Nos Archives – Aperçu sur les Chapitres Généraux (1839-1946) – Suite

F. J.-V.

25/Oct/2010

SEPTIÈME CHAPITRE GÉNÉRAL

 

(mars 1880) Saint-Genis-Laval.

Election du Rév. F. Nestor au Généralat

et des CC. FF. Gérant et Nicet comme Assistants.

Démission du C. F. Avit, A. G.

 

Le 9 décembre 1879, les CC. FF. Assistants adressaient à tous les Frères de l'Institut la lettre de faire-part du décès du R. F. Louis-Marie. Dans la lettre-circulaire du 13 décembre, ils donnaient des détails sur la mort et les obsèques du très regretté Supérieur Général1.

La circulaire ordonnant des élections pour le Chapitre Général signée par le C. F. Théophane, premier Assistant, porte la date du 14 janvier 18802 et donne la liste des Frères stables et le nombre de députés à élire dans chaque Province, savoir : 7 dans celle de Saint-Genis, 6 dans celle de l'Hermitage, 7 à Saint-Paul, 4 à Aubenas, 5 au Nord, 4 au Bourbonnais, 2 à la Province des Iles et 1 dans l'Ouest. Le Chapitre allait donc compter 47 membres, y compris le Rév. F. François qui en faisait partie de droit, les 8 Assistants, le F. Procureur et le F. Secrétaire3.

La convocation dudit Chapitre fut ajournée au 7 mars, pour donner au député venant de l'Océanie le temps d'arriver. Les élections avaient été ordonnées, dans ces pays lointains, par un télégramme qui avait coûté 162 fr. 60 pour 13 mots. Un peu défiguré en route, ce télégramme fut cependant suffisamment compris. On réclama pourtant contre cette inexactitude et l'administration remboursa le montant dudit télégramme, un an après.

Le F. John, député de l'Océanie, arriva à l'instant où les autres entraient dans la salle capitulaire, située au premier du pavillon nord-est. Après les cérémonies d'usage et la retraite réglementaire de trois jours, les capitulants procédèrent à l'élection du nouveau Supérieur Général. Le C. F. Nestor, Assistant de la Province de Saint-Paul, fut élu au premier tour, à une assez forte majorité, et intronisé selon les Constitutions.

« Ayant fait de mûres réflexions — écrit ici le C. F. Avit en parlant de lui-même — et ne voulant pas conserver la grave responsabilité de toute une Province, avec une vue qui nous rendait les correspondances écrites à peu près impossibles, nous donnâmes notre démission le 12. Le C. F. Gérald fut élu pour nous remplacer4. »

Le C. F. Nicet, alors Directeur du Pensionnat de Neuville, fut élu pour succéder au Rév. F. Nestor dans la Province de Saint-Paul-Trois-Châteaux. Son assistance fut de courte durée, Dieu l'ayant appelé à lui le 23 juillet de cette même année5.

Le 12 mars 1880, alors fête du Très Précieux Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ, les Membres du Chapitre Général adressèrent à tous les Frères de l'Institut une lettre annonçant l'élection du R. F. Nestor et de deux nouveaux Assistants. On y lisait ensuite :

« C'est sur les instances du C. F. Avit. motivées par des raisons de santé connues de tous, que le Chapitre Général s'est vu obligé de donner un successeur à ce digne Assistant, dont le Régime aimera toujours à prendre les avis et les conseils6. »

Et après avoir exhorté tous les Frères à alléger, par leur docilité, leur bon esprit et l'accomplissement de nos saintes Règles, le lourd fardeau qui venait d'être imposé à l'Elu du Seigneur, les Capitulants de 1880 terminent leur lettre collective par ces paroles touchantes :

« Nous ne pouvons terminer cette lettre, N. T. C. F., sans vous exprimer la joie et la consolation que nous avons éprouvées de posséder, tout providentiellement, en assez bonne santé, au milieu de nous, notre Très Révérend Frère François, premier Supérieur Général, élu du vivant même du Rév. P. Champagnat, notre pieux Fondateur. Sa présence, en cette circonstance si solennelle, a été un puissant encouragement pour tous; et c'est avec bonheur que chacun a pu contempler sa personne vénérée, les vertus d'humilité, de simplicité et de modestie qui caractérisent le vrai Petit Frère de Marie. Puissions-nous imiter ses exemples, et correspondre ainsi, selon ses désirs, à la sainteté de notre belle vocation7. »

 

 

HUITIÈME CHAPITRE GÉNÉRAL

(22-30 avril 1883)

Saint-Genis-Laval. Election du Rév. F. Théophane, Supérieur Général et des CC. FF. Adon et Stratonique, Assistants.

Le Rév. F. Nestor, par sa circulaire du 26 décembre 18828, avait convoqué un Chapitre Général, pour la réélection des Frères Assistants, selon les Constitutions approuvées par le Saint-Siège. Il n'avait pas même soupçonné qu'il convoquait lui-même ceux qui allaient être forcés de lui donner un successeur. L'homme propose et Dieu dispose9. Le Rév. F. Nestor mourait à Saint-Genis-Laval, trois mois après, le 9 avril 1883.

Le C. F. Théophane, Vicaire, fixa l'ouverture dudit Chapitre au 22 avril, présida la retraite de trois jours devant précéder l'élection d'un nouveau Général, et appuya ses instructions sur la nécessité de faire un bon choix. On put même remarquer certaines expressions tendant adroitement à écarter les suffrages de sa personne. Néanmoins, il fut élu au premier tour.

Son élection se fit le 25 et celle des Assistants, le 26. Les Capitulants adressèrent ensuite une lettre collective à tous les Frères. Après avoir fait un chaleureux éloge du Rév. F. Nestor, si rapidement enlevé à l'affection de ses Frères, la lettre parle en ces termes des nouvelles élections :

« Les votes du Chapitre se sont portés sur le C. F. Théophane, premier Assistant et, à ce titre, associé depuis vingt-trois ans à l’administration de l'Institut. Ses éminentes vertus et sa longue expérience des affaires, la direction sage et éclairée qu'il a constamment donnée à ses Frères, le désignaient à nos suffrages. Aussi, son élection a-t-elle été accueillie avec une vive satisfaction dans la Maison-Mère, comme par chacun de nous10.

« Les élections des Frères Assistants n'ont pas été moins-heureuses, ni moins bien accueillies que celle du Rév. F. Supérieur. Elles nous donnent pour Assistants: F. Philogone. F. Euthyme, F. Procope, F. Norbert, F. Gérald, F. Bérillus. F. Adon, F. Stratonique.

« Comme vous le voyez, ces Frères vous sont bien connus; les six premiers étaient déjà en exercice et les deux nouveaux dirigeaient des maisons importantes, le F. Adon, notre Maison Provinciale de Saint-Paul-Trois-Châteaux, et le F. Stratonique, le Pensionnat de Valbenoîte-Saint-Etienne. »

Parmi les Assistants, les six réélus gardèrent les mêmes fonctions. Le nouveau Révérend confia la Province de Saint-Genis au C. F. Adon, et celle de l'Hermitage, pour lui succéder, au C. F. Stratonique11.

Le Chapitre, ouvert le 22 avril, se termina le 30 du même mois. A la suite des élections du Supérieur et de ses Assistants, il s'était occupé de divers points intéressant la Congrégation, notamment :

1° Le temporel. Le Chapitre a été particulièrement frappé de la diminution très considérable des charges de l'Institut, pendant ces trois dernières années, et il s'est fait un devoir d'en attribuer le principal mérite à la sollicitude du très regretté F. Nestor et au bon esprit des Frères Directeurs et des Frères Economes.

2° La direction des Maisons Provinciales, reconnue incompatible avec la charge de Frère Vicaire Provincial.

Chaque Maison Provinciale sera dirigée par un Frère Directeur spécial, selon les Règles et les Constitutions.

3° La dévotion au Sacré-Cœur. Dans sa séance du 29 avril, le Chapitre, à raison des besoins présents de l'Institut et de l'Eglise, a voté par acclamation la consécration solennelle de l'Institut au Sacré-Cœur de Jésus. Cette consécration a été faite à la Maison-Mère le soir du même jour, par le Chapitre Général, avant la bénédiction du Très Saint-Sacrement.

Le Chapitre a admis aussi la communion du premier vendredi de chaque mois, jour consacré spécialement au Cœur de Jésus, comme communion de dévotion.

L’enseignement chrétien. L'importante question de l'enseignement religieux et moral, dans les écoles publiques12, a attiré l'attention du Chapitre qui recommande instamment à tous les Frères, employés dans ces écoles, de se conformer aux instructions données à ce sujet dans les Circulaires des 8 juin et 26 décembre 1882, tout en observant les règles de prudence, pour ne pas se mettre en opposition directe avec la loi.

L'expression « Monsieur ». Le Chapitre a cru devoir renouveler la décision prise en 1876, par laquelle il est interdit aux Frères de se laisser appeler Monsieur par leurs élèves13.

 

 

NEUVIÈME CHAPITRE GÉNÉRAL

(19-26 avril 1893) – Saint-Genis-Laval.

Démission du C. F. Euthyme, Assistant. Election du C. F. Climaque à cette charge.

Dans sa circulaire du 19 février 189314, le R. F. Théophane annonçait la réunion du Chapitre Général, pour l'élection des Frères Assistants, à la Maison-Mère, selon les prescriptions des Constitutions (chap. IV, 1ière section).

Le nombre des députés à élire, proportionnellement au nombre de Frères profès dans chaque Province, était fixé à 38, dont 7 à Saint-Genis-Laval, 6 à l’Hermitage, 6 à Saint-Paul-Trois-Châteaux, 5 à Aubenas, 4 au Bourbonnais, 5 au Nord, 1 à l'Ouest, 1 à la section des Iles Britanniques, 1 à l'Océanie, 1 à la section du Canada et des Etats-Unis, 1 à la section d'Espagne et de Colombie.

Les Capitulants, appelés par la lettre d'obédience de la Commission de dépouillement des bulletins de vote, se réunirent à Saint-Genis-Laval le 18 avril et les séances eurent lieu à partir du 19 jusqu'au 26, inclusivement.

Le rapport présenté aux Capitulants par le Président indiquait que malgré la laïcisation des écoles publiques, dirigées par nos Frères en France, des écoles libres avaient été ouvertes et les Frères conservés à leurs postes, par le zèle du clergé et la générosité des fidèles. Bien plus, dans les dix dernières années, 129 écoles nouvelles avaient été fondées, tant en France qu'à l'étranger, l'Institut ayant augmenté de 2.200 sujets pendant la même période qui avait vu quatre nouvelles Maisons Provinciales construites, plusieurs Juvénats établis et nos principaux Pensionnats agrandis.

Le Rév. F. Supérieur ayant fait part au Chapitre du désir du C. F. Euthyme, Assistant du Contentieux, de n'être plus l'objet d'une élection, à raison de sa faible santé, le Chapitre a accepté cette démission, conservant au démissionnaire le titre d'Assistant honoraire et membre du Conseil, selon le vœu exprimé par le Révérend Frère.

Les autres anciens Assistants, FF. Philogone, Procope, Norbert, Gérald, Bérillus, Adon et Stratonique furent réélus, et un huitième fut nommé : le C. F. Climaque, chargé de la Province de Beaucamps où il remplaçait le C. F. Norbert, nommé Assistant de Varennes où il succédait au C. F. Gérald, nommé Assistant du Contentieux15.

Le R. F. Théophane, nommé en 1883, à vie, suivant les Constitutions provisoires d'alors, profita cependant du Chapitre Général de 1893 pour donner sa démission d'une charge qu'il trouvait au-dessus de ses forces.

Ayant expliqué, à la première séance, les raisons qui le poussaient à cette décision prise dans la prière, en face de Dieu et de l'éternité, il tendit à son premier Assistant, après l'avoir lue, une feuille écrite et signée de sa main qui contenait sa démission. Puis, se levant, il annonça que pour laisser toute liberté de délibération aux Capitulants, il allait sortir de la salle du Chapitre pendant cette séance. Sur ce, il se dirigea vers la porte.

Tous les Capitulants, surpris de cette communication inattendue, se lèvent alors et plusieurs se précipitent vers la porte pour en barrer le passage. Les supplications se pressent, les protestations respectueuses mais fermes se font entendre, plusieurs Frères émus y joignent leurs larmes. On le prend par le bras et on le ramène comme de force vers l'estrade où, finalement, il remonte après s'en être bien défendu.

Sur la demande du vénéré Supérieur s'il s'agissait d'un témoignage de déférence ou d'un ordre, les capitulants s'écrièrent d'une voix unanime que c'était bien un ordre, et le pauvre Supérieur se jeta alors à genoux devant les capitulants plus émus qu'on ne saurait le dire et se releva après une courte et fervente prière qu'on le vit murmurer tout bas16.

Parmi les vœux et arrêtés de ce neuvième Chapitre Général, signalons :

— La récitation journalière du chapelet qui doit se continuer dans toutes nos Ecoles et Pensionnats aux heures fixées par nos Règles.

— La célébration solennelle de la fête du Sacré-Cœur dans les Noviciats et Juvénats de la Congrégation.

— Les attributions des Frères Provinciaux.

— La séparation des Scolastiques, dans les maisons provinciales, d'avec la Communauté, autant que possible, au dortoir et en récréation.

— Une attention spéciale sur les soins à donner aux Frères anciens ou infirmes.

— L'interdiction, dans nos écoles, de l'enseignement du latin par les membres de l'Institut, selon qu'il a été réglé par le Fondateur17.

 

 

DIXIÈME CHAPITRE GÉNÉRAL

avril 1903 – Saint-Genis-Laval.

Réélection des Supérieurs en charge.

Adoption des nouvelles Constitutions.

(On aura remarqué que, conformément aux Constitutions approuvées à titre d'essai par le Saint-Siège en 1863, le Chapitre Général s'était réuni régulièrement tous les dix ans : 1873, 1883, 189318. Il devait donc se réunir de nouveau en 1903, d'autant plus que les lois de proscription contre les religieux en France, déjà votées par le Parlement et sur le point d'être appliquées, l'adoption et les modalités d'application des nouvelles Constitutions qui allaient être approuvées définitivement par Rome, rendaient encore plus urgente la réunion d'un nouveau Chapitre Général.

C'est ce que soulignait le Rév. F. Théophane, le 20 octobre 1902, dans sa circulaire de convocation du Chapitre19, sans toutefois faire allusion aux graves événements politiques de l'heure.

La réunion était fixée au 20 avril 1903, à Saint-Genis-Laval et les Frères Capitulants à élire étaient ainsi répartis :

7 pour la Province de Saint-Genis-Laval, y compris la Turquie, la Chine et l'établissement d'Aden (Arabie) ;

6 pour la Province de l’Hermitage ;

2 pour la Section du Canada et des Etats-Unis ;

6 pour la Province de Saint-Paul-Trois-Châteaux, y compris les Seychelles et l'Italie ;

2 pour la Section d'Espagne ;

1 pour la Section de la Colombie et du Mexique ;

5 pour la Province d'Aubenas, y compris la Nouvelle-Calédonie et l'Algérie ;

3 pour la Province du Nord ;

1 pour la Section de la Belgique, y compris le Danemark et le district méridional du Brésil ;

3 pour la Province du Bourbonnais, y compris les établissements d'Orient dépendant de cette Province ;

2 pour la Section de l'Ouest, y compris le district central du Brésil ;

2 pour la Province des Iles, savoir :

1 pour la Section des Iles Britanniques et de l'Afrique Méridionale, et l'autre, pour la Section de l'Océanie.

Au total 40 députés qui, avec le Rév. F. Supérieur Général et ses huit Assistants, le Frère Procureur (ou Econome) Général et le Frère Secrétaire Général portaient à 51 le chiffre des Capitulants qui allaient se réunir à Saint-Genis-Laval, au milieu des préparatifs d'exil.

Le 20 avril, à l'issue de la Messe de Communauté à laquelle les Membres du Chapitre firent la sainte Communion, et après le chant du Veni Creator, les Capitulants, le clergé et la communauté se rendirent processionnellement, en chantant les litanies de la Sainte Vierge, dans la salle capitulaire où l'officiant donna la bénédiction avec une relique de la vraie Croix.

Après la vérification des pouvoirs, le Rév. F. Supérieur Général, président du Chapitre, entretint les Capitulants du but principal de la réunion capitulaire, à savoir : l'élection des officiers généraux de l'Institut et l'examen des Constitutions dont on sollicitait l'approbation du Saint-Siège.

Le 22 avril, après une retraite de deux jours, la Chapitre, dans une première séance, procéda à l'élection du Frère Supérieur Général20.

Comme il l’avait fait dix ans plus tôt, le Rév. F. Théophane exprima son vif désir d'être déchargé de la Supériorité. La situation était trop grave pour qu'il pût espérer que le Chapitre Général consentit à changer le pilote du navire en pleine tempête. Il demanda pourtant et obtint qu'il serait soumis à une réélection. Bien qu'ayant été nommé à vie, il prenait acte de ce que les Constitutions en voie d'approbation contenaient désormais la clause que la nomination du Supérieur Général était faite pour une période de douze ans. L'assemblée capitulaire ayant voté son maintien dans l'exercice de ses fonctions, il fit ensuite demander à Rome la confirmation de ce qu'il considérait comme une réélection. La réponse fut qu'ayant été nommé à vie, il n'avait pas besoin d'être réélu et, par suite, que le vote était nul et l'approbation inutile21.

Le même jour, 22 avril, dans une seconde séance, le Chapitre Général procédait à l'élection des Assistants dont le nombre restait fixé à 8. Les huit tours de scrutin eurent pour résultat la réélection des Assistants déjà en charge, dans l'ordre suivant : CC. FF. Adon (Saint-Genis-Laval), Gérald (Contentieux), Bérillus (Saint-Paul-Trois-Châteaux et Espagne), Stratonique (Notre-Dame de l’Hermitage, Canada et Etats-Unis), Climaque (Nord), Liboire (Aubenas), Augustalis (Varennes-Lacabane) et John (Iles).

Dans la même séance furent élus à la majorité des voix :

Econome Général (dénomination substituée à celle de Procureur Général) : le Cher Frère Césaire, maintenu dans l'exercice de cette charge ;

Secrétaire Général: le Cher Frère Pierre-Joseph, qui exerçait ces mêmes fonctions depuis 1893, ayant succédé au C. F. Eubert, décédé22.

Après les élections, le Chapitre s'est occupé de diverses questions concernant l'Institut, notamment son développement, son état matériel et financier, la discipline religieuse, les œuvres et les Constitutions.

Ce dernier point représentait le principal objectif des travaux du dixième Chapitre Général. Quarante ans s'étaient écoulés depuis que, par décret du 9 janvier 1863, Sa Sainteté le Pape Pie IX avait approuvé et confirmé, comme Congrégation de vœux simples, l'Institut des Petits Frères de Marie, et que le même décret avait approuvé, par manière d'essai (per modum experimenti), les Constitutions dudit Institut rédigées en 69 articles. Le temps était venu pour nous de sortir du provisoire et de solliciter du Saint-Siège une approbation définitive.

A cette fin, un nouveau corps de Constitutions qui n'était, au fond, que le développement, avec quelques modifications, de celui de 1863, fut présenté à la Sacrée Congrégation des Evêques et Réguliers. Des Cardinaux, Archevêques et Evêques, au nombre de 102, s'étaient joints à nous pour solliciter du Saint-Siège, en des termes pleins de bienveillance, une approbation définitive.

Après un examen approfondi et les modifications apportées à quelques passages du texte de ces nouvelles Constitutions, le Chapitre les adopta et, un mois après, le 27 mai, S. S. Léon XIII leur conférait l'approbation définitive23.

*
*    *

Le dixième Chapitre Général (le huitième tenu à Saint-Genis-Laval) marque un tournant dans l'histoire de notre Institut.

Du fait des événements survenus en France, en cette année 1903, la Congrégation, désormais aux prises avec d'énormes difficultés dans le pays qui l'avait vue naître et se développer de façon si prodigieuse, allait prendre un nouvel essor, base d'une prospérité insoupçonnée, par la fondation successive d'établissements dans de nombreux pays du globe, donnant ainsi à notre famille religieuse un caractère universel.

F. J.-V.

(A suivre.)

_________________

1 (1) Circulaires, vol. VI, 193-201.

2 (2) Id., p. 202-208.

3 (3) Pour les trois Chapitres Généraux antérieurs, le chiffre des capitulants élus avait été fixé à 33, d'après les Constitutions. Ici ils seront 36 (Cf. Circulaires, V, 380, art. 5 et VI, 208).

4 (4) Le C. F. Avit resta attaché au Secrétariat Général et devint le Chroniqueur de l'Institut jusqu'à sa mort survenue à Saint-Genis-Laval le 7 février 1892, à l'âge de 72 ans, dont 54 de communauté.

5 (5) Cf. Chronologie Mariste, Circ, XIII, 472-473.

6 (6) Fr. Avit, Annales, cahier 7, p. 749-753.

7 (7) Circulaire», VI, 209-211.

8 (8) Circulaires, VII, 71-75.

9 (9) Fr. Avit, Annales, cahier 7, p. 784.

10 (10) Le vote des Frères capitulants avait été presque unanime. Le Fr. Théophane avait recueilli 39 voix sur 45 votants.

Les Frères Assistants avaient aussi recueilli pour leur réélection une majorité non moins imposante. (.Xos Supérieurs, p. 244.)

11 Fr. Avit, Annales, cahier 7, p. 784-785.

12 Que nos Frères dirigeaient alors dans plusieurs communes de France.

13 Circulaires, VII, p. 136-138.

14 Id., VIII, p. 286 et ss.

15 Circulaires, VIII, 298-299, et Chronologie Mariste (1893).

16 Nos Supérieurs: Le Rév. Fr. Théophane, quatrième Supérieur Général (1824-1907), p. 246-247. E. Vitte, Lyon, 1953.

17 Circulaires, VIII, 299-303.

18 Comme le font encore les Frères des Ecoles Chrétiennes dont les deux derniers Chapitres Généraux remontent à 1956 et 1946.

19 Circulaires, X, 225 et ss.

20 Circulaires, X, 314-316.

21 Nos supérieurs: Le Rév. Fr. Théophane, p. 247.

22 Circulaires, X, 316-317.

23 Id., 322-325.

 

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