Mexique: La nouvelle maison de formation de la Province, calle de la Moneda

26/Sep/2010

La nouvelle maison de formation de la Province, calle de la Moneda, 15. Tlalpan. D. F. — On connaît les vicissitudes qu'a subies, depuis huit ans, la maison de formation (juvénat, noviciat, scolasticat) de notre province, plusieurs fois rudement éprouvée mais jamais abattue, du Mexique. Pendant dix ans, 1904-1914, elle avait prospéré dans la tranquillité, la ferveur et l'ardeur à l'étude à Jacona, sous le regard maternel de N.-D. d'Espérance ; tout y était vie, espérance et bonheur, quand la révolution impitoyable l'en expulsa violemment. Ses débris trouvèrent un refuge momentané à Port Lavaca, sur la côte N.-O. du golfe du Mexique, dans une maison en planches que la générosité des RR. Pères Oblats de Marie avait gracieusement mise à leur disposition ; puis ils allèrent se fixer à San Antonio dans le Texas, où, au prix de rudes fatigues, de beaucoup de privations et de pas mal d'argent, ils arrivèrent à se construire une ample et assez confortable habitation.

Mais ils y étaient depuis deux ans à peine lorsque, le, 19 octobre 1920, elle fut démolie par un ouragan. Le juvénat en était déjà parti depuis quelques mois pour aller s'installer à Huichapan. Le noviciat alla demander un refuge à l'Asile Patricio Sanz, à Tlalpan, près de Mexico, et, en attendant qu'on pût lui trouver un nouveau local, il a dû y prolonger son séjour jusqu'à la fin de septembre dernier.

Pendant ce long intervalle, on avait bien des fois, et avec combien de ferveur ! invoqué Saint Joseph pour essayer d'arriver à une solution satisfaisante ; mais elle s'obstinait, hélas ! à ne pas se présenter. Le bienheureux Patriarche, qui tant d'autres fois avait opéré de véritables prodiges pour justifier la confiance de ses enfants, semblait cette fois-ci être sourd à leurs prières !… Il les entendait pourtant, et il en donna la preuve au moment où moins on y pensait.

Las de chercher quelque chose de plus propice, on s'était presque décidé à accepter des offres qui étaient faites à Toluca, ville assez importante, située au S.-O. de la capitale mexicaine, quand une occasion inespérée, fit trouver, à Tlalpan même, une situation de beaucoup préférable, du moins autant qu'on puisse en juger pour le moment.

Parmi les nombreuses villas ou quintas dont se compose en grande partie la localité de Tlalpan, les novices, dans leurs promenades, en avaient souvent remarqué une qui portait le nom de Quinta Escadon, mais, bien sûr, sans jamais songer qu'elle pût un jour devenir leur demeure. Située à cinq ou six minutes de la gare, de l'église paroissiale et de l'Asile Patricio Sanz, elle se compose d'un bâtiment qui fut, il y a quelques années, une résidence confortable, avec parc, jardins et vergers d'une superficie totale d'environ 20.000 mètres carrés. Son nom lui vient de M. Landa y Escadon, gouverneur du District Fédéral au temps de Porfirio Diaz, qui se l'était fait construire et l'avait meublée richement. Les troupes de Zapata, dont elle eut à subir l'occupation pendant la dernière révolution, y commirent des déprédations considérables en ce qui regarde les accessoires, mais le bâtiment demeura à peu près intact.

Or, des circonstances inattendues l'ayant fait passer, l'été dernier, aux mains d'un excellent homme bien connu des Frères, il y eut moyen de s'arranger avec lui, et de s'en assurer la jouissance à des conditions abordables. De sorte que, le 24 septembre, fête de N.-D. de la Merci, les novices de Tlalpan pouvaient s'y transporter, et changer en actions de grâces leurs longues supplications au saint Patriarche de Nazareth.

L'installation fut laborieuse, mais les puînés des constructeurs de San Antonio se montrèrent dignes de leurs aînés. Décoller à force d'eau les vieilles tapisseries d'une douzaine d'appartements, laver à la soude les boiseries noircies par la fumée, peindre les plafonds et les murs, démolir des cheminées monumentales, charrier des matériaux, aider les ouvriers, nettoyer les chemins, transplanter des arbres, en couper aussi, hélas ! quelques autres,… rien, disent leurs maîtres, ne fut au-dessus ni au-dessous d'eux.

Maintenant, ils goûtent le fruit de leurs peines, et c'est plaisir de voir comme tous se livrent à cœur-joie aux études et au travail de leur formation religieuse, dans cette ‘’Quinta Soledad’’1 désormais aussi pleine de calme et de recueillement que de poésie et d'exubérance. La verdure, les fleurs et les fruits dont elle est prodigue ne seront, il faut l'espérer, que l'image des fleurs et des fruits de sainteté, qu'avec la grâce de Dieu et le secours de Marie les cœurs sauront y produire.

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1 C'est le nom qu'on a substitué à celui de "Quinta Escadon".

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