Un évènement sensationnel au Juvénat St. F. Xavier

13/Oct/2010

Si les scolastiques de St. F. Xavier se morfondaient un tantinet en voyant retarder indéfiniment leur envol vers les plages rêvées par leur zèle frémissant, il n'en était pas ainsi des juvénistes. Les vacances, chaque année, leur apportent sans doute, avec un règlement plus large, des récréations plus nombreuses et plus longues, des congés plus fréquents et des travaux de classe moins austères. Il y a, par exemple, la composition d'un cahier de devoirs de vacances où l'imagination et les goûts artistiques peuvent se donner libre carrière.

Il serait fort intéressant d'offrir encore, comme on le fit jadis, la photographie de certaines pages dessinées, peintes, enluminées, comme les missels ou les antiphonaires des moines d'autrefois, pour encadrer des lettres écrites à la famille ou des impressions causées par la vie du juvénat. Là, fourmillent des reproductions de tableaux à la plume, au pastel, au crayon; des figures horrifiques ou gracieuses.

Parmi ces artistes en herbe, les uns se révèlent paysagistes et dessinent volontiers des sites alpestres avec des vaches aux lourdes clarines ou des prairies et rivières aux bords poétiques sur lesquels bergers et troupeaux contemplent des horizons bleus et roses. D'autres sont plutôt animaliers et, en teintes violentes imaginent une réception dans le monde des bêtes; suggestif, le dessin à la plume avec la légende: « los dos ratones van a la villa! » ou encore le cochonnet allègrement conduit par un bambin à cheval. Quelques-uns, plus au courant des évènements de ce monde, tracent des cartes politiques, formulent des souhaits d'ardent patriotisme et prodiguent les couleurs années. Tous ont ceci de commun : ils cultivent les fleurs et en illustrent leurs cahiers par d'harmonieuses corbeilles où des roses sans épines symbolisent un peu la vie qu'ils rêvent.

Mais sur les vacances coutumières à St. F. Xavier. finit, tout de même, par souffler un vent de monotonie… Les Juvénistes de Lavalla, de St. Genis-Laval s'en vont vers des pensionnats de montagne… Ceux de St. Paul-3-Châteaux font une escapade à l'hôtellerie du fameux monastère d'Aiguebelle, etc. … etc. Même ceux de Bairo n'ont-ils pas eu l'audace d'aller planter leur « camping » juste au milieu du terrain de manœuvres de l'artillerie alpine?…

Et alors?… Une idée lumineuse a été inspirée par les anges gardiens des juvénistes de St. F. Xavier et de Gassino aux bons Supérieurs… Et, par un beau matin, le nez au vent et l'âme en fête, tout ce petit peuple est parti…

St. F. Xavier mettait le cap sur Bussolino et le Juvénat St. Joseph s'installait à Grugliasco. Qui dira les randonnées et les gambades faites sur les collines du Monferrato et quel bel appétit on y ramassait !… Tant et si bien que la « pasta asciutta », le régal des régals italiens, d'abord généreusement servie à raison de 15 kilos, puis 20, puis 30 par repas, devenait progressivement insuffisante à l'émerveillement du brave maître queux. Miséricorde ! à quelle hauteur serait-on parvenu si le fortuné séjour se fût prolongé !

Et à Grugliasco quelles prouesses nautiques pour des nageurs novices dans le grand bassin aux poissons rouges ! Et comme on savourait les tartes succulentes que savent préparer les FF. Paulinus et Iréneus!

Hélas! tout a une fin en ce pauvre monde, y compris les « colonies » de vacances à l'usage des juvénistes! Et du 4 au 8 septembre tant à Grugliasco qu'à Bussolino, silencieux, recueillis, rivalisant de gravité avec les vieux moines, nos chers petits hommes faisaient une fervente retraite pour reprendre avec un nouvel élan leur préparation au postulat et… aux missions!…

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