Nouvelles de Chine

24/Oct/2010

La pauvre Province de Chine qui est, pour le moment, la partie souffrante de l'Institut, commence à donner des nouvelles moins pénibles que pendant les années qui ont suivi le déchaînement de la persécution communiste.

Elle est, comme on sait, coupée en deux et il y a environ le même nombre de Frères chinois de chaque côté du « rideau de bambou » : une soixantaine. De ceux de l'intérieur on ne sait pas grand’ chose sinon que douze d'entre eux sont toujours en prison et que les autres sont arrivés, soit en occupant quelques postes dans les écoles, soit par divers métiers ou emplois, à vivre de leur travail. En deux endroits : Pékin et Tientsin, ils ont pu reformer une communauté clandestine.

Les nouvelles sont plus abondantes de Canton qui est proche de Hong-Kong et où des voyageurs chinois peuvent circuler de temps en temps. C'est ainsi que le Frère Adon, dont le dernier Bulletin a déjà donné des nouvelles, a pu faire passer encore une lettre que les Frères de Hong-Kong ont pieusement transmise ici au Révérend Frère Supérieur Général. Elle mérite d'être conservée comme une relique.

Il continue donc courageusement ses catéchismes aux enfants qui lui arrivent. Il en a réuni déjà 70 et dit qu'il a eu la joie d'en préparer une dizaine à leur première Communion pour Pâques. Le service religieux n'est pas entièrement détruit à Canton puisqu'il dit pouvoir aller à la messe tous les jours. Il a pu correspondre avec le Frère Damien qui est le Visiteur de Pékin. Celui-ci lui a fait parvenir une soutane, un cordon et un rabat. C'est en costume religieux complet qu'il assiste à la messe, prenant ensuite la robe chinoise.

Dans l'autre secteur, celui de la Chine extérieure, comme nous disons, les choses vont beaucoup mieux. Les six écoles de Malaisie sont en pleine prospérité et on espère en créer une à Kuala-Lumpur, capitale de la Fédération. De nombreuses démarches auprès du Gouvernement de la Fédération sont en bonne voie malgré la lenteur provenant de la bureaucratie. Ainsi, un terrain de quatre hectares est mis à notre disposition et une souscription est en cours. Nous avons été dispensés de la taxe de 30 % qui frappe les collectes et le Gouvernement donnera autant d'argent que nous en aurons recueilli. On peut espérer avoir, sinon de quoi bâtir un vaste collège, du moins de quoi commencer une école qui se développera tout doucement comme font les œuvres du Bon Dieu où les Frères apportent leur dévouement et leur persévérance.

Il se fait d'ailleurs beaucoup de bien dans ces milieux païens assez déshérités dans le passé et où les prêtres et religieux expulsés de Chine sont venus fournir un personnel qui faisait jadis défaut.

Le Bulletin a raconté comment, au passage du Révérend Frère Supérieur Général, le collège de Hong-Kong avait présenté plus de 40 de ses élèves au baptême. Ce n'est qu'un cas particulier dans l'évangélisation de cette grande ville. Lors de la fête de Pâques, le total des baptêmes enregistrés dans les paroisses et chapelles a atteint 3.537.

D'autre part, grâce à la Caisse des Missions alimentée par toutes les Provinces et une aide de la Caisse Générale, le Juvénat de Singapore, jusqu'ici tout petit puisqu'il était déjà trop plein avec ses seize juvénistes, va pouvoir s'agrandir un peu. On envisage le noviciat d'ici deux ans et ainsi la Province malheureuse aura trouvé l'espoir de jours meilleurs.

 

Notre costume et les communistes chinois. Les deux caricatures (p. 511) ci-dessous, sont prises entre des centaines d'autres, à des journaux, revues, ou affiches chinoises qui en illustrent leurs textes antireligieux.

Quelques mots d'explication sont nécessaires pour les bien comprendre.

Il faut savoir d'abord que nombre de Chinois portent une robe qui ressemble beaucoup à une soutane. Elle descend jusqu'aux chevilles et s'agrafe, non sur la poitrine, mais le long du flanc droit. Elle porte deux fentes en bas, à gauche et à droite, pour faciliter la marche.

La couleur ou la richesse de l'étoffe peut varier, mais l'aspect général est celui d'une soutane.

Aussi les premiers missionnaires l'ont adoptée et elle a été le costume du clergé jusqu'à une époque assez récente. Beaucoup de prêtres et d'évêques d'ailleurs, la portaient encore ces temps-ci.

Quand nos premiers Frères vinrent en Chine, vite on les invita à quitter leur soutane pour la robe chinoise. Mais ils s'y refusèrent et notre soutane fut ainsi le premier costume religieux qui parut sur cette terre païenne.

Il y eut même un conflit lorsqu'eut lieu la première vêture à Pékin, en 1893. Mgr. Favier, évêque d'alors s'opposait à ce que l'on donnât le costume mariste à nos premiers Frères, ses diocésains. La fermeté du Révérend Frère Théophane sur ce point finit par triompher et tous nos Frères chinois par la suite portèrent notre habit.

Venons-en maintenant aux caricatures qui représentent des Frères Maristes.

Pour faire apparaître aux yeux des foules des prêtres et des évêques catholiques, il fallait autre chose que la robe chinoise trop communément portée ; les communistes n'ont donc rien trouvé de mieux que de les déguiser en Petits Frères de Marie, avec le rabat bien visible et le crucifix sur la poitrine. Mgr Ribéri, délégué apostolique, a ainsi paru en costume de Frère Mariste tout le temps qu'a duré la campagne menée pour son expulsion. Il en fut de même pour tous les évêques ou prêtres.

Dieu seul sait le nombre d'injures que notre saint habit a subies depuis des années. Mais c'est aussi, pour nous, une gloire d'avoir servi de cible aux insultes de ceux qui veulent détruire l'Eglise. Un régiment est d'autant plus fier que son drapeau revient de la bataille percé de plus de balles. C'est le cas pour notre costume qui sort de la persécution criblé de plus de moqueries inspirées par l'enfer.

RETOUR

Passion de GĂ©rone...

SUIVANT

Une sympathique fĂŞte au S. Leone Magno de Ro...