Orientation professionnelle

F. Elie-Victor.

13/Apr/2010

V. EXAMEN CRITIQUE DU PROBLÈME DE L'O.P.

Après ce rapide coup d'œil sur les différents aspects du problème de l'orientation, il nous reste à attirer l'attention sur sa complexité et particulièrement sur les difficultés que rencontre sa solution dans sa formule actuelle, c'est-à-dire à la suite d'un examen unique, effectué en une ou plusieurs séances.

Ces difficultés sont de deux sortes.

 

DIFFICULTÉS D'ORDRE PRATIQUE

Les difficultés d'ordre pratique ne paraissent pas insurmontables, encore qu'il ne faille pas en sous-estimer l'importance, car elles peuvent entraver gravement la bonne marche des offices d'orientation. Elles ont' trait pour la plupart à l'établissement de l'étroite et bienveillante collaboration qui doit exister entre toutes les instances de près ou de loin intéressées à l'avenir professionnel des jeunes : familles, écoles, œuvres de jeunesse, associations patronales et pouvoirs publics.

Il reste encore énormément à faire dans ce domaine. Nous ne parlerons pas de la futilité des motifs qui décident beaucoup de parents à pousser leurs enfants dans une voie donnée, ni du manque d'intérêt que rencontre la question de l'O. P. dans les milieux patronaux, encore toujours trop exclusivement préoccupés du rendement immédiat du travail de leurs ouvriers. Faisons simplement remarquer qu'en ce qui concerne les instituteurs, quiconque pratique l'orientation professionnelle peut témoigner de l'ignorance dans laquelle se trouvent nombre d'entre eux au sujet de la famille, des goûts, des dispositions particulières et des projets d'avenir de leurs élèves. L'école d'aujourd'hui n'a pas encore abandonné le préjugé intellectualiste. Elle voit toujours dans l'enfant avant tout un esprit à meubler de connaissances. Uniquement préoccupés de programmes et de méthodes, les maîtres n'attachent qu'une médiocre importance à l'étude de la personnalité de leurs élèves et à leur avenir. Et cependant, à condition de prendre leur tâche à cœur, ils sont mieux placés que n'importe qui pour collaborer efficacement avec les offices d'O. P. Personne n'est à même de mieux connaître la véritable physionomie morale des enfants qui leur sont confiés. S'il faut en croire le Dr Huth, de Munich, c'est l'observation méthodique et prolongée de l'enfant par l'instituteur qui constitue le meilleur moyen d'investigation pour connaître la personnalité enfantine1.

Mais encore une fois, ces difficultés ne sont pas insurmontables. On peut réformer les mentalités sur ce point.

 

DIFFICULTÉS D'ORDRE SCIENTIFIQUE

Nous n'insisterons pas sur les difficultés que présente, pour l'orientation professionnelle, l'examen médical et physiologique. Cela dépasse notre compétence. Contentons-nous de constater que les médecins s'accordent en général pour déclarer que leur rôle est plutôt négatif. Il consiste en ordre principal à rechercher s'il n'existe pas chez le futur apprenti des tares physiques susceptibles de constituer un obstacle à l'exercice de la profession convoitée ou capables d'engendrer à la longue quelque maladie professionnelle, maladie qui d'ordinaire se greffe sur les prédispositions héréditaires du patient. Il y a, certes, possibilité pour le médecin d'affirmer, sur la base de données anatomiques, physiologiques ou pathologiques qu'un candidat convient ou ne convient pas pour une profession déterminée. Mais il est infiniment plus délicat pour lui de vouloir se livrer (sauf peut-être dans certains cas bien spécifiques et extrêmement rares) à une orientation spécialisée des sujets. Outre que la moyenne des sujets est apte à la plupart des métiers, on ne conçoit guère que l'on fasse dépendre l'avenir professionnel des jeunes gens de leurs seules aptitudes physiques, quelque exceptionnelles qu'elles puissent paraître.

De plus, comme le fait si bien remarquer le Dr Paul De Nayer2, le médecin se trouvera d'ailleurs toujours devant une difficulté énorme, qui l'incitera à une prudente réserve (surtout dans l'hypothèse actuelle où il doit conclure à la suite d'un examen unique). On ne lui demande pas de déceler des capacités, mais plutôt des aptitudes de travail, des qualités qui n'aspirent certes qu'à se développer, mais, au moment où le sujet se soumet à l'examen, c'est un potentiel plutôt qu'un présent que le médecin devra évaluer. L'incertitude de la conclusion en est évidemment accrue. Les conditions seraient plus favorables si l'O. P. se trouvait intégrée dans l'ensemble de l'œuvre éducative et si le soin d'examiner les enfants en vue de leur orientation incombait au médecin d'école. Celui-ci, qui devrait d'ailleurs se spécialiser dans la médecine d'adolescents, serait à même d'être beaucoup plus affirmatif. Il aurait l'occasion de suivre les enfants au cours de leur croissance et pourrait de ce fait risquer, avec une plus grande tranquillité d'esprit, un pronostic sur l'évolution ultérieure de ces organismes, habituellement en crise pubertaire au moment où se pose le problème de l'orientation. Bref, l'examen médical conduit rarement à une indication positive, il se limite généralement à dépister les contre-indications qui s'opposeraient à l'exercice de la profession envisagée.

Vient ensuite l'examen des organes des sens. Lorsque le sujet à orienter ne présente pas d'anomalies sensorielles graves, l'orienteur est suffisamment outillé (échelle opto-métrique, acoumètre, etc.) pour procéder à cet examen. Dans le cas contraire, il a toujours le loisir d'adresser son client à un médecin spécialiste. En d'autres mots, cet examen ne présente aucune difficulté particulièrement grave.

Malheureusement, on ne peut pas en dire autant en ce qui concerne l'examen psychologique et psychomoteur. Ici nous nous heurtons à des problèmes quasi insolubles. Or, c'est cependant sur la possibilité de cet examen que repose toute la valeur de l'O. P.

Ni l'état actuel de la science psychologique, ni les moyens d'investigation et de mesure dont elle dispose ne permettent d'établir rapidement et avec quelque certitude le diagnostic d'un individu, moins encore de formuler en toute sécurité d'esprit un pronostic sur son avenir professionnel.

A la remorque des sciences positives, auxquelles avait réussi au-delà de tout espoir l'application des procédés d'analyse et de mesure, la Psychologie expérimentale, qui en était encore à ses débuts au moment où surgit le problème de l'O. P., en avait cru la solution relativement facile. D'une part, on ferait l'inventaire des aptitudes des individus et, d'autre part, on dresserait, à la suite d'une analyse minutieuse, la monographie ou tableau des diverses exigences de chaque profession. Après quoi, le travail de l'orienteur se ramènerait en quelque sorte à une manœuvre semblable à celle qu'exécute le serrurier, qui, disposant d'un trousseau de clefs, cherche laquelle s'adapte le mieux à une serrure donnée.

On s'était figuré naïvement que nos concepts psychologiques correspondaient à une série de fonctions parfaitement identifiables, dissociables et mesurables. Depuis lors, sur la base de nombreuses évidences, il a fallu abandonner totalement cette conception simpliste de la vie psychique et se convaincre que la personnalité humaine est autre chose qu'un simple amalgame de quelques fractions hétéroclites et autonomes que l'on peut mesurer séparément au moyen de certaines épreuves ou tests « analytiques ».

Bien au contraire, la vie psychique se caractérise essentiellement par son unité foncière. Et cette unité se traduit par une étroite et constante interdépendance de toutes les fonctions particulières, qui sont davantage des concepts que des entités réellement distinctes. Toutes, en effet, sont l'expression d'une seule et même âme. En sorte que dans chacun de nos comportements, quelque élémentaire qu'il soit, notre personnalité tout entière tend à s'exprimer. Aussi, est-ce céder au plus absurde des mirages que de prétendre pouvoir mesurer isolément une fonction psychique quelconque. Nous ne voulons pas cependant, pour autant, dénier toute valeur à l'utilisation des tests, même analytiques. Ils donnent certains résultats et sont susceptibles de perfectionnements ultérieurs.

Mais le psychotechnicien se bute à une autre difficulté connue également du médecin. Pour avoir une grande valeur pratique, l'O. P. doit se faire à un âge où l'enfant n'a pas encore choisi une carrière, c'est-à-dire, la plupart du temps, au sortir de l'enseignement élémentaire, quand la crise pubertaire bat son plein. Par suite, l'orienteur doit se baser sur les aptitudes en voie de développement et non seulement sur l'examen des capacités existantes et pleinement évoluées. Mais à partir de quel moment ces aptitudes naissantes sont-elles suffisamment caractérisées pour qu'on puisse en affirmer l'existence ? Puis, que deviendront-elles ? N'y en a-t-il pas de latentes qui apparaîtront plus tard ou même se substitueront aux premières ? Voilà autant de questions auxquelles, dans l'état actuel de nos connaissances, il nous est interdit de répondre autrement que d'une manière conjecturale. Les aptitudes, en effet, ne sont que des tendances virtuelles, des qualités fonctionnelles ayant atteint un certain degré de développement. Si ces aptitudes sont nettement caractérisées, il est probable qu'elles constituent des aptitudes vraies, qui se transformeront en capacités réelles sous l'effet de l'apprentissage.

Mais, malgré tout, elles ne sont que des virtualités et comme telles n'autorisent qu'un pronostic fort précaire : l'avenir pourra le vérifier mais ne le vérifiera pas nécessairement ; car, en biologie surtout, toute prévision reste problématique. Chez les adolescents, les aptitudes, de quelque ordre qu'elles soient — motrices, intellectuelles, affectives — sont sujettes à des arrêts, des régressions, voire même à des substitutions. Certaines peuvent n'apparaître que tardivement. Il est déjà délicat de prévoir, par exemple, la perfectibilité des fonctions motrices, chez l'adulte, à fortiori, par conséquent, chez l'adolescent en pleine transformation physique, psychique et morale. Tout cela nous montre jusqu'à quel point nous nous trouvons ici sur un terrain mouvant.

Il est certains autres problèmes encore, qu'on ne peut perdre de vue en matière d'orientation. Ainsi, au point de vue du rendement ou de la réussite d'un individu dans une carrière donnée, les capacités techniques ne sont pas seules à entrer en ligne de compte. Il y a aussi les dispositions caractérielles du sujet. L'examen attentif de travailleurs malchanceux, changeant fréquemment d'atelier et de métier découvre souvent moins des défauts d'aptitudes que des troubles de caractère, déclare M. Fauville3.

Les expériences réalisées dans un laboratoire de psychologie ne peuvent pas suffire pour mettre à nu toutes les particularités du caractère des individus. D'abord, quoi qu'on fasse, le laboratoire constitue un milieu irréel, artificiel où, consciemment ou inconsciemment, on cache son naturel pour adopter une attitude composée.

Ensuite l'étude des caractères est la partie la moins avancée de la Psychologie scientifique parce que la plus difficultueuse. Les dispositions caractérielles sont, en effet, très difficiles à dépister et se montrent rebelles à toute évaluation quantitative. Les classifications caractérologiques ne manquent pas, il est vrai, mais leur multiplicité même trahit leur incertitude.

On est même en droit, sur la base de certaines données statistiques, de se demander si on arrivera jamais à une classification objective des caractères. Plus d'un psychologue en doute. Quoi qu'il en soit, jusqu'à présent, seule une longue et patiente étude des individus peut nous dévoiler complètement leur caractère.

Il est une dernière considération à laquelle nous voulons nous arrêter avant d'en arriver aux conclusions.

Les études statistiques ont révélé que toute aptitude ou propriété biologique quelconque tend à se répartir suivant une loi déterminée qu'on peut énoncer comme suit : « L'immense majorité des individus a des capacités de valeurs très voisines, et les capacités qui s'écartent fortement de la moyenne sont d'autant plus rares qu'elles s'en écartent davantage ».

Cette répartition des aptitudes nous fait voir le problème de l'O. P. d'une façon spéciale. En effet, si la majorité des individus a des aptitudes moyennes, il doit être assez difficile de pratiquer une réelle 0. P., c'est-à-dire d'indiquer à chaque individu une voie différente, qui leur soit propre à l'exclusion de toute autre. Autrement dit, la question de l'O. P. positive se poserait surtout pour les individus chez qui les aptitudes s'écartent nettement de la moyenne. C'est le cas des anormaux légers d'une part, des individus présentant une aptitude tout à fait spéciale et exclusive d'autre part.

 

VI. CONCLUSIONS

Nous n'avons pas épuisé, tant s'en faut, la liste des difficultés et des objections d'ordre scientifique auxquelles se heurte le problème de l'O. P.

Faut-il en conclure que la chose ne mérite qu'une médiocre attention ?

Je ne le crois pas.

Malgré ses insuffisances, l'O. P. rend d'ores et déjà des services notables et mérite de ce fait les encouragements des pouvoirs publics.

 

1) Elle réforme peu à peu la mentalité des parents et des employeurs à l'égard de l'avenir professionnel des générations montantes.

2) Elle fait déjà œuvre très efficace sous sa forme négative, c'est-à-dire en éloignant les jeunes gens des professions pour lesquelles ils ne sont pas nés.

3) En utilisant certaines données, telles que l'âge mental ou le quotient intellectuel, il est possible de faire une excellente orientation globale. Celle-ci consiste à indiquer aux enfants quelle catégorie de professions leur convient : professions manuelles, commerce, carrières administratives ou libérales.

4) L'expérience et le flair aidant, plus d'un orienteur peut se permettre des avis plus précis et conseiller dans nombre de cas une profession déterminée.

5) La pratique prolongée de l'O. P., jointe aux progrès des sciences psychologiques, pourra perfectionner encore énormément les techniques actuellement en usage. « La fonction crée l'organe. »

 

Mais une dernière et capitale remarque s'impose, dont le bien-fondé ressort clairement (nous l'espérons du moins) de tout cet exposé.

L'O. P. appelle une profonde réforme de structure, qui d'ores et déjà est en voie de réalisation. L'expérience acquise par les orienteurs d'une part, les progrès réalisés par les sciences psychologiques, d'autre part, prouvent qu'il n'est pas sensé de vouloir décider de la vocation professionnelle des jeunes gens à la suite d'un examen unique, quelque complet qu'il puisse être.

Cette conception primitive doit être abandonnée au plus tôt sous peine de voir à bref délai tomber dans le discrédit général une institution dont on attend cependant beaucoup de bien, parce que répondant à un réel et urgent besoin social. Elle repose, nous l'avons vu, sur une base psychologique extrêmement simpliste : l'individu posséderait un petit nombre d'aptitudes générales faciles à mesurer et d'une importance capitale pour la réussite dans la vie professionnelle.

Ensuite cette conception souffre d'un vice congénital. L'O. P., dans ses débuts, répondait surtout à un souci d'ordre économique : sélectionner la main-d'œuvre en vue d'un meilleur rendement général du travail.

Bien entendu, on ne pourra jamais perdre de vue cet aspect du problème. Mais néanmoins l'aspect moral et social mérite nos préférences. Il faut, dit M. Fauville, voir avant tout dans le futur travailleur « une personne humaine qui doit réaliser sa destinée terrestre, individuelle et sociale, et sa destinée éternelle. Au-delà des aptitudes, il faut considérer le caractère, la vie morale et religieuse, le bien de la famille, le bien de la société. La grande règle consistera à choisir une profession procurant à chacun le genre de vie le plus favorable à l'épanouissement heureux de sa personnalité ». A cette fin l'O. P. ne peut se réduire à un examen momentané des individus. Elle doit devenir « une fonction continue » qui prend l'enfant dès son entrée à l'école, le suit à travers ses études élémentaires ou secondaires, à l'école technique et à l'atelier d'apprentissage pour ne le quitter que lorsque son éducation professionnelle est pleinement achevée.

« L'Orientation Professionnelle présente un aspect éducatif primordial ; elle constitue une partie intégrante de l'orientation générale de l'éducation. Il ne s'agit pas seulement de mesurer les aptitudes et les connaissances, de déterminer les traits du caractère ; tout cela n'existe qu'à l'état d'ébauche ; il faut développer ou même créer des aptitudes et des connaissances, cultiver un idéal, former un caractère, constituer le milieu favorable ou intégrer l'individu à ce milieu.

Bref, elle est une tâche complexe ne pouvant se baser sur un seul examen technique. Elle est un travail de longue haleine exigeant des examens répétés et réalisant des déterminations progressives.

Etant une des tâches de l'éducation, l'orientation professionnelle incombe, à des degrés divers et variables suivant les cas, à tous les agents éducateurs. Ont donc un rôle à jouer, l'Eglise, les parents, l'école, les œuvres d'éducation, les organismes gouvernementaux.

En pratique, le travail principal devrait s'accomplir à l'école. Commencé dès l'école primaire, il devrait se continuer au collège ou à l'école professionnelle. Il pourrait être réalisé par les membres du personnel enseignant ayant reçu un complément de formation psychologique ou, mieux, par certains membres de ce personnel ayant une formation spécialisée. Des offices centraux, gouvernementaux ou autres, leur fourniraient les renseignements techniques et économiques nécessaires. Pour les jeunes apprentis et généralement pour les jeunes gens ayant quitté l'école, le même travail s'achèverait principalement dans les œuvres de jeunesse par des dirigeants ayant une formation psychologique et technique appropriée. Vivant en contact habituel avec les enfants et les adolescents, étant renseignés sur leurs connaissances et leur caractère, pouvant les soumettre à des examens répétés, ces éducateurs dirigeraient toute l'éducation et orienteraient progressivement la formation professionnelle.

Les cas difficiles devraient être soumis à des psychologues spécialisés. Il conviendrait de promouvoir dans chaque pays la création de quelques cliniques psychologiques ou

M. J. Drabs, directeur de l'Ecole d'Ergologie de Bruxelles, parle dans le même sens. « L'O. P., dit-il, doit prolonger son assistance, de l'école à l'entreprise, de telle sorte qu'elle assure aux jeunes gens l'adaptation la plus favorable dans le cadre professionnel le plus adéquat ; l'Office ne peut y suffire sans la collaboration directe des familles, des écoles, des œuvres sociales et celle des organismes de placement, des groupements patronaux et syndicaux ; l'O. P. est de fait une œuvre de coordination et de coopération ; elle commence dans la famille par l'éclosion des aspirations naturelles, à l'école par la révélation des tendances majeures et finit à l'atelier, au bureau, dans la vie pratique, quand le travailleur est nettement qualifié pour son état et lui assure son rendement optimum ».

De tout ceci, il ressort clairement que l'O. P. ne peut prétendre à l'autonomie et se livrer à une politique isolationniste, sauf à entretenir momentanément quelques brefs rapports avec les familles, l'école et les milieux du travail. Elle doit, au contraire, s'intégrer aussi intimement que possible aux institutions scolaires d'une part, aux milieux du travail d'autre part. Le problème de l'O. P. est infiniment plus complexe qu'on ne se l'était figuré à l'origine. Il ne pourra se résoudre idéalement qu'en s'articulant le plus parfaitement possible avec l'ensemble des sciences du travail ou sciences ergologiques. En effet, l'adaptation de l'homme au travail n'est qu'un des aspects du problème. Il faudrait aussi procéder à l'adaptation inverse, veiller à ce que l'outillage économique et les divers milieux du travail (milieu matériel, milieu humain : surveillants, contremaîtres, directeurs) soient adaptés à l'ouvrier.

Mais c'est là, sans doute, un idéal vers lequel il faut tendre sans trop espérer l'atteindre.

F. Elie-Victor.

__________________

1 (1) Voici à titre documentaire ces différents moyens avec leur coefficient de certitude respectif :

1° Les recherches anthropologiques 4 %

2° Les résultats des examens scolaires 4 %

3° Les épreuves de connaissances 5 %

4° Les examens médicaux 8 %

5° Les épreuves de comportement physique. 9 %

6° L'impression intuitive (sans conversation préalable avec le sujet) 12%

7° Les travaux personnels du sujet 13 %

8° Les épreuves psychologiques (collectives) 37 %

9° L'entretien « psychologique » avec le sujet 66 %

10° L'observation méthodique prolongée par le chef d'association sportive ou de scoutisme 70 %

11° L'observation méthodique prolongée par les parents 96 %

12° L'observation méthodique prolongée par l'instituteur 98 %

2 Professeur à l'Université de Louvain (Belgique).

3 M. A. Fauville, professeur de psychologie à l'Université de Louvain.

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