Turquie: Comment les ruines arrivent Ă  refleurir

21/Sep/2010

Grâce à Dieu, nos œuvres de Turquie, si brutalement interrompues en 1914 et si bien ruinées qu'elles semblaient mortes à jamais, se relèvent rapidement. Il en est de même des autres œuvres catholiques de la région; et l'Eglise, une fois de plus, aura montré sa vitalité divine dont aucune persécution ne peut avoir raison.

Notre Ecole de Scutari, rouverte tant bien que mal avant les vacances, s'était arrêtée à une cinquantaine d'élèves. Elle a rouvert avec le double, dans de bien meilleures conditions matérielles, et elle atteint aujourd'hui les 200. Le dévouement des, Frères qui ont passé leurs vacances à travailler de toutes façons, a eu raison de presque tous les dégâts faits par les Turcs. L'immeuble est propre, ordonné, entretenu, remis à neuf. Les arbres ont été élagués, les appartements blanchis, les tables de classes réparées, tout est remis en place, et six classes fonctionnent.

A Makrikeuï, même travail acharné des Frères, mêmes résultats obtenus. Une petite nuance en plus est à signaler. Vu l'occupation de la localité par la 122° division française, on a pu obtenir tantôt quelques mètres cubes de planches, tantôt quelques tonnes de charbon, un jour dix sacs de ciment, le lendemain trente kilos de peinture et ainsi de suite. Ce n'est pas un mince secours. Nous avons pu y faire notre retraite annuelle, qui nous a été prêchée par le R. P. Charton, aumônier militaire, avec un zèle et un dévouement admirables.

A San Stefano les travaux nécessités par la dévastation turque continuent. Les fenêtres out été refaites, on y pose ces jours-ci pour mille francs de vitres. Les égouts qu'il a fallu ouvrir font du rez-de-chaussée de la maison un vaste tas de fumier, mais ce travail dégoûtant aura une fin. Nous avons "récupéré" le mobilier scolaire dont s'était emparé l'école turque de filles. Grâce à l'obligeance des chefs militaires, qui nous ont prêté les moyens de transport et une escouade de Sénégalais, la récupération s'est faite en 2 jours. Il n'y a eu qu'un instant de résistance, le deuxième jour. La directrice, épouvantée sans doute de voir son école se vider de fond en comble, profita du repos de midi pour cadenasser sa porte et la fermer d'une chaîne. Hélas! soit que chaîne et cadenas fussent d'un numéro trop faible, soit plutôt que F. François-Eubert y allât carrément, tout sauta en un clin d'œil et les Sénégalais achevèrent un déménagement où vraiment il y a eu bon. A Monastir, F. Frument Jérôme, contremaître d’usine pendant la guerre est parti en explorateur et a organisé de chantiers des diverses sortes qui ont eu raison des dégâts nombreux. A Samsoun, F. Damien aidé de deux Frères s'est lancé, lui aussi, aidé par la force anglaise, dans les "récupérations". C'est une industrie qui a bien son charme, si elle a ses peines: il faut trouver la piste suivie par les meubles, perquisitionner adroitement, parfois par un tiers, pour n’avancer qu'à coup sûr, apparaître à l'improviste devant le détenteur, qui ainsi n'a pas le temps de dissimuler les objets, menacer de la force s'il y a résistance, et la faire paraître en effet, en cas de besoin. Mais quelle joie particulière et légitime on goûte, au bout de l'opération, quand elle est fructueuse!

Tout est d'un prix assez élevé dans nos régions, mais le taux de l'écolage ayant été haussé en proportion, l'avenir se présente avec des couleurs plus rassurantes qu'avant la guerre.

Nous profitons également de notre situation pour avancer nos positions religieuses et prendre la liberté d'enseigner le catéchisme même à ceux de nos élèves pour qui c'était impossible avant la guerre.

Il y a donc lieu de se réjouir, dans l'ensemble, et de la résurrection déjà accomplie de la plupart de nos Œuvres en attendant la suite, et des conditions plus favorables que la bonne Providence leur a préparées.

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