Noces dOr à Shang-Haï

10/Oct/2010

Noces d'Or du C. F. Marie-Julien. — Pour ne pas répéter ce qui vient d'être dit, car toutes les Noces d'Or ont des parties communes, on se bornera ici à un extrait de la réponse du Jubilaire aux souhaits, chants et. poésies qui célébrèrent à l'envi l'heureux événement.

« Je vous avouerai tout d'abord bien candidement que j'ai désiré l'arrivée de ce jour, non pas certes, en vue de quelques compliments, mais pour avoir une si belle occasion de faire une magnifique récolte de ferventes prières à mes intentions.

Espérant vous exciter à m'aider à remercier Dieu pour l'insigne bienfait de la vocation religieuse, je voudrais, en implorant votre patience, vous raconter ici l'origine de la mienne.

A peine âgé de 4 ans, je fus privé de mère et, en 1870, admis dans un orphelinat de garçons, tenu par les Filles de la Charité. C'était dix mères pour une que le bon Dieu me donnait. Elles devaient être les premières à m'apprendre à connaître, à aimer le bon Dieu et à honorer notre bonne Mère du Ciel. La plupart d'entre vous savent que cet orphelinat est situé à Oullins, non loin de St Genis Laval, et, par suite, de notre Maison-Mère.

Or, chaque année, durant le mois de mai, les Novices de St. Genis venaient rendre visite à l'Orphelinat d'Oullins. Devant la façade de l'Etablissement, au milieu d'un parterre en pleine floraison, s'élève la statue de Marie. Là, d'un côté les Novices, et, de l'autre, les Orphelins, on alternait les strophes de l'Ave Maris Stella et, pendant le chant, les bonnes Sœurs, faisant face à cette statue, demandaient à Marie, je le sus plus tard, de se choisir des Petits Frères parmi nous.

En 1879, le lendemain de cette visite traditionnelle, une des Sœurs y fit allusion et nous demanda si l'Orphelinat ne fournirait pas bientôt son premier Frère Mariste. Il avait donné des Pères et des Frères Lazaristes, des Dominicains, des prêtres séculiers, pourquoi ne donnerait-il pas des Frères Maristes? « Qui sera le premier? » conclut la Sœur. «Moi! » répondis-je aussitôt. La Sœur Supérieure informée, me fait appeler et je lui confirme mon désir. Elle m'encourage à bien réfléchir, à bien prier jusqu'aux vacances. Dans le courant de Juillet suivant, voyant que mon désir se maintenait, elle me conduisit à St. Genis. Nous voyons le C. F. Abel, Maître des Novices, et mon entrée est fixée au 15 Août suivant. J'aurais donc dû prendre l'habit deux ans plus tard, à l'âge de 15 ans et mes Noces d'Or auraient eu lieu en 1931. Mais je n'entrai au Noviciat qu'en 1885. Que s'était-il donc passé? »

Sur les instances de l'Aumônier, l'enfant avait été aiguillé ailleurs. L'histoire est trop longue pour la raconter ici. Mais, comme probablement la sainte Vierge avait ses idées, le petit homme, cinq ans après, arriva tout de même au bercail qui l'attendait. »

Et le bon Frère Marie-Julien de chanter, de sa voix fluette, toujours jeune, agrémentée de ses yeux pétillants de malice, sur l'air : Combien j'ai douce souvenance, une longue romance en l'honneur des saintes Filles de la Charité et de l'Orphelinat d'Oullins, où il trouva sa vocation. En voici le dernier couplet.

Et Toi, Marie, ô tendre Mère,

Soutiens toujours ton petit Frère;

Daigne agréer, en un retour

sincère,

L'assurance de mon amour,

Toujours!

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