Notre Province de Chine

19/Oct/2010

Le communisme, en Chine, est en train de couvrir tout le pays. Il n'est guère arrêté que par l'étendue que les armées ont à parcourir. Il sera, comme partout, l'ennemi irréductible de l'Église et, par suite, de nos Frères et de leurs Œuvres.

On peut s'attendre à une destruction complète, si le bon Dieu n'y met la main.

Déjà, il y a une dizaine d'années, les premières bandes communistes avaient enlevé une douzaine de nos Frères européens et les avaient gardés en captivité pendant six semaines, essayant d'en tirer une forte rançon. Ils avaient aussi dévasté la Trappe de Yangkiaping, où nos Frères, chargés des juvénistes trappistes, avaient dû être retirés.

Ce n'était encore que des escarmouches.

Mais, il y a trois ans, l'avance des communistes dans la Province du Shantoung avait causé la fermeture de deux de nos établissements : Wei-hai-wei qui comptait 900 élèves et Chefou qui en avait 1.200. Les Frères avaient été retenus par les nouveaux maîtres et envoyés dans un camp de rééducation, pour y subir, pendant des mois, des cours de pédagogie marxiste.

Relâchés, on les avait laissés reprendre leurs écoles. Mais leur premier soin avait été de s'évader en zone calme. Seul le F. Malya-Josaphat, Directeur, resté sur place avait été soumis à de mauvais traitements et de fortes amendes. A son tour, il avait fini par rejoindre des régions tranquilles.

Mais voici que depuis un an les événements se précipitent…

En décembre dernier, la région Pékin-Tientsin est tombée entre les mains des communistes. Nous avions là la maison provinciale de Chala avec un juvénat de 50 enfants, et le noviciat avec une dizaine de postulants et autant de novices. Dans la ville de Pékin nous avions 4 écoles, plus une maison pour les Frères qui suivent les cours de l'Université. A Haishanou, qui est à 15 kilomètres de Chala, se trouvait le scolasticat avec 80 jeunes gens. En Chine, lé scolasticat se fait avant le noviciat. A Tientsin, nous avons 2 beaux collèges.

Au moment du siège, la maison provinciale fut occupée par les troupes nationales et le scolasticat, par les troupes rouges. Des Frères restèrent courageusement sur place pendant que toute la jeunesse se repliait sur les écoles de la ville. Mais celles-ci furent aussi transformées en casernes et hôpitaux. Il avait fallu rendre aux familles presque tous les juvénistes et scolastiques.

La vieille capitale de Pékin, une fois prise, les Frères européens furent bloqués avec défense de sortir de la ville. Par contre, les Frères chinois pouvaient circuler. On avait pu, au début du siège, envoyer par avion une quinzaine de Frères dans les zones sud et ouest. Comme on désirait des Frères pour les écoles de beaucoup de Vicariats apostoliques, il fut facile de trouver des situations dans la province du Setchuen, celle qui touche le Tibet où l'on pensait alors que les communistes n'arriveraient pas de si tôt.

Les novices, au nombre d'une dizaine, profitant d'un peu de liberté laissée pour circuler, furent envoyés à Shanghai et y arrivèrent après bien des aventures, ayant traversé des régions des deux partis, arrêtés et fouillés en divers endroits ; l'un d'eux jusqu'à dix fois. Ils allaient par petits groupes, en train, en camion, à pied, en bateau, en pousse-pousse.

Une fois à Shanghai le noviciat fut reconstitué. Mais ce ne fut que pour peu de temps, car les armées communistes descendaient maintenant vers le sud. Il fallut fuir plus loin. Mais où ? Par bonheur, un Frère se trouvant à Macao avait entretenu le bon évêque, Mgr Ramalho, de la situation du noviciat. Le charitable prélat avait alors offert de recueillir dans son séminaire les pauvres novices. Les dix postulants ayant appris le succès de la fuite des novices avaient fait comme eux et les rejoignirent à Macao où ils ont pu prendre l'habit le 5 août dernier.

Des nouvelles qui filtrent des régions communistes, où l'on ne peut pénétrer, il résulte que, pour le moment, nos Frères continuent à vivre, sinon tranquillement, du moins avec des difficultés encore surmontables. Cela ne durera pas, car on sait la méthode communiste qui est de vous rendre la vie impossible, petit à petit. Les écoles seront fermées et les immeubles confisqués.

Si on a un peu de temps devant soi et surtout si on laisse les Frères sortir de Chine, on espère leur trouver des situations dans les écoles chinoises des régions autour de la Chine. On compte là, en Malaisie, aux Philippines, etc., des millions de Chinois. Singapore seul a 200 écoles chinoises. C'est là que sont établies déjà deux petites communautés dans deux écoles de la Mission.

Actuellement, il reste en Chine communiste 135 Frères, dont 66 Chinois.

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