Nos soldats

20/Sep/2010

Après s'être dissimulée pendant si longtemps dans les ténèbres d'une nuit impénétrable, l'aube désirée de leur prochain retour paraît enfin se dessiner de plus en plus nettement à l'horizon. Selon toute probabilité ce retour est proche pour le grand nombre; pour quelques-uns, il est déjà même un fait accompli. Deo gratias! Oui, deux fois, trois fois, Deo gratias! puisqu'en nous donnant la joie de les revoir, il signale la fin des combats sanglants et présage la paix du monde!

Ils vont nous revenir! nous revenir bientôt! les uns parés des insignes de la bravoure et porteurs de citations élogieuses qui attestent avec quelle courageuse conscience ils se sont acquittés de leur devoir envers la Patrie ; d'autres marqués de glorieuses cicatrices qui proclament avec la terrible éloquence des faits combien il s'en faut, à l'encontre d'insinuations stupides, que religieux soldat soit synonyme d'embusqué; tous enfin raffermis, trempés, grandis par l'épreuve et disposés — c'est du moins notre espoir — à recommencer vaillamment, avec plus de zèle et d'ardeur que jamais, la tâche pacifique mais non moins pénible parfois qu'ils avaient été forcés d'interrompre! Ils vont revenir prendre, au foyer de leur famille religieuse, la place trop souvent restée vide où ils faisaient si grandement défaut. Qu'ils soient les bienvenus! et bénis soient Dieu et la Vierge Marie qui nous les ramènent!

Ob ! quelle joie, quelle consolation ce va être, pour la Congrégation, de les recevoir à nouveau dans ses bras et de les presser sur son cœur de mère ! Leur absence, hélas ! lui a paru si longue ! Elle s'est tant de fois émue à la pensée de leurs périls ! Leurs souffrances ont retenti si douloureusement dans son âme! Quel bonheur maintenant de les savoir en dehors de cette fournaise où leur vie et tous les espoirs fondés sur elle étaient constamment à la merci de mille engins aveugles et destructeurs !

Songer que la mort joue avec toutes ces têtes !…

 

Merci à la divine Providence d'avoir si maternellement veillé sur eux, de les avoir protégés, sauvegardés, conservés!

Tous cependant ne reviendront pas. Cent quarante-cinq des meilleurs, des plus promettant, des plus généreux sont absents pour toujours. Sous une humble croix, dans quelque coin de terre ignoré, ils dorment leur dernier sommeil en attendant la résurrection générale. Ce sont les pures victimes que la justice de Dieu s'est choisies pour pouvoir pardonner à tant de coupables et détourner ses rigueurs d'une cause sur laquelle tant d'impiétés et d'inavouables intrigues semblaient devoir les attirer. Que la divine miséricorde ait reçu leurs âmes dans le séjour de l'éternelle paix et que de là ils intercèdent pour leurs Frères qui, luttent encore ici-bas pour la cause du bien et l'extension du règne de Dieu!

 

NOS MORTS À L'ARMÉE

(suite à la liste de septembre 1918).

 

Frère CRESCENTIUS, Mathon Emanuel, 31 ans, à l'hôpital de Montidier, le 10 juin 1918.

Frère GABRIEL-JOSÉ, Teyssier Edmond Marius, 20 ans, le 25 juillet 1918; on ne sait pas l'endroit.

Frère RÉGIS-HENRI, Martin Jean Gabriel, 30 ans, devant Selle (Marne) le 7 octobre 1918.

Frère MARIE-CÉCILIEN, Malzieux Charles Louis, 22 ans, à l'ambulance de Vitry-le-François, le 20 octobre 1918.

Frère ANSBERT, Liabeuf Jean Pierre, 32 ans, à l'ambulance 14-22. sect. 5, le 20 octobre 1918.

Frère BERNARD-LOUIS, Martel Jean-Baptiste, 20 ans, le 29 octobre 1918, on ne sait pas l'endroit.

Frère LOUIS-CLÉMENTIN, Picaud Francis Charles, 31 ans, hôpital à Lyon, le 11 décembre 1918.

Frère ILDEFONSUS, Pradier Fernand, 33 ans, à Salonique ; on ne sait pas la date.

Frère BRUNONE, Prédy Michele Giovanni, 18 ans, à l'hôpital de Brescia, le 3 octobre 1918.

Frère MARIE-LIGUORI, Bourret Pierre Jean Claude, 18 ans, à l'hôpital militaire de Salonique, le 22 décembre 1918.

 

Ont été cités à l'ordre du jour, à notre connaissance, avec attribution de décorations diverses:

Frères Eugène-Amédée, Marie-Lambert, Paul-Daniel et Louis-Salvatoris, de la province de St. Genis-Laval.

Frères Joseph-Félicien, Claude-Casimir (2° fois), Louis Germain (2° fois) et Giuseppe-Maria (2° fois), de la prov. de l'Hermitage.

Frère Bernardinus, de la province de Constantinople.

Frères Etienne-Frédéric et Romain, de la prov. du Canada.

Frère Sison (2° fois) Ambroise-Edmond, Alésius de la province de Lacabane.

Frères Néophytus, Joseph-Mantius (2° fois) Charles-Marcel et Jh-Athanase, de la pr. de Syrie.

Frères Livinus, (2° f.) et Pierre d'Alcantara, de la province de Beaucamps.

Frère Déicole, de la province d'Espagne.

Frère Antoine-Louis, de la province des Etats-Unis.

Frère Adulphus, de la province de St Paul-3-châteaux.

Frères Henri-Damascène et Saturnien, de la prov. du Mexique.

Frère Paul-Thomas, de la province d'Aubenas.

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