Une belle leçon de Catéchisme

05/Oct/2010

Le catéchisme et nos origines. — Nous lisons dans la Vie de notre Vénérable Fondateur que pendant qu'il mûrissait dans son esprit la fondation de notre Institut, il fut vivement frappé, au chevet d'un enfant qui allait mourir, de l'ignorance profonde du moribond, touchant les vérités religieuses. Le pauvre petit était arrivé au seuil de la mort, sans rien connaître de notre sainte religion. Et c'est en réfléchissant au sort lamentable de tant d'autres enfants qui grandissent et meurent dans une pareille ignorance qu'il s'était décidé à fonder sans retard notre Institut.

C'est donc le manque de catéchistes qui a été, dans l'esprit de notre pieux et zélé Fondateur, la cause déterminante de la fondation de sa grande famille religieuse.

Mais aussi, quel soin il donnait à cette partie de la formation de nos premiers Frères! Une fois formés, la première fonction extérieure qu'il leur confiait était d'aller faire le catéchisme dans les hameaux des environs. Et comme il leur inculquait l'estime de cette fonction ! « Oh! le noble emploi, disait il, que de continuer l'œuvre de Jésus-Christ sur la terre, c'est-à-dire instruire les ignorants de la science du salut ». Comme il leur énumérait les beaux exemples des saints qui ont passé leur vie à faire souvent le catéchisme : St François Xavier, St Ignace, St François de Sales et tant d'autres! Comme il leur faisait envisager le bel idéal de devenir tous de bons catéchistes! « Un Frère ne doit rien tant désirer, leur répétait-il, car c'est là sa fonction principale et le but de sa vocation ».

 

Zèle de nos Aînés. — Les Frères ainsi formés furent à l'exemple de leur Père, on peut l'assurer, d'éminents catéchistes. Frère Laurent, pour n'en citer qu'un, allait l'hiver s'enfermer dans les neiges du Bessat comme dans une citadelle, et là, catéchisait les enfants deux fois par jour et les braves villageois pendant les longues veillées que les frimas rendaient disponibles. Et il n'aurait pas donné son pénible emploi pour tous les biens du monde.

Cinquante de nos premiers Frères partirent pour l'Océanie lointaine, et alors sauvage, dans l'unique espoir de catéchiser des infidèles.

Ce sont là des titres de noblesse pour notre Institut et une tradition qui, grâce à Dieu se perpétue parmi nous.

Oh! il ne faudrait pas supposer qu'il n'y ait parfois; d'ici de là, quelques Frères qui l'oublient de temps en temps et qui, dans les préoccupations des examens, des concours, des diplômes, soient tentés de restreindre le temps sacré de l'enseignement religieux ou d'en perdre de vue l'importance primordiale.

Partout, cependant où s'établit une école de Frères, c'est avant tout un foyer d'enseignement du catéchisme. Ils le savent bien ceux qui déchaînent contre nous, là où Dieu le permet, l'appareil des lois gênantes, de la police, des proscriptions. Ils n'en veulent ni à la chimie ou à la sténographie que nous enseignons, mais uniquement au non béni du Sauveur que nos lèvres annoncent.

Et, vu l'étendue de notre Congrégation, il y a toujours quelque point de la terre où le diable a pouvoir de s'acharner contre elle. Mais, en revanche, il ne manque pas d'endroits, où nous puissions jouir du spectacle consolant d'écoles et Collèges bien tranquilles, protégés et encouragés par les pouvoirs religieux et civils et travaillant avec zèle à l'instruction chrétienne de l'enfance.

 

Congrès de Saragosse. — Il y a même parfois de plus remarquables circonstances qui font tressaillir de joie de cœur d'un Frère zélé pour l'enseignement du catéchisme.

La suivante est de celles-ci. A Saragosse, ces dernières vacances s'est tenu un Congrès national du catéchisme: Il serait trop long sans doute de décrire en détail les cérémonies auxquelles il a donné lieu, de nommer les illustres personnages qui s'y sont rassemblés et de faire le compte rendu des discours prononcés et des résolutions prises.

Mentionnons pourtant en passant qu'une partie de notre collection de livres classiques espagnols F.T.D. dont un bon nombre ont trait à l'enseignement religieux, y fut exposée et qu'elle tint une place de choix dans les vastes salles où l'on avait groupé les ouvrages analogues.

Et venons-en à la leçon pratique de catéchisme que .les organisateurs du Congrès avaient fait l'honneur de demander à notre Institut et qui fut donnée par un de nos Frères devant un nombreux auditoire.

Voici en quels termes un périodique la décrit :

 

La Leçon. — Voilà qu'un Frère Mariste paraît sur l'estrade. C'est le F. Basilio-Maria, professeur de Notre Dame del Pilar à Saragosse.

Il commence par nous rappeler que l'Institut des Frères Maristes est sorti d'une leçon de catéchisme que son Fondateur, le Vénérable Marcellin Champagnat, avait dû donner à un enfant moribond.

Il s'excuse ensuite de prendre la parole devant une si docte assemblée et se bornera, dit-il, à une leçon pratique de catéchisme, au groupe d'enfants qui sont là devant lui. Il ajoute enfin que comme membre d'un Institut qui honore en Marie sa Mère et sa Patronne, il pense ne pouvoir mieux faire que de choisir comme sujet de son catéchisme la Dévotion à Marie telle qu'elle est développée dans le Catéchisme sur la Ste Vierge, par F.T.D., leçon 21ième.

Alors, commence la leçon. Après une prière qui est de rigueur en tout catéchisme d'un Frère Mariste, s'engage un dialogue animé, entre le Maître et les enfants groupés devant lui, qui ne laisse pas un instant de langueur et d'ennui à tout l'auditoire. Questions, réponses, explications, traits d'histoire, beaux exemples, courtes et vives exhortations se succèdent avec entrain.

Que de belles choses il nous dit dont profite toute l'assemblée.

Il commence par énoncer ce que c'est que la dévotion à Marie, comment elle demande une volonté empressée de pratiquer tout ce qui a rapport à son culte. Puis il énumère ces actes de dévotion accompagnés d'intéressants exemples. L'un d'eux est celui rappelé par Tite Live de Decius, se dévouant aux dieux infernaux.

Et nous, mes enfants, s'écrie-t-il alors, serions-nous moins dévoués au vrai Dieu et à sa très sainte Mère.

Quels beaux exemples aussi pour des élèves d'un Frère Mariste que ceux de leurs camarades mexicains, qui donnèrent leur vie pour Dieu en invoquant Notre Dame de Guadalupe!

Il parle ensuite de la nécessité de cette dévotion à Marie pour assurer son salut, cite les témoignages de l'Eglise et des Saints, plaçant au bon endroit les paroles mêmes du grand Suarez, jésuite espagnol : « le sentiment universel de l'Église est que l'intercession de la Mère de Dieu est non seulement utile mais nécessaire pour le salut ».

Puis il achève en exhortant les enfants à cueillir comme fruit de cette leçon, une grande dévotion à la Ste Vierge et en bon petits aragonais qu'ils sont, à Notre Dame del Pilar, patronne de l'Espagne et de leur illustre ville de Saragosse.

 

Résultats. — Les félicitations ne manquèrent pas au catéchiste et la preuve que ce n'était pas de simples formalités, c'est le nombre des congressistes qui voulurent se procurer le livre dont il s'était servi pour sa leçon.

Le Messager du Cœur de Jésus, dans son compte rendu du Congrès ne manque pas de décerner un éloge sans réserve à cette leçon pratique, si utile après tant de belles dissertations et de discours solennels et dont le vif intérêt tenait tout entier dans le savoir-faire du catéchiste : le dialogue avec les enfants, les explications familières et sans prétention, les exemples intéressants, et à la portée des écoliers.

Dieu soit béni et sa très sainte Mère, ajoute la Stella Maris, que les éloges mérités de l'illustre assemblée l'aient été précisément par des qualités bien maristes : la simplicité de l'exposé, la modestie du ton et l'adaptation pratique au niveau des intelligences enfantines.

Le Vénérable Père Champagnat aura dû tressaillir de joie, au sein du paradis, en voyant un de ses enfants pouvant servir de modèle d'un bon catéchiste, devant une assemblée qui en comptait de si remarquables et composée de si illustres personnages: cardinaux, évêques, théologiens, autorités civiles, hommes d'œuvres, religieux éminents, qui tous applaudirent son fidèle disciple.

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