Scolasticats intercommunautaires

F. Lorenzo, A. G.

04/Nov/2010

Historique.

Le projet a une assez longue histoire.

En 1931, les scolasticats des religieux enseignants étaient reconnus comme écoles normales officielles, sous le nom de scolasticats-écoles normales. Ils suivaient les mêmes programmes que les écoles normales, accordaient les mêmes diplômes, mais ne devaient pas réclamer de subsides du Gouvernement.

De 1949 à 1954, les Frères prirent une part active à l'élaboration d'un nouveau programme et obtinrent qu'il conduise au baccalauréat avec option pédagogie. Dans les réunions périodiques des Frères Provinciaux, à plusieurs reprises à partir de 1945, il fut question d'un scolasticat intercommunautaire mais sans aboutir jamais à un projet concret.

En 1954, le projet prit corps enfin mais une congrégation refusant d'emboîter le pas, on l'abandonna momentanément. En 1958, il revint à la surface. Cette fois, les Evêques d'abord favorables, conseillèrent ensuite de penser plutôt à un scolasticat par Communauté: chaque province avait jusque-là son propre scolasticat. C'est alors, qu'en certains milieux, l'opinion publique poussa à la création d'écoles normales régionales pour les jeunes gens : les scolasticats auraient admis les candidats laïcs de la région et seraient devenus le noyau central de ces écoles normales. C'est dans cette optique que les Clercs de St-Viateur et les Frères de l'Instruction Chrétienne établirent leur école normale, les premiers à Rigaud, les seconds à Laprairie.

En 1961, profitant d'une nouvelle loi qui promettait aux institutions d'enseignement supérieur de l'aide pour leurs immobilisations, plusieurs scolasticats firent une demande de subventions. Le Gouvernement offrit aux Frères de la région de Québec de les aider s'ils acceptaient de se grouper. « Le public, ajouta-t-il, verrait de mauvais œil l'octroi de subventions à des institutions parcellaires».

Les Frères Provinciaux de cinq Congrégations religieuses de la région constituèrent une corporation légale pour l'organisation de l'école normale Notre-Dame-de-Foy qui s'établira plus tard à Cap-Rouge. Peu après, six Congrégations de la région de Montréal obtenaient aussi l'incorporation civile, en vue du Scolasticat Central de Montréal.

Les deux projets de Montréal et de Cap-Rouge purent se réaliser grâce à une aide substantielle du Gouvernement qui se présenta sous une double forme :

a) Une subvention directe couvrant environ 40% du coût du pavillon central et des terrains;

b) La garantie fournie par le Gouvernement de Québec de l'emprunt fait par la « Corporation » à la Société Centrale d'Hypothèques et de Logement (organisme fédéral), pour les résidences qui sont considérées comme des résidences universitaires. Le Gouvernement en a assumé le paiement intégral, capital et intérêts.

L'aide gouvernementale se monte à environ ($ 5.000.000) cinq millions de dollars pour chacun des projets, soit environ 60% des devis initiaux. N'étaient pas compris dans ces devis, certains aménagements nécessités par la vie de communauté; les Congrégations ont donc eu une belle quote-part à payer.

Les deux scolasticats ouvrirent leurs portes au début de l'année scolaire 1965-66. Les plans ont été conçus en rapport avec le programme des écoles normales en vigueur au moment de la construction, c'est-à-dire au niveau des « collèges » américains. Les besoins étant les mêmes, les plans ont dû prévoir à peu près les mêmes services dans les deux pavillons académiques; la réalisation diffère cependant. A Montréal, les divers services sont plutôt isolés alors qu'à Cap-Rouge, tout est concentré dans un bloc massif. Dans les deux cas, les résidences forment une couronne autour du pavillon académique.

 

Pavillon académique.

A Montréal, on a donné de l'importance à la chapelle centrale alors que les chapelles des résidences sont plutôt des oratoires assez réduits, servant pour les exercices de piété. A Cap-Rouge, au contraire, il n'y a pas de chapelle centrale mais chaque résidence est dotée d'une véritable chapelle. De même, à Montréal, on a centralisé les centres récréatifs : salle de quilles, salle de billard et de tennis sur table, etc. alors qu'à Cap-Rouge les organisations récréatives sont plutôt le fait des résidences.

 

La Corporation

La « Corporation » civile qui possède et régit l'institution est composée uniquement des Frères Provinciaux à Montréal, des Frères Provinciaux (12) et de onze autres membres à Cap-Rouge. C'est le conseil supérieur de tout l'organisme; il est responsable de l'orientation à donner à l'école normale, du choix des professeurs, des décisions à prendre dans les cas litigieux.

La « Corporation » est propriétaire de tous les édifices et de tous les terrains mais, à toutes fin pratiques, les Communautés agissent comme propriétaires de leurs terrains et résidence et comme copropriétaires de l’Ecole. Sur l'emplacement qui leur est dévolu, les Congrégations jouissent dune autonomie complète et leur organisation relève de leurs supérieurs propres, sujets seulement aux limitations naturelles qu'impose le bien commun.

Chaque Congrégation a sa résidence particulière de sorte que chacune peut organiser la formation religieuse selon son esprit propre.

 

Organisation interne.

Le « Principal » est le personnage-clé de l'institution dont il porte la responsabilité devant les Frères Provinciaux. Il est président du « Bureau de direction » ou « Conseil de vigilance ».

Les Maîtres de formation ou Directeurs des scolastiques forment le « Bureau de Direction » ou « Conseil de vigilance », veillant à la sauvegarde des valeurs de la vie religieuse quant aux programmes, aux calendriers, aux horaires et aussi au contenu de l'enseignement. C'est à eux qu'il appartient de maintenir l'équilibre entre la part de vie collégiale et la part de vie communautaire.

L'Exécutif de l'Ecole est composé du Principal, du Directeur des études et du Directeur des étudiants. II y a de plus :

a) Un conseil académique formé des chefs de départements;

b) Un conseil social formé des responsables des activités religieuses, apostoliques, etc. …;

c) Un conseil des services chargé de la partie matérielle sous la direction de l'Administrateur.


Les étudiants.

Dans les plans primitifs, les deux organisations devaient être de véritables scolasticats réservés aux jeunes religieux ou aux aspirants religieux (juvénistes ou postulants). On avait prévu arriver facilement à 500 ou 600 étudiants.

La baisse générale du recrutement laisse des places vides assez nombreuses. On a donc ouvert la porte à un certain nombre de laïcs aspirant aux titres d'enseignement. Certains scolasticats en admettaient déjà quelques-uns avant la fusion. A Montréal, les laïcs sont externes à quelques exceptions près; les communications sont faciles avec la partie nord de la ville. A Cap-Rouge, situé en banlieue de Québec, il y a une bonne proportion d'internes dans une résidence ou l'autre. Au pavillon Champagnat, il y en a une vingtaine qui suivent pratiquement le règlement des juvénistes qui s'y trouvent, sauf qu'ils vont en famille pour les fins de semaine.

Dans chaque scolasticat, il y a un Conseil des étudiants qui organise spécialement les activités parascolaires et se fait l'interprète des étudiants auprès des autorités.

 

Résultat

Les deux scolasticats fonctionnent depuis deux ans et semblent donner satisfaction. Naturellement il a fallu un peu de rodage dans les débuts mais actuellement tout procède normalement. On a l'impression nette que nos jeunes Frères pourront tirer grand profit du contact avec les autres groupes, d'une gamme plus étendue d'options, d'un meilleur choix du personnel et d'un équipement plus adéquat, toutes choses qu'un petit scolasticat ne pouvait leur donner.

La formule semble plaire puisqu'elle a été adoptée par d'autres. Voisin de notre « campus » de Cap-Rouge et ne faisant pratiquement qu'un avec lui, il y a le « campus » des Pères où quatorze congrégations cléricales ont groupé leurs aspirants pour le cours « collégial ». Il y aura vraisemblablement échange de professeurs et même d'élèves pour certaines options.

 

Avenir

Quel sera le rôle de ces scolasticats dans les nouvelles structures que l'on met en place actuellement dans la province de Québec? On ne peut le prévoir de façon certaine: études au niveau collégial ou pré-universitaire? facultés des sciences de l'éducation? On se tient prêt à s'adapter aux structures. A Cap-Rouge, existe déjà un cours qui prépare à la licence d'enseignement, option sciences religieuses. Il y a aussi un cours d'extension de l'enseignement qui offre aux professeurs des cours de perfectionnement en vue d'une licence.

F. Lorenzo, A. G.

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