Nos défunts

03/Sep/2010

† frère ILDEFONSUS, Profès des vœux perpétuels. – Né en 1851 à Orange, dans le département de Vaucluse, il portait dans le monde le nom d'Henri Gras. Admis comme postulant à Saint-Genis-Laval en 1872, il fut initié pendant son noviciat au métier de tailleur, puis employé pendant sept ans au soin du vestiaire des orphelins dans la providence du Chemin-Neuf à Lyon.

En 1881, il obtint d'être envoyé en Nouvelle Calédonie et fut placé à l'orphelinat de la colonie où, pendant vingt-sept ans, il a rendu de précieux services. Outre la confection du vestiaire de tous les Frères du district, il avait encore à sa charge le blanchissage et le raccommodage des vêtements et du linge des orphelins, le soin de la cave, de la sacristie, la propreté des réfectoires et des dortoirs, et si le Frère Directeur avait besoin d'aide pour n'importe quoi, c'est en toute confiance qu'il pouvait avoir recours au bon Frère, sûr de le voir accepter non seulement sans murmure, mais avec plaisir.

Atteint en 1908 d'une affection cardiaque qui ne lui permettait plus guère de mouvements, il fut déchargé de la taillerie principale, et mis à Saint-Léon pour soigner le linge des pensionnaires. Ce devait être pour peu de temps. Vers le milieu du mois d’août dernier, il fut pris d’un mauvais rhume, qui dégénéra rapidement en pulmonie grave, et le 2 septembre, à l'heure du Salve Regina, il rendit son âme à Dieu dans les sentiments d'un véritable prédestiné. Quelques jours auparavant, il écrivait au R. F. Supérieur et à son Frère Assistant ces ligues touchantes :

« Quand vous recevrez cette lettre, je ne serai plus de ce monde ; je serai dans mon éternité. Je suis heureux de mourir Petit Frère de Marie.

J'offre au bon Dieu ma mort pour l'Institut, afin qu'il répande sur tous les Supérieurs et sur toute la Société ses Bénédictions les plus abondantes.

Mourir Mariste, qu'elle grâce ! J'avoue que je n'ai rien fait pour la mériter, et que j'ai beaucoup fait, au contraire, pour m'en rendre indigne. Mais j'offre au bon Dieu, les mérites du Sacré-Cœur de Jésus, du Cœur immaculé de Marie, les mérites de saint Joseph, des saints Anges et de tous les Saints, spécialement de mes saints Patrons, saint Henri et saint Ildefonse, en expiation de mes nombreuses fautes.

Je supplie mes chers Confrères de me pardonner les mauvais exemples que j'ai pu leur donner. Je déclare que je les aime tous.

Recevez, Mon Révérend Frère Supérieur, et Mon Cher Frère Assistant., tant en votre nom qu'aux noms de tous les Frères de l'Institut, mes remerciements les plus reconnaissants, les plus tendres et les plus sincères pour les bienfaits sans nombre que j'ai reçus pendant mon assez longue carrière.

Je ne vous oublierai pas, auprès du bon Dieu, quand vos bonnes prières m'auront introduit près de Lui, comme je l'espère, de sa grande Miséricorde, malgré mon indignité.

Vénérables Supérieurs, je vous laisse dans les Sacrées Plaies de Jésus et vous donne rendez-vous dans le sein de Dieu. »

† Frères ACYNDINE, Profès des vœux perpétuels. — Né Joseph Augustin Moralis, à Piolenc (Vaucluse), en 1844, il entra au noviciat de Saint Paul-3-Châteaux en 1861, et il a passé la plus glande partie de sa vie religieuse dans les emplois de chargé du temporel et de professeur clans divers établissements de cette province, laissant presque dans tous des traces durables des remarquables dispositions naturelles dont il était dédié pour la mécanique, l'architecture et la décoration des jardins. Depuis 1900, il était employé dans la maison de retraite de Saint Paul-3-Châteaux, où, malgré l'asthme dont il souffrait, il a rendu de très utiles services. La mort est venue l'y surprendre le 1ier novembre 1909. – R. I. P.

† Frère CAMILLE, stable. — Jean-Jules Vialleton, né à Marlhes (Loire) le 29 novembre 1822, était concitoyen de notre Vén. Fondateur. Il eut le bonheur de le connaitre même avant d'entrer en religion et celui, plus grand encore d'être reçu et dirigé par lui au noviciat de N.-D. de l'Hermitage (1838), où un de ses frères l'avait déjà précédé. La longue carrière toute d’édification du C. F. Camille mériterait d'être racontée longuement. Nous devons nous borner à dire ici que, à l'exemple du divin Maitre, bon, doux et humble de cœur, il a laissé d'impérissables souvenirs de vertu et de sainteté partout où il a passé, depuis 1840, époque de ses débuts jusqu'en 1903 fin de sa carrière active. Dans les nombreux établissements qui ont eu le bonheur de l'avoir, il a fait beaucoup de bien et conquis non seulement l'estime et l'affection, mais encore souvent l'admiration de ses confrères, des enfants et des populations, notamment à St Cyr-au-Mont-d'Or, à Thurins et au pensionnat de St' Genis-Laval. Depuis 1903 sa vertu, ses mérites et l'influence de son édification n'ont fait que grandir encore à l'infirmerie de la maison-mère, où, après de longues souffrances, il s'est doucement et saintement éteint, le 10 janvier 1910. Avec lui s'est éteinte dans notre Institut la génération privilégiée des contemporains et des premiers disciples du Vénérable Père Champagnat. Puissent toutes les générations qui la suivront rester toujours dignes de ce premier lignage ! – R. I. P.

† Faims BAJULE. Profès des Vœux perpétuels. Pierre Plot était né le 18 janvier 1830, à La Tour-en-Jarrêt (Loire). A l'âge de 16 ans, déjà rempli de ces convictions solides et de cet esprit de piété qui l'ont caractérisé jusqu'à sa mort, il entra au noviciat de N.-D. de l'Hermitage (1846) et devint pour toujours, sous le nom de frère Bajule, le fervent religieux qu'on a pu admirer surtout en ses, dernières années de retraite à la maison-mère. Après de longs et excellents états de services soit comme professeur, soit comme Directeur, dans bon nombre de nos établissements, de 1851 à 1903, il a su se rendre grandement utile encore après, à la taillerie de St Genis-Laval, où tous ses confrères retraités admiraient sa piété angélique, surtout à la sainte Communion, son excellent et charitable esprit, son attachement pour notre Congrégation, sa régularité exemplaire, son grand amour du travail et son rare esprit d'économie. C'est à la récompense de ces précieuses qualités et de ses longs services auprès de l'enfance que le Seigneur a appelé ce bon et fidèle serviteur, la veille de Noël, 24 décembre 1909. – R. I. P.

† Frère MAIEUL, Profès des vœux perpétuels. – Né Louis Etienne Vielfaure, à Beaumont, dans le canton de Valgorge (Ardèche), en 1830, il fut admis à l'âge de 20 ans au noviciat de Labégude, et pendant cinquante ans il s'est dévoué sans réserve aux diverses œuvres de l'Institut. Comme professeur dans plusieurs établissements de la province du Midi ; comme directeur à La Roque, à La Blancarde et à Saint-Louis de Marseille, et comme économe à Bourg de Péage, il fit preuve de très estimables qualités, qui lui valurent la sympathie universelle, et, ce qui est encore mieux, il se montra toujours pour ses Frères un modèle de piété, de régularité, d'esprit religieux et des vertus particulières qui doivent être le caractère spécial des Petits Frères de Marie : humilité, simplicité, modestie, recueillement, esprit de foi, esprit de famille, etc.

Mais ce qu'il y avait de plus admirable en lui, c'était sa droiture d'âme et sa délicatesse de conscience, dont on eût difficilement trouvé une seule de ses paroles ou de ses actions qui ne portât pas la visible empreinte. La malignité, la duplicité, l'injustice étaient tellement en dehors de lui qu'il avait une invincible répugnance à les supposer chez les autres. A peine pouvait-il se figurer qu'il y eût sur la terre des fourbes et des fripons. Et sans doute, en effet, en avait-il rencontré beaucoup moins que les autres. Sa franchise et sa bonté d'âme étaient telles qu'elles désarmaient ceux qui auraient eu la tentation d'en abuser.

Depuis une dizaine d'années, sa santé. s'étant affaiblie, il avait dû se recoudre à un repos relatif : mais il ne cessa jamais de se rendre utile, soit en -remplissant, à la grande édification de la communauté et des personnes qui venaient à la maison, l'office de portier à Castelnaudary et à Saint Paul-3-Châteaux, soit en s'occupant à d'autres petits soins en rapport avec ses forces.

C’est dans cette dernière maison de Saint Paul-3-Châteaux qu'il vient de s'éteindre pieusement, le 24 décembre 1909, en laissant pénétrés d'une sainte envie les Frères qui l'assistaient. – R. I. P.

† Frère BOISIL, profès des vœux perpétuels. – Né François Gandin à St Symphorien-sur-Coise (Rhône) en 1839, il avait reçu une éducation très chrétienne dans sa pieuse famille et à l'école de nos Frères. Admis au Noviciat de N.-D. de l'Hermitage le 2 octobre 1857, il y prit l'habit religieux l'année suivante et reçut le nom de Frère Boisil. Sous cet habit et sous ce nom, il fut toute sa vie un modeste et dévoué religieux, plein de zèle pour la décoration des temples de Dieu, et plein de serviabilité pour ses confrères, comme aussi de dévouement pour les enfants. La plus grande partie de cette vie d'obscur dévouement s'est écoulée clans nos pensionnats de S.' Didier-sur-Chalaronne et de. St Genis-Laval, ou à la maison-mère. Il y cumula presque constamment les fonctions d'infirmier et de sacristain. Prodigue de ses peines et .de ses soins pour les malades, il s'adonnait en outre avec un zèle sans mesure et un goût parfait à l' ornementation des saints autels, pour lesquels il confectionnait lui-même, avec beaucoup d'art, des bouquets et des corbeilles de r , fleurs artificielles. Dieu, nous l'espérons, les aura transformées en fleurs immortelles de gloire dont il aura voulu le couronner en l'appelant à lui au beau jour de Noël, 25 décembre 19Q9, après une longue maladie de cœur admirablement supportée. R. l. P.

† FRÈRE MARIE-ALGIS, profès des vœux perpétuels. — Né en 1860 au Gros de Géorand (Ardèche), d'une très chrétienne famille, il entra au noviciat de Saint Paul-3-Châteaux le 11 octobre 1878, et Dieu vient de le prendre subitement le 1ier janvier 1910. Dévoué, actif, intelligent, il a rendu de grands services à la Congrégation dans un emploi de confiance qu'il a rempli pendant plus de 25 ans à la maison provinciale, où il était aimé et estimé de tous. Bon religieux du reste autant que bon confrère, il était pieux, régulier, plein de l'esprit de son état et faisait la communion quotidienne. Il y a donc toute raison de croire que sa fin, bien que subite, n'aura pas été imprévue, que le Seigneur, tout en survenant à l'improviste, l'aura trouvé veillant comme le bon serviteur de l'évangile, et ne l'aura retiré de ce séjour de larmes que pour le mettre en possession de la joie éternelle. Nous le recommandons néanmoins d'une façon toute spéciale aux pieux suffrages des lecteurs du Bulletin. – R. I. P.

N.B. — Les Frères Septime, Elie-Etienne, Justiniani, Démocrite, Martinianus Colombini et Romualdo, qui n'ont pu trouver place, auront leur petite notice au prochain numéro. En attendant, nous les recommandons aux prières de nos lecteurs.

RETOUR

Le Révérend Frère Abel...

SUIVANT

Tout renaît, tout fleurit, tout chante...