Nos défunts

07/Sep/2010

† Frère MATHEA, profès des vœux perpétuels. — Frère Mathéa naquit à Périgneux (Loire) en 1851 d'une chrétienne famille de cultivateurs. En 1868, il vint demander au noviciat de N. D. de l'Hermitage une place qui lui fut accordée : mais, ne pouvant surmonter l'ennui qui l'avait pris, il dut retourner dans sa famille, où il se conserva pieux et recueilli, jusqu'à faire l'édification de toute la paroisse.

Mûri par les années et l'expérience, et toujours attiré par ses goûts vers une vocation dont il avait senti toute la beauté, il obtint d'être réadmis en 1871, efficacement résolu qu'il était à se donner sans retour au service de Dieu. Il le fit dans toute la générosité de son cœur par la prise du saint habit, le 18 août 1872 ; et, quelques mois après, il était envoyé comme chargé du temporel à St Pal-en-Chalençon.

En 1876, il fut chargé de la petite classe de St Alban d'Ay, où il eut pour Directeur le bon Frère Sanctus, et aux vacances suivantes, juste cinq ans après sa vêture, il prononça ses vœux perpétuels. II passa ensuite comme professeur à Valbenoîte, au Chanbas, à St Félicien et enfin à Préaux, où il demeura près de 10 ans, et partout il se montra religieux exemplaire, confrère excellent et maître dévoué.

La persécution de 1903, en le forçant à changer d'habit, ne le fit changer ni de sentiments ni de conduite. Par sa piété, son humilité, sa douceur, son zèle, son dévouement à ses élèves, sa dévotion envers la sainte Eucharistie, il est demeuré l'édification de la chrétienne paroisse ; où il a passé ces huit dernières années, et où sa mort a laissé un deuil général.

Frappé d'une attaque foudroyante d'apoplexie, le 29 août dernier, il alla — nous l'espérons, — recevoir la copieuse récompense d'une vie consacrée tout entière à servir Dieu et à lui gagner des âmes. – R. 1. P.

 

† Frère MARIE-RAPHAËL, stable. — Né à Perreux (Loire) en 1841, le jeune Claude Honoré Passot, qui devait être en religion Frère Marie-Raphaël, entra au noviciat de N. D. de l'Hermitage en 1856, et prit le saint habit le 2 février de l'année suivante. Pendant une vingtaine d'années il fut ensuite employé dans bon nombre d'établissements de la- province du Centre : à Sure-le-Comtal, à Beaujeu, à Neuville, à La Côte-Saint-André, au Scolasticat de St-Genis-Laval et à Saint-Didier-sur-Chalaronne, dans la charge de professeur des classes les plus avancées où il obtint des succès remarquables. La plupart de ses élèves ont conservé de lui un souvenir affectueux et plein d'estime. Bien des années après leur sortie de l'école, un grand nombre se faisaient unie fête de venir le voir ou de recevoir quelqu'une de ses visites ; et ils auraient passé des journées entières à s'entretenir avec lui de leurs anciens condisciples, et des années à la fois laborieuses et agréables qu'ils avaient passées avec eux sous sa direction.

A un moment donné, pendant ses années de jeunesse, il avait été fortement tenté d'abandonner sa vocation pour embrasser l'état ecclésiastique ; il paraît même qu'une certaine fois, il avait donné un commencement de réalisation à cette idée, qui exerçait sur lui une sorte d'obsession ; mais il n'avait pas tardé à reconnaître que c'était une illusion de l'ange de ténèbres qui sait se transformer, quand cela sert ses desseins, en ange de lumière, et il s'était empressé de venir reprendre sa place au milieu de ses frères en religion, non sans s'être soumis à une pénitence publique, pour réparer le scandale qu'il pouvait avoir donné.

En 1888, il fut mis à la tête de l'important pensionnat de Saint-Didier-sur-Chalaronne, où il se trouvait déjà comme professeur ; et, pendant les huit ans qu'il y resta, il sut se gagner l'estime et la confiance des Frères ; en même temps que par ses manières avenantes et ses qualités d'excellent éducateur, se fit grandement apprécier des élèves et de leurs familles. Cependant le gouvernement lui pesait, et, sur ses instances réitérées, en 1898 ; il fut relevé de sa charge et placé provisoirement au scolasticat de Saint-Genis-Laval.

Cependant, à la demande de M. de Cortanze, agent consulaire français, les Supérieurs avaient accepté la fondation d'un établissement de nos Frères à Samsoun, près des ruines de l'ancienne Amisos, sur la côte méridionale de la mer Noire. Le Frère Marie-Raphael fut nommé directeur de la nouvelle communauté : et, grâce aux excellents rapports qu’il sut entretenir avec le représentant de la France, en qui il trouva toujours un appui décidé, il parvint dans l'espace d'une huitaine d'armées, au milieu de difficultés à peine imaginables, à mettre l'établissement sur un pied de relative prospérité.

Rappelé en 1904, il accueillit avec joie, après quelques mois de séjour à St-Genis-Laval, la proposition d'aller fonder une nouvelle école à Roustchouk, eu Bulgarie, où nous étions demandés par Mgr. Doulcet, évêque de Nicopolis qui y a sa résidence. Mais sa santé commençait à s'altérer, et les difficultés auxquelles il lui fallut faire face n'étaient guère propres à en favoriser le rétablissement ; il dut revenir à Saint-Genis, où, pendant 4 à 5 ans encore, il a trouvé le moyen d'utiliser les intervalles que lui laissaient les crises fréquentes d'une grave maladie de cœur, pour rendre service à ses confrères et donner satisfaction à. son besoin de se dévouer pour le bien de l'enfance chrétienne. Il y est décédé plein de résignation et de confiance en Dieu, après avoir reçu tous les secours de la religion, le 26 septembre dernier. – R. I. P.

 

† Frère MARCIUS, stable. — Frère Marcius, Joseph Auguste Caizergues, naquit à Saint-Bauzille-de-Putois (Hérault) le 16 décembre 1853, et entra fort jeune au noviciat de Saint Paul-3-Châteaux (1866).

Après deux années passées à la maison provinciale, il fut envoyé successivement comme chargé du temporel à St Victor-la-Coste, à St Quentin-la-Poterie et à Fuveau ; puis comme professeur à la Bourine, à Bourg-de-Péage, au Luc-en-Provence, à la Valette, à Aups, où il se montra en même temps bon confrère, maître estimé et religieux sans reproche.

En 1884 il suit à Saint-Genis-Laval les cours de l'Ecole Supérieure, fondée depuis deux ans à peine, mais qui commençait déjà à prospérer, et il obtint le brevet supérieur quelque temps après ; puis, de 1885 à 1903, il dirigea successivement et avec succès l'établissement d'Azille, dont il fut le fondateur et celui de Maillane, où il a laissé un excellent souvenir.

A l'époque de la dispersion, en 1903, il alla, à l'invitation des supérieurs, en Espagne, où il a rendu de bons services, comme économe, dans les maisons de Manresa et de Burgos.

Il se trouvait depuis quatre ans dans cette dernière communauté, qu'il édifiait par sa régularité, et où, par son heureux caractère, il semait autour de lui la bonne humeur et le bon esprit, lorsque, le 30 août dernier, il lui vint, tandis qu'il était à prendre un bain, une congestion cérébrale qui lui ôta instantanément l'usage de ses sens et l'emmena après une agonie de six heures.

C'est un nouvel avertissement ajouté à tant d'autres, hélas ! qu'il faut être toujours prêt à recevoir la mort, car elle vient souvent à l'heure où l'on n'y pense pas. ‘’Heureux le serviteur que son maître, lorsqu'il viendra frapper à la porte, trouvera faisant son devoir !’’ – R. I P.

 

† Frère. MODOALD, profès des vœux perpétuels. – Né Joseph Marius Laye, à S°-Barthélemy-le-Meil (Ardèche) le 27 août 1881, il fut reçu au noviciat d'Aubenas au mois de septembre 1895. De santé délicate, mais pieux docile et actif, il y donna pleine satisfaction, de même que dans les établissements de Meysse, Chalençon et Aps, où il fut successivement chargé du temporel.

En 1903, il faisait partie de la vaillante phalange de 41 qui, pour éviter les dangers de la sécularisation et mettre leur vocation à l'abri, allèrent chercher dans l'Afrique du Sud un sol hospitalier où, à l'ombre libérale du drapeau britannique, ils pourraient continuer sans entraves à consacrer leur vie aux œuvres de l'Institut.

Après une année d'étude en vue de se familiariser un peu avec la langue anglaise, il fut employé comme surveillant, pendant trois ans, au pensionnat de Uitenhage. Mais depuis longtemps déjà sa constitution était minée par une maladie de consomption, dont on ne parvint pas à arrêter les progrès. Dans l'espoir que l'air de la campagne lui serait favorable, on l'envoya à Roma dans le Basutoland, sans qu'il en résultât aucune amélioration bien sensible.

Frère Modoald, d'ailleurs, ne crut jamais que sa mauvaise santé fut pour lui une raison de s'accorder des ménagements. Malgré des nuits d'insomnie et de souffrance, il était debout dès le matin pour assister aux exercices de la Communauté, et il n'a fallu rien moins que les ordres formels de l'obéissance pour le décider dans les derniers mois de sa vie á un repos relatif.

Cependant son état s'aggravait de plus en plus, et vers la mi-juillet dernier il devint visible que sa fin, à moins d'un miracle, ne pouvait pas être éloignée. Le 22, sur la proposition du Cher Frère Frédéricus, qui s'était fait son garde-malade, il reçut, dans de grands sentiments de piété les derniers sacrements, et le lendemain, plein de résignation et de sainte espérance, il s'endormit sans efforts dans la paix du Seigneur. – R.I. P.

 

† Frère MARIE-AMÉDEE, profès des vœux perpétuels. — C'est encore une bonne et bien sympathique figure qui vient de disparaître du milieu de nos Frères anciens de Saint-Genis-Laval. Né en 1832, à Félines (Haute-Loire), d'Antoine Malfand et de Marianne Porte, modestes cultivateurs, il entra à l'âge de 22 ans en noviciat de N. D. de l'Hermitage, et après avoir rempli pendant 10 ans les fonctions de cuisinier aux Roches-de-Condrieux, il fut appelé en 1865 à Saint-Genis-Laval pour prendre soin de la vacherie et de la basse-cour. C'est dans cet emploi modeste et assujettissant qu'il a passé les quarante-six dernières années de sa vie, uniquement occupé de le bien remplir, sans jamais désirer mieux, ni jamais demander de relâche.

Se lever le matin dès 3 heures et demie ; donner les premiers soins à ses vaches, les traire ; apporter à la cuisine, pendant le lever de la Communauté, le produit de sa traite ; assister très ponctuellement au Salve Regina, à la prière, à la méditation, à la sainte messe et au chapelet ; vaquer aux soins divers que réclame la propreté des locaux affectés aux animaux domestiques, à l'entretien et à la nourriture de ces derniers : telle fut, les 365 jours de l'année, et pendant près d'un demi-siècle, la tâche du Frère Marie-Amédée ; tâche en soi rude, monotone, absorbante et dénuée de tout ce qu'on a coutume de regarder comme naturellement agréable ; mais où le bon Frère savait tout de même trouver de l'attrait, comme on arrive presque toujours à l'aise pour tout travail auquel on se livre avec application, et avec goût, surtout si l'on a conscience de faire en cela la volonté de Dieu et d'être utile à des frères qu'on aime.

Or le Frère Marie-Amédée aimait très simplement, sans aucune forfanterie, mais très sincèrement sa Communauté de Saint-Genis, au milieu de laquelle s'est écoulée la plus grande partie de sa vie, et en qui d'ailleurs se personnifiait à ses yeux la Congrégation tout entière. C'est en vain qu'on aurait cherché en lui la moindre trace de ce que le V. Fondateur appelait ‘’le Frère domestique’’ ; il était, au contraire, de la tête aux pieds, le ‘’Frère enfant de la maison’’ qui regarde son Institut comme sa véritable famille, en prend les intérêts comme il ferait des siens propres, en ressent les joies et les tristesses comme si elles le regardaient personnellement ; et trouve tout naturel d'employer à son service tout ce que le bon Dieu lui a donné d'industrie, de santé et de force.

Aussi était-il universellement aimé. Sa disparition n'a pas été ressentie seulement comme une perte, mais elle laisse un véritable vide dans les cœurs. On est heureux seulement de penser que le divin Sauveur, l'ami des âmes simples et des cœurs droits, lui aura sans doute donné dans le ciel une belle place, en récompense du long dévouement avec lequel il s'est consacré sans réserve au service de ses Frères en religion, lui qui a dit : "Tout ce que vous faites en faveur du moindre des miens, c'est à moi-même que vous le faites„. – R. I. P.

 

N.B. — Nous avons également appris la mort des Frères. Christien, Robert, Marie-Philippe, Ange-Marie, Basilien, Maris, Louis-Benjamin, Liébard, Odon, Paul-Eugène, Victorico-Maria, Dómitius, Ubald, et Bon. Nous les recommandons aux pieux suffrages des lecteurs du Bulletin, pendant ce mois de novembre, spécialement consacré aux âmes du purgatoire.

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