Missions dAfrique

23/Oct/2010

Si de l'Océanie et de l'Asie nous passons en Afrique, nous trouvons là plusieurs missions florissantes et d'autres qui sont appelées à un brillant avenir.

Afrique du Sud. — C'est en 1867 que Son Excellence Mgr Grimley, Vicaire Apostolique de Cape Town, appela les Frères Maristes pour ouvrir la première école catholique de la ville. C'était notre première œuvre en Afrique. Mais cette contrée, où l'organisation de la hiérarchie vient d'être créée récemment, n'est plus un territoire de mission. D'ailleurs nos Frères formant une province ne reçoivent que les fils de Blancs dans leurs écoles. Pourtant, près de Johannesburg, à Orlando, deux Frères aidés de plusieurs instituteurs indigènes dirigent une école pour Noirs que fréquentent 350 élèves.

 

Congo. — Fondée par la province de Belgique en 1911, la mission du Congo est sans contredit la plus florissante de nos missions d'Afrique. Les Frères y sont une centaine, parmi lesquels 25 Frères Congolais. Ils dirigent des Écoles normales, industrielles, agricoles ; des écoles d'enseignement primaire et secondaire. Par la surveillance des écoles primaires confiées à leurs anciens élèves d'École normale, leur influence, s'étend sur des milliers d'élèves. Ils contribuent largement au développement de l'Église au Congo. Les premiers Frères Congolais, reçus depuis la fin de la guerre, viennent de faire profession perpétuelle. Ces Frères Congolais apporteront un précieux renfort aux œuvres de la mission. Les vocations s'annoncent nombreuses, mais la formation est longue, car on exige des jeunes Frères Congolais à peu près les mêmes études qu'en Belgique pour obtenir le droit d'enseigner.

 

Madagascar. — Sa fondation remonte à 1911. Bien que prometteuse, cette mission de Madagascar a un rythme de développement assez lent, en raison surtout de l'insuffisance des renforts. Son recrutement s'étant un peu accéléré, elle pourra peut-être avant longtemps accepter de nouvelles écoles. Le personnel, composé de 45 Frères dont un peu plus de la moitié de Malgaches, dirige trois écoles dans la région d'Antsirabe et une à Diego-Suarez à l'extrémité septentrionale de l'île.

 

Rhodésie et Nyassa. — Ces deux missions ont été fondées par les provinces canadiennes, la première en 1939 et la seconde en 1946. Elles comprennent des écoles normales, des écoles secondaires et une école industrielle. Par leurs anciens élèves devenus instituteurs, ces deux missions ont un rayonnement considérable. La population catholique de ces contrées n'étant que de 5 à 10 %, et de date assez récente, il s'ensuit que les vocations sont encore peu nombreuses. Néanmoins, il y a cinq Frères indigènes dans ces deux secteurs. On s'étend d'ailleurs suffisamment sur ces missions dans ce même numéro.

 

Mozambique et Angola. — Ce sont les Frères de la province du Brésil Méridional qui ont entrepris, en 1949, la fondation d'un premier établissement au Mozambique. Ils dirigent actuellement deux lycées pour les Blancs à Beira et à Lourenço-Marques et une école normale pour la formation de maîtres et de catéchistes Noirs vient de leur être confiée à Alto Molocué au Mozambique. Dans l'Angola, trois Frères ont ouvert leur premier établissement en 1954.

 

Nigeria. — En 1949, une école d'enseignement secondaire pour indigènes était confiée à nos Frères de la province de Grande-Bretagne et Irlande à Orlu, Vicariat Apostolique d'Owerri, au Nigeria. Une seconde école secondaire vient d'être ouverte à Enugu et plusieurs autres nous sont offertes. Un Frère Provincial d'une province de 350 Frères pourrait y placer immédiatement tous ses Frères, tant est grande la soif des Noirs pour s'instruire et petit le nombre actuel des établissements secondaires.

 

Algérie et Maroc — Faut-il appeler missions les écoles que les provinces du Sud-Ouest et de Bética dirigent en Algérie et au Maroc, surtout pour les fils d'Européens ? En tout cas, elles sont en terre d'Afrique. A Alger, nous avons deux écoles dans lesquelles cinq Frères, aidés de plusieurs auxiliaires civils, font la classe à 680 élèves. A Larache, Maroc Espagnol, dix Frères de la province de Bética tiennent une école fréquentée par 250 élèves.

 

Colombie. — Pour être complet, il faudrait encore mentionner deux écoles pour Indiens que nos Frères de Colombie ont prises en charge dans leur propre pays. En effet, à Sibundoy et à Santiago, dans le Putumayo, région habitée par les Indiens, sept Frères enseignent à près de 500 élèves.

Ainsi l'esprit missionnaire créé dans l'Institut des Petits Frères de Marie aux jours lointains du Bienheureux Champagnat est actuellement plus vif que jamais. Nombreux sont les Frères, dans toutes les provinces, qui voudraient aller se dévouer en mission, mais comme à leur Fondateur, il arrive que leurs Supérieurs leur répondent : «Vous faites plus de bien en travaillant dans votre province qu'en allant en mission… » Même s'ils n'en sont pas toujours convaincus, ces aspirants missionnaires peuvent et doivent s'en dédommager en priant et en se sacrifiant personnellement pour les missions, et en cultivant dans leur classe l'esprit missionnaire.

Alors, ils sont bien dans les dispositions que demandait leur Fondateur en s'adressant à ses fils de l'Hermitage après le départ du premier groupe de Frères pour l'Océanie : « Gardez-vous de croire que cette tâche n'est que pour ceux qui ont eu le bonheur d'être choisis pour aller dans ces pays lointains : c'est l'œuvre de tous les membres de l'Institut. S'il ne nous est pas donné d'y consacrer nos travaux et nos forces, nous n'en sommes que plus obligés d'y contribuer par nos prières et nos bons exemples. Que chacun de nous se regarde donc comme chargé de la conversion de ces peuples et qu'il la demande sans cesse à Dieu dans ses prières. Si nous sommes de bons religieux, si nous nous tenons bien unis à Notre-Seigneur, si nous lui disons souvent, avec une grande ferveur et une grande confiance, QUE VOTRE NOM SOIT SANCTIFIÉ, il nous accordera le salut d'un grand nombre d'infidèles. Peut-être verrons-nous au jour du jugement plusieurs Frères des plus pieux, avoir contribué davantage à la conversion de ces peuples et avoir gagné plus d'âmes à Dieu que ceux qui auront été spécialement choisis pour cette mission. »

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