Nos ?uvres Ă  Ceylan

05/Nov/2010

Une perle de l'Océan qui se détache au bord de l'Inde: Ceylan. 450 kms de longueur, 12 millions d'habitants, dont 70% appartiennent au peuple-des-lions: les Cinghalais. Les autres Ceylanais sont des Tamils (ou Tamouls): 22%, et diverses minorités: Maures…, Européens, etc. …

La langue officielle est le cinghalais, mais on parle aussi le tamoul et l'anglais.

L'histoire de Ceylan, qui s'étale sur 25 siècles, commence avec l'arrivée des Aryens, race royale du Nord de l'Inde au 6ème siècle avant Jésus-Christ. L'invasion des pays voisins fut certainement intermittente aux périodes antiques, puis plus récemment il y eut une conquête partielle par les Portugais au 16ième siècle et par les Hollandais au 17ième. A la fin du 18ième, Ceylan devenait colonie britannique.

Ces mélanges de races et de pays, qui n'allaient pas toujours sans heurts violents, ont cependant servi à rendre l'héritage de Ceylan plus riche et plus varié, et ont conduit à des innovations utiles, comme l'emploi de l'anglais, la modernisation des transports et la démocratie parlementaire. Une évolution paisible a conduit Ceylan à devenir finalement une nation libre en 1948.

 

L'Eglise à Ceylan

On a la preuve qu'une communauté chrétienne existait à Ceylan au moins depuis l'année 535. C'étaient des Nestoriens qui avaient fui la persécution de Perse. Le catholicisme cependant n'a vraiment été introduit qu'en 1518 par les missionnaires venus avec la flotte portugaise. A cette époque, on trouve des Franciscains, des Jésuites et des Dominicains. Revirement avec la conquête hollandaise, au milieu du 17ième siècle. Les missionnaires sont expulsés, les fidèles persécutés et, pendant 40 ans, il n'y aura plus de prêtres. En 1687, arrive un Oratorien de Goa: Joseph Vaz, qui, déguisé en mendiant, travaille 2 ans parmi les catholiques du Nord. Il doit fuir ensuite au royaume de Kandy qu'il évangélise 34 ans. Les Oratoriens pénètrent peu à peu à Ceylan par ce territoire et, à l'arrivée des Anglais, le nombre île catholiques est important. Viennent ensuite les Bénédictins de St Sylvestre, les Oblats de Marie Immaculée et les Jésuites. Les vocations sacerdotales se multiplient et, maintenant, le clergé ceylanais est plus nombreux que le clergé étranger. Il y a 6 diocèses, et l'archevêque de Colombo est cardinal. Des 12 évêques, 10 sont Ceylanais, dont 3 Anciens Elèves Maristes. Les Chrétiens atteignent presque 1.000.000 dont 800.000 Catholiques. Les Bouddhistes sont 7.000.000, les Hindous 2.000.000, les Musulmans 740.000.

 

Les Maristes à Ceylan

Peu après le début du siècle, 5 missionnaires en robe noire débarquaient à Ceylan: les premiers Frères Maristes. On était en 1911. Depuis 1897, il y avait eu bien des demandes soit de Ceylan, soit des Indes, soit du Siam, mais on ne pouvait les honorer faute de Frères (Voir Bulletin, Vol. II, p. 237).

Une nouvelle demande, en provenance de Batticaloa, arrive à Grugliasco vers la fin de 1910. L'auteur en était un Jésuite: le Père Gaston Robichez, Supérieur et Vicaire Général du diocèse, qui plus tard serait évêque de Trincomalee. La requête fut accueillie, St Genis ayant accepté d'envoyer des Frères.

Un Frère directeur, venant de Turquie, et quatre jeunes Frères de San Maurizio, Italie, formèrent la première communauté. De ce groupe de pionniers, un est encore en vie et en pleine activité comme Econome Provincial.


Le premier champ d'action devait être St Michael's College à Batticaloa, avec les Jésuites. Pendant la première Guerre Mondiale quelques Frères étaient rappelés sous les drapeaux et les autres venaient à Négombo ouvrir le Collège Maris Stella. La maison suivante, en 1928, devait être Bandarawella, dans la zone des collines. Puis ce fut Joseph Vaz College, à Wennappuwa en 1934 et Christ King à Tudella, en 1943.

Juvénat et Noviciat commençaient à Our Lady's Hermitage, Tudella, en 1950, donnant un bon élan aux vocations. Un poulailler aide à financer cette maison de formation. Plus tard, en 1966, avec des fonds provenant surtout des écoles des Etats-Unis, on construisait une maison de noviciat, nouvelle et spacieuse, à Ragama.

 

Politique à Ceylan

Du point de vue politique, 21 ans d'indépendance ont entraîné et des progrès et des problèmes. Du côté progrès, il y a le développement agricole et industriel, l'éducation des masses, la réforme agraire, l'extension des communications, etc.. Les problèmes sont l'accroissement de la population, le manque de logements, le chômage, les grèves, les luttes raciales.

 Le pays a connu plusieurs pénibles événements comme les émeutes raciales de 1958 et l'assassinat du Premier Ministre.

Avec l'arrivée du nouveau gouvernement, en 1960, les écoles ont été nationalisées, les Sœurs chassées des hôpitaux d'Etat, et quelques missionnaires étrangers ont dû quitter le pays.

 

Education.

Pendant le dernier siècle l'éducation a fait bien des progrès. Les diverses confessions religieuses avaient leurs écoles. Les prêtres, les Frères, les Sœurs avaient toute liberté d'enseigner dans toutes les écoles. Peu à peu les maîtres étrangers ont dû être remplacés par des enseignants du pays et une bonne partie de l'instruction se fait maintenant dans les deux langues du pays: cinghalais et tamil, avec l'anglais comme deuxième langue importante.

Décembre 1960: le Gouvernement nationalise la plupart des écoles sans compensation. Les Ecoles Secondaires peuvent choisir de continuer comme écoles privées qui ne sont ni subventionnées ni autorisées à percevoir des scolarités. La plupart des écoles secondaires catholiques choisissent alors de continuer en se classant dans cette catégorie, mais avec de grandes difficultés financières. Nos quatre collèges sont devenus des écoles privées. Mais à cause des conditions financières impossibles, trois ont dû être passées à l'Etat. Les Frères continuent d'y travailler à cause des élèves catholiques. On enseigne la religion dans toutes les écoles d'Etat s'il y a 15 élèves d'une religion donnée.

L'avenir des Frères comme professeurs d'Etat et la possibilité de diriger des écoles privées dépendra de la politique du gouvernement. En dehors de l'enseignement, les Frères pourraient entreprendre d'autres activités directement reliées à l'éducation. Notre poulailler où il y a plusieurs jeunes travailleurs qui se forment, pourrait devenir une école d'agriculture bien équipée pour des cours postscolaires. Quelques Frères feraient tics études dans ce même sens. Et puis il y a le travail catéchétique dans les grandes paroisses et leurs dépendances, et les mouvements d'action catholique.

Le Chapitre Provincial envisage d'autres formes d'apostolat comme: Education des Adultes; Direction des Anciens Elèves; Aide aux Chômeurs; Aide médicale aux pauvres; Organisations de clubs et de jeux pour les enfants pauvres, en mettant nos cours à leur disposition; Distribution de vivres et habits pour les pauvres, au moins de temps en temps; colonies de vacances; assistance sociale; Foyers-restaurants pour universitaires ou étudiants; Bibliothèques gratuites.

 

Les problèmes sociaux.

On peut diviser Ceylan en deux zones:

a) La zone humide, partie sud-ouest de l'île, qui est très peuplée, où les chutes de pluie sont assez régulières toute l'année, et où, sans compter Colombo, plus de 7.000.000 de gens vivent du sol en une infinité de petits villages.

Le long de la côte, la culture du cocotier domine. Plus à l'intérieur c'est le caoutchouc, et dans les montagnes du centre, les terrains réservés au thé. La plupart de ces grandes propriétés appartiennent à des compagnies ou à des riches Ceylanais. Celles qui appartiennent à des Européens se vendent pour passer aux gens du pays. Les paysans ne sont pas à même de tenir tête au monde des affaires.

b) La zone sèche a été dans les temps très anciens le grenier de l'Orient, mais elle a ensuite bien dégénéré à cause des premières invasions, de la guerre, de la maladie et de la sécheresse. Et la jungle a recouvert les terres. C'est là le lieu privilégié de l'homme de la jungle, de l'homme paléolithique de Ceylan, le paisible Veddha qui vit de la chasse et dont les vertus surpassent de loin tous nos petits vices à nous. C'est dans ce secteur qu'a commencé une vraie entreprise de colonisation à grande échelle; c'est là que se poursuit la civilisation des vallées et que se recrutent les diverses unités de l'« Armée de terre de la Jeunesse » composé de centaines de milliers de jeunes, employés dans les nouvelles installations agricoles.

Il y a là une très large ouverture à l'apostolat dans les années à venir. A cause des difficultés de l'emploi, le gouvernement a ouvert ces colonies où des hectares de terres incultes sont alloués à des jeunes qui s'y établissent pour les travailler. Cela demande de la part de l'Eglise, des prêtres zélés pour s'occuper des jeunes colons catholiques. Et l'on demande aussi des religieux pour les aider.

 

L'avenir de l'Eglise et de l'Institut à Ceylan.

L'Eglise catholique sera toujours et pour longtemps une minorité à Ceylan, mais une minorité puissante capable de faire beaucoup de bien.

 Ceylan est le pays natal du Bouddhisme et la grande majorité des Bouddhistes sont des hommes doux et sincères. On dit que le Bouddhisme est la plus tolérante des religions. En général, les gens sont profondément religieux. Ils respectent le clergé et les religieux de toutes les religions. Même dans les transports publics il y a des sièges réservés au clergé. La religion est donc vraiment dans la vie des gens et l'avenir de l'Institut dépend de nous et de notre témoignage. Les vocations ne manquent pas, mais nous avons peu de ressources. La persévérance est très bonne. Si nos maisons de formation pouvaient être aidées davantage la situation pourrait s'améliorer et tous les espoirs d'un intense développement seraient ouverts à l'Institut dans notre île.

 

Calendrier lunaire.

J'ajoute un petit mot qui permettra au lecteur de voir que Ceylan, à certains égards, vit à un rythme un peu différent de celui de l'ensemble du monde mariste. Le calendrier lunaire est redevenu légal depuis 3 ans. C'est une législation d'inspira lion bouddhiste. Le congé hebdomadaire n'est donc plus le dimanche, mais coïncide avec une des quatre phases de la lune, de sorte que la semaine dure ou 7 ou 8 jours. La plupart du temps le dimanche tombe un jour ouvrable et évidemment il luit travailler même dans les écoles. De la sorte, chaque dimanche on dit les messes à divers moments: le matin, à midi ou le soir, pour que les gens puissent aller au travail et assister quand même à la messe à un moment de la journée. La sanctification du dimanche en souffre beaucoup; et cette législation ne s’est pas avérée non plus efficace dans le domaine économique.

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