Rôle du Supérieur Général dans le travail de rénovation / The function of the superior in the work of renewal

F. Quentin, v.g.

07/Jun/2010

A la suite de la promulgation du Décret « Perfectæ Caritatis » et de sa mise en application par les récents Chapitres généraux et provinciaux, plusieurs Supérieurs ressentent — je dirais presque « craignent » — avoir « perdu » une grande partie de leur autorité, sinon toute leur autorité. Quelques-uns ont cherché refuge dans la pensée suivante: quand tout est dit et fait, le Supérieur garde son droit à la décision finale1. Ce serait certainement une caricature de ce que désire Vatican II si le dialogue et la discussion n'étaient permis qu'à titre de concession « à la plèbe », le Supérieur se réservant la décision réelle. Ce serait perdre de vue le but fondamental de la discussion qui doit être comprise vraiment comme une recherche ensemble de la volonté de Dieu; recherche dans laquelle le Supérieur doit jouer une part importante en faisant démarrer la discussion, en la guidant et la dirigeant pour la faire aboutir à une décision finale. En réalité, rarement la situation devrait-elle exiger une décision différente qui serait prise par Je Supérieur seulement.

Nul doute que ce malaise est venu, en grande partie, d'un préjugé que l'on a sur le rôle du Supérieur: l'homme qui doit prendre les décisions. Cet article veut être utile au Supérieur comme aux sujets en envisageant d'autres aspects du rôle du Supérieur.

On cause beaucoup de tort en regardant le Supérieur comme très différent de ses confrères. « Le respect, l'amour et l'obéissance » ont semblé exiger une certaine séparation. Tous les Supérieurs en viennent à partager cet isolement si fortement accentué chez le Vicaire du Christ lui-même — « le prisonnier du Vatican ». L'idée a commencé de bonne heure dans l'Eglise; n'y eut-il pas une discussion au sujet de la préséance même à la dernière Cène2. Quelqu'un faisait remarquer cyniquement: Cela démontre simplement que l'Eglise n'était qu'à ses débuts; de nos jours, chacun saurait quelle est sa vraie place!

Il est donc important de voir le plan de Dieu et le genre de rapports humains qu'il implique. Matthieu XXV, 31-46, décrit le point final de notre séjour terrestre et notre incorporation au royaume céleste. Et quel en est le critère? « Dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces petits… c'est à moi que vous l'avez fait ». Ce que le Christ est venu révéler c'est que le plan de Dieu est un mystère d'association et de communion dans lequel on pénètre par une coopération effective avec les autres. Le Christ est le lien vivant de cette communion parce qu'il a pris la nature humaine et y a introduit un centre d'attraction surnaturelle sans laquelle il est impossible de comprendre vraiment la destinée humaine. Dans le Christ tout contact humain, comme toute aide, est transformé3.

Nous voyons la transformation de la « loi de la jungle » (homo homini lupus) en la loi du Christ (homo homini Christus). Cela n'est pas uniquement un rapport spirituel et idéaliste mais un rapport de vraie amitié, de vrai amour (homo homini amicus), qui se traduit dans la pratique par un vrai service (homo homini servus). Le service est au cœur du plan de Dieu comme le principal moyen de produire la réalisation du mystère de l'amour4.

L'Eglise n'est qu'une organisation de service mutuel au niveau surnaturel.

Alors, où se trouve le concept de l'autorité dans ce plan? L'autorité n'est rien d'autre que le moyen particulier de remplir ce service mutuel, qui, selon l'Evangile, est la base des contacts humains.

De nombreux passages scripturaires proclament le thème du pasteur — le thème de service5 — et il n'y a pas d'image plus attachante du Christ que celle qu'il fait de lui-même quand il dit! « Je suis le bon pasteur ». Il est le serviteur par excellence de Dieu, qui prend soin de ses brebis.

Au-dessus et au-delà du devoir général de servir son prochain imposé à chacun, le Christ a institué certains postes de responsabilité dans lesquels les détenteurs devraient être les délégués du «Prince des Pasteurs» (1 Pi V, 4). Ce furent les douze, avec Pierre à leur tête. Tous sont essentiellement ministres, i.e. serviteurs du Christ et des fidèles au nom du Christ6.

C'est en tant que chefs que les Apôtres sont serviteurs: La Mission, reçue du Christ, les lie au Christ et les met au service des autres. Les deux aspects sont inséparables7. — Telle est la tradition constante que S. Bernard exprime de la manière suivante: « dominatio interdicitur, indicitur ministratio » — un bannissement de la domination, une obligation de servir. Vatican II le répète dans son message au monde: « Notre adhésion au Christ… nous engage au service de nos frères suivant l'exemple de notre adorable Maître « qui est venu non pour être servi mais pour servir ». Le Pape Paul VI, parlant à un groupe de nouveaux Cardinaux disait: « Il n'y a pas d'autorité dans l'Eglise qui ne soit un service ».

Examinons maintenant les différents domaines où cette autorité — ce service — doit s'exercer dans la communauté religieuse.

Auparavant il faut insister sur un point fondamental: De même qu'aucune vie chrétienne ne peut exister sans la foi, de même il ne peut y avoir de vie religieuse8. Sans vouloir essayer d'établir cette vérité communément acceptée, passons immédiatement au rôle du Supérieur sur ce point.

Avant tout le Supérieur doit envisager ses relations avec les autres en esprit de foi, voyant dans ses Frères des personnes vouées au service de Dieu, partageant avec lui la vie même de Dieu dans le Christ. La vie religieuse n'est pas une simple organisation de personnes humaines. La communauté ne peut fonctionner avec succès que dans la mesure où sa dimension surnaturelle est acceptée par tous. Cela ne veut pas dire que le Supérieur doit « tenir à ses droits », ni s'appuyer sur le surnaturel pour se permettre d'être inhumain ou déraisonnable. Au contraire, la nature humaine est d'autant mieux valorisée qu'elle est surnaturalisée.

Mais le rôle du Supérieur est plus personnel. Il doit fournir à sa Communauté les moyens par lesquels elle peut organiser et développer sa vie de foi. Il veillera donc à la réalisation d'une liturgie et d'une vie sacramentelle bien ordonnées9 et dans ce but il prendra soin de fournir une bibliothèque bien garnie, des conférences appropriées et des moments de récollection.

Les religieux, non moins que les autres, ont besoin d'une éducation de la foi10 Le Supérieur s'efforcera donc d'examiner avec sa Communauté les vues de foi suscitées par une fête, un sermon, un entretien; il se servira d'événements propres à un dialogue qui peut développer la foi de la Communauté; dans des échanges communautaires et des entretiens personnels le Supérieur s'efforcera de ramener ses religieux aux convictions de base de l'Ecriture, faisant appel, s'il le faut, à l'aide de personnes plus qualifiées.

Enfin, le Supérieur priera pour sa Communauté et avec sa Communauté, convaincu que la prière est son premier champ d'action.

De même considérons le rôle du Supérieur quant à la prière, sans approfondir le besoin de la prière en elle-même. La maison religieuse doit être une maison de prière:

— une place où l'on cherche une union effective à Dieu;

— une place où l'on cherche la perfection par la prière11.

Le Supérieur, le premier, doit donner l'exemple, en évitant d'être trop fréquemment absent de la prière communautaire.

De plus, il doit établir l'atmosphère et l'ambiance qui favorisent la prière; veillant à l'ordre et à la propreté, comme aussi à la valeur artistique et religieuse des statues, des images et de la chapelle elle-même. Pie X disait qu'il fallait « prier sur de la beauté ».

Il doit veiller à l'atmosphère de recueillement nécessaire à la prière, aidant ses Religieux à parvenir à une attitude saine quant au silence et aux conséquences de l'usage de la T.V., du cinéma, etc. La charité doit garantir flexibilité aussi bien que fermeté à ce sujet.

Il doit s'efforcer d'améliorer la vie de prière du groupe en aidant ses Frères à comprendre et à vivre la liturgie, surtout la Messe et la Communion12. La messe communautaire doit être rendue vivante par l'attention apportée à la Parole de Dieu et tout effort possible être fait pour insérer des intentions qui conviennent aux endroits voulus. L'Office doit réellement fournir l'élan qu'on attend de la prière de l'Eglise militante13.

Le Supérieur a un rôle spécial pour innover d'une manière modérée, pour souligner un événement, pour associer à une intention particulière de l'Eglise et pour faire prier à des intentions spéciales14.

En outre, le Supérieur doit stimuler la vie de prière personnelle de ses Frères, les encourageant à la fidélité aux exercices laissés à la dévotion personnelle15, favorisant le développement libre de la prière personnelle, spécialement dans la ligne suggérée par le Concile16, fournissant les occasions d'un renouvellement personnel par des jours de retraites, des conférences ou des lectures.

Le Supérieur doit donc non seulement prier avec et pour la Communauté, mais il doit favoriser la vie de prière de ses Frères selon les manières suggérées ci-dessus.

De la prière nous pouvons passer maintenant à la vie communautaire en général. La vie religieuse est un mystère de la communauté17 et le supérieur doit viser à assurer l'unité dans l'amour18.

Le rôle du Supérieur est d'abord de créer cette unité au niveau pratique19. Il doit veiller à la mise en place des activités communes: prières, repas, récréations, etc.; distribuer les fonctions différentes mais complémentaires nécessaires à la bonne marche de la maison20, déléguer autant de responsabilité que possible en tenant compte des aptitudes et des emplois de ses Frères21, distribuer les biens de la Communauté selon les besoins personnels de chacun22, évitant tout favoritisme et par-dessus tout cet égalitarisme niveleur qui a été décrit comme « le vice de la mauvaise démocratie ».

Le Supérieur doit faire tout en son pouvoir pour aider à l'épanouissement de la vie fraternelle. Il profitera des occasions opportunes pour donner des récréations communautaires23, des sorties, des réunions, etc. Mais son rôle ne s'arrête pas seulement à rendre ses Frères heureux. A cet égard aussi, la communauté a besoin d'être éduquée. Le Supérieur doit donc faire son possible pour assurer l'unité des esprits et des cœurs. Il doit développer la compréhension mutuelle chez chacun24. Peut-être avons-nous trop insisté dans le passé sur la nécessité d'éviter les relations trop personnelles. Présentement nous en sommes venus à en voir la nécessité. Il doit encourager l'attention personnelle que les Frères se témoignent les uns envers les autres, sans manquer à la discrétion quant aux choses qu'il a apprises par suite de son rôle de Supérieur. Il peut créer un climat de simplicité et de franchise qui n'omet ni la réserve ni la discrétion.

De ces dernières qualités découlent respect mutuel et compréhension. Le Supérieur peut avoir une grande influence sur le respect que les religieux se témoignent. Il doit faire tout en son pouvoir pour contrecarrer toute médisance, calomnie et critique injuste. De même il peut faire beaucoup pour diminuer l'écart de génération entre jeunes et vieux25, combattant avec force tout individualisme, exclusivisme et jalousie.

Tout en encourageant la liberté d'expression, il aidera tous ses Frères à s'élever au-dessus des différences d'opinions toujours inévitables26. Il fera tout son possible pour calmer les esprits trop remuants de quelques-uns et relever et soutenir certains autres en leur découragement. Il s'efforcera de faire voir à tous que leurs différences sont insignifiantes en comparaison de l'amour du Christ qui les unit27.

Finalement, il doit s'occuper de ceux qui ont de la difficulté à s'intégrer à la Communauté. Rarement sera-t-il nécessaire de mettre en application l'avis de saint Bernard28: « Si votre communauté n'a que de saints religieux, tous à bon caractère il faut en acheter un méchant, à caractère difficile, dur, hargneux, contrariant, afin de fournir à tous vos frères et à vous-mêmes l'occasion de vous former à la douceur,… ». Toute Communauté possède ses caractères difficiles29. Parfois ce sera le Supérieur lui-même!

Les Supérieurs ne doivent pas immédiatement prendre le chemin le plus court et faire changer les personnes difficiles. Le Supérieur doit être le premier à pratiquer la charité que saint Paul décrit si bien dans sa première lettre aux Corinthiens (I Cor XIII, 4-7): «La charité est patiente, elle est douce… » Il ne faut pas qu'un caractère difficile soit simplement mis de côté, mis en quarantaine ou traité comme un étranger. Sauver un caractère difficile doit devenir un effort communautaire dirigé par le Supérieur.

Examinons un dernier domaine où doit s'exercer le rôle du Supérieur: La vie apostolique de la Communauté.

En premier lieu, il est du devoir du Supérieur de conserver bien en évidence le vrai but de l'apostolat, comme d'ailleurs de tout ce qui regarde la vie de ses religieux30. L'apostolat doit être compris pour ce qu'il est: une coopération avec Dieu dans une entreprise qui est surtout divine31. C'est une coopération qui subordonne l'apôtre entièrement à la grâce de Dieu et à ses représentants qualifiés dans l'Eglise et qui exige une mission. Le Supérieur doit aider ses religieux à comprendre la nature de la grâce et de la mission32. Notre apostolat doit être envisagé comme une coopération avec la liberté de l'Homme pour l'aider à mériter la grâce du salut par la foi. L'homme doit être éclairé et enseigné. Il ne doit pas être contraint.

C'est le rôle du Supérieur de garantir que l'apostolat de la communauté cadre avec celui de l'Eglise, car dans le plan du salut établi par Dieu tout vrai apostolat émane de l'Eglise fondée par le Christ33.

Le premier, il doit mettre devant ses Frères les buts apostoliques de sa Communauté dans le cadre de l'apostolat plus étendu de la Congrégation et de l'Eglise34. En cela, comme en d'autres activités communautaires, son rôle est d'organiser et de coordonner. Il doit éviter de vouloir tout faire; il doit distribuer les tâches apostoliques adaptées à l'habileté de chacun.

Le Supérieur doit être le premier à percevoir les contacts possibles pour ce que le Pape Paul VI appelle le « dialogue du salut ». Il doit conduire ses Frères dans ce dialogue partout où il peut être établi: groupes apostoliques, campagnes de vocations, associations d'anciens élèves, ou missions proprement dites35.

Partout le Supérieur doit soutenir les activités apostoliques de sa Communauté, ne pas se laisser hypnotiser par la quantité d'action déployée, mais se préoccuper de la qualité d'un apostolat réel. Quelques religieux manifestent une vraie passion pour l'activité apostolique et cela peut facilement provoquer: fatigue, usure, déchirure, souvent même, reculs et échecs. Le Supérieur doit aider ses religieux à stabiliser, à équilibrer, leurs efforts apostoliques; ce travail exige finesse, jugement et patience. Mais si le Supérieur est vraiment bon et sait le manifester, et surtout, s'il vit ce qu'il prêche, son conseil sera accepté et il fera beaucoup de bien36.

Voilà fondamentalement le rôle du Supérieur dans notre vie comme religieux. Peut-être certains aspects de notre vie n'ont pas été touchés, toutefois ceux qui ont été signalés sont directement exprimés dans nos Constitutions sous le titre: Notre Service de Dieu37.

En réfléchissant sur ce qui précède nous pouvons conclure: Loin de réduire le rôle du Supérieur, notre programme de rénovation le place au cœur même de notre vie: notre vie d'union à Dieu dans la prière, notre vie fraternelle en Communauté et notre vie apostolique dans l'Eglise. Et cette vie exige toujours l'exercice d'une grande foi38.

F. Quentin v. g.

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1 Constitutions, art. 86, ligne 21.

2 Le XXII, 24.

3 Jn XII, 20; Ac IX, 17.

4 Mt V,43-47; 1 Jn 111,18; Le VI,36-38; Gal V, 13; 1 Pi IV, 10.

5 Ez Ch. 24.

6 Lc XII, 41-43; Me X,35; Jn XIII.

7 Ph 11,6-11; Jn XIII, 13-14; Jn X, 11; Me X,45.

8 Constitutions: art. 33.

9 Cf. Voir référence sur le prière, plus loin.

10 Constitutions, art. 33.

11 Constitutions, art. 35, ligne 1.

12 Constitutions, art. 36.

13 Constitutions, art. 37.

14 Constitutions 38, ligne 27.

15 Directoire, art. 12.

16 P.C. N.6.

17 Directoire, art. 23.

18 Constitutions, Ch. V.

19 Directoire, p. 45, par. 2.

20 Constitutions, art. 54, ligne 29.

21 Constitutions, art. 54, 1.42.

22 Constitutions, art. 22, 1.25.

23 Constitutions, art. 56, ligne 47.

24 Constitutions, art. 56, ligne 35.

25 Constitutions, art. 54, lignes 19, 20.

26 Constitutions, art. 54, ligne 37.

27 Constitutions, art. 56, ligne 55.

28 Avis, Leçons, Sentences, p. 307.

29 Constitutions, art. 65, ligne 11.

30 Constitutions, art. 84, ligne 8.

31 Constitutions, art. 42, lignes 9-10.

32 Constitutions, art. 42 et 43.

33 Constitutions, art. 46, lignes 13, 52.

34 Constitutions, art. 84, ligne 6.

35 Constitutions, art. 46 et 47.

36 Constitutions, art. 49.

37 Constitutions, Ch. III.

38 Constitutions, art. 33.

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The function of the superior in the work of renewal

 

Following the promulgation of the Decree «Perfectæ Caritatis" and its implementation by recent General and Provincial Chapters many Superiors feel — I almost said " fear " — that they have " lost " most, if not all of their authority. Some have tried to take refuge in the idea that when all is said and done, the Superior has the last say1. But that would surely be a travesty of what Vatican II desired, if dialogue and discussion were allowed merely as a sop to the "vulgar", the Superior reserving the real decision to himself. This would be to lose sight of the real purpose of discussion, which is surely meant to be a collective search for the will of God — a search in which the Superior should play a leading part by initiating, guiding, and controlling the discussion from which the final decision is drawn. Rarely indeed should the situation call for a different decision made by the Superior alone.

No doubt a lot of this malaise has arisen from a preoccupation with the decision-making function of the Superior. This article is offered with the thought that it would be to the benefit of both Superior and subjects to look at other functions.

Great harm has been done by regarding the Superior as being so different from his confrères. "Respect, love and obedience" seemed to require a certain separation. All Superiors came to share that isolation so strongly emphasised in the Vicar of Christ himself — "the prisoner in the Vatican." The idea took on early in the Church, for was there not a dispute over precedence even at the last Supper2. As someone cynically remarked: this only showed the undeveloped state of the Church at the time; today every one would know his proper place!

It is important therefore to see God's plan and the kind of human relationships it implies. Matt. XXV, 31-46 describes the climax of our earthly sojourn and our incorporation into the Heavenly Kingdom. And what is the criterion? «As often as you did it to one of these… you did it to me." What Christ came to reveal was that the plan of God is a mystery of divine communion and partnership, the entrance to which is gained by effective co-operation with our fellows. Christ is the living bond in this communion because He took man's nature and introduced a pole of supernatural attraction without which it is impossible to really understand the human destiny. In Christ all human contact and help is transformed3.

We see the transformation of the instinctive «law of the jungle» (homo homini lupus) to the law of Christ (homo homini Christus). But this is not just a spiritual, idealistic relationship but a relationship of real friendship and love, (homo homini amicus), which is translated into practice by a real service (homo homini servus). Service is at the heart of God's plan as the chief means of bringing the mystery of love to fruition4.

The Church is no more than an organisation for mutual service on the supernatural level.

Where then is the concept of authority within this plan? It is none other than a special way of carrying out that mutual service, which according to the Gospel is the basis for human contacts.

Various scripture passages proclaim the shepherd theme; the theme of service5, and there is no more attractive picture of Christ than that He portrays of Himself when He says: " I am the good shepherd." He is the supreme servant of God, who organises the service of His sheep.

Above and beyond the general duty to serve our neighbour laid on each of us, Christ set up certain posts of responsibility in which the holders were to be vicars of the " Prince of Shepherds " 1 Peter V, 4). These were the twelve with Peter at their head. All are essential ministers i.e. servants of Christ and of the faithful in the name of Christ6.

It is in their capacity as leaders that the Apostles are servants: the Mission they were given by Him links them to Christ and brings them into the service of others. The two aspects are inseparable7. Such is the constant tradition which St. Bernard expresses: dominatio interdicitur, indicitur ministratio — a ban on domination, an obligation to serve; and which Vatican II reiterated in its message to the world — "Our adherence to Christ… involves us in the service of our brothers following the example of our adorable Master 'who came not to be served but to serve'." Pope Paul VI, speaking to a group of new Cardinals says: " There is no authority in the Church which is not a service."

Let us look now at the areas in which this authority — this service, is to be exercised in the Religious Community.

First of all it must be stressed that as there can be no Christian life without Faith, so there can be no Religious Life8. Without attempting to establish this well accepted truth let us pass immediately to the role of the Superior in this regard.

Before all else the Superior must approach his relationships with others in a spirit of Faith, seeing in his Brothers persons dedicated to the service of God, sharing with him the very life of God Himself through Christ. Religious Life is no ordinary organisation of human persons. It can work successfully only when its supernatural dimension is accepted by all. This is not to say that the Superior should “stand on his rights", nor use the supernatural in order to be inhuman and irrational. On the contrary, human nature becomes more fulfilled in so far as it is supernaturalised.

But the Superior's role is more than a personal one. He must provide the means whereby the Community can organise and develop the life of Faith. He will see to a well developed liturgy and sacramental life9 and to this end will see to a well stacked library, appropriate conferences and periods of recollection.

Religious no less than others, need an education in Faith10. The Superior will endeavour therefore to explore with his Community the glimpse of Faith given by a Feast, a sermon, talk; he will make use of appropriate events for discussion that will develop the Faith of the Community; both in community discussion and in personal interviews the Superior will strive to bring his Religious back to the basic convictions of scripture, using if necessary the help of more qualified persons.

Finally the Superior will pray for and with his community, convinced that prayer is their first line of action.

We shall consider again here the role of the Superior without going into the need for prayer itself. The Religious House should be a house of prayer:

— a place in which effective union with God is sought;

a place in which perfection is sought through prayer11.

It is for the Superior above all others to first of all give the example, avoiding too frequent absences from the community prayer.

He should, moreover, establish the right atmosphere and setting, seeing to the order and neatness, as well as to the artistic and religious worth of statues and pictures and of the Chapel itself. Pope Pius X said we should "pray on beauty."

He should see to the atmosphere of recollection necessary for prayer, helping his Religious to arrive at a sane attitude towards silence and the implications of the use of T. V., the cinema, etc. Charity should ensure flexibility as well as firmness in this regard.

He should strive to improve the collective life of prayer by helping his Brothers to understand and live the liturgy, above all, the Mass and the Eucharist12. The Community Mass should be kept alive with attention given to the Word of God and every possible effort made to insert relevant intentions at the appropriate places. The Office should really provide the impetus one would expect from the prayer of the Church militant13.

The Superior has a special function to improvise in a restrained way, to underline some event, to unite ourselves to a certain intention of the Church and to pray for particular intentions14.

Moreover the Superior should encourage the private prayer life of his Brothers, encouraging fidelity to those exercises left to private devotion15, promoting free development of personal prayer, especially along the lines suggested by the Council16, providing opportunities for personal renewal whether by retreats, conferences or readings.

The Superior must not only pray with and for the Community, but must facilitate in the ways suggested their life of prayer.

From prayer we can pass to the general life of the Community. Religious life is a mystery of community17, and the aim of its government is to secure unity in love18.

The role of the Superior is above all to create that unity at the practical level19. He should see to the implementation of activities in common — prayer — meals — recreations etc. ; manage the different but complementary roles necessary in the house20, delegating responsibility as far as possible taking into consideration the different aptitudes of his Brothers21 ; distribute the goods of the community according to the personal needs of each one22 avoiding any favouritism and above all that levelling egalitarianism which has been described as " the vice of bad democracy."

The Superior should do all he can to help fraternal life to flourish. He will not neglect opportunities for community recreations23, outings, reunions etc. But his role does not stop at just keeping the Brothers happy. In this aspect too, the community needs an education. The Superior must therefore do all that is possible to ensure unity of hearts and minds. He must develop mutual understanding on a personal basis24. Perhaps we have insisted too much on avoiding close personal relationships. We have come now to see their need. He should encourage the personal interest Brothers show in one another, without exploiting the knowledge he has gained in his office as Superior. He can create a climate of simplicity and openness, which does not neglect reserve and discretion.

From these latter will grow mutual respect as well as understanding. The Superior can have a great influence on the respect Religious have for one another. He must do all he can to counteract any back-biting, calumny or unjust criticism. Likewise he can do much to bridge the generation gap between the young and the old25, working consistently against individualism, exclusiveness and jealousy.

While encouraging freedom of expression he will help all to rise above the difference of opinions that are inevitable26. He will do all he can to calm the rising spirits of some while supporting others in their discouragement. He will endeavour to make all his Religious see that their differences are petty and insignificant in comparison with the love of Christ which unites them27.

Finally he must deal with those who are difficult to integrate into the community. Rarely is it necessary to implement the advice of St. Bernard28. All communities have their difficult characters29. In some it is the Superior himself!

Superiors should not immediately take the shortest way and have difficult men transferred. The Superior must be the first to exercise that charity which St. Paul describes to the Corinthians (1 Cor. XIII, 4-7). “Charity is patient, is mud…" A difficult character should not be just put to one side, sent to Coventry or treated as a stranger. Saving the difficult one must be a community effort led by the Superior.

The last area we shall examine here is the Superior's role in the apostolic life of the community.

In the first place it is the duty of the Superior to keep in view the true aim of the apostolate, as indeed of all else in the life of the Religious30. The apostolate should be understood for what it is — a co-operation with God in an enterprise which is mainly divine31. It is a co-operation which subordinates the apostle entirely to the grace of God and to His qualified representatives in the Church and which requires a Mission. The Superior must help the Religious to understand the nature of grace and mission32. Our apostolate should be seen as co-operation with man's freedom to help him win the grace of salvation through faith. Man must be enlightened and taught. He must not be coerced.

It is the Superior's role to ensure that the apostolate of the community fits into that of the Church, for in the plan of salvation established by God all true apostolate emanates from the Church founded by Christ33.

He is the main one to keep before the Brothers the apostolic objectives of the particular community within the framework of the larger apostolate of the Congregation and of the Church34. In this as in other community activities his role is to organise and co-ordinate. He must avoid trying to do everything, but should distribute the apostolic tasks suited to each one's ability.

The Superior should be the first to perceive possible contacts for what Pope Paul VI calls the «dialogue of salvation." He must lead his Brothers in this dialogue whenever it can be established, be it in apostolic groups, vocation campaigns, ex-students' associations or in the Missions properly so called35.

Throughout the Superior must sustain the apostolic activities of the community, not becoming hypnotised by the amount of action displayed, but being concerned for the quality of the true apostolate. Some Religious display a real passion for apostolic activity, and this may well result in tiredness, wear and tear, often set-backs and failure. The Superior must help the Religious to stabilise their apostolic efforts, a work which calls for finesse, judgement and patience. But if the Superior is truly kind and knows how to show it, and above all, if he lives what he preaches, his counsel can be accepted and he will do much good36.

Such then is the role of the Superior in our life as Brothers. Perhaps there are many aspects of our life which have been overlooked but these at any rate are what we find basically expressed in our Constitutions under the heading of Our Service of God37.

On reflection, I think we can say, that far from reducing the role of the Superior our programme of Renovation places him at the heart of our life — our life with God in prayer; our life with our Brothers in community ; and our apostolic life in the Church. And this life calls always for the exercise of a very great Faith38.

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1 Constitutions, Art. 86, line 21.

2 Luke 22, 24.

3 John 12:20; Acts 9:17.

4 Matt 5:43-47; 1 John 3,78; Luke 6:36-38; Gal 5:13; 1 Peter 4:10.

5 Ezechiel Ch. 34.

6 Luke 12:41-43; Mark 10:35; John 13.

7 Phil 2:6-11; John 13:13-14; John 10:11; Mark 10:45.

8 Constitutions, Art. 33.

9 To be treated more fully under ' Prayer '.

10 Constitutions, Art. 33 (op. cit.).

11 Constitutions, Art. 35, line 1.

12 Ibid., Art. 36.

13 Ibid., Art. 37.

14 Ibid., Art. 38, line 28.

15 Directory, Art. 12.

16 Perfectae Caritatis, No. 6.

17 Directory, Art. 23.

18 Constitutions, Ch. 5.

19 Directory, Page 39, para. 2.

20 Constitutions, Art. 54 line 31.

21 Ibid., Art. 22, line 34 and Art. 54, line 38

22 Ibid., Art. 22, line 22.

23 Ibid. Art. 56, line 42.

24 Ibid., Art. 56, line 46.

25 Ibid. Art. 54, line 19.

26 Ibid., Art. 54, line 43.

27 Ibid., Art. 57, line 59.

28 Avis, Leçons, Sentences, p. 307.

29 Constitutions, Art. 65, line 13.

30 Ibid., Art. 84, line 7.

31 Ibid., Art. 42, line 10.

32 Ibid., Arts. 42 & 43.

33 Ibid., Art. 46, lines 11 & 51.

34 Ibid., op. cit., Art. 84, line 7.

35 Ibid., Arts. 46 & 47.

36 Ibid., Art. 49.

37 Ibid., Ch. 3.

38 Ibid., Art. 33.

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