Prise dhabit à Luján

04/Sep/2010

Enfin apparut l'aube du jour tant désiré, du 19 mars, où dix heureux jeunes gens, leur Retraite terminée, allaient, pour répondre à l'appel de Dieu, dépouiller les habits du monde et revêtir les chères livrées des enfants de Marie.

A six heures et demie, les élus du Seigneur se prosternaient au pied de l'autel de la Vierge de Luján pour se consacrer à Celle qu'ils avaient choisie pour Reine et Maîtresse, et à qui ils voulaient faire hommage de leur cœur et de leur vie toute entière, en lui demandant pour tout retour la faveur de les admettre au nombre de ses enfants de prédilection.

La cérémonie s'ouvrit par l'allocution suivante de S. G. Monseigneur Francisco Alberti, évêque auxiliaire de La Plata, qui avait bien voulu en accepter la présidence :

« Chers enfants, je lis sur vos physionomies radieuses la joie dont vos cœurs sont inondés. Pleins de bonheur, vous venez au pied de l'autel dire à Jésus qu'à partir de ce jour vous renoncez au monde et à ses vanités pour ne suivre que Lui.

Oui, chers enfants, dépouillez-vous de ces habits du monde et de ses vanités ; laissez les âmes vulgaires courir à la poursuite de plaisirs éphémères et pleins d'amertume ; revêtez-vous des maximes de Jésus-Christ qui prêchent la pauvreté, la chasteté, l'obéissance, la mortification, le détachement, l'esprit de sacrifice, mais qui, en vous rendant agréables au divin Sauveur, vous feront trouver dans la religion le centuple promis à ceux qui, pour suivre ce divin Maitre, disent adieu à leurs parents, à leurs amis, à leurs biens et à tout ce qu'ils avaient de plus cher dans le monde, afin d'imiter de plus près Celui qui de riche s'est fait pauvre pour l'amour de nous.

Vous aurez, c'est certain, des peines, des difficultés, des sacrifices à faire ; mais ayez confiance : Jésus, qui a vaincu le monde, sera avec vous et vous donnera la victoire.

Dieu ne se laisse pas vaincre en générosité, et ceux qui se donnent à lui sans réserve, dans une vie de véritable et saint apostolat comme celle que vous embrassez aujourd'hui, reçoivent d'abord en ce monde l'abondance de ses bénédictions, et dans l'autre une couronne qui ne se flétrit point.

Et puis, mes chers enfants, vous avez une Mère tendre, qui est Marie, et elle ne vous abandonnera pas. Ne craignez donc point ; revêtez-vous de ses livrées, entrez dans sa chère famille. Oui, Marie vous bénira ; elle vous aidera à triompher de tous vos ennemis, et après une vie toute d'apostolat, elle vous appellera au ciel auprès d'Elle, pour vous y rendre éternellement heureux »

Après s'être revêtus de l'habit mariste, les postulants revinrent au pied de l'autel et prononcèrent une belle consécration à Jésus et à la Très-Sainte Vierge, leur promettant de vivre et de mourir à leur service ; puis Monseigneur dit la sainte Messe, à laquelle de nombreux fidèles et entre autres les élèves du Noviciat, du Juvénat et du collège de N.-D. de Luján firent la sainte Communion.

S'il y eut une grande ferveur dans ces communions nombreuses, il n'y en eut pas moins dans les prières que ces 10 jeunes Frères firent monter vers le ciel, en implorant des bénédictions spéciales pour leurs parents, pour leurs amis, pour leur bien aimée Congrégation, et aussi pour cette chère République Argentine que tous considèrent comme leur seconde patrie, qu'ils aiment et vénèrent comme on aime et vénère une mère et dont ils veulent consacrer leur vie entière à instruire et élever les enfants.

A midi et demi, les mêmes jeunes Frères, réunis dans la grande salle du bureau paroissial, présentèrent à Sa Grandeur leurs sincères remerciements pour la faveur qu'il leur avait faite le matin en les revêtant de l'habit religieux, et .profitèrent de l'occasion pour témoigner aussi leur reconnaissance au R. P. Davani, Supérieur de la Mission, et aux RR. PP. du Sanctuaire de toutes leurs bontés à leur égard.

Monseigneur se montra sensible à cette démarche et il exhorta ces futurs apôtres à se former avec zèle à la science et à la vertu, pour se rendre capables de les enseigner plus tard l'une et l'autre aux nombreux élèves que le Seigneur leur prépare dans la République.

A deux heures et demie, bénédiction par Monseigneur de la pierre angulaire de la Maison de Noviciat que les mêmes Frères Maristes se proposent de construire non loin du Collège de ‘’N.-D. de Lujan’’. Après la récitation des prières du rituel et la signature de l'acte authentique, Sa Grandeur parla en ces termes :

« Mes chers Frères, nous avons souvent l'occasion, soit le vénérable Prélat du diocèse, soit son humble auxiliaire, de bénir la première pierre de monuments destinés à l'instruction de la jeunesse ; mais si nous nous prêtons toujours volontiers à ces cérémonies, à combien plus forte raison, quand il s'agit, comme ici, de l'école des écoles, c'est-à-dire d'une maison où doivent se former à la science et à la vertu, les futurs formateurs de la jeunesse argentine !

Tous les esprits sérieux, même ceux qui ne partagent pas nos croyances religieuses, reconnaissent la grande et salutaire influence qu'exerce sur l'enfance une éducation vraiment chrétienne. C'est pour cela, mes très chers Frères, que je mets tout mon cœur à cette cérémonie, et que je vous apporte la bénédiction et les vœux de notre illustre Prélat, qui m'a chargé de vous les transmettre en vous assurant qu'aussi longtemps que vous continuerez à former, comme vous faites présentement, à la science et à la vertu la jeunesse de nos collèges, vous aurez toujours tout entier — si nous ne pouvons davantage — l'appui moral de l'autorité ecclésiastique. Que Notre Seigneur, la Très Sainte Vierge et Saint Joseph vous soient en aide pour l'accomplissement de la noble entreprise, à laquelle vous mettez aujourd'hui la main pour la plus grande gloire de Dieu et le bien de la jeunesse argentine. »

* *

A quatre heures et demie, les jeunes Novices, de nouveau réunis dans la Basilique, sentaient le besoin de se consacrer solennellement à la Vierge de Luján, et de supplier cette bonne Mère de bénir leurs résolutions et de leur aider à les accomplir. C'est ce qu'ils dirent par l'organe de l'un d'eux, qui exprima les sentiments de tous dans une belle formule qui dut aller au cœur du divin Jésus exposé sur l'autel ; et, lorsque Monseigneur, quelques moments plus tard, leva l'ostensoir sur eux afin que Notre Seigneur les bénit, il n'est pas douteux que des torrents de grâce descendirent sur leurs âmes généreuses. Une quatrième fois, dans le cours de cette journée, Monseigneur, avant de donner la bénédiction voulut adresser la parole aux héros de la fête et il leur dit :

« Mes chers enfants, le cœur de l'homme a besoin d'être sacrifié. Un très grand nombre le sacrifient à la richesse et d'autres aux plaisirs ; mais tous un peu plus tôt ou un peu plus tard, sont obligés de s'écrier avec le Sage : Vanité des vanités et tout est vanité.

D'autres enfin, bien peu nombreux, immolent leur cœur sur l'autel véritable qui produit le bonheur. C'est de ceux-là que vous êtes, chers enfants, qui ce matin avez dit un éternel adieu au monde et avez embrassé la croix de Jésus-Christ. Heureux êtes-vous d'avoir entendu l'appel qui vous disait : Si vous voulez venir après moi, renoncez-votas vous-mêmes, prenez votre croix et suivez-moi.

Je puis vous assurer que vous êtes dans le bon chemin, celui qui mène à Dieu et au vrai bonheur. Vous le trouverez toujours en obéissant fidèlement à vos supérieurs légitimes. Oui, obéissez à ceux que la divine Providence vous a donnés pour vous guider, obéissez à toutes les prescriptions de vos saintes Règles, et vous jouirez du centuple promis par Jésus-Christ Notre Seigneur à ceux qui le suivent, en attendant que vous ayez la vie éternelle.

Vous venez de faire à Marie une très belle consécration de vous-mêmes : ayez donc confiance, et, puisque vous venez d'immoler vos cœurs sur l'autel véritable, ne les retirez jamais pour les 'donner au monde et aux faux plaisirs où il n'y a que fiel et amertume.

Demeurez fidèles toute votre vie â la belle vocation que vous venez d'embrasser, formez-vous, pendant votre noviciat, à la science de la religion et aux vertus de votre état, afin de pouvoir ensuite étendre le règne de Jésus-Christ, Notre Seigneur, et devenir de véritables apôtres ».

Ainsi se terminèrent ces belles cérémonies, qui tout en édifiant les assistants, remplirent les cœurs des Frères et de leurs novices non seulement d'une joie profonde, mais aussi d'une vive reconnaissance envers Sa Grandeur, pour cette nouvelle marque de bonté, et les animèrent d'un saint zèle pour s'appliquer avec encore plus de soin, s'il est possible, à la très noble mission d'instruire et d'élever chrétiennement la jeunesse argentine, afin de se rendre dignes de la confiance que leur témoignent l'épiscopat, le clergé et un si grand nombre de pères de famille.

Quant aux ressources et aux vocations, ils ont grande confiance que le Seigneur leur donnera les unes et les autres, puisqu'ils cherchent uniquement le royaume de Dieu et sa justice.

(D'après le Boletín Parroquial de Lujan).

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