Missionnaires de Nigéria à Rome

05/Nov/2010

Los cuatro Hermanos venidos de Nigeria han sido recibidos en la casa generalicia; fueron también recibidos por el Papa, y participaron en la misa de los jóvenes del EUR. Posteriormente tuvo lugar en Glasgow una simpática recepción, con la presencia del Hno. Vicario.

Four Brothers recently returned from Nigeria were given a welcome at the Generalate, were received by the Pope, and attended a Youth Mass of EUR. Later they received a most cordial reception in Glasgow, at which the Vicar General was present.

Os 4 Irmãos regressados de Nigéria foram acolhidos na casa generalícia, recebidos pelo Papa, e participaram na missa dos Jovens do EUR. Mais tarde houve também para eles uma bela recepção em Glasgow, na qual participou a Rev. Ir. Vigário Geral.

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Le 5 février, 4 Frères arrivaient à Fiumicino, aéroport de Rome, venant de Nigéria. La guerre s'était terminée le 11 janvier, et, comme on le sait, les missionnaires saisis dans la zone biafraise avaient été placés quelque temps sous mandat d'arrêt à Port-Harcourt, jugés et condamnés pour être entrés illégalement en Nigeria et avoir travaillé sans autorisation.

 Cette condamnation à 6 mois de prison allait être commuée en expulsion pour prêtres, sœurs et frères.

Toutes les Provinces ont reçu le compte-rendu de la cérémonie liturgique par laquelle ont été accueillis nos Frères à leur arrivée à la maison généralice. Nous ne rappellerons pas ce moment particulièrement émouvant.

Le lendemain de leur arrivée, 6 février ils étaient reçus au Vatican en audience privée, avec les Pères et les Sœurs également expulsés, et le Pape leur disait sa joie de les trouver en bonne santé et de savoir que la vie reprenait dans la zone où s'était déroulée la guerre, et que le gouvernement fédéral avait pris des mesures pour bannir l'esprit de vengeance.

« Vous êtes venus ici, ajoutait-il, sans aucune récrimination, mais plutôt avec un profond amour pour le pays que vous avez laissé, avec la conscience du devoir accompli à fond et avec une vive espérance au cœur, car je crois lire cette espérance cachée sur vos visages sereins: n'est-ce pas celle de retourner un jour là où est resté votre cœur? ».

Avec les Frères se trouvait aussi Monsieur John Porter, journaliste de « l'Observer » qui a fait preuve d'un dévouement infatigable pour susciter pendant toute la guerre les offrandes généreuses des Catholiques écossais.

Le samedi soir devait avoir lieu pour les Frères de la Maison Généralice une conférence-dialogue avec les missionnaires, que nous situons brièvement maintenant dans leur action charitable.

Frère Norbert, 13 ans de mission, après avoir été directeur du Collège « Immaculate Conception », était devenu responsable de 400 orphelins et avait à nourrir quelque 11.000 personnes.

Frère Lewis, 9 ans de mission, après avoir été directeur au « Sacré Cœur » d'Orlu, avait été chargé de la distribution des dépôts de Caritas, soit 200 à 300 tonnes chaque soir, le maximum ayant été atteint le 13 novembre avec 370 tonnes. Chaque jour 93 camions faisaient ce service et 600 personnes travaillaient au magasin général.

Frère Ignatius, 8 ans de mission, était chargé avec six Frères ibos du contrôle de l'aéroport d'Uli, où chaque nuit atterrissaient de 20 à 27 avions.

Frère Vincent, 7 ans de mission, était directeur du collège de Bamenda, au Cameroun, mais étant passé dans la zone biafraise 9 jours avant la guerre, il avait travaillé tout ce temps à l'aéroport.

Outre ces Frères, il se trouvait à la maison généralice trois autres Frères qui avaient vécu en Nigeria, soit récemment (FF. Ligabue et Walter), soit un peu plus anciennement (Fr. Juan Barrai).

Les explications et les échanges de vues devaient se révéler des plus intéressants et aussi nous: rassurer sur le sort des Frères ibos que leur visiteur, Frère Alban va voir et encourager partout où ils sont. Mais on comprendra que les missionnaires et ceux qui parlent d'eux aient à rester plutôt discrets lorsque nous sommes encore si proches des événements.

Le dimanche 8 février, à la messe des Jeunes de l'EUR avait lieu une concélébration de tous les Pères expulsés autour de Mgr. Trabalzini, vicaire général pour la zone de l’EUR. Les Frères et les Sœurs Missionnaires étaient aussi autour de l'autel. Devant une assemblée de quelque 500 personnes, Frère Ignatius dans un italien très correct, appris la veille au soir, remerciait de tout ce qui avait été fait pour soulager le peuple soumis à la torture de la faim.

Très judicieusement il faisait remarquer que les résultats d'un acte de charité peuvent paraître dérisoires par rapport aux besoins, mais que pourtant, en dehors même de toute perspective spirituelle, on peut se demander si tout ce qui a été fait à travers le monde pendant plus de deux ans pour soulager une population en détresse n'a pas indirectement sauvé à la fin de la guerre cette population d'un massacre que l'on redoutait et qui n'a pas eu lieu. D'autres pays, comme le Soudan, ont connu d'effrayants massacres sans presque que le monde en ait eu connaissance, et la guerre de Nigéria qui avait commencé par deux massacres très sanglants s'est terminée sans que rien de tel ne se soit produit. C'est sans doute cela la vraie prière qui n'est pas séparée de l'action: l'amour fraternel qui passe même d'une certaine façon avant l'amour filial: « Va d'abord te réconcilier avec ton frère »; les minuscules cinq pains qui nourrissent cinq mille hommes.

A midi, un repas réunissait Pères, Sœurs et Frères, Mgr Bayer, directeur de Caritas Internationalis ainsi que les membres du Conseil Général.

Le nouveau Frère Provincial (Brother Arthur) avait été lui aussi présent à toutes ces journées, fier de ses hommes, qui venaient de vivre une vie mariste assez différente de sa forme classique, mais d'une incontestable authenticité puisque toute donnée à la charité.

Le lundi 9, après une dernière messe concélébrée aux Catacombes, les missionnaires partaient vers leur pays natal: Irlande, Ecosse ou Angleterre.

Tout récemment, on parle d'une reprise des relations diplomatiques entre Nigéria et le Vatican. Est-ce à dire que le Gouvernement nigérian reviendra sur le problème des expulsions, ou d'autres missionnaires devront-ils remplacer ceux qui ne peuvent retourner, pour travailler avec les Frères ibos dont le district déjà bien constitué va peut-être devenir encore plus prospère en vocations? Tout ceci est le mystère de l'avenir, mais soyons prêts en tout cas, dans des délais beaucoup plus brefs, à aider encore financièrement les écoles du pays, lorsqu'elles pourront reprendre, car elles manquent actuellement de l'équipement le plus élémentaire.

Pour ne pas revenir trois fois dans le même Bulletin sur le problème du Biafra, nous ajoutons ici quelques lignes qui seraient mieux sous une autre rubrique.

Le 5 mars, les quatre Frères missionnaires étaient acclamés au City Hall de Glasgow par une assemblée de 800 personnes. Le Frère Vicaire Général venait dire à cette foule et aux autres familles qu'elle représentait, un cordial merci pour les 57.500 livres sterling collectées depuis deux ans auprès des lecteurs du « Scottish Observer », « Gigantesque opération de secours », « épopée », tels étaient les termes du journal, et on conviendra qu'ils n'étaient pas surfaits.

« Nous avons fait ce travail en votre nom » devait dire Frère Norbert. Le Frère Vicaire Général expliquait ensuite ce qu'avaient tâché de faire les Supérieurs pour aider ceux qui étaient dans le besoin et le Frère Provincial avait à juste titre un mot particulièrement cordial pour le « Scottish Observer » qu'il appelait « Marist Gazette ». « Aucune ingérence des Frères dans la politique, pouvait-il dire; ils n'ont été préoccupés que de charité ».

M. Mack Hardie, Président européen de la Fédération Mariste était maître des cérémonies, car cérémonie il y avait, le clou de la soirée étant l'orchestre Seamus O’ Sullivan, avec Anne Me Clusken comme cantatrice et les ballets des O’ Sullivan Irish dancers.

Les Glaswigiens avaient voulu accueillir dans l'enthousiasme ces Frères maristes qui sont comme l'expression d'eux-mêmes, car depuis plus de 100 ans ils se connaissent, et si Glasgow est parmi les grandes villes du monde celle qui a la plus forte pratique religieuse catholique, la présence des Frères n'y est pas tout à fait étrangère.

Plusieurs Frères ibos poursuivent actuellement leurs études en Grande-Bretagne ou en Irlande. L'un d'eux a pu dire aussi le merci de son peuple à la foule du City-Hall. Tout récemment deux Frères ibos qui ont terminé une licence en sciences sont passés à Rome, retournant en Nigeria pour prendre la direction des écoles secondaires (B.S. C. et I. C.) qu'on essaie de rouvrir.

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