Sec. Noviciat

03/Sep/2010

 

Depuis le mois d'août dernier, nous avons à Grugliasco les Exercices du Grand Noviciat, et cela nous donne plus que jamais de nombreuses occasions de bénir la Providence d'avoir permis aux Supérieurs de rétablir ici cette institution bienfaisante, qui avait déjà. produit de si heureux fruits à Saint-Genis-Laval.

Cette année, les Frères qui y prennent part sont au nombre de 35, sous la direction du R. P. Hilléreau, de la Société de Marie, qui a remplacé, comme Instructeur, le R. P. Trouche, et du C. F. Marie-Odulphe, ci-devant directeur du pensionnat de Péruwelz (Belgique) ; et, pour rendre hommage à la vérité, nous devons dire tout haut — tant pis si leur modestie s'en offense — que, par leur régularité, leur recueillement, leur excellent esprit et, quand il le faut, leur dévouement sans réserves, ils sont l'édification de la maison en même temps que sa ressource. Pouvait-on d'ailleurs attendre moins d'eux ?…

Comme de coutume, ils sont venus d'un peu tous les points de l'horizon. Il y en a :

a) Six du Canada et des Etats-Unis : FF. Célestius, Charles- Emile, Joseph-Maximin, Marie-Gualbert, Pierre-Nolasque et Virgilius.

b) Six de Turquie : FF. Jean-Emile, Joseph-Anastase, Joseph-Anselme, Louis-Emile (Germain), Marie-Flavien et Marie-Jérôme.

e) Cinq d'Espagne : FF. Allyre, Albert-Régis, Eligio, Eusebio et Louis-Nicomède.

d) Quatre du Brésil : FF. Abondance, Aloysio, Alphonse-Etienne et Weibert.

e) Deux d'Océanie FF. Augustien et Mary-Félix.

f) Deux de Syrie : FF. Emile-Gabriel et Joseph-Mantius.

g) Deux de Chine : FF. Joseph-Abdias et Marie-Julien.

h) Deux du Mexique : FF. Aubert et Remèze.

i) Deux de Belgique : FF. Blandin et Armand-Léon.

k) Quatre enfin de divers autres pays : FF. Erme, Gentil, Protasius et Louis-Simon.

Que font-ils ? Pour un grand nombre de nos lecteurs la réponse à cette question est déjà connue, car beaucoup y ont passé, et toutes les années le programme est à peu près le même ou plus ou moins analogue. A l' intention de ceux qui ne le connaîtraient pas, nous allons en donner un petit aperçu.

Tout d'abord — et c'est leur travail le plus important — les Grands-Novices s'occupent de l'œuvre personnelle de leur propre sanctification, en s'efforçant de faire avec plus de ponctualité, plus d'attention, plus de ferveur et une plus grande pureté d'intention qu'en temps ordinaire leurs exercices de piété ; en observant avec plus de soin toutes les prescriptions de la Règle ; en s' appliquant, à la lumière des instructions qui leur sont faites par le R. P. instructeur et par le Frère Directeur, à acquérir une connaissance plus complète et plus précise de leurs obligations, en même temps qu’ils pénètrent plus profondément de la nécessité de les bien remplir ; en s'exerçant d'une manière plus directe a la pratique de l' humilité, de la charité, de l'obéissance, de la pauvreté et des autres vertus religieuses, etc. …

Mais ce travail fondamental, auquel ils se livrent d’ailleurs – du moins si l'on peut se fier aux apparences – sans contrainte ni contention d'esprit, ne les absorbe pas tellement qu'ils ne puissent pas trouver encore de bonnes heures pour vaquer à d'autres occupations moins essentielles, c'est vrai ; mais qui ont bien aussi leur importance.

Chaque semaine, ils ont à traiter par écrit une question ascétique ou pédagogique, qui leur donne l'occasion de compulser en détail les divers ouvrages de l'Institut : Vie du V. Fondateur, Avis, Leçons, Sentences, Biographies de quelques Frères, Circulaires, Principes de la Perfection chrétienne, etc. …, de se les rendre familiers, et de les éclaircir ou compléter au besoin par d'autres données empruntées aux maîtres de la vie spirituelle, aux écrivains religieux ou à leur expérience personnelle. Tous les lundis, le R. F. Supérieur et les Assistants présents dans la maison vont assister à la lecture publique de quelques-uns de ces travaux ; et c'est avec bonheur qu'ils ont à, constater quelle somme d'observations, de recherches et de sérieux efforts ils supposent pour la plupart. Ce qu'ils contiennent de meilleur sur chaque sujet est choisi, autographié, puis relié en un volume par les soins d'une Commission spéciale, et, en quittant le Grand-Noviciat, chacun des Frères qui y ont pris part peut en emporter un exemplaire, qui servira de souvenir en même temps que de précieux recueil de notes. Les quelques titres suivants, que nous empruntons au volume de cette année, donneront une idée des sujets traités : Importance des Exercices de piété. — Du bon caractère. — Nécessité du silence. — La dévotion au Saint-Sacrement. — La sanctification des actions ordinaires. — Nécessité, quand on obéit, (le voir Dieu dans le supérieur. — Un modèle de méditation d'après notre Méthode. — Un modèle d'examen, également d'après notre Méthode. — Moyens pratiques de préparer et de donner une leçon de catéchisme. — Les amis et les ennemis de l'Institut, à l'intérieur et à l'extérieur, etc. …

De plus, le jeudi de chaque semaine, un des Grands-Novices vient exposer dans une conférence, devant ses confrères réunis, une pratique pédagogique dont il a eu l'occasion de constater les avantages ou les heureux effets dans le pays où il vient.

C'est ainsi qu'ont été exposés successivement les sujets suivants : Les études, les programmes et les examens au Brésil. — Les joutes scolaires dans nos établissements d'Espagne. — Un catéchisme modèle. — La préparation des leçons. — Le ‘’Trésor du Cœur de Jésus’’ et l' Apostolat de la Prière dans les maisons de l'Institut. — Le recrutement de nos Juvénats en Espagne et en Belgique, etc. …

De la sorte, le Grand-Noviciat devient comme un petit congrès de nos œuvres, où l'on met en commun son savoir et son expérience, et où chacun profite des lumières de tous, comme tous profitent de celles de chacun.

Tous les dimanches, de 5 heures et demie à 7 heures du soir, après qu'un Grand-Novice a fait la lecture commentée d'un chapitre des Constitutions, un autre monte en chaire, et fait une causerie, toujours écoutée avec un vif intérêt, sur les coutumes, les mœurs, les institutions ou les événements des pays d'où il vient.. Un jour, c'est un Frère d'Espagne qui raconte, en témoin oculaire, les émouvants détails de la fuite des Frères et Novices de San Andrés, lorsque la maison fut brûlée par les révolutionnaires, ou les faits et gestes des mêmes révolutionnaires à Sabadell. Une autrefois, c'est le Frère Weibert, ancien vice-provincial au Brésil, qui fait le tableau des développements providentiels de notre œuvre dans cette contrée ; un ex-directeur de Jérusalem, qui parle de la ville sainte avec la précision et l'exactitude d'un autochtone et avec le pieux enthousiasme d'un pèlerin, ou un ancien Frère de Colombie qui fait le récit de ses aventures pendant la révolution de 1851 à 1902, etc. — Il y est question des progrès de l'œuvre de Dieu dans ces divers pays, des obstacles qu'elle y rencontre, du bien qui s'y fait, de celui qu'il y aurait à faire et finalement l'esprit apostolique, l'esprit religieux et l'esprit de famille n'y trouvent pas moins leur compte qu'une légitime curiosité.

Enfin, c'est une tradition déjà vieille et toujours fidèlement respectée, que les Grands-Novices cultivent avec amour la musique et le chant grégorien. Cela se sent à nos fêtes religieuses, qui en reçoivent une solennité et un éclat vraiment impressionnants, surtout depuis que, sur le fond grave et majestueux de leurs voix viriles, les juvénistes de Saint François Xavier sont venus jeter la note fleurie de leurs voix d'enfants.

Pourquoi faut-il que, jour par jour, leur période de six mois s'effeuille, et que bientôt nous devions nous préparer à leur dire adieu ?… Mais c'est l'ordre de la Providence, et ce qu'elle fait ne peut être que bon. Nous espérons qu'en partant ils n'emporteront pas mauvais souvenir de la maison-mère, où ils auront bien pu manquer de plus d'une commodité désirable, mais où du moins ils auront rencontré des cœurs vraiment fraternels ; de notre côté, nous les suivrons de notre sympathie, de nos prières et de nos vœux dans leurs destinations lointaines, et, en dépit des distances qui vont s'interposer entre eux et nous, nous continuerons, s'il plait à Dieu, à ne faire tous qu'un cœur et qu'une Ame dans l' amour commun de Jésus notre roi, de Marie notre mère et de notre père en Dieu, le Vénérable Champagnat.

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