Marcellin Champagnat homme de prière

F. Juan Maria Merino

21/Jun/2010

« Un homme de prière engendre une communauté priante », a-t-on pu dire en toute vérité. C'est l4Esprit, certes, qui nous apprend la prière, mais par le truchement d'hommes fidèles à son inspiration. Ainsi l'étude approfondie de la vie de Marcellin Champagnat, la lecture attentive de ses notes et de ses lettres, enfin la compréhension correcte des nombreux témoignages des personnes qui l'ont connu, nous amènent à conclure que notre Fondateur était un homme de prière dans le plein sens du mot et qu'il était capable d'apprendre à ses Frères à prier, de les introduire sur la voie de la contemplation, faisant ainsi de la communauté de l'Hermitage une authentique école de prière.

 

I. Homme de prière.

 

1. Ce qu'il pensait de la prière.

 

Il considérait la prière comme une valeur exigeant qu'en sa faveur on en sacrifiât bien d'autres. « Jamais, disait-il, je n'oserais entreprendre une chose sans l'avoir longtemps recommandée à Dieu; d'abord parce qu'il est facile à l'homme de se tromper, et de prendre ses vues personnelles et ses illusions pour des projets inspirés de Dieu; ensuite, parce que nous ne pouvons rien sans les secours et la protection du ciel1 » '. « Une longue expérience m'a appris qu'un Frère sans piété est un homme de rien; nulle part il n'est à sa place, il est un embarras pour tout le monde » (352). «Les Frères pieux sont les colonnes de l'Institut… » (Ibid.). « Si Dieu vous accorde la grâce de la prière, il vous accorde par là même toutes les vertus… » (Ibid.).

 

2. Ce qu'était sa vie de prière.

 

« Dieu lui avait accordé la grâce insigne de la prière, et c'est dans ce saint exercice qu'il puisait la foi vive qui animait toutes ses actions, et sa confiance sans bornes en la Providence par laquelle il obtenait tout. C'est par la prière qu'il est parvenu à un si haut degré de vertu, qu'il a gagné les âmes à Dieu, et qu'il a fondé une œuvre si utile à l'Eglise. La prière était son élément, et il s'y livrait avec tant de facilité et de bonheur, qu'elle paraissait lui être naturelle » (347). Bref! il avait tout ce qu'il fallait pour développer tout au long d'une existence laborieuse une véritable vie de prière théologale. Il était tellement rempli de foi que c'était toujours à travers elle, comme à travers une lentille achromatique, qu'il regardait toute chose: les situations, les événements, voire les personnes. Il avait un sens élevé de Dieu, source de ses principales directives, de ses choix positifs et de ses réalisations. Sa prière et sa foi se nourrissaient réciproquement, si bien que tout lui devenait objet de prière et le maintenait en présence de Dieu. Son activité même appelait la prière, car la foi l'assurait que Dieu seul tient en mains les destinées humaines dont il avait la charge. D'où sa prière était caractérisée par l'humilité du serviteur, par le respect du fils et par l'assurance du pauvre en vérité. Cette triple attitude impressionnait fortement les personnes qui le voyaient prier. Indiscutablement le Père Champagnat possédait, comme en témoigne l'analyse psychographique, les éléments qui favorisent la prière intense, l'estime pour les valeurs spirituelles, une grande maîtrise des sens et la tendance mystique2. On comprend alors que, dans une confiance totale, il attendait tout de Dieu, ne cherchait que sa volonté dont il acceptait joyeusement les exigences et que sa vie comme sa personne étaient toute cohérence et transparence.

 

3. Attestations de témoins3.

 

M. Benoît Bedoin, vicaire à Lavalla dont son oncle Etienne est curé, déclare: « Dans les difficultés que mon oncle eut pour bâtir son église, il se fortifiait en pensant aux difficultés que le Père Champagnat eut lui-même dans l'établissement de son œuvre; et il me disait: « quand tu auras des difficultés, va devant le saint sacrement, fais comme le Père Champagnat » (Sum. 185). « Il recommandait la prière comme le moyen d'entretenir le feu de la charité: « Si Dieu nous accorde la grâce de la prière, il nous accorde par là même toutes les vertus » (Id. 184-185).

Frère Aidan, novice à l'Hermitage en 1837, « atteste que le respect (du P. Champagnat) pour le saint sacrement était des plus édifiants. Il faisait de fréquentes visites à la chapelle dans la journée pour consulter Notre Seigneur, lui faire part de ses projets et de ses doutes, il nous disait que n'étant qu'un instrument entre les mains de Dieu, il ne voulait rien faire, ni rien entreprendre sans l'avoir consulté » (id. 192).

Frère Narcisse qui n'est entré dans l'Institut qu'en 1841, rapporte pour l'avoir entendu dire que « pendant les prières, le vénéré Père était si pénétré de la présence de Dieu, que sa tenue, son air, tout en lui portait ceux qui en étaient témoins à bien prier… » (Id. 197).

Frère Bassus, témoin de la vie du Fondateur durant ses deux dernières années, déclare que « Dieu lui avait accordé la grâce insigne de la prière; et c'est dans ce saint exercice qu'il puisait cette foi vive qui animait toutes ses actions, cette confiance sans bornes qu'il avait en la Providence et par laquelle il obtenait tout. La prière était son élément et il s'y livrait avec tant de facilité et de bonheur qu'il paraissait qu'elle lui était comme naturelle. C'est dans la prière qu'il a conçu et arrêté tous les projets et toutes les œuvres qu'il a faites. C'est par la prière qu'il commençait, qu'il continuait et qu'il terminait tout.

Mais ce qu'il avait de plus à cœur, c'était d'inspirer à ses Frères l'amour de la prière, de bien leur en faire comprendre la nécessité et les avantages, et de les former à ce saint exercice. Dans ses instructions, il revenait sans cesse sur ce sujet qu'il appelait le point capital » (Id. 199).

« D'après nos traditions, déclare Frère Amphien, novice en 1845 à Vauban, la foi et la piété étaient les éléments du vénérable Père. Il mettait dans ces grandes vertus le succès de ses entreprises et celui de ses Frères… Un jour un Frère vint le trouver dans sa chambre et lui dit sans détour qu'il voulait se retirer. Le vénérable, après l'avoir écouté, s'appliqua à lui faire comprendre que c'était une tentation. Mais le Frère persistant: « Restez-là un instant, dit le Père, je vais revenir et vous ferai connaître ce que vous devez faire ». Il court à la chapelle. A peine a-t-il prié quelques minutes qu'il se sent exaucé. Il retourne au Frère qu'il trouva priant à genoux et lui crie: « Mon Père, quel service vous venez de me rendre! Le mauvais démon qui me tourmentait vient de me quitter » (Id. 209).

« Après des occupations dissipantes, rapporte toujours le même témoin, on le voyait prier avec une onction de piété qui réchauffait les plus tièdes. Un ecclésiastique disait: « Rien ne m'a tant frappé et tant édifié que la piété du Père Champagnat », à la suite d'une visite à l'Hermitage (Id. 211).

Dans sa longue déposition, Frère Stratonique, Supérieur général, déclare: « Quand il avait à prendre une détermination, il avait pour habitude de dire: « Nous allons recommander tout cela à Notre-Seigneur pendant la sainte messe, à la communion et dans les visites que nous lui ferons, nous verrons ensuite ce qu'il y a à faire » (Id. 224).

 

4. Attestations personnelles4.

 

Quelques passages significatifs extraits de sa correspondance, laissent entrevoir la profonde vie de prière de M. Champagnat. « Prions le bon Dieu, écrit-il à Frère Jean-Marie Granjon, qu'il nous fasse connaître sa sainte volonté, et disons-nous toujours ses serviteurs inutiles » (L. 1). Telle était son attitude dans les circonstances difficiles; au plus fort de la détresse il s'écriait: « Le saint Nom de Dieu soit béni! » (L. 7). De même quand les choses vont bien, ce n'est pas à lui-même qu'il en attribue le mérite, mais « à Dieu seul en soit tout l'honneur et la gloire » (L. 33). « Tout marche à peu près, confie-t-il à Frère Dominique, Dieu et sa sainte Mère en soient mille et mille fois bénis! » (L. 36). A M. Page, curé de Digoin dont le conseil municipal vient de se montrer bienveillant pour l'école des Frères, il répond: « Que tout cela soit pour la plus grande gloire de Dieu et l'affermissement de notre sainte religion! » (L. 97). Même esprit d'abandon dans cette disposition qui l'empêche de poursuivre sa route pour rendre visite à M. Mazelier: « Dieu en soit mille fois béni! ce souverain Maître a de très bonnes raisons, je ne lui demande qu'une chose, que je puisse chanter éternellement ses miséricordes » (L. 122). C'est pourquoi, rien ne pouvait ébranler sa confiance en la bonté de Dieu qui se laisse toucher par la prière, « Continuez et continuons ensemble à prier, Dieu ne refuse rien à la persévérance de la prière » écrit-il à Frère François (L. 175). « Espérons fortement et prions sans cesse; que n'obtient pas la prière fervente et persévérante! » (L. 181). « Prions, prions, répète-t-il à F. François, et en tout ne cherchons et ne désirons que la sainte volonté de Dieu » (L. 182). « Vous voyez donc, écrit-il encore à F. Antoine, directeur de Millery, que ce sont des prières qu'il me faut » (L. 183), car, ajoute-t-il dans une lettre à Frère Dominique, « la prière bien faite est toute puissante » (L. 234).

 

5. Diverses formes de prière.

 

— La prière de louange est une joie du cœur. C'est l'attitude de celui qui bénit le Seigneur en toutes circonstances sachant que Dieu les permet pour notre bien. « Rendez grâce au Seigneur, car il est bon, car éternel est son amour » (Ps, 117). Cette prière jaillit donc de l'assurance d'un amour infaillible de Dieu pour nous, d'une entière confiance, dans un total abandon. Ni l'espoir d'obtenir, ni le désir de voir s'accomplir ce que nous souhaiterions, n'y trouvent place. Hormis la seule pensée de louer Dieu, nulle autre ne traîne au fond de l'esprit. Mais c'est alors que la puissance divine nous envahit, nous comblant d'une joie profonde et d'une immense paix. Notre vie se transforme si bien que la souffrance même est une occasion de plus grand amour, car le cœur est avide d'accomplir la volonté de Dieu. Dans sa correspondance le Père Champagnat manifeste souvent, par de petites phrases, cette attitude, comme on peut s'en apercevoir en relisant plus attentivement les passages cités plus haut.

— Mais le plus souvent, c'est la prière de demande, tellement recommandée dans l'Evangile, que le Fondateur utilisait. « Dans la communauté les neuvaines se succédaient rapidement; et l'une était à peine finie qu'il avait une raison d'en commencer une autre » (Vie, 348). « Tous les jours il consacrait ses Frères à la sainte Vierge, et présentait sans cesse devant Dieu les besoins de chacun d'eux ». « Je porte un tel intérêt à mes Frères, disait-il confidentiellement à quelqu'un, et je désire avec tant d'ardeur leur salut, que je ne puis me rassasier de prier pour eux. Je les présente sans cesse à Notre Seigneur et à sa sainte Mère » (Id. 350).

— La prière liturgique est la prière de l'Eglise unie à celle du Christ, son chef. Elle fait sienne les grandes intentions de celui-ci, recommandant à ses membres de les porter dans leur prière personnelle et communautaire. Avec le Christ et par lui, l'Eglise priante est l'instrument de la rédemption continuée. Ce qui donne à la prière liturgique une garantie d'authenticité, c'est la vie de prière personnelle des membres de l'assemblée par laquelle elle l'exprime dans la grâce de son union avec le Christ. En outre, il faut rappeler que ce genre de prière ne tire pas sa valeur de sa préparation minutieuse, ni de la beauté de son exécution, mais de son caractère public et, par conséquent, hiérarchique.

Le Père Champagnat n'a cessé de manifester un grand respect pour les objets du culte. « Il voulait… que les ornements et les vases sacrés fussent non seulement convenables, mais aussi riches que les ressources de la communauté pouvaient le permettre » (Vie, 375). L'autel qu'il nous a laissé, la crédence de la sacristie, tous les objets dont il se servait pour le culte prouvent la véracité de ce témoignage. Il voulait que l'on manifestât même par la tenue, tant dans l'assemblée réunie pour la prière que devant le saint sacrement, sa conviction de la présence de Dieu. M. Champagnat « ne pouvait souffrir la moindre négligence dans les exercices religieux; il exigeait une tenue parfaite, un ton de voix et une parole qui fissent comprendre l'importance de cette grande action » (Sum. 208).

Lui-même, quant il célébrait le sacrifice eucharistique ou faisait une visite au saint sacrement, semblait tout pénétré par la présence réelle de Jésus-Christ. « C'est surtout pendant la sainte messe que sa foi se manifestait. Après la consécration il ne tenait, pour ainsi dire, plus à la terre, tellement il était absorbé en Dieu » (Sum. 191). «Chaque fois qu'il allait adorer (le saint sacrement) il paraissait si recueilli et si absorbé en Dieu, qu'il ne voyait et n'entendait plus personne. Plusieurs personnes qui l'ont vu ainsi immobile devant l'autel, ont cru qu'il était en extase (Id. 197). « En célébrant la messe, il faisait paraître tant de modestie, de recueillement, de respect et d'amour, qu'il ravissait d'admiration tous les assistants… » (Id. 197). « J'ai été témoin, dit François Bachet de Lavalla, et j'ai entendu parler bien des fois de l'ardente charité et de la piété avec laquelle l'abbé Champagnat offrait les divins mystères… » (Id. 203). Non seulement son attitude de respect qu'il avait à l'église, attirait l'attention des fidèles, mais aussi l'onction avec laquelle il prononçait la Parole de Dieu. Frère Théodose affirme avoir « toujours gardé le souvenir du ton qu'il mettait dans la récitation des prières, et surtout dans le chant de la préface à la sainte messe; on était pleinement convaincu qu'il parlait au bon Dieu de cœur et d'âme » (Id. 195). Beaucoup se sentaient marqués par l'influence qu'il exerçait dans ces circonstances. « Impossible d'assister à sa messe sans se sentir porté à la dévotion et pénétré d'un profond respect… » (Id. 198). Frère Romanus déclare dans le même sens: « Nous étions frappés de la grande piété du saint prêtre, et nous en avons conservé le plus vif souvenir. Nous sortions de la chapelle de l'Hermitage toujours plus impressionnés et aussi édifiés que si nous avions entendu un sermon bien éloquent sur l'amour de Dieu » (Id. 203). « Les messieurs Pascal, Gabrielle Fayasson, la veuve Monteiller, Matricon etc. … ont attesté que dans tout le voisinage de l'Hermitage, on accourait à la chapelle des Frères pour voir officier et prier le Père Champagnat » (Id. 205).

Ce sont là quelques témoignages de contemporains parlant de ce qu'ils ont eux-mêmes vu. Si l'on perçoit de la chaleur, c'est qu'un feu n'est pas loin. Ce qui, chez Marcellin suscitait l'admiration, produisait cet attrait particulier, commandait le respect, c'est qu'on percevait en lui le surnaturel, mystérieux et sacré. Cet impact qu'il produisait ne pouvait venir que de la manifestation concrète de Dieu même à travers lui.

Cette manifestation se colorait du caractère du Père Champagnat, point du tout romantique, mais d'un réalisme passionné. Comme le montrent ces quelques aspects de sa piété liturgique. C'est d'abord sa foi vive en la présence réelle de Jésus dans l'eucharistie qui le rendait particulièrement exigeant pour tout ce qui touche à la liturgie. Les fréquents moments qu'il passait devant le tabernacle sont la manifestation de cette foi transmuée, par-delà l'intelligence et la volonté, dans les profondeurs du cœur, en un ardent amour. Comment, alors, douter de l'authenticité de sa joie de pouvoir célébrer la messe quand les circonstances semblent d'abord ne pas le permettre? On comprend aussi par là son empressement pour inculquer à ses Frères une dévotion profonde envers l'eucharistie. De là dérive enfin ce sentiment d'outrage en constant la malpropreté dans laquelle on laisse les lieux et les objets du culte. En un mot, M. Champagnat pouvait dire avec saint Paul que Jésus-Christ l'avait saisi.

 

6. Témoignages graphologiques5.

 

Nous n'oublions pas, certes, qu'une analyse graphologique, si scientifique soit-elle et présentant toutes les garanties d'objectivité, ne nous fournit qu'une indication relative. Le rapport présenté par l'Institut graphologique Moretti d'Urbino, Italie, dépourvu de commentaires littéraires, est le fruit d'une étude réalisée selon les techniques et les lois propres à cette discipline. Il ne contient pas moins de 85 affirmations que j'ai relevées et dont je rapporte ici celles qui concernent le thème développé dans ces lignes.

« On découvre (chez M. Champagnat) dans les facteurs éducatifs… des principes qui tiennent énormément compte des valeurs directrices de la vie » (Op cité, p. 36). « Bien qu'il existe en lui beaucoup d'indices d'une capacité de vie mystique, celle-ci ne nous semble pas de type purement contemplatif, mais durement engagée » (Id. 37). « Parmi les fonctions, c'est la pensée qui prévaut chez lui, … mais suivie de près par le sentiment, … ce qui nous fait découvrir des indices de vie spirituelle et de tendances mystiques, mais qui ne restent pas au niveau personnel et moins encore égoïste » (Id. 43). « L'idéal de son moi nous semble être d'un niveau supérieur » (Id. 38). « C'est un type d'idéal du moi qui fait naître des ambitions nobles et sollicite l'être tout entier » (Id. 45).

« Sur le plan de l'intelligence… il adhère aux valeurs traditionnelles sans pour autant se fermer devant les découvertes et acquisitions nouvelles » (Id. 48). «Il essaie de se faire petit pour comprendre, mais non pas jusqu'au point de se diluer soi-même, d'abandonner ses convictions personnelles ou sa propre dignité » (Id. 45). « De fait, il révèle une excellente capacité de recueillir les résultats de ses propres expériences » (Id. 49).

« La dépendance morale ne dérive pas seulement du sur-moi freudien de son enfance, mais aussi d'une acceptation contrôlée de tout ce qui lui semble venir d'en-haut » (Id. 51). «Bref! au dernier état d'évolution de son caractère, il apparaît comme une personne qui, détentrice d'un message dont elle a saisi la valeur après l'avoir examiné dans le détail et mis en pratique, éprouve le besoin d'y faire participer ses semblables » (Id. 53).

 

7. Effets de cette prière.

 

a) Une vie plus évangélique.

Nous savons que la prière et la vie sont entre elles dans une étroite relation. Chacun peut le vérifier. Situer sa vie personnelle au niveau de l'Evangile, l'y maintenir et même y progresser sans cesse, n'est pas possible si l'on prie mal ou pas du tout. La vie de M. Champagnat, grâce à son esprit de prière, est une réalisation continuelle et soutenue des valeurs évangéliques. Pour le montrer, qu'il nous suffise d'en souligner quelques qualités: la simplicité, la disponibilité, sous la motion de l'Esprit, pour répondre aux besoins des autres; le don total de soi dans l'accomplissement de la mission que Dieu lui confiait; la disposition pour le travail et le dévouement dont il a fait la loi de sa vie; la franchise et la liberté dans son comportement; bref! une attitude de serviteur empressé dans le service du maître jusqu'à donner sa vie même par amour pour lui. Ce tonus vital ne pouvait être maintenu que par une prière intense et fréquente dont l'écho se prolongeait tout au long de la journée.

 

b) Une intimité toujours plus profonde avec Dieu.

Il se trouvait ainsi dans un état de prière continuelle qu'il entretenait par ce qu'il appelait l'exercice de la présence de Dieu, « l'âme de son âme et l'aliment de sa piété6 ». L'Esprit-Saint pouvait donc agir en lui par le don de sagesse et lui communiquer le goût du mystère de Dieu, la joie d'entendre parler de lui, le désir de sa présence, une claire certitude de son existence, la conscience d'une complète ignorance de son essence et la nécessité de le prier. D'autre part, il invite la personne à descendre dans les profondeurs de son moi qu'il éclaire de sa lumière pour lui faire prendre conscience de sa propre réalité, des motifs qu'il allègue face aux vrais mobiles de ses actes et de son comportement, des obstacles à l'action de Dieu dans le plus intime de soi-même. A ce propos nous lisons dans ses notes de retraite: « Seigneur, je confesse que je ne me connais pas, et que je suis rempli de vices et d'imperfections; faites-moi bien connaître mes défauts, et accordez-moi la grâce de les combattre, de ne jamais cesser de leur faire la guerre et de les corriger; je vous demande cette faveur dans le plus profond anéantissement de mon cœur » (Vie p. 42). Enfin, le Saint-Esprit lui fit découvrir que Jésus-Christ lui-même vivait et priait dans le plus intime de son être et que, par conséquent, son adhésion à lui, devait être vitale comme celle d'une greffe au tronc qui lui communique sa sève.

 

c) La réalisation de son être.

C'est dans la prière aussi qu'il a puisé cette force morale et cet équilibre psychique au plus fort de ses peines. Taxé d'insensé quand il entreprit sans moyens financiers la construction de la maison de l'Hermitage, il répond sans s'émouvoir: « Si c'est folie de bâtir sans argent quand on bâtit sans Dieu, c'est sagesse de le faire quand on a Dieu pour soi » (Sum. pp. 226-227). Prenant conscience de l'échec de ses efforts démesurés pour obtenir l'autorisation légale de sa congrégation, M. Champagnat déclare à Frère François: « Je suis bien ennuyé, mais non déconcerté; j'ai toujours une grande confiance en Jésus et Marie » (L. 197). Lors des événements de juillet 1830, alors que les autres congrégations mettent leurs novices en sûreté dans leur famille, le Père Champagnat demande à l'archevêché de Lyon l'autorisation de donner aux siens l'habit religieux. « Quel homme admirable que cet abbé Champagnat! dirent (les vicaires généraux), pendant que tout le monde tremble, lui seul ne craint rien… » (Vie, 211). « Ne craignons rien, mes chers amis, nous avons Dieu pour défenseur; personne ne peut nous faire du mal si Dieu ne le lui permet », écrit-il à Frère Antoine (L. 17). Il trouve les mêmes accents quand il se voit accablé par « la malheureuse affaire de M. Courveille et le départ de M. Terraillon »; « Tous ces contretemps m'affligent, à la vérité, mais ne m'étonnent pas, car je pensais et le disais même que nous n'étions pas au bout des épreuves. Je suis même comme certain que la divine Providence m'en ménage encore. Mais, j'ose le dire, pourvu que Dieu ne m'abandonne pas, que son saint nom soit béni, je ne crains rien » (L. 4; cf. aussi L. 30). « Malgré tant d'épreuves, jointes aux douleurs qui ne l'avaient jamais quitté depuis sa première maladie, contractée en 1825, il ne laisse jamais échapper une seule plainte, ni un mot de blâme contre ceux qui lui faisaient de la peine. Dieu qui voulait perfectionner son serviteur par les voies de la souffrance, ne lui ménageait pas les occasions de lui en faire rencontrer » (Sum. 168). Aussi, Jean-Louis Duplay pouvait-il écrire à l'un de ses parents lors du décès de M. Champagnat: « Un des grands mérites de ce prêtre, c'est sa patience dans la peine et son silence dans l'amertume…7 ».

 

d) La fécondité de son apostolat.

Rien de tel que d'être fortement convaincu soi-même pour convaincre les autres. Et si l'objet de cette conviction n'est autre que l'amour agissant de Dieu pour toute personne de bonne volonté, comment ne pas s'empresser de faire connaître cette brûlante vérité? C'est ainsi que M. Champagnat pouvait dire avec le psalmiste: « Le zèle de la maison me dévore… » (Ps 69, 10). « Voir offenser Dieu et les âmes se perdre, disait-il (encore), sont pour moi deux choses insupportables et qui me font saigner le cœur » (Vie, p. 460).

Aussi ne puis-je, continue-t-il, « voir un enfant sans éprouver l'envie de lui faire le catéchisme, sans désirer de lui apprendre combien Jésus-Christ l'a aimé… » (Vie, 549). D'où son désir de recevoir des novices. « Le bonheur de la vie religieuse me paraît si grand, et je désire si vivement avoir des Frères pour en donner à toutes les paroisses qui n'en ont pas, que je rencontre rarement des jeunes gens sans… demander à Dieu qu'il les appelle à cette belle vocation » (Vie, 550).

L'amour du Seigneur enflammait son cœur d'ardeur apostolique et lui donnait un rayonnement personnel auquel ni les grands, ni les petits ne résistaient. La paroisse de La Valla fut rénovée par le zèle du jeune vicaire (Sum. 119-120). « Quand les exhortations adressées du haut de la chaire ne suffisaient pas… pour faire cesser les abus ou pour corriger quelque vice, il allait trouver les coupables dans leur maison… les exhortait… jusqu'à ce qu'ils eussent promis de changer de vie » (Sum. 153). Sur les plus jeunes, il exerçait une telle attirance qu'ils accouraient à ses catéchismes, bravant la pluie, la neige et le froid (Sum. p. 103). « La bonté qu'il témoignait aux enfants, l'ascendant et l'autorité qu'il sut prendre sur eux, l'attention avec laquelle on l'écoutait, firent une vive impression sur toutes les personnes qui en furent témoins; et bientôt il se répandit dans la paroisse que le nouveau vicaire était un catéchiste accompli et un véritable ami de l'enfance » (Sum. 152).

Une des caractéristiques qui n'a pas encore été suffisamment étudiée, c'est son habileté comme directeur spirituel. Il a, dans ce domaine, obtenu de magnifiques résultats tant sur le plan paroissial que sur la communauté de l'Hermitage. Frère Romanus déclare avoir entendu souvent le Frère François parler « de la sage direction du Père Champagnat à l'égard des novices et des jeunes Frères, de sa sagesse, de son amabilité, malgré une première apparence de sévérité » (Sum. 102). « Sa direction, renchérit Frère Théophane, excitait la confiance et produisait les meilleurs fruits dans les âmes» (Sum. 111). «Il était un excellent confesseur, très apprécié des fidèles » (Sum. 129), donnant « des avis… pratiques et toujours appropriés aux besoins d'un chacun » (Sum. 156), c'est ainsi « qu'il achevait par la confession surtout le bien commencé par la prédication » (Sum. 114).

Son action sur les Frères était plus profonde encore. « S'il désirait en faire de bons instituteurs, il avait encore plus à cœur d'en faire de bons religieux. Aussi voulait-il que la piété fût l'âme de toutes leurs actions de la journée, que le travail et l'étude fussent sanctifiés par la prière » (Sum. 162).

Mais il voulait aussi qu'ils fussent humains selon l'exemple qu'il leur donnait lui-même par sa sérénité, son équilibre, son réalisme et son optimisme. Or. on ne saurait se garder dans ces états d'âme, surtout quand on est accablé de travail et de difficultés, sans une forte dose de prière. « En étudiant avec attention, déclare Frère Aidant, les paroles, les actions et les démarches de notre vénérable Fondateur, en voyant tout ce qu'il a souffert, tous les embarras qui lui ont été suscités, soit par les personnes du dehors, soit par les Frères, pour la formation desquels il s'est donné tant de peines, et que, malgré tout cela, il soit parvenu à un si beau résultat, on ne peut s'empêcher de dire: le doigt de Dieu est là » (Sum. 86). « Son genre simple, affable, mais digne, son zèle, son dévouement qui ne connaît pas de bornes, furent les seuls moyens dont il se servit pour faire le bien et gagner les âmes à Jésus-Christ » (Sum. 155).

En conclusion nous pouvons dire que notre Fondateur se sentait responsable d'une mission confiée par Dieu qu'il ne se croyait pas capable d'accomplir sans être guidé, comme par la main, par Celui dont il ne se considérait lui-même que l'instrument. C'est par la prière constante et fervente qu'il maintenait cette relation qui s'épurait de jour en jour en amour pur. Dès lors il n'était plus « homme à calculer, à s'épargner quand il s'agissait de la gloire de Dieu ou du salut des âmes, … mais disposé à… sacrifier ses forces, sa santé et sa vie » (Sum. 159).

 

II. Dans son sillage.

 

L'institut qu'il a fondé, M. Champagnat le voulait laïque et de vie active, le démarquant ainsi des ordres contemplatifs et des congrégations cléricales. D'après ce qui vient d'être dit sur sa vie de prière, on peut facilement déduire quel style de prière il allait prescrire à ses disciples. Il fallait que tout au long d'une journée de travail absorbant, leur cœur puisse garder le contact avec le Seigneur, l'ami qui réconforte et la source d'où jaillit le dynamisme apostolique. Ce n'est pas l'adage bénédictin: « prie et travaille » qu'il propose, à moins d'intervertir les termes: « travaille et prie ».

Pour simple que soit l'expression, sa mise en application l'est bien moins. D'une part les Frères doivent faire face à un travail astreignant: les enfants ne laissent guère de répit; d'autre part « la vie religieuse est essentiellement une vie de prière: car outre que c'est pour prier plus que le commun des fidèles, et pour s'entretenir plus souvent avec Dieu que l'on se fait religieux, il est impossible d'accomplir les obligations de la vie religieuse sans une vraie et solide piété», (Vie, 136).

Pour concilier ces deux aspects, le Fondateur prescrit des prières simples et courtes: les prières des fidèles auxquelles on ajoutait le chapelet, la visite au Saint-Sacrement, la lecture spirituelle et, bien sûr, la messe journalière. Plus tard, il introduisit la méditation d'une demi-heure et le petit office de la sainte Vierge. Mais en plus de ces prières communautaires, il recommandait de faire tout au long de la journée de fréquentes oraisons jaculatoires afin de rester, pour ainsi dire, continuellement branché sur Dieu.

C'est cet appareil de prières qui, malgré sa simplicité, permit aux Frères, sous la direction de M. Champagnat, d'être des hommes de prière, comme en témoignent leurs biographies dont nous allons présenter quelques-unes par quelques traits8.

 

Frère Louis, Jean Baptiste Audras, 1801-1867.

 

Docile aux instructions que le Père Champagnat lui donnait, Frères Louis fit de l'amour de Dieu le moteur de sa vie. « La méditation de la vie de Jésus-Christ, la visite au Saint-Sacrement, la fréquente communion faisaient ses délices (B. 23). « Quelque temps avant de mourir, il disait à un Frère pour lequel il n'avait rien de caché: "O mon Frère! que l'amour est doux! Que l'amour est fort! Si vous saviez quels assauts il me livre! Dans la méditation, à la sainte Messe et surtout après la communion, je sens mon cœur tellement embrasé, et si plein de délices ineffables, que j'en suis transporté… L'amour me suffit, et je ne veux désormais qu'étudier, contempler et aimer Jésus, mon Sauveur, mon amour et ma béatitude » (B. 40).

On croirait lire sainte Thérèse ou saint Jean de la Croix, tellement Frère Louis était avancé dans les voies mystiques, lui qui n'était pourtant qu'un disciple de M. Champagnat, mais un homme de travail et de prière, d'un dévouement sans bornes et d'une abnégation totale.

 

Frère Dorothée, Jean-Louis Villelongue, 1810-1837.

 

Les travaux de la ferme dont il a voulu se charger par humilité, furent pour Frère Dorothée le moyen par lequel l'Esprit-Saint le mena sur la voie de l'union à Dieu. « Dans ses occupations, il ne perdait pas de vue la présence de Dieu, et il avait le secret, par la pureté de ses intentions et par ses fréquentes oraisons jaculatoires, de faire de ses travaux une prière continuelle » (B. 50). Comme le grand Apôtre, (il) ne connaissait que «Jésus, et Jésus crucifié»; il ne s'occupait que de Jésus; le souvenir de la Passion de Jésus le suivait partout… » (B. 51). « Il faisait presque tous les jours le chemin de la croix » (B. 52). « Sa méthode pour entendre la sainte messe était de méditer la Passion de Jésus-Christ, et de produire sans cesse, mentalement, des actes de contrition, de confiance et d'amour » (B. 52). « Je crains la mort, avouait-il au P. Champagnat qui le visitait à l'infirmerie, et ce qui me causerait le plus de peine (si je devais mourir maintenant) ce serait de n'avoir pas assez aimé Jésus mon Sauveur; et je vous proteste que cette peine et ce regret me tourmentent beaucoup. Aussi je demande tous les jours au bon Dieu, par l'intercession de Marie, de me laisser encore un an sur la terre pour apprendre à aimer Jésus et me préparer à la mort » (B. 53). Il « mourut trois jours après… dans le saint exercice de l'amour, en contemplant le crucifix, et en prononçant les saints noms de Jésus et de Marie » (B. 57).

 

Frère Stanislas, Claude Fayol, 1800-1853.

 

La vie de Frère Stanislas était toute de dévouement, de service, de disponibilité, car il aimait l'Institut de tout son cœur ainsi que sa vocation. « La prière était pour lui un besoin, et il s'y livrait avec tant de ferveur, qu'il suffisait de le voir pour se sentir soi-même porté à la piété » (B. 69). « La sainte messe, la communion étaient pour lui des choses sans prix, et il avouait qu'il aurait préféré jeûner tout le jour que d'en être privé ». « Une petite visite au Saint-Sacrement, disait-il, me fait oublier toutes mes peines; une visite au Saint-Sacrement me délasse et me rend toutes mes forces » (B. 72). « Sa piété s'est soutenue jusqu'à la fin et n'a fait que croître avec ses infirmités » (B. 69). Dans ses courses et ses travaux si multiples, dans son empressement à se mettre au service de tous et se faire partout présent, la prière n'était jamais absente, non pas la prière en tant que formule récitée, mais celle du cœur, la prière affective et contemplative.

 

Frère Jean-Pierre, Martinol, 1798-1825.

 

Frère Jean-Pierre est entré dans la congrégation grâce à l'exemple des Frères de Saint-Sauveur-en-rue. « Mon Père, demandait-il un jour au Père Champagnat, peut-on prier le bon Dieu sans parler? » (B. 42). Le Fondateur l'instruisit donc sur la manière de faire oraison. La leçon porta si bien qu'en « peu de jours le pieux novice sut méditer et prier à merveille, et le bon Père n'eut pas besoin de lui répéter la leçon» (B. 43). Quand la personne s'ouvre à l'action de l'Esprit-Saint, celui-ci se charge de lui signaler les obstacles qui freinent son avancement. Dans le cas de Frère Jean-Pierre, il le gratifia d'une grande délicatesse de conscience qui le rendait particulièrement docile à ses inspirations. Quand, à l'âge de 27 ans la mort vînt le ravir, il avait fait rapidement un long chemin, ce qui fit dire à M. Champagnat: « Le bon Dieu a bien choisi; le premier qu'il prend parmi nous est un saint » (B. 48-49).

 

Frère Jean-Chrysostome, Louis Doche, 1803-1840.

 

La notice sur Frère Jean-Chrysostome, comme la précédente, présente M. Champagnat comme un excellent directeur d'âme. A propos de la prière, il lui dit: « Pour une âme solidement vertueuse, la prière est une consolation et un besoin; les sollicitudes, la multiplicité des affaires, les embarras de toutes sortes, loin de diminuer ses entretiens avec Dieu, sont, au contraire, pour elle une raison de les prolonger, parce qu'elle sent qu'elle a plus besoin de grâces et de lumières » (B. 92-93). Mais c'est surtout dans sa dernière et cruelle maladie que Frères Jean-Chrysostome fit preuve d'une vertu solide. « Pas un instant de sommeil, pas une position commode de quelques minutes seulement, une toux déchirante et continuelle, des plaies profondes sur tout le corps… et, au milieu de toute cette complication de maux, une entière confiance en Dieu, une soumission parfaite à sa divine volonté… Son union à Dieu était presque continuelle, ses yeux, ses mains, sa langue suffisaient à peine pour exprimer les sentiments de son cœur » (B. 98-99).

Ce ne sont là que quelques exemples parmi tant d'autres qui se sont révélés des hommes de prière, possédant au moins ce qu'on appelle la contemplation acquise. Ils témoignent que le Fondateur formait bien les Frères à la prière et qu'il a doté son Institut de structures de piété dont nos devanciers, ceux de la première époque, aussi bien que les suivants démontrèrent l'efficacité par la qualité de leur vie. Ces hommes, tant M. Champagnat que les autres, étaient pourtant des actifs, submergés par leurs occupations journalières. Mais quand la prière devient un appel intérieur, comme une soif de l'âme, l'ingéniosité d'un chacun peut trouver les moyens de l'étancher, même au beau milieu d'un travail intense.

Certes, ils avaient les moyens de leur temps: les nôtres aujourd'hui sont différents; mais l'évolution s'est-elle faite dans le sens d'une accentuation de l'essentiel qui consiste à promouvoir l'union de la personne à Dieu, même dans une ambiance défavorable, et non dans le sens de la sauvegarde de l'indispensable insistant davantage sur l'extérieur au détriment d'une intimité progressive grâce à des actes simples mais souvent répétés? C'est aux experts à répondre, mais c'est aux hommes de prière, et nous en possédons d'authentiques, de nous apprendre, à l'instar de M. Champagnat, la prière qui convient aux conditions spécifiques dans lesquelles nous vivons.

Traduction libre d'un article de F. Juan Maria Merino

1 Vie du vénérable Marcellin Benoît Champagnat, prêtre mariste, par un de ses premiers disciples, 3I7 3ième édition, Paris 1931 p. 347. Nous renvoyons à cet ouvrage en mettant Vie avant le chiffre de la page.

2 J.B. Bellone, A la découverte de l'authentique Marcellin Champagnat, pp. 89-109.

3 Lugdunen, Béatifications et canonizationis ven. Servi Dei, Marcellini Josephi Benedicti Champagnat, sacerdotis Maristae et Institutions Congregationis Parvulorum Fratrum Mariae, 2e partie, après la page 114, Summarium super dubio, paginé de 1 à 653, – Nous indiquons cet ouvrage par Sum.

4 Lettres de M. Champagnat, vol. I, présentées par F. Paul Sester, à paraître prochainement. Nous indiquons simplement le numéro de la lettre dans cet ouvrage.

5 F. Giovanni Battista Bellone, Cerchiamo l'autentico B. Champagnat, edizioni ITI, Genova, 1982. La version française se trouve de la page 33 à 59. Nous en donnons une version corrigée.

6 F. Sylvestre, Mémoires, Vie du Père Champagnat, p. 125.

7 J.M. Chaume, Vie de M. l'abbé Jean-Louis Duplay, Paris, Lyon, Saint-Etienne, 1887, tome premier, p. 281.

8 Biographies de quelques Frères, vol. I, Lyon, 1868. (Nous indiquerons cet ouvrage par la seule lettre B. suivie de la page).

 

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