Noces dargent du Frère Valentin, à Mouscron

11/Sep/2010

Dimanche dernier, 7 septembre, s'est déroulée à Mouscron une bien touchante cérémonie en l'honneur du cher frère Valentin, dans le monde V. Marescaux qui depuis 25 ans dirige avec tant de zèle et de talent l'Ecole libre de celle ville.

C'est en effet, en septembre 1888, que le vénéré jubilaire accompagné de 5 collègues, arriva chez nous, prendre possession de l'importante école de Saint Joseph.

Né à Linselles, le 6 Juin 1856, le révérend Frère avait alors 32 ans. D'un abord facile, extrêmement affable, doué d'une ardeur infatigable, d'un dévouement sans bornes à l'éducation et à l'instruction des enfants, et par surcroît très compatissant pour les plus humbles, le cher frère Valentin, sut gagner rapidement la sympathie et l'estime de tous les Mouscronnois.

On peut dire que la population entière avait eu à cœur de s'unir aux anciens élèves, pour fêter son "Frère Directeur’’.

Mouscron a bien fait les choses ! et cette solennité marquera non seulement dans les annales de l'Ecole, mais encore dans le souvenir de tous les habitants de la belle cité Mouscronnoise.

Dès 10 heures, une première réunion, en plein air a eu lieu dans la vaste cour du patronage. Il fallait bien rester en plein air pour que tous les anciens, qui se comptent par milliers puissent voir et entendre.

Il s'agissait de présenter les vœux de ce magnifique groupement au vénéré jubilaire et de lui offrir le souvenir de circonstance constitué par un superbe Christ et par un portrait artistique dit au pinceau de Melle Lemoigne, de Mouscron. C'est ce qu'a fait en termes excellents le distingué M. P. Leloup, président du comité d'organisation. — Le cher frère Valentin, très ému, a répondu à ces souhaits par quelques paroles inspirées par la grande affection qu'il a toujours eue pour ses chers anciens, puis il leur a proposé de s'unir en une Association bien constituée, qui leur permettrait de se retrouver périodiquement, de faire revivre leurs amitiés et même de s'aider au besoin.

A son appel, tout le monde a donné par acclamation son adhésion au dit groupement, qui dès maintenant promet d'être un des plus nombreux et des mieux constitués qui existent.

Au programme était inscrite une messe d'action de grâce qui devait être chantée à 11 heures. — Le: anciens avaient décidé de conduire leur directeur à cette cérémonie en grand apparat. — Ils avaient invité la population à pavoiser sur le passage du cortège, de sorte qu'il s'est déroulé à l'ombre des drapeaux et au milieu d'une double haie de figures sympathiques qui se plaisaient à saluer et à applaudir au passage.

En tête, la puissante "Harmonie Royale’’ ouvrait la marche par des "pas redoublés’’ enlevants. Puis venaient les élèves actuels de l'Ecole, munis chacun d'un minuscule drapeau national produisant le plus bel effet. — Ensuite, la longue phalange des anciens, puis le Jubilaire, conduit dans un superbe landau, où avaient pris place à ses côtés le Provincial des Maristes. M. l'Inspecteur et le Président du comité d'organisation.

A l'église, la messe a été chantée par les élèves de l'école avec un réel talent et la cérémonie s'est clôturée par un impressionnant ‘’Te Deum’’.

Le retour s'est effectue par des rues différentes de celles suivies à l'aller. Comme les premières, elles avaient tenu à déployer une remarquable splendeur de décoration.

Cette première partie de la fête a été particulièrement imposante, c'est un réel triomphe qu'on a voulu faire au cher directeur, qui dans sa modestie s'est appliqué à en rejeter tout l'éclat sur sa communauté et sur l'enseignement catholique auquel on se plaisait à rendre hommage en sa personne.

A 1 heure un banquet, magnifiquement organisé réunissait plus de 200 convives dans la vaste salle du patronage.

A la table d'honneur, le héros de la fête, entouré du Révérend M. Hollebecq, curé de la paroisse, de M. le Député Goethals. de Messieurs les Échevins, de Conseillers communaux, de Messieurs les Inspecteurs, du Révérend Monsieur Dierick, curé de Bisseghem, fondateur et ancien directeur de l'Ecole, du provincial des Frères Maristes et d'autres notabilités civiles et religieuses.

Le dîner fut très bien servi et la plus franche gaîté ne cessa de régner durant tout le repas.

L'heure du toast étant venue, le Révérend M. Hollebecq, curé de la paroisse, prit le premier la parole pour féliciter le vénéré Jubilaire et dire tout le bien que son école fait dans la ville.

C'est, dit-il, l'œuvre paroissiale par excellence, celle dont les résultats sont les plus manifestes et les plus heureux. Puisse-telle avoir longtemps encore à sa tète celui qui a présidé durant de si nombreuses années à ses destinées.

A son tour, le vénérable M. Dierick raconte comment il fut amené, il y a 25 ans, à appeler les frères à la direction de l'Ecole, quelles difficultés il rencontra, puis il se félicite de son geste, dont les résultats ont été si heureux,

M. Hallaert, inspecteur se plaît à faire ressortir en un langage plein de distinction toute l'importance d'une bonne éducation pour la conduite de la vie. Il dit que c'est grâce à ses excellentes écoles que la Belgique occupe son rang avantageux et que c'est auprès des maitres chrétiens que se puisent les principes de foi, de noblesse et d'énergie qui font sa grandeur actuelle.

C'est aux applaudissements de toute l'assemblée que le cher Jubilaire prend ensuite la parole pour remercier, d'une manière toute empreinte d'émotion, les organisateurs de cette incomparable solennité.

Il dit combien il est touché par ces démonstrations qu'inspire un affectueux attachement. Il s'en réjouit, parce qu'elles sont de bon augure pour le développement et la prospérité de l'œuvre à laquelle il a voué la meilleure partie de son existence. « Je ne suis plus que l'ombre de moi-même » dit-il. « Mes forces trahissent déjà les efforts de ma volonté et cependant je me réjouis en pensant que notre Ecole est entourée de puissants patronages et de sympathies qui lui assurent le plus bel avenir ». Il remercie ensuite ses convives d'avoir accepté son invitation en énumérant fort aimablement les titres des uns et des autres à sa gratitude et â sa considération.

Il a un souvenir touchant pour quelques absents, tels que M. De Hulster, ancien curé, qui a tant fait pour la Maison, M. le Bourgmestre dont la bienveillance éclate en toutes circonstances, M. Clarisse, le vénérable octogénaire, dont la bonté et la charité sont si connues à Mouscron; tous trois retenus par une santé chancelante. Il termine avec des accents particulièrement affectueux à l'adresse de quelques amis intimes et de quelques membres de sa famille.

Pour clore la série des toasts, qui ont été entrecoupés des plus chaleureux applaudissements et de vivats retentissants, M. Goethals, député, prend la parole. Il parle de la nécessité de donner à la classe ouvrière des convictions solides qui sont l'unique moyen de créer des citoyens vertueux, capables d'assurer la grandeur du pays.

Avec une éloquence rare, il porte enfin la santé du Roi et de toute la famille royale.

C'est aux accents de l'hymne national que les verres se lèvent alors en l'honneur de Leurs Majestés.

La fête se continue ensuite avec une grande cordialité et l'on se sépare au milieu d'un enthousiasme débordant, après s'être promis tous de travailler au développement de la nouvelle association.

L'on nous apprend que ces vaillants "anciens’’ ne comptent pas trainer à la besogne, puisqu'une nouvelle réunion est déjà décidée.

"La Frontière’’ est heureuse de présenter ses meilleurs vœux de longue vie à la nouvelle association, qui est, sans aucun doute, appelée à rendre les plus grands services à ses membres.

(D'après La Frontière Flamande).

RETOUR

Grugliasco - Honorables visites...

SUIVANT

Anciens élèves a Lowell...