Nouvelle Ă©cole de Wormhout

29/Oct/2010

Wormhout, chef-lieu de canton de 2.800 âmes, est un gros bourg rural placé au centre d'une immense plaine, les Flandres françaises, sur la nationale Lille-Dunkerque. L'antique et imposante église, pose son clocher au centre de la route et, à 10 km, le voyageur l'aperçoit.

Saint Winoc, apôtre des Flandres y établit un monastère au VII° siècle et une école importante. Il y mourut le 6 novembre 717.

La Vierge Marie y est invoquée sous le titre de Notre-Dame des Larmes.

Les Frères Maristes furent appelés par la Municipalité de Wormhout en 1868. Us y dirigèrent l'école communale jusqu'en 1891, époque où la laïcisation les obligea à s'installer dans un local aménagé en arrière de la primitive école.

Le premier Directeur fut le Frère Chrysole. C'est lui qui distingua parmi ses jeunes élèves le petit Henri Bécuwe, qui devint, sous le nom de Frère Diogène, le 6ième Supérieur Général de l'Institut. Son frère Alphonse Bécuwe, Frère Evergile, suivit son aîné au noviciat de Beaucamps. Cette école a donné plus de 10 Frères Maristes, une vingtaine de Prêtres, et d'autres religieux.

L'effectif de l'école s'est maintenu à une centaine d'élèves, remplissant trois classes, parfois quatre. Les locaux scolaires étaient parmi les plus pauvres de la Province. Ancienne maison bourgeoise d'un docteur du pays, aménagée au mieux, elle restait peu adaptée à l'enseignement. La cour était des plus exiguës! Louons les générations de Frères qui ont catéchisé, instruit des milliers d'enfants au cours de ce petit siècle d'existence. Dieu seul sait les merveilles de dévouement et d'amour de ces apôtres au cours des 70 dernières années en des locaux de fortune.

Quelques faits suffiront à convaincre les lecteurs. Longtemps la salle commune servit de cuisine et de chambre à coucher d'un Frère! Comme tant d'autres enseignants chrétiens, les Frères avaient dû se contenter d'un très maigre traitement. Les paysans et commerçants de Wormhout ne l'ignoraient pas; ils approvisionnaient largement la cave et la table de la petite Communauté longtemps réduite à deux Frères.

L'abondance était telle parfois que le Frère Directeur appelait à l'aide le Juvénat de Cassel, voisin de Wormhout. A la même époque, l'histoire rapporte qu'à Wormhout le Saint Curé d'Ars était imité: la nourriture, le café étaient préparés pour plusieurs jours… Cette époque est révolue. Les traitements ont été améliorés, mais les dons en nature ont beaucoup diminué et les vieux locaux scolaires ont été abandonnés.

 

Renouveau.

Dans les conditions matérielles décrites plus haut, le contrat n'avait été accordé que sous la condition de nouveaux locaux scolaires.

Wormhout est un centre rural. Un Cours d'Enseignement Général s'imposait pour la région. Les responsables de l'école y songèrent longuement. La Commune organisa le ramassage scolaire, les cantines, ne demandant aux familles qu'une légère participation. Faire des plans, acheter le terrain, trouver des fonds… autant d'étapes qui ont été heureusement franchies.

Et voilà qu'un terrain libre est acquis; au printemps 1963 la nouvelle école de garçons est tracée et les murs s'élèvent à 50 mètres de la route, devant une vaste cour; à gauche du préau il y a des possibilités de nouvelles constructions. A. l'entrée de la cour existe l'espace voulu pour la future habitation des Frères. Pour l'instant, trois belles classes modernes, au mobilier propret, où air et lumière abondent, de plain pied avec la cour, un long corridor-vestiaire, salle de toilette bien aménagée, le, chauffage à mazout en chaque classe… Telle est cette petite école moderne de campagne. Disposition et organisation bien étudiées, construction en très bons matériaux qui défiera les décades, car l'Enseignement Libre est trop pauvre pour construire du provisoire!

 

Inauguration et bénédiction de la nouvelle école Saint Joseph.

15 septembre 1963. Toute la journée a été centrée sur l'école chrétienne. Monsieur le Chanoine Froidure, Directeur de l'Enseignement libre, donna la prédication de circonstance à toutes les messes paroissiales. « A quoi bon ces efforts de l'Eglise, du clergé, des religieux, des religieuses, du Comité Familial scolaire de votre paroisse? Le petit chrétien baptisé est Fils de Dieu. Il faut lui donner le climat d'une école à l'esprit chrétien. Dans le diocèse de Lille, 90% des prêtres sont anciens élèves de l'enseignement libre. C'est un devoir sacré pour l'évêque de fournir cette école aux 65 000 jeunes qui demain se présenteront aux portes des écoles primaires. Si Son Eminence le Cardinal Liénart se déplace, c'est signe que l'événement est d'importance ».

En effet, à 15 heures, Son Eminence arrive pour bénir et inaugurer la nouvelle école. Les cloches appellent à la cérémonie. Monsieur le Maire reçoit le chef du diocèse. Le cortège s'ébranle; une longue théorie d'enfants de chœur, de nombreux prêtres, des Frères, des religieuses, toute la population chrétienne de l'endroit et de la région précèdent Son Eminence. Monsieur Allaeys, Président du Comité Familial scolaire, salue Son Eminence et souligne combien la présence du Cardinal est appréciée; il remercie les autorités présentes et tous ceux qui ont contribué à la belle réalisation que l'on célèbre. Il adresse un merci spécial aux souscripteurs, aux donateurs à domicile et aux quêtes, et dont la générosité a été en tous points admirable. Il ne peut oublier Monsieur le Doyen, au dévouement inlassable et intelligent. Personne n'est oublié ni le CF. Provincial des Frères Maristes, ni les Frères Directeurs qui se sont succédé au cours de ce siècle, ni les Dames de la Sainte-Union qui dirigent l'école des filles.

« Les Frères Maristes, continue l'orateur, se dévouent à l'éducation de nos fils depuis près d'un siècle. Quelle richesse pour notre paroisse de posséder ces Religieux qui élèvent nos enfants suivant les principes qui importent avant tout ici-bas: la réalisation du plan d'amour de Dieu sur eux, qui doit informer non seulement les activités purement religieuses, mais toutes celles de la vie d'un homme.

Qu'ils soient donc assurés de l'attachement profond que les Familles leur portent, qu'ils sachent que notre plus grande joie serait que cette petite Communauté puisse se développer en même temps que l'école.

Un merci aux parents qui confient à l'Ecole chrétienne la responsabilité d'élever et d'éduquer leurs enfants malgré les sacrifices imposés.

Mais il n'est que de regarder les résultats acquis pour se convaincre que le sacrifice n'est pas inutile. Nous remarquons autour de nous, à tous les postes de confiance et de dévouement civique, social, professionnel, culturel, des anciens élèves de St. Joseph. Le bilan des vocations de prêtres, séminaristes, frères, nous portent à remercier le Seigneur et à féliciter les éducateurs ».

S'adressant à Son Eminence, il le prie de faire descendre la bénédiction de Dieu sur cette nouvelle école pour qu'elle soit le gage d'un avenir prospère, d'une action rayonnante dans toute la région, suivant le désir des familles, un Cours d'Enseignement Général ouvert à toute la jeunesse des environs.

Dans sa réponse, Son Eminence le Cardinal avoue qu'il a tenu à se déranger pour bénir une nouvelle école, afin de marquer le prix que les chrétiens doivent y attacher.

« De l'audace? Oui; vous avez raison car la liberté est un grand bien à garder. Les familles doivent pouvoir choisir leur école ».

S'adressant aux garçons, Son Eminence leur dit « que cette construction nouvelle et coûteuse est pour eux. Devenez des hommes instruits et des chrétiens solides ».

Evoquant les Frères Maristes, les maîtres de Saint Joseph, S. Em. relève que la veille, la presse annonçait à Beaucamps 10 Professions Perpétuelles: « Il y a donc des vocations religieuses enseignantes». Il leur souhaite des maisons de formation prospères.

Il magnifie la réalisation de ce jour, fruit d'une belle collaboration entre Monsieur le Doyen et les autres Responsables. On ne mène une affaire de ce genre à bien et avec entrain qu'en équipe bien soudée. S. Em. invite et encourage à poursuivre l'effort, non seulement de maintenir la foi chrétienne et des bons principes dans la paroisse, mais aussi l'effort financier, lourde charge des années à venir.

Après avoir coupé le ruban qui barrait l'entrée de l'école, le Cardinal bénissait les nouveaux locaux. La foule satisfaisant sa légitime curiosité, envahissait les lieux.

15 septembre 1963 s'inscrit pour la paroisse de Wormhout et pour toute la région des Flandres, comme une grande journée, engageant les Chrétiens, les Frères dans un avenir réconfortant, mais d'un enjeu important.

Saint Joseph Patron de l'Ecole, grand pourvoyeur, procurez-nous fonds et enseignants!

Que Dieu en soit béni et nous aide!

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