Nos frères dans le Liechtenstein

F. Charles-Raphael, A. G.

21/Oct/2010

A quelque trente kilomètres au sud du lac de Constance s'enclave, le long du Rhin supérieur, entre la Suisse et le Vorarlberg autrichien, la petite principauté de Liechtenstein. Jusqu'à la fin de la guerre de 1914-1918, elle a fait partie de l'Union douanière autrichienne. Depuis, elle est rattachée à la Suisse au point de vue monétaire, postal, douanier et diplomatique. Mais il s'agit bien d'un petit État indépendant, d'un peu plus de 150 km carrés et de moins de 15.000 habitants. Le pays est montagneux, d'un charme singulièrement prenant, fertile et bien cultivé. Les habitants sont de langue allemande et de religion catholique. La capitale est Vaduz, dominée par le château des princes de Liechtenstein. 

C'est la persécution qui amena nos Frères dans ce sympathique pays. Après le décret de fermeture de nos écoles d'Allemagne, en 1937, quelques exilés réussirent à s'établir à Vaduz et à y ouvrir une école secondaire. Les classes, très modestes, avaient été arrangées tant bien que mal dans une villa assez spacieuse, qu'on avait d'abord louée, mais qu'on finit par acheter. Vers 1942, on obtint du gouvernement l'autorisation de faire passer à nos élèves les examens officiels et de délivrer le certificat de l'Abitur (baccalauréat). Ces élèves venaient d'un peu partout, et on dut louer une autre maison pour y installer le pensionnat.

 Le Liechtenstein tout seul ne pouvait guère donner assez d'élèves pour une forte école secondaire. D'autre part, par suite de la guerre de 1939-1945 et de la situation politique de l'après-guerre, on ne pouvait pas attendre beaucoup d'élèves de l'étranger. Les ressources étaient donc fort limitées. Et il était nécessaire pourtant de bâtir, car l'école ne pouvait rester dans les locaux provisoires de la villa. Un moment même, les Supérieurs de la province d'Allemagne songèrent à retirer nos Frères de Vaduz. Cependant, on essaya d'intéresser directement le gouvernement au sort de notre école. Ce fut presque une révélation pour les Frères de la communauté, quand ils purent se rendre compte de la sympathie dont ils jouissaient auprès des autorités et de la population. On leur procura un emprunt hypothécaire, dans les meilleures conditions possibles ; on leur offrit des subsides annuels très appréciables. Les constructions, commencées seulement après Pâques 1953, furent poussées avec tant de célérité que le bâtiment nouveau et la nouvelle chapelle purent être bénits le 12 septembre de la même année. Heureuse coïncidence : le 12 septembre est la fête patronale de l'école, qui porte le nom de « Collegium Marianum » ; les gens du pays disent simplement le « Marianum ». Mgr l'évêque de Chur (Coire) vint lui-même donner la bénédiction, en témoignage de son estime pour les Frères. La rentrée du 22 septembre fut excellente. Les élèves ne viennent pas seulement du Liechtenstein, mais encore de la Suisse, de l'Autriche, de l'Allemagne et même de l'Italie. Que Notre-Dame, dont un très beau tableau orne le frontispice du nouveau bâtiment, daigne, bénir l'apostolat de nos Frères dans le Liechtenstein !

  F. Charles-Raphael, A. G.

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