Session de pastorale liturgique

30/Oct/2010

 

 

CONCLUSIONS :

Nous donnons, pour l'intérêt du lecteur, les conclusions d'une Session liturgique tenue à Toulouse du 3 au 6 juillet 1963, sous la direction de l'abbé Cabic et à laquelle prenaient part des Prêtres, des Frères, des Sœurs et des Laïcs.

I. Dans une institution d'Enseignement Libre — comme dans toute communauté chrétienne — la célébration liturgique a une place centrale : elle est un moment privilégié de l'HISTOIRE DU SALUT telle qu'elle se réalise AUJOURD'HUI, DANS et PAR cette institution.

Par conséquent:

  1. elle n'est pas d'abord un ensemble de gestes à faire, de prières à réciter, de cérémonies à accomplir (bien que l'éducation liturgique comporte l'éducation de certaines habitudes);

  2. elle n'est pas un moment intense de prière (bien qu'on doive y prier intensément);

  3. elle n'est pas d'abord un moyen d'éducation ou d'évangélisation (bien qu'elle doive sans cesse alimenter la foi et former la vie chrétienne);

  4. elle est célébration, c'est-à-dire actualisation, dans des signes, du mystère du Christ présent, agissant, réalisant aujourd'hui le salut des hommes.

Il ne s'agit donc pas de se servir de la liturgie, même pour atteindre le bien de tous, mais d'entrer (et de faire entrer) dans un mystère qui nous dépasse de toute part.

 

II La célébration étant présence et action du Christ dans des signes, tout effort de pastorale liturgique consistera d'abord à DONNER A CES SIGNES LEUR PLEINE VERITE et à en favoriser l'intelligibilité et le rôle éducatif.

Par conséquent, il sera nécessaire de:

  1. découvrir quels sont les signes essentiels et comment ils s'organisent dans l'unité dynamique et structurée d'une célébration : la connaissance de la liturgie de la messe, à la lumière de la Tradition, est irremplaçable;

  2. veiller sans cesse à la dignité et à la qualité des signes de la célébration : objets, attitudes, lectures, chants, etc. On n'improvise pas la messe, une préparation soignée est indispensable;

  3. éduquer le style général de prière des jeunes, afin qu'ils se sentent à l'aise dans la prière liturgique : toute la vie de prière dans l'institution doit jouer un rôle dans ce sens;

  4. associer les jeunes à la préparation et à la célébration de la liturgie, afin qu'ils y pénètrent plus facilement et s'en découvrent participants à part entière.

 

III. – La vérité des signes de la célébration ne sein assurée que si l'on tend sans cesse à DEVELOPPER LA REALITE QUE CES SIGNES EXPRIMENT, révèlent et accomplissent. Cet effort met en cause l'ensemble de la pédagogie religieuse et même toute la vie de l’institution.

Il faut donc viser à assurer notamment :

a) Une communauté authentique rassemblant mailles et élèves, religieux et laïcs sous la présidence du célébrant, ministre du Christ.

  • Cela suppose que l'on ait travaillé à constituer une véritable communauté de personnes où chacun se sente appelé par le Christ et puisse répondre librement au Christ.

  • Cela suppose que la communauté des maîtres recherche elle-même à vivre pleinement la liturgie, sans céder à la tentation de faire « de la liturgie pour les élèves ».

  • Cela suppose que l'on ait conscience du caractère précaire de la communauté du collège, le signe le plus plein étant l'assemblée dominicale paroissiale dans son caractère bigarré.

  • Cela suppose enfin que la communauté se découvre toujours en liaison vivante avec l'Eglise catholique et apostolique.

b) une communauté de foi. Les signes liturgiques sont des signes de foi; célébrer la liturgie exige un effort constant pour susciter la foi, la rendre plus lucide et accueillante

:

l'effort liturgique ne fera pas oublier les exigences d'évangélisation qui sont premières. Par conséquent:

  • Il faut découvrir un acheminement progressif pour rendre les jeunes capables d'accueillir le don de Dieu dans la liturgie.

  • Il faut prendre conscience que c'est tout le climat de l'Institution qui est en cause

:

relation maître-élèves, témoignages de la collaboration des maîtres entre eux (en particulier religieux-laïcs), ouverture aux problèmes des adolescents et des jeunes, attention au milieu souvent déchristianisé dont ils viennent, surtout formation à l'action catholique.

  • Il faut que l'évangélisation reste toujours sous-jacente à un renouveau liturgique et qu'elle trouve son aboutissement dans la Parole que Dieu nous adresse « aujourd'hui » dans la célébration.

c) une communauté engagée tout entière, et en chacun de ses membres, dans l'histoire du salut. La liturgie étant action du Christ, participer à la célébration, c'est se mettre à l'action avec lui et par lui. Acclamer le Christ Seigneur, s'asseoir à la table de son Eucharistie, c'est accepter de sortir de soi-même pour servir.

(Session tenue à Toulouse du 3 au 6 juillet 1963,
sous la direction de l'abbé Cabie, pour Prêtres,
Frères Religieuses et Laïcs)

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