Samoa, Fidji

04/Oct/2010

Nouvelles des îles Fidji. — Un de nos jeunes Frères de St François Xavier va nous narrer ses premières impressions a son arrivée dans sa lointaine mission de Suva: une réception du Gouverneur à l'École des Frères et un ouragan qui heureusement n'a pas fait grand mal à la maison des Frères.

1. Réception du Nouveau Gouverneur. — A la porte de l'école les Boy Scouts ont formé une garde d'honneur. Son Excellence commença par visiter toutes les classes et il vit les enfants au travail. Dans chaque classe il en fit lire quelques uns, et il fut étonné de les entendre si bien lire en anglais. Ayant vu les classes, il monta au premier étage de la maison, accompagné, du C. F. Directeur. Pendant ce temps nous fîmes sortir les enfants dans la cour où ils se placèrent. de manière à former les deux lettres G. R. (Roi Georges). Quand Son Excellence redescendit tout était prêt et des qu'il se fut installé dans un grand fauteuil, emprunté pour l'occasion, on commença le chant de bienvenue, qui fut suivi de la lecture d'une adresse par un élève indien. Son Excellence adressa alors quelques mots aux enfants, terminant naturellement en leur accordant une demi-journée de vacances. Les enfants entonnèrent alors un chant fidjien, qui fut suivi du chant national. Pour finir ils poussèrent trois grand hourrahs en l'honneur de l'auguste visiteur.

 

2. L'ouragan. — Le deuxième évènement que je vais vous raconter ne fut pas si gai; c'est un ouragan. Le dimanche soir, 8 décembre, fête de l'Immaculée Conception, nous eûmes une grande pluie avec beaucoup de vent, ce qui empêcha bien des gens de venir assister au Salut du Très Saint Sacrement.

Lundi, 9 décembre, le vent continua à souffler, quoiqu'il n'y eût guère de pluie. Mardi, 10 décembre, grande pluie et grand vent. Ce jour-la il n'y eut pas beaucoup d'élèves à l'école et vers midi on fut obligé de renvoyer chez eux ceux qui étaient venus, car le signal annonçant l'imminence de l'ouragan avait été donné. L'après-midi fut employée à renforcer quelques endroits du bâtiment qui commençaient déjà à céder au vent. Toute la nuit de mardi quelques-uns des frères ont veillé, car notre maison est bien vieille et on craignait qu'elle ne résistât pas à l'ouragan. La nuit s'est passée sans accident. Toute la journée de mercredi l'ouragan continua à souffler. On apprit ce jour-là que la Rivière de Rewa montait rapidement et que ses eaux avaient déjà envahi quelques villages sur ses bords. Le C. F. Directeur de Naïlilili qui était à Suva se montra alors fort inquiet. Il aurait bien voulu rentrer dans sa communauté. Il ne l'a pas pu, car le steamer ne pouvait aller contre le courant violent qui descendait la rivière. A Naïlilili il n'y avait que des frères fort âgés dont deux n'ont chacun qu'une jambe. On resta à la maison tant qu'on put; mais l'eau continuait à monter et il y avait déjà un pied de profondeur d'eau partout. Alors les quatre frères sont montés dans une petite barque pour traverser la cour et se réfugier à la Cure. Le bâtiment de la Mission est à deux étages tandis que celui des frères n'en a qu'un. Ils y restèrent pendant deux jours, jusqu'à ce que tout fût redevenu normal.

L'ouragan et l'inondation firent un mal incroyable. Dans quelques endroits l'eau monta presque à quarante pieds au-dessus de son niveau ordinaire. Trente ou quarante personnes furent noyées et ceux qui échappèrent de leurs maisons en ruines se réfugièrent sur les collines où ils se trouvèrent exposés à une pluie torrentielle et à un vent d'une vitesse de 100 milles par heure. II paraît que dans le bassin de la Rewa il y a 5.000 indigènes qui manquent du nécessaire.

Heureusement tous nos frères sont en bonne santé et aucune de nos maisons n'a trop souffert des effets de l'ouragan.

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Nos Ecoles de Samoa. — Le Petit Chevalier de la Ste Vierge, qui nous arrive de Poughkeepsie nous donne d'intéressants détails extraits d'un compte-rendu du R. P. Bellwald, Mariste, sur l'œuvre de nos Frères de Samoa.

Ils mettent pleinement en relief le travail de pionniers que nos Frères ont accompli dans les îles de l'Océanie, habitées encore il y a une cinquantaine d'années à peine par des tribus cannibales.

« La première école anglaise dans les îles Samoa, dont quelques unes des plus importantes, Tutuila et Manua, appartiennent aux Etats Unis, fut fondée en 1906, à Léone. Les chefs de ce district, Protestants pour la plupart, ayant entendu parler du bien accompli dans la grande île d'Upolu par les Frères Maristes, vinrent eux-mêmes solliciter Sa Grandeur Mgr. Broyer, S. M., d'intervenir auprès der supérieurs de cette société afin qu'il leur fût donné quelques uns de ces éducateurs éminents.

Cette école était ouverte à tous les garçons du district. Les indigènes avaient acheté l'emplacement et bâti à la fois le collège et la résidence des Frères. En outre, ils prirent à leur charge l'entretien de l'établissement et le salaire des professeurs. En 1924, l'école devint école du gouvernement mais le terrain et les bâtiments restèrent la propriété du District. Depuis lors, à plusieurs reprises, les, autorités scolaires ont essayé de remplacer les Frères par des Maîtres laïques. Chaque fois; les indigènes se sont vivement opposés à ce changement. En 1915, grâce aux efforts des chrétiens de la mission, une autre école anglaise fut ouverte à Pago-Pago, le centre le plus important de l'île américaine de Tutuila. Elle fut aussi confiée aux Frères Maristes.

Chose digne de remarque, écrit le R. P. Bellwald, les Catholiques furent les premiers à ouvrir une école anglaise dans cas îlots disséminés dans l'immensité de l'Océan Pacifique. Dans ces écoles. publiques, confiées soit aux Frères, soit aux Sœurs, l'instruction religieuse est donnée tous les jours par les maîtres, après l'heure règlementaire de la classe. Beaucoup d'enfants protestants se font un plaisir d'assister à ces catéchismes. Bien que la plus grande liberté de conscience soit laissée à tous, et qu'aucune sollicitation ne soit employée pour faire de nouveaux disciples, cette assiduité à venir entendre l'enseignement catholique a beaucoup contribué à faire tomber les préjugés contre notre sainte religion parmi la population dissidente de ces pays.

On compte 760 élèves dans les écoles de l'île. De ce nombre 324 fréquentent les établissements dirigés par les Frères ou les Sœurs. La population de Tutuila était de 6016, d'après le dernier recensement de 1920; 1.181 sont Catholiques.

Qui convertira les autres, ajoute le Petit Chevalier de la Ste Vierge? Présentement on ne peut pas compter sur les indigènes pour ce travail apostolique. Les Frères de ces lointaines régions ont beaucoup de difficulté à remplacer ceux des leurs que la maladie ou le grand âge obligent à déposer les armes.

La conclusion est toute naturelle. Que les meilleurs de nos élèves viennent grossir nos rangs.

Nous ne le leur répéterons jamais assez.

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