Message personnel au T.R.F LĂ©onida

Miguel Dario Cardinal Miranda

05/Nov/2010

Bien Cher Frère Léonida,

Comme vous le rappellerez, il y a quelques mois, à la Maison Centrale des Frères Maristes, à l'EUR, vous avez eu, au moment de nos adieux, l'idée que ce serait la dernière fois que nous nous reverrions ici sur la terre; vous me demandiez donc de vous bénir pour la dernière fois.

Plus tard, quand le Seigneur, par l'intermédiaire de Sa Sainteté le Pape Paul VI, a daigné m'accorder, sans mérite de ma part, l'honneur de m'associer au service de l'Eglise avec le Vicaire même de Jésus-Christ, j'ai pensé que peut-être ce serait là une nouvelle occasion que Dieu nous accorderait de nous retrouver ensemble à Rome et, tant pour vous que pour moi, un motif de joie intime de nous revoir en cette heureuse occasion.

C'est ce que j'ai demandé au Très Révérend Frère Supérieur Général, el comme vous le savez, il a fait de son côté tout ce qu'il pouvait pour que mon désir pût s'accomplir. Cependant, Dieu en a disposé de façon différente et vous, dans votre carte, si pleine d'affection, m'avez montré où était la volonté de Dieu: être privés l'un l'autre de ce plaisir, par ailleurs, si légitime.

Adorons ensemble les desseins de la Providence.

Il nous reste cependant, à tous les deux des actions de grâces à rendre à Dieu pour tous les bienfaits qu'il nous a accordés. Vous, ancien et très cher Maître, c'est votre vocation religieuse qui vous a voué au travail très méritoire que vous avez accompli pendant toute votre vie dans le champ de l'éducation, et je vous remercie d'une façon spéciale pour l'intérêt que vous m'avez porté à moi, quand j'étais enfant. De mon côté, moi aussi je dois remercier Dieu pour de si nombreux bienfaits que j'ai reçus de ses mains et, parmi eux, ce dernier qui maintenant, par sa miséricorde, m'a été accordé. Il fait partie lui aussi d'un patrimoine commun de grâces où vous êtes mêlé pour la part que vous avez prise dans ma première éducation.

J'ai pensé que mieux qu'une lettre, ma propre voix vous arriverait comme un plus vivant témoignage de ma gratitude et en même temps de ma promesse de continuer à prier pour vous, pour que le Seigneur vous accorde la grâce de Lui être chaque jour plus fidèle pendant cette période de votre vie où une santé ébranlée ne vous permet pas de faire ni tout ni une bonne partie de ce que vous avez réussi à faire en des temps meilleurs.

Mais les mérites d'un infirme consistent à faire la volonté de Dieu et à recevoir toutes les souffrances propres de la maladie avec le même sentiment avec lequel on reçoit les bienfaits du Seigneur.

C'est à la lumière du Christ qu'il vous faut voir le moment actuel de votre vie. Il vous vaudra un nouveau trésor de grâces et la récompense suprême que Dieu vous réserve.

Je vous embrasse de tout cœur et vous donne ma bénédiction avec le même sentiment d'affection que toujours j'ai eu pour vous.

Miguel Dario Cardinal Miranda

Rome, le 8 mai 1969.

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