Nos frères à la Tuque

25/Oct/2010

La Tuque est située au nord de la Mauricie, cette grandiose et florissante région qui s'étend des rives du fleuve Saint-Laurent aux importantes concessions minières de l'Abitibi. Notre petite ville est située dans un décor grandiose et enchanteur, qui lui a valu le titre de « Reine de la Mauricie ». Le voyageur, qui a quitté Grand'Mère à 90 milles au sud, ne s'attend pas à trouver un tel joyau, après avoir suivi si longtemps les méandres capricieux du majestueux Saint-Maurice !

Coquette, dans son décor grandiose, entourée de montagnes, de forêts et de lacs, La Tuque occupe un site découvert aux premiers jours de la Nouvelle-Francs. En effet, dès 1637, deux intrépides jésuites, les Pères Buteux et Lejeune, remontaient la rivière Saint-Maurice, au prix d'efforts qu'on peut imaginer. Traversant une région inexplorée, quasi impraticable, ils arrivèrent au pied d'une montagne en forme de bonnet, qui devait plus tard donner son nom à La Tuque. Cette première mission devra attendre trois siècles pour se développer et donner naissance à une ville florissante au milieu des richesses forestières et hydrauliques inouïes, qui font aujourd'hui de notre ville le centre d'une activité industrielle remarquable !

La forêt immense contient les essences propres à la fabrication du papier. C'est ce qui a valu à La Tuque une réputation internationale. La Brown Corporation construisit son premier moulin en 1907. Jusqu'en 1954, cette compagnie a été à l'avant-garde du progrès industriel de la ville. Cette année-là, la Canadian International Paper Company achetait l'usine de pâte de La Tuque et les quelque 2.500.000 acres de boisés de la Brown. La nouvelle compagnie envisageait aussitôt de faire de La Tuque la plus importante ville de l'Amérique du Nord, pour la fabrication du papier et du carton ondulé. La nouvelle machine à papier est haute de quatre étages, loge dans un édifice de 900 pieds de longueur et produit un rouleau de papier de 276 pouces de largeur. Aujourd'hui, le moulin peut produire 975 tonnes de papier par jour. Cette usine emploie 1.400 hommes. C'est dire que c'est un actif précieux pour la population ouvrière de notre cité.

Les richesses hydrauliques de la région ont aussi contribué à faire de notre ville un centre de rayonnement pour toute la Province. Le harnachement du Haut Saint-Maurice s'est poursuivi jusqu'en 1958, par la construction de sept barrages, qui permettent de fournir de l'électricité à une bonne partie de la Province de Québec.

C'est dans cette région merveilleuse, que nos Frères étaient appelés à exercer leur apostolat, le 12 août 1911. La ville elle-même n'est incorporée que depuis 1911. C'est dire que nos Frères ont assisté au progrès et au développement continu de notre belle cité.

La Commission scolaire d'alors rencontra Mgr Latulippe, évêque des Trois-Rivières, et demanda des Frères pour prendre charge d'une école de garçons. Son Excellence s'entendit avec M. le curé Corbeil, et nos Frères furent choisis pour cette nouvelle fondation.

Trois Frères vinrent d'abord. C'étaient les FF. Alfrid, directeur, Camille-Daniel et Léon-André. Celui-ci vit encore à Iberville, immobilisé par une douloureuse maladie. Ils ouvrirent deux classes dans un logis temporaire : le premier Hôtel de Ville, devenu en 1918 le premier orphelinat; 71 élèves se présentèrent le premier jour.

Comme le nombre d'élèves croissait, en 1912, la Commission scolaire, grâce à un généreux octroi du gouvernement, fit construire une vaste bâtisse pouvant loger 250 élèves. Le site choisi était splendide et permettait une vue magnifique sur le majestueux Saint-Maurice, mais il était bien éloigné de l'église ! On le croyait alors bien choisi, car à cette époque, la ville devait s'étendre de ce côté ! L'avenir devait en décider autrement et obliger nos Frères à faire tous les matins une marche… qui, parait-il, est excellente pour la santé. •

En 1924, le besoin d'une école industrielle, qui permettrait à nos jeunes de se préparer à un bel avenir, se faisait sentir de plus en plus. Le projet se réalisa en 1926. Les autorités scolaires voulurent que la nouvelle section restât sous la direction de nos Frères. Depuis, nombreux sont les jeunes gens qui ont trouvé là ce qu'il leur fallait pour gagner honnêtement leur vie.

En 1941, le Fr. Régis-Alphonse, actuellement directeur de l'école secondaire de Belœil, fondait la section scientifique, permettant à notre jeunesse de parvenir à l'Université. Ses nombreux et brillants élèves, parvenus déjà à des positions lucratives, sont là, pour louer les bienfaits de cette section d'études secondaires.

Le Fr. Cyrille-Victor inaugurait le Cours Commercial en 1949, permettant à nos élèves, ayant les dispositions requises, de se tailler une place enviable dans le monde des affaires. Ce cours se continue jusqu'à la douzième année, et prépare au travail de bureau, dès la sortie de l'école.

Il y a quatre ans, s'ouvrait aussi dans notre école secondaire, une classe anglaise, permettant aux catholiques de langue anglaise de faire leur High School avec les étudiants de même croyance.

Enfin, en septembre 1958, s'ouvrait à notre école secondaire Champagnat, une section Classique. La première classe d'éléments latins comprend une trentaine d'élèves. 

L'addition de cette nouvelle section fait presque de nos écoles de La Tuque, une petite « Cité Universitaire ». Nos Frères mettent à la portée de nos jeunes toutes les sections d'études qui peuvent leur permettre de faire un succès de leur vie !

Le grain de sénevé semé en terre latuquoise, par trois de nos Frères en 1911, s'est développé et a produit un grand arbre ! Actuellement, nos deux écoles Saint-Zéphirin et Champagnat sont bien remplies. Nos religieux ont sous leur direction 1.200 enfants, et malgré que l'école secondaire Champagnat soit de construction récente, il faudra envisager, dans un avenir rapproché, la construction d'autres locaux scolaires.

Nos 1.200 garçons sont répartis dans 43 classes. Maîtres et institutrices laïques font un travail admirable pour seconder les Frères dans leur œuvre d'éducation !

Notre nouvelle école secondaire Champagnat a été bénite par S. Exc. Mgr G. Léon Pelletier, évêque des Trois-Rivières, le 8 septembre 1958. Tous les perfectionnements modernes ont été apportés pour faciliter à nos jeunes l'étude sérieuse et prometteuse d'un bel avenir. Il faut dire ici, à la louange des autorités scolaires, qu'elles ont toujours collaboré pour aider nos Frères à remplir leur tâche dans les meilleures conditions possibles.

Le dévouement de nos Religieux dépasse les cadres de l'instruction proprement dite, puisqu'ils prodiguent leurs soins à un grand nombre d'œuvres qui intéressent la gent étudiante. Dans le milieu scolaire, ils ont charge de l'Action Catholique, la Croisade Eucharistique, les Cadets de l'armée, la Fanfare, le Chant, la Musique, la Gymnastique et tous les sports d'été ou d'hiver. Tous ces compléments de formation sont donnés pour faire de nos jeunes des hommes complets à tous les points de vue.

Deux Amicales d'anciens élèves : Senior et Junior, sont bien vivantes et groupent tous nos anciens dans une fraternité de bon aloi. Ils gardent à leurs maîtres un attachement qui ne se dément jamais, une reconnaissance sincère pour l'éducation chrétienne reçue. Dans notre petite ville, ils ont organisé le système du Prêt d'Honneur, en faveur des étudiants pauvres de nos écoles, qui veulent continuer à l'Université.

Mais le plus beau fleuron à la couronne des Maristes, après presque cinquante ans de labeur dans la Mauricie, c'est la pléiade de vocations sacerdotales et religieuses qui sont sorties de nos écoles. Une vingtaine de prêtres et autant de religieux de notre Institut continuent à répandre la bonne semence qu'ils ont récoltée sur les bancs de leur classe. Plusieurs de nos jeunes dans les Séminaires et au Juvénat se préparent à suivre la trace de leurs devanciers. Puisse la Madone leur donner le courage et la volonté de monter toujours plus haut ! C'est la relève ! Elle sera belle tant que nos Frères seront d'abord des semeurs de Dieu, tout en continuant à être des maîtres de renom sur le plan académique !

A la fin de ce demi-siècle d'apostolat, il convient de se tourner vers notre première Supérieure, et de lui rendre un hommage bien mérité : « Elle a tout fait chez nous. » Puisse-t-elle entendre nos vœux et continuer sa protection sur nos œuvres et ses Petits Frères !

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