses écrits. « Faire connaître et aimer Jésus-Christ, répétait-il sans cesse, voilà la fin de notre vocation et le but de l'Institut. Si nous ne remplissions pas ce but, notre congrégation serait inutile, et Dieu lui retirerait sa protection1 ». D'une manière plus générale il disait aussi quelquefois: «Aimer Dieu et travailler à le faire connaître et à le faire aimer, voilà quelle doit être la vie d'un frère2 ».

Cependant quand il évoque les moyens pour atteindre ce but, des nuances importantes apparaissent «N'oubliez pas, dit-il à ses frères, que l'instruction primaire que vous devez donner aux enfants, n'est pas proprement la fin que nous nous sommes proposée en fondant cet Institut, elle n'est qu'un moyen pour arriver plus facilement et plus parfaitement à cette fin3 ». Mieux encore, au risque de faire oublier la catéchèse, son biographe affirme qu'en fondant sa congrégation, «le Père Champagnat avait son but bien déterminé: il se proposait uniquement l'éducation chrétienne des enfants. Comprenant que cette oeuvre avait besoin de tout leur dévouement, il veut que les frères s'y consacrent entièrement et ne s'occupent d'aucune autre, si excellente qu'elle soit4 ».

On remarquera qu'il ne s'agit pas ici de catéchèse au sens précis du mot, mais uniquement d'éducation. Pour saisir dans son ensemble la pensée du Fondateur il faudra donc approfondir davantage les écrits qu'il nous a laissés, les comprendre à la lumière de l'ensemble de sa vie, de sa personnalité, comme aussi des circonstances dans lesquelles il se trouvait. Quelle idée se faisait-il de l'éducation chrétienne? Quelle est la place de l'enseignement du catéchisme dans son système éducatif? Comment définir sa position par rapport à nos conceptions modernes du catéchisme, de la catéchèse, de l'éducation de la foi? Autant de questions, parmi d'autres sans doute, qu'il convient de se poser pour avoir une vue plus juste de la pensée de Marcellin Champagnat.

 

L'éducation chrétienne.

 

Il convient pour cela de se rappeler tout d'abord les faits qui firent germer dans son esprit l'idée de fonder une congrégation de Frères: «les peines infinies (qu'il avait) éprouvées pour apprendre à lire et à écrire5 » et la rencontre fortuite d'un adolescent mourant qui ne savait rien de Dieu6. Sur un homme au caractère positif et franc, passionné de Dieu, qui se sentait le don d'approcher les esprits simples, de tels faits devaient faire une impression profonde et ne pouvaient être dépassés que par un engagement dans une action concrète qui en gardera l'empreinte.

Partant, quand il déclare: « Il nous faut des Frères ! » de quelle nécessité parle-t-il, sinon du besoin de l'Eglise de son temps, qu'il ressentait fortement, d'avoir, toujours en plus grand nombre, des apôtres au sens plein du terme, animés d'une ardeur égale à la sienne pour témoigner par leur vie consacrée du Christ et de l'Evangile et totalement dévoués à l'apostolat, notamment des plus humbles? Ce sont là les deux premiers aspects qui doivent caractériser les Petits Frères de Marie; deux aspects qu'il ne faut pas dissocier, sous peine de fausser l'image qu'il entend donner de ses disciples. Ce que le Père Champagnat rêve de mettre à la disposition du peuple de France, de son Eglise mutilée par la Révolution, voire de l'Eglise universelle, ce ne sont pas de simples instituteurs chrétiens et consciencieux, mais de véritables apôtres. Son biographe rassemble en quelques pages ses instructions sur ce sujet. Elles sont peut-être critiquables quant à leur forme, mais non quant à l'idée qui correspond tellement à tout ce que nous savons par ailleurs. « L'éducation de la jeunesse, affirme le Fondateur, n'est point un métier, c'est un ministère religieux, un véritable apostolat… Elever les enfants est une oeuvre de zèle, de dévouement et de sacrifice; pour s'acquitter dignement de cet emploi, qui est une participation de la mission de Jésus-Christ, il faut avoir l'esprit du divin Sauveur et, comme lui, être prêt à donner son sang et sa vie pour les enfants7 ». « Pour bien élever les enfants, disait-il encore, il faut aimer ardemment Jésus-Christ8 »

« En effet, mes chers Frères, aimez Jésus-Christ et vous aurez toutes les vertus et toutes les qualités d'un parfait instituteur ». En appuyant cette affirmation sur l'hymne de la charité de Saint Paul (I Cor 13, 4-7), il conclut: « Le Frère qui aime véritablement Jésus est donc humble, doux, indulgent, patient, prudent, généreux, ferme, zélé, honnête; en un mot il a toutes les vertus et la charité qui l'unit à Dieu, en lui assurant les grâces, les secours et la protection divine, le rend tout-puissant et propre à tout9 ».

On reconnaît ici les qualités nécessaires à l'éducateur et leur analogie avec les caractéristiques de la charité. Est-il nécessaire d'ajouter que le Père Champagnat n'a pas déduit son idée du texte de l'Apôtre, il a simplement mis en parallèle ce que lui dictait son sens éducatif avec le texte fameux de l'épître aux Corinthiens.

Il faut donc affirmer clairement et fortement qu'il concevait le Frère non pas comme un enseignant, mais comme un éducateur en donnant à ce terme un sens très précis. « S'il ne s'agissait, disait-il, que d'enseigner les sciences humaines aux enfants, les Frères ne seraient pas nécessaires, car les maîtres d'école suffiraient à cette tâche. Si, d'autre part, nous ne prétendions que donner l'instruction religieuse, nous nous contenterions d'être de simples catéchistes, de réunir les enfants une heure chaque jour et de leur enseigner les vérités chrétiennes. Mais notre but est de faire mieux: nous voulons élever les enfants, c'est-à-dire les instruire de leurs devoirs, leur apprendre à les pratiquer, leur donner des sentiments surnaturels, des habitudes religieuses, les vertus du chrétien et du bon citoyen. Pour cela il faut que nous soyons instituteurs, que nous vivions au milieu des enfants, et qu'ils soient longtemps avec nous10 ».

Ce texte capital met en évidence comment Marcellin Champagnat concevait la fonction d'éducateur et combien, pour lui, les relations entre le maître et l'élève seront étroites, prolongées, respectueuses et clairvoyantes. Il ne fait pas de doute que cette conception de l'éducateur révèle l'un des traits fondamentaux de son caractère. Le sens pédagogique était inné chez lui. Son ascendant plein de sympathie sur son entourage, sa condescendance et sa communicabilité, son ouverture et son attrait pour les humbles lui gagnaient les cœurs. Son amour passionné du Christ et sa conviction que le Sauveur est venu parmi nous dans l'unique but de nous enseigner le seul chemin du bonheur stimulait son affection dévouée pour les jeunes. « Je ne puis voir un enfant, confessait-il, sans éprouver l'envie de lui faire le catéchisme, sans désirer de lui apprendre combien Jésus-Christ l'a aimé, et combien il doit à son tour aimer ce divin Sauver11 ». Dès sa première année de vicariat ne disait-on pas de lui qu'il « était un catéchiste accompli et un véritable ami de l'enfance12 »?

Tel il était, tels il voulait que soient ses Frères. On a sans doute remarqué déjà combien, quand il parle du rôle des Frères, il sent le besoin de multiplier les verbes, comme dans les expressions qu'il emploie souvent: apprendre à connaître, à aimer, à servir Jésus-Christ, travailler à le faire connaître et aimer, etc. … » manifestant ainsi le tempérament d'un homme d'action dont, par ailleurs, il a fait preuve tout au long de sa vie. D'autre part, cette manière de parler met en évidence aussi la nécessaire prépondérance qu'il donne à l'action par rapport à la parole surtout quand il s'agit d'éducation. La théorie fonde et souligne seulement le témoignage vivant et constant de l'exemple. C'est pourquoi, selon lui, l'exemple est l'un des premiers moyens d'éducation dont les Frères doivent faire usage. « L'éducation est avant tout l'oeuvre du bon exemple… parce qu'il est dans la nature de l'homme d'imiter ce qu'il voit faire et que les actions ont plus de force pour convaincre et persuader que les paroles et les instructions. L'enfant s'instruit beaucoup plus par les yeux que par les oreilles13 ».

« Les Frères doivent être pour leurs enfants des modèles de piété et de vertu, de manière à les porter à Dieu beaucoup plus par leurs exemples que par leurs paroles14 ». D'ailleurs la connaissance de Jésus-Christ porte à s'attacher à lui par l'amour et l'imitation. Mais l'apôtre, tel un prophète, fait passer le message dont il est porteur, plus en le vivant qu'en le proclamant. Le Frère sera donc parmi les enfants le témoin vivant de Jésus-Christ. Fonction qui ne manque pas d'exigences en fait de don de soi, de disponibilité, mais aussi de respect de l'autre si petit soit-il, et d'humble condescendance envers lui.

C'est encore pour cette raison que le Père Champagnat voulait voir ses Frères vivre en contact direct et prolongé avec les enfants. Qui ne sait quelles exigences cela suppose, mais aussi, par le fait même, quelle profondeur d'imprégnation l'authenticité, la constance et la persévérance sont capables de produire sur un jeune pour le restant de ses jours? C'est parce qu'il a compris la puissance de cette influence, même si, parfois, elle reste muette, que M. Champagnat voulait des éducateurs qui soient des religieux n'ayant d'autre occupation que leur sanctification personnelle et l'éducation des enfants, toutes deux liées par une interaction profonde assurant en même temps le succès de l'un comme de l'autre.

Certes il ne minimise pas l'enseignement. Que n'a-t-il pas fait pour que ses Frères soient des instituteurs capables du point de vue de la science comme de la pédagogie? Il visita régulièrement toutes les classes tenues par les Frères une fois par an pour qu'elles soient bien tenues et pour s'assurer du progrès des élèves. De plus, il comprenait, nous dit son biographe, « qu'il fallait, avant tout que les maîtres fussent capables. Aussi rien ne peut dire les peines qu'il prit pour les rendre tels15».

Le moyen qu'il a choisi pour réaliser ce plan d'éducation, c'est l'école. Mais bien que cet aspect scolaire de l'apostolat des Frères se soit développé parfois jusqu'à devenir primordial, bien qu'il ait absorbé des moments considérables de la vie du Fondateur, il n'est jamais pour lui qu'un moyen. Le but, l'essentiel, ce sera toujours l'éducation chrétienne. Le Père Champagnat lui-même ne cesse d'insister sur ce point, surtout quand il souligne l'importance qu'il attache, dans ce contexte, à l'enseignement de la religion, c'est-à-dire, pour lui, du catéchisme.

 

LE ROLE DE LA CATECHESE.

 

Dans ce système d'éducation qui vient d'être exposé quel est la place de l'enseignement du catéchisme? Il faut répondre aussitôt qu'elle est la plus importante, non pas par le nombre d'heures que cet enseignement doit occuper, mais par le soin que les Frères doivent mettre à le donner. « En lisant la vie du Père Champagnat, nous dit Frère Sylvestre, on est presque étonné de l'importance qu'il attachait à l'étude et à la préparation du catéchisme, et combien, à ses yeux, était grave la culpabilité d'un Frère qui ne le ferait pas dans sa classe ou qui le ferait sans préparation et d'une manière aussi lâche que peu intéressante16 ». Il s'agit, en effet, du sens même de la vocation du Frère. « C'est une chose honteuse dans un Frère, dit le Père Champagnat selon Frère Jean-Baptiste, que de ne pas connaître suffisamment la Religion; ce serait un vrai scandale, s'il était moins capable de faire le catéchisme que d'enseigner les autres sciences. Un Frère ne peut négliger l'étude du catéchisme sans se rendre coupable, et la négligence sur ce point est une faute qui entraîne des conséquences terribles… c'est abandonner le but de l'Institut; c'est, en un mot, manquer au premier et au plus important devoir d'un instituteur, qui est de donner avant tout l'enseignement religieux et l'éducation chrétienne17 ». On pourrait multiplier les citations qui vont dans ce sens, tellement le Fondateur insistait sur l'importance du devoir pour un Frère d'enseigner le catéchisme.

Aussi dans le programme de la journée, cette matière tient la première place. « On le faisait alors deux et même trois fois par jour, car, dans les commencements, tous les soirs, à la tombée de la nuit, les enfants du bourg, soit ceux qui fréquentaient les classes, soit ceux qui n'y venaient pas, se réunissaient à l'école, et un Frère leur faisait le catéchisme pendant une heure; en outre les Frères allaient encore, particulièrement le jeudi et le dimanche, faire le catéchisme dans les hameaux de la paroisse18». Ces trois séances avaient lieu, la première le matin durant 45 minutes au début de la classe où les Frères s'efforçaient surtout de faire comprendre et apprendre « la lettre du catéchisme », la seconde au début de l'après-midi qui durait une demi-heure au cours de laquelle les élèves absents le matin devaient être interrogés de préférence, et la troisième le soir comme il est dit ci-dessus19 . Le Fondateur tenait beaucoup à ce rythme intensif. Des Frères lui firent observer un jour qu'il ne leur restait plus assez de temps pour les matières profanes et que les Frères des Ecoles Chrétiennes se contentent d'une demi-heure de catéchisme par jour. Il leur répliqua que « ce n'est pas le catéchisme qu'il faudrait retrancher, car ce serait abandonner notre but, mais quelqu'une des parties de l'enseignement primaire qui sont moins essentielles20. Il est convaincu par ailleurs que le succès des écoles dépend en grande partie de la bonne éducation chrétienne que les enfants reçoivent. Pour le prouver son biographe rapporte l'exemple suivant. «Dans une paroisse, une mère qui avait refusé d'envoyer ses enfants à l'école des Frères, parce que ces derniers étaient trop jeunes, vint un jour trouver M. le Curé et lui dit: « Quoique vos Frères ne soient que des enfants, il faut avouer qu'ils font admirablement le catéchisme. Le petit garçon de ma voisine, qui va à leur école, connaît déjà mieux sa religion que nous toutes; il nous fait la leçon tous les soirs, et il nous dit des choses ravissantes. Je suis donc décidée à conduire dès demain mes trois enfants chez les Frères21 ».

Pourtant ces Frères étaient loin d'être des savants ou des théologiens. Ce n'est pas la science qui leur valut ce succès, mais les convictions que leur maître savait leur inculquer, la méthode simple rendant très accessible le message et l'atmosphère qu'ils savaient créer par leur ferveur religieuse. « Bien instruire les enfants, c'est peu de chose, disait le Père Champagnat à ses Frères, leur faire aimer la religion, c'est tout22 ».

Par ses soins assidus à les former, il obtenait cela de ses Frères. La méthode qu'il leur proposait ne consistait pas à faire des discours, bien au contraire, il les en défendait, mais à faire comprendre le texte du catéchisme en faisant participer l'élève, en le faisant chercher et découvrir lui-même par le moyen de questions simples. « L'on n'entrera pas en de longues explications, disait l'article 13 des règles manuscrites; cela appartient à MM. les Curés23 ».

Mais, par ailleurs, l'enseignement profane lui-même donnait aux Frères des occasions d'inculquer d'une manière peut-être plus pratique encore certaines notions de la vie chrétienne. En ce domaine le Père Champagnat savait donner l'exemple à ses Frères. Un jour étant entré dans une classe pendant une leçon de géométrie il saisit l'occasion pour dire aux élèves comment ils peuvent se rendre capables de mesurer le ciel en apprenant « ce qu'il en a coûté à Jésus-Christ pour nous y donner une place ». Une autre fois c'est pendant une leçon d'histoire sur Clovis qu'il profite de parler de l'utilité de la prière24. Bref, c'est tout l'enseignement qui est imprégné de religion. Même, si l'on en croit son biographe, le Père Champagnat va plus loin, jusqu'à dire que l'enseignement profane est comme le prétexte, l'appât pour avoir les enfants. « Nous n'avons consenti à leur enseigner les sciences profanes que pour avoir la facilité de leur faire le catéchisme tous les jours, et par là même de graver plus profondément dans leur esprit et dans leur cœur la science du salut25 ». Certes, il serait exagéré de nos jours de maintenir une pareille opinion qui, en ces temps-là, pouvait fort bien passer, vu le contexte historique et géographique. N'empêche qu'elle est très significative de la pensée profonde du Fondateur qui, comme il est déjà dit plus haut, ne pouvait voir un enfant sans être saisi du désir de lui faire le catéchisme, de lui faire connaître le Christ et son amour pour les hommes-Mais il faut ici préciser davantage la pensée du Fondateur. Quand il emploie le mot catéchisme il lui donne rarement le sens restreint de manuel utilisé pour apprendre aux jeunes les vérités de la foi. Le plus souvent ce mot désigne en général l'enseignement de la religion. Faire le catéchisme ne signifie jamais dans la bouche de M. Champagnat se borner à l'explication de la lettre du catéchisme pour ensuite la faire apprendre par cœur. Cela ne constitue que le support. Bien plus, faire le catéchisme, c'est enseigner la religion, non pas simplement les vérités théologiques, mais la manière de faire passer dans la vie le message sauveur, apprendre à l'aimer, se convaincre dans la foi qu'il est la seule source du véritable bonheur, de l'authentique épanouissement de l'homme. On comprend donc aujourd’hui que si le Père Champagnat parlait de faire le catéchisme, d'enseigner la religion, c'est qu'il n'avait pas d'autres mots pour expliciter sa pensée. Or, celle-ci n'est guère différente de ce que l'on veut signifier par le mot catéchèse ou l'expression: éducation de la foi. Certes, le contexte est différent de nos jours, mais le fond reste valable et peut s'appliquer encore, à savoir, ce désir aussi profond que véhément de faire partager la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ dont on aura fait, par la consécration religieuse, l'expérience enthousiasmante et lumineuse dans sa vie personnelle.

On comprend dès lors que la pensée du Père Champagnat forme un tout unique et cohérent. Le Frère, selon lui, sera catéchiste, certes, mais plus encore éducateur chrétien. Sa tâche ne consistera pas à communiquer aux enfants les éléments de la science humaine pour occuper les loisirs laissés par l'enseignement de la religion, ni de consacrer quelques instants plus ou moins brefs à cette dernière matière, parmi d'autres uniquement profanes, pour donner à l'ensemble une coloration chrétienne. Il est éducateur, c'est-à-dire qu'il entend former dans l'enfant d'aujourd’hui l'homme de demain, l'homme dans son acception la plus totale, physique, sentimentale, intellectuelle et spirituelle, lui faire prendre conscience de toutes les virtualités qui sommeillent en lui pour qu'il les réalise ensuite tout au long de sa vie afin d'atteindre la stature de l'homme accompli dans sa plénitude et jouir du même coup des fruits qu'il aura lui-même fait grandir et mûrir à partir des germes offerts par sa nature. Car, en effet, ce que le Créateur attend de sa créature humaine, et ce pour quoi la religion doit lui servir de moyen, n'est-ce pas la plénitude de son épanouissement, bref, sa perfection pour employer le mot de la littérature spirituelle? «La gloire de Dieu, dit saint Irénée, c'est l'homme vivant ».

Fr. Paul Sester, Secrétaire Général.
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1 Vie du Vénérable Marcellin-Joseph-Benoît CHAMPAGNAT, Prêtre mariste, Fondateur de la Congrégation des Petits Frères de Marie, par un de ses premiers disciples, 3e édition, Paris 1931. p. 379. (Dorénavant nous indiquerons cet ouvrage par le seul mot VIE).

2 Vie, p. 547.

3 Vie, p. 550.

4 Vie, p. 532.

5 Lettre au Ministre de l'Instruction publique, 1 décembre, p. 1837.

6 Vie, p. 86.

7 Vie, p. 609-610.

8 Vie, p. 603.

9 Vie, p. 603 (En vérité le texte est pris dans la première édition de cet ouvrage de 1856, 2e partie p. 387. Dans la 3e édition ce texte a été malheureusement modifié).

10 Vie, p. 597-598.

11 Vie, p. 549.

12 Vie, p. 67.

13 Vie, p. 600.

14 Vie, p. 164.

15 Vie, p. 582.

16 Mémoires, Vie du Père Champagnat. Souvenirs personnels du Frère Sylvestre, p. 149.

17 Avis, Leçons, Sentences et Instructions du Père Champagnat par un de ses premiers disciples, Paris, 1914, p. 424.

18 Vie, p. 563.

19 Pierre ZIND, Les nouvelles Congrégations des Frères Enseignants en France de 1800 à 1830. 1969, p. 384-385.

20 Vie, p. 563.

21 Vie, p. 606.

22 Vie, p. 107.

23 Pierre ZIND, op. cit. p. 384.

24 cf. Vie, p. 552-553.

25 Vie, p. 551.

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