Marie

Th. W. Desfontaines

12/Sep/2010

Quelle est donc cette Eve nouvelle

Qui vient de sa coupable sur

Racheter la faute, et, pour elle,

Se dévouer à la douleur ?

Quelle est ta femme glorieuse

Qui foule aux pieds, victorieuse,

La tête de l'impur dragon ?

Quelle est donc cette femme forte

Qui des enfers brise la porte ?

D'où vient-elle ? Quel est son nom ?

 

Son nom ?… Avec amour l'univers le prononce :

Le ciel en s'inclinant à la terre l'annonce ;

C'est le nom le plus grand après celui de Dieu ;

Jusqu'au fond de l'abîme il porte l'espérance,

Et quand les séraphins exaltent sa puissance,

C'est en voilant leurs fronts de leurs ailes de feu,

 

C'est lui qui fait, aux jours d'orage,

Tomber le noir courroux des flots,

C'est lui qui sauve du naufrage

Et la nef et les matelots.

Dieu se lève et de son tonnerre

Arme soudain son bras vengeur,

C'est lui qui détourne la foudre,

Dont les coups réduiraient en poudre

Le front endurci du pécheur.

C'est lui que la mère éplorée

Invoque à l'heure où le cercueil

S'ouvre pour l'enfant adorée

Qui fait sa joie et son orgueil.

Au jour d'abandon et d'épreuve,

C'est lui qui console ta veuve ;

C'est lui que l'orphelin bénit ;

C'est lui que toute larme implore ;

C'est lui que toute bouche honore,

Quand le jour naît, quand il finit.

                                            Th. W. Desfontaines.

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