Première vêture à Mtendere, Nyassa

21/Oct/2010

Le 8 décembre 1952 restera une date mémorable dans les annales de Mtendere. C'est ce jour-là, en effet, que le premier postulant Africain revêtit les livrées maristes, en territoire du Nyassa.

Le matin à la première messe, le F. Adolphe-André, récemment nommé visiteur et maître des novices, ainsi que le F. Jean-Luc, Directeur du Juvénat et de la maison de Noviciat — les deux étant sous le même toit — prononçaient le vœu de Stabilité.

Mais l'attrait principal de la fête allait être la cérémonie de la Prise d'Habit, Le postulant, Patrick Tiyesse, âgé de plus de 30 ans et déjà, professeur plusieurs années dans les écoles de la mission, avant de l'être au Juvénat, s'était préparé à cet événement par une fervente retraite, prêchée par un prêtre indigène suffisamment âgé et expérimenté, et Supérieur de mission. Les Juvénistes l'avaient suivie en partie.

Mgr O. Julien, Vicaire Apostolique démissionnaire, celui-là même qui avait fait venir les Frères au Nyassa. avait promis de venir présider la cérémonie. Il voulut la faire précéder d'une Messe Pontificale qui se déroula dans l'une des salles de la nouvelle construction, décorée pour la circonstance, avec autant de goût que nos chapelles d'Europe ou d'Amérique. Cette messe pontificale eut lieu à 8 heures. Le diacre et le sous-diacre étaient des prêtres indigènes. Elle fut chantée en grégorien par les Juvénistes qui s'acquittèrent de cette tâche avec beaucoup d'aisance et de sûreté. Outre les Juvénistes, on remarquait dans l'assistance, les élèves de l'Ecole normale de Likuni avec leurs maîtres, les Frères et les élèves de l'Ecole secondaire de Mtendere. quelques Pères Blancs, ainsi qu'un certain nombre des membres de la famille du nouveau novice, dont son père qui n'est pas encore chrétien. 

A 10 heures, Monseigneur Julien revint pour la cérémonie de la Vêture. Le questionnaire avait été traduit en « Cinyanja », de sorte que tout le monde put suivre facilement, et avec une émotion visible, le dialogue entre Monseigneur et le postulant. Mais quand ce dernier revint quelques instants plus tard, revêtu de sa belle soutane blanche, l'émotion fut à son comble et plus d'un ne pouvait retenir ses larmes. Il se fit un silence impressionnant quand, F. Augustino Patrick — c'est le nom du nouveau novice — d'une voix ferme et convaincue, lut sa Consécration à la Sainte Vierge. On sentait que tous les assistants vibraient à l'unisson.

Le salut du Saint-Sacrement qui suivit, conformément au Rituel, fut chanté par les Juvénistes, en polyphonie, et très pieux. Avant le chant du Te Deum, le secteur de Nyassa fut consacré au Cœur Immaculé de Marie.

Quand tout fut terminé, on prit quelques photos pour conserver le souvenir de la fête. Après quoi, Monseigneur, les Pères, les Frères et les Juvénistes s'empressèrent autour du nouveau novice pour le féliciter. Puis ce fut l'offrande de quelques cadeaux, à commencer par celui de Monseigneur.

A midi, un repas de famille réunissait tous ceux qui avaient pris une part active à la fête. Le dîner était à peine commencé que survint Mgr Fady, le nouveau Vicaire Apostolique qui félicita les Frères, leurs élèves et F. Augustino Patrick. Après le repas, il continua sa route.

L'après-midi fut consacré en compétitions sportives diverses entre les élèves des écoles de Likuni, de Mtendere et les Juvénistes. Le F. Directeur de l'école remit au F. Augustino Patrick un sac de pistaches pour qu'il en fit la distribution.

Le souper qui eut lieu au Juvénat fut suivi d'une séance donnée par les Juvénistes. Au programme figuraient trois saynètes : Apparition de Fatima, Vocation de Marcellin Champagnat et le Passage de la Mer Rouge (in exitu). Les scouts de Likuni intéressèrent les spectateurs pendant les entr'actes.

La séance achevée, le F. Visiteur remercia tous ceux qui avaient pris une part active au succès de la journée, et Monseigneur Julien qui avait voulu être de la fête jusqu'au bout, concluait en invitant tout le monde, mais surtout les Juvénistes, au don de soi, à la reconnaissance et à la dévotion à la Sainte Vierge. On chanta le Salve Regina, puis chacun se retira, emportant un souvenir inoubliable de cette radieuse journée.

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