Tout pour Dieu

09/Sep/2010

Il n'y a de grand que Dieu seul, comme l'Ecriture nous l'apprend et comme l'Eglise le chante. Il n'y a donc que ses intérêts qui méritent d'être considérés. Dans son essence comme dans son origine la créature est un pur néant ; lors même quelle est, elle n'est pas en pouvoir de subsister. A quel titre dès lors ses intérêts auraient ils raison de nous préoccuper, à moins qu'ils ne soient rapportés à l'intérêt de Dieu ?

Que les mondains ne gouttent pas une pareille doctrine, il n'y a pas lieu d'en être surpris ; étant aveugles et charnels, ils ne peuvent voir ni sentir les choses de Dieu. Mais les âmes chrétiennes, qui jugent des choses par la foi, n'ont aucune peine à l'entendre ; c'est pourquoi l'une d'elles s'écriait avec douleur : O mon Dieu ! une seule affaire où vos intérêts sont négligés aurait de quoi retenir un homme toute sa vie dans un désert pour y pleurer inconsolablement un si funeste désordre,

Ces sentiments sont plus ou moins communs à tous ceux qui ont un vrai zèle pour la gloire de notre divin Maître ; et toutes leurs pensées aussi bien que tous leurs désirs et tous leurs desseins n'ont d'autre but' que le seul intérêt de Dieu seul.

C'est le seul intérêt de Dieu seul qui doit faire entrer dans l'état ecclésiastique, dans l'état religieux, dans les charges et les dignités du monde ; c'est lui qui doit remplir les ateliers d'artisans, les campagnes de laboureurs, les écoles d'élèves et de maîtres, les chaires de prédicateurs, etc. … ; c'est lui qui doit faire passer les mers aux uns et retenir les autres dans leur pays… ; c'est l'âme, c'est l'esprit qui doit animer tous les hommes en toutes leurs pensées, en toutes leurs actions, personne ne pouvant douter que le Seigneur ayant créé toutes choses pour sa gloire, elle doit être recherchée en toutes choses.

En tout ce qui se présente, au spirituel comme au temporel, l'âme fidèle à cette règle regarde d'abord ce que l'on y peut faire pour l'intérêt de Dieu, sans tenir compte de ses propres intérêts ni de ceux des créatures. Si elle voit que l'intérêt de Dieu se rencontre dans une chose et que Bien, la demande d'elle, elle prend aussitôt la résolution de l'accomplir et s'y montre inviolablement fidèle quoi qu'il puisse lui en coûter. Si au contraire l'intérêt de Dieu n'y est pas, elle la rejette malgré tous les autres avantages qu'elle peut présenter.

Et dans ses pensées, dans ses désirs, elle se comporte de la même façon que dans ses actes : elle ne souhaite, elle ne cherche que ce qui glorifie Dieu ; elle n'a de crainte et ne s'afflige que de ce qui lai déplaît. Dieu seul est toute sa joie. Si elle voit, si elle apprend que Dieu est glorifié en quelque chose, elle s'en réjouit dans le fond de son être quand même tout le reste devrait être perdu, bien que dans sa partie inférieure elle paisse en souffrir vivement. Elle s'afflige, s'attriste, au contraire, de l'événement le plus heureux ou point de vue temporel, si la gloire de Dieu en doit subir quelque dommage.

Voir Dieu oublié, méconnu, offensé, lui cause plus d'affliction que tous les maux du monde, et la pensée que tant d'hommes ne le connaissent pas encore ou vivent éloignés de lui, lui est si pénible que le sacrifice de ses biens et de sa vie même ne lui colite rien pour en diminuer le nombre.

Sa prière favorite est celle que le Divin Maître lui même nous a enseignée : Notre Père, qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite ! Que l'univers entier vous connaisse, votes glorifie et vous adore ! Que tout ce qui est capable d'aimer s'attache inviolablement à vous ! Que tous les hommes vous obéissent et voies servent avec même exactitude, avec la même diligence, la même, ferveur et la même constance que les bienheureux esprits dont votez avez fait vos anges et vos ministres ! Que je remplisse fidèlement le rôle que vous m'avez assigné dans ce concert d'adoration, d'obéissance et d'amour, et qu'il advienne ensuite de moi selon votre bon plaisir !

Dans mes pensées, dans mes sentiments, dans mes paroles, dans mes actions, rien pour moi, rien pour le monde : tout pour vous, o mon Dieu, tout pour vous seul !

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