Vers le mieux!

24/Sep/2010

Le premier souci de l'homme ne doit pas être de savoir comment il gagnera sa vie, mais comment il vivra; car s'il vit bien il trouvera aisément le nécessaire.

Comment dois-je vivre? Comment tirer de ma vie le plus et le mieux qu'elle puisse fournir en vue de la fin que mon créateur s'est proposée en me la donnant? Comment devenir vraiment homme et faire œuvre d'homme créé à l'image de Dieu ? Voilà ce qui doit avant tout me préoccuper.

L'utile n'est pas ce qui vaut le plus cher ; mais à vrai dire, rien n'est aussi utile que ce qui sert les fins divines ; que ce qui, indépendamment du vivre et du couvert, illumine, élève, ennoblit et enrichit notre vie; que ce qui contribue à nous rendre meilleurs, plus parfaits.

Nous élever continuellement au-dessus de nous-mêmes nous rapprocher chaque jour un peu plus de la vérité, de, la bonté, de l'idéal moral de la perfection; devenir un peu plus semblables à Dieu: voilà le vrai but où nous devons tendre, l'idéal que nous ne devons pas cesser de poursuivre..

L’idéal est une invitation à fuir tout ce qui est bas, tout ce qui est vulgaire pour nous réfugier dans les hautes pensées, dans les généreux sentiments,. dans les nobles actions, vraies sources de force, de paix et de joie.

N'alléguons pas que c'est impossible: il est vrai que la perfection absolue n'est pas à notre portée; mais ceux qui s'efforcent sérieusement de devenir parfaits acquièrent insensiblement une supériorité et des vertus qui les en rapprochent, en même temps qu'ils goûtent un contentement et une satisfaction intime dont la plupart des hommes n'ont pas l'idée.

Ne disons pas non plus que les occasions nous manquent : dans la vie, il y a place pour tout, et moyen de tout faire. Quand nous nous plaignons que les circonstances favorables nous font défaut, ce qui nous manque en réalité, c'est la foi, l'espérance, les bons désirs, la bonne volonté, la vigilance, la réflexion, les efforts sincères; c'est aussi peut-être de savoir où nous allons et d'y marcher résolument.

Proposons-nous un but, une fin bien arrêtée, et les occasions de l'atteindre surgiront d'elles-mêmes comme éclosent les bourgeons au souffle du printemps. Là où l'esprit négligent et inattentif ne rencontre que le désert, l'observateur diligent et avisé, découvre les choses les plus précieuses. Le plus grand talent des hommes qui ont réussi a été leur confiance passionnée dans l'efficacité du travail.

A l'œuvre donc. Quelles que soient l'heure et la circonstance où se révèlent à nous le sens et la valeur de la vie, il est toujours temps de se mettre à la tâche avec l'espoir fondé de ne pas travailler en vain.

Un bien, un bien illimité est à la portée de chacun de nous : nous eût-il échappé cent fois, il faut croire encore que le moment présent est celui de le saisir. D'insuccès en insuccès, nous nous élevons vers la vérité et vers l'amour : c'est une ascension à la portée des plus modestes.

Au milieu même des plus humbles préoccupations de la vie quotidienne, il est loisible à chacun de nous, si nous le voulons, de nous élever aux régions supérieures où nous appellent de concert nos aspirations et nos désirs; il nous suffit pour cela de profiter avec soin et persévérance des nombreuses occasions qui s'offrent à nous de faire le bien et de nous sanctifier.

Si nous ne pouvons pas accomplir de grandes choses, il s'en présente du moins de petites à faire avec perfection. Que de fois par jour n'avons-nous pas l'occasion de nous montrer polis, obligeants, discrets, aimables; d'écouter avec attention, de. nous taire ou de parler propos; de nous vaincre, de nous mortifier, de nous refuser quelque plaisir facile et vulgaire pour nous rendre capables d'une joie pure ou mieux encore pour plaire à Dieu?… Serait-il si difficile de la saisir?

Bêlas! si le bien idéal nous échappe si souvent, ce n'est pas parce qu'il est éloigné ou insaisissable, mais parce que nous sommes nous-mêmes inattentifs, négligents, distraits, indifférents, dépourvus d'énergie, .de courage, de persévérance; parce que nous ne savons ni croire, ni aimer, ni vouloir fortement.

 

                                       (Cf. Mgr. Spalding, évêque de Peoria (États-Unis):
                      Discours prononcé, le 6 décembre 1899, à l'inauguration de l'Institut Spalding, Passim).

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