Organisation de laction catholique au collège « N. D. du Carmel » à Bogota

27/Oct/2010

Historique. Le collège « Del Carmen » à Bogota, a organisé l'Action Catholique sur des bases solides et efficaces. Le R.P. Conseiller et le F. Assesseur se sont d'abord attachés à former un noyau de vrais chefs entraînés, choisis parmi les grands élèves. Après quoi ils ont procédé à la création de « cellules » dans chaque classe du collège. Chacun des chefs initiés précédemment a dû former une section de quatre camarades. Dans les réunions fréquentes des cellules, les chefs donnent des consignes, examinent l'état des esprits de telle ou telle classe, ce qu'il y a lieu de faire pour aller de l'avant et exécuter les plans adoptés. C'est ainsi qu'on est arrivé à former des cadres de militants dans cet apostolat qu'on peut appeler horizontal. Ils sont devenus un noyau qui a servi à multiplier les cellules actives et remuantes. Les cellules sont groupées en « cercles » agrégés à l'Action Catholique centrale. Le mouvement a gagné toute l'école qui se trouve sous l'action des jeunes jécistes. C'est tout à fait les méthodes communistes.

Ses principes. L'Eglise est le corps du Christ dont chaque chrétien constitue une cellule vivante qui participe non seulement de sa vie mais aussi de sa mission. Le Christianisme, en pénétrant dans le monde païen, le transforma grâce à la force irrésistible créée par l'union entre prêtres et laïcs. A partir du XVIe siècle surtout, la société commença à se déchristianiser, les laïcs oubliant leur devoir de collaborer avec la hiérarchie. Aujourd'hui nous vivons dans un climat païen et cela continuera tant que les laïcs ne comprendront pas que leur action est nécessaire et urgente. Ils doivent passer de la passivité à une activité audacieuse. Ils doivent pénétrer partout et commencer par créer une ambiance favorable à la religion, dans la presse, la radio, le cinéma, les professions diverses, les institutions… Mais cela ne se fera que si ces leaders sont pénétrés eux-mêmes d'esprit chrétien. Leur formation doit commencer dès le collège, d'où ils doivent sortir animés d'un véritable idéal chrétien et formés à l'apostolat. Ce sont les idées qui gouvernent le monde et le rôle décisif appartient aux classes dirigeantes.

 

Les activités. D'abord pour agir avec succès, il faut connaître son milieu de travail. Pour cela on a organisé des enquêtes dans les classes du collège « Del Carmen » et dans les autres collèges de la ville. Les résultats en sont étudiés par le Conseil directeur et le comité des chefs de cellule. Elles ont montré au vif les besoins religieux, moraux, économiques, sociaux des étudiants, leurs dispositions et les possibilités de collaboration. Après ces études et d'après les données des enquêtes, on a passé aux décisions. Des campagnes ont été organisées pour mener cette guerre psychologique centrée sur tel problème concret. Ces campagnes se sont faites d'abord chez nous, puis dans les autres collèges de la ville et de là on est arrivé à organiser des manifestations de masse. On a organisé aussi des semaines sociales, des semaines de rechristianisation, des semaines de charité, etc. Il nous faut de l'audace à l'exemple de nos ennemis.

Naturellement les premiers atteints ont été les élèves eux-mêmes qui doivent s'appliquer à une vie chrétienne intense et vécue: et l'on a remarqué que loin de nuire à leurs études, cette formation à l'apostolat les porte à s'y adonner dans un grand esprit de sacrifice ce qui ne fait que favoriser les bons résultats. Les activités des cellules se font toutes d'ailleurs en dehors des heures de classe et ne portent aucun préjudice aux études. De plus le corps professoral est tenu au courant et Mrs. les Recteurs des collèges sont invités à se réunir entre eux périodiquement pour présenter les remarques voulues. Toutes les activités sont aussi sous le contrôle du Conseil ou Junte directrice de la Confédération des collèges privés.

Une des activités d'une extrême utilité a été la création, par le comité directeur, d'un ciné-forum pour les élèves des collèges, dans le but de donner des directives justes sur le cinéma et diminuer le danger des mauvais films.

De toutes nos œuvres de Colombie, collèges ou écoles, on pourrait apporter des exemples d'une semblable activité apostolique. « L'apostolat social si recommandé par l'Eglise, dit un Frère Supérieur, y est en honneur ». Les grands élèves de nos collèges consacrent leurs dimanches ou autres jours disponibles à catéchiser les ignorants, ils se mêlent le plus possible aux jeunes ouvriers que la propagande communiste essaie d'attirer.

Tous nos collèges se proposent de fonder une école annexe gratuite pour enfants du peuple. Les maisons de Pasto, de Popayán, de Manizales, de Cali ont déjà réalisé cette bonne œuvre et d'autres suivront.

Nos anciens élèves de Colombie se conservent en général fidèles à l'idéal chrétien que les Frères leur ont inculqué. On les trouve nombreux dans toutes les positions et situations sociales, souvent dans des postes-clé. Plus consolant encore est de constater le nombre de vocations sacerdotales et religieuses sorties de nos écoles : on ne compte pas moins de six évêques et trois cent cinq prêtres anciens élèves.

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