Visite de Délégation à lArchipel des Salomon

F. Mary-Justinian, A. G.

21/Oct/2010

(Le Révérend Frère Supérieur Général, lors de sa récente visite en Océanie n'a pu, à son grand regret, se rendre aux lies Salomon. Le C. F. Mary Justinian a donné le compte rendu suivant de la visite qu'il en a faite en juillet dernier.)

Dans ce territoire de Mission, nos Frères dirigent les trois écoles de Rabaul, Kieta et Tenaru.

 

Rabaul, en Nouvelle-Bretagne, est sous mandat australien. En 1949, trois Frères chinois y ouvrirent une école dans la paroisse que desservent les Pères du Sacré-Cœur. Quoiqu'elle soit destinée uniquement aux enfants chinois, l'enseignement s'y donne en anglais et conformément aux programmes en vigueur pour les écoles australiennes.

Aussi, les fondateurs comprirent-ils bientôt qu'ils avaient besoin de professeurs de langue anglaise. Le C. F. Provincial de Sydney non seulement leur envoya deux de ses Frères mais il reçut volontiers dans sa Province plusieurs confrères chinois pour qu'ils s'y forment à l'anglais.

L'enseignement du chinois n'a pas été pour autant négligé à Rabaul ; les parents y tiennent car, n'étant pas reconnus comme citoyens de plein droit, ils craignent de se voir un jour contraints de retourner dans leur pays d'origine.

Notre école exerce un très bel apostolat à la grande satisfaction des catholiques chinois qui, avant l'arrivée de nos Frères, devaient recourir à des maîtres séculiers de leur choix, s'ils ne voulaient envoyer leurs enfants aux écoles officielles. Celles-ci, quoique bien organisées, ne pouvaient leur convenir à cause de leur neutralité.

Dans la même localité fonctionne une autre école catholique ouverte uniquement aux aborigènes ; elle est dirigée par les Irish Christian Brothers.

 

Kieta se trouve sur l'île de Bougainville, dans la partie nord des Iles Salomon, également sous mandat australien.

Il n'y a de service aérien que trois fois par mois de Rabaul à Kieta. Il se fait par hydravion et le voyage dure plusieurs heures. L'école est dite régionale parce que les missionnaires y envoient, des diverses îles, les jeunes gens qu'ils croient aptes à devenir de bons maîtres et de bons catéchistes.

Kieta est à peu de distance de Buka Passage où ont été vus pour la dernière fois les trois Frères australiens qui périrent pendant la guerre. Ils furent reconnus par un de nos anciens élèves de Sydney. Par les détails qu'il a fournis au C. F. Provincial et à moi-même, il est fort possible que nous ayons les meilleures précisions sur leur mort.

Arrêtés à la Mission par les Japonais, ils furent emmenés à Buka et enfermés dans l'ancienne résidence du Haut Commissaire australien. Nous avons tout lieu de croire que lorsqu'un caporal japonais annonça : « les trois hommes du Christ sont retournés en Australie », il voulut dire qu'ils avaient été exécutés car, pour les Japonais, mourir c'est retourner au pays des ancêtres.

Il y a trois Frères à Kieta. Le programme suivi dans les classes est identique à celui des meilleures écoles officielles. On y ajoute le travail des champs, tant pour former les élèves à l'agriculture que pour les faire vivre car, ils sont tous internes et complètement à la charge de la Mission. Inutile de dire que, comme tous les étudiants de leur âge, ils ont bon appétit.

 

Tenaru est dans les Salomon du Sud qui est sous Protectorat Britannique. L'école est près de Honiara, la capitale, dans le district de Guadalcanal dont les communiqués ont tant parlé pendant la dernière guerre. Elle est installée dans des bâtiments qui furent utilisés d'abord comme hôpitaux. Elle est régionale et nos Frères s'efforcent de préparer de bons maîtres qui enseigneront dans leur village natal ou, tout au moins, des chrétiens exemplaires faisant apprécier de leurs compatriotes le grand bienfait de l'éducation reçue dans un établissement catholique. A Tenaru, nos Frères, comme d'ailleurs à Kieta, travaillent avec les Pères Maristes.

Les deux Vicaires Apostoliques, Mgr Wade, pour le Nord et Mgr Aubin pour le Sud, sont très satisfaits du travail des Frères. J'en trouve la meilleure preuve dans leur insistance à demander de nouvelles fondations. Mgr Wade a déjà presque terminé la construction d'une école à Torokina pour l'enseignement secondaire complet, avec résidence, style européen, pour les maîtres. Mgr Aubin a voulu nous faire visiter, à l'île Malaïta, l'emplacement où il se propose de construire une école régionale comme celle de Tenaru. Cette île est la plus peuplée du groupe ; elle compte 60.000 habitants. On y parle six dialectes principaux.

Malgré le grand intérêt que le C. F. Provincial de Sydney et son Conseil ont toujours porté à la Mission des îles Salomon, il ne semble pas qu'ils puissent, du moins dans l'immédiat, satisfaire les demandes de nouvelles fondations.

Les voyages, dans ce vaste archipel, ne sont pas commodes ; les canots et les barques sont les véhicules ordinaires. Mais la mer n'est pas toujours propice ; elle se démonte souvent d'une façon imprévue et les embarcations ne peuvent alors accoster sans grand danger de se briser.

Il y a dans ces îles des missionnaires : Prêtres, Frères et Sœurs de sept ou huit nationalités différentes ; c'est une image de la catholicité de l'Eglise. Leur travail est très varié et très absorbant. Le climat épuisant ; bien peu échappent à la malaria. Mais leurs travaux et leurs sacrifices n'ont pas été vains, une chrétienté fervente en est la preuve tangible. Il y surgit également des vocations sacerdotales et religieuses. C'est ainsi qu'à Noël prochain, Son Eminence le Cardinal Gilroy, de Sydney, se rendra dans le Vicariat du Nord pour y ordonner un enfant du pays.

Nos Frères ne sont pas en retard pour le recrutement puisqu'ils ont déjà envoyé dix recrues au Juvénat, en Australie. D'autres jeunes gens attendent impatiemment leur admission.

Nos Frères trouvent un puissant réconfort et la récompense de leur dévouement dans la grande affection et la reconnaissance que leur témoignent les familles.

Daignent Notre-Seigneur et la Sainte Vierge continuer à les protéger et à bénir leur Mission.

                                         F. Mary-Justinian, A. G.

 

Une traversée mouvementée

(Sous ce titre, nous reproduisons le récit donné par le C. F. Mary Justinian de la traversée entre Guadalcanal et Malaïta qui aurait pu avoir une fin tragique.)

A plusieurs reprises, pendant ma visite des Iles Salomon, j'avais dit aux Frères que tout en me rendant compte des difficultés de la vie missionnaire, j'admettais volontiers qu'il était impossible d'apprécier, au cours d'une visite, tous les ennuis que les missionnaires ont à supporter, tout d'abord parce que le Visiteur n'est que de passage et parce que les confrères s'empressent d'écarter tout ce qui pourrait être pénible pour le Supérieur. Cependant, avant mon départ des îles, les Frères ont ri un bon coup en me disant : « Eh bien ! cette fois-ci, nous n'avons pu rien faire pour empêcher la tempête dont vous avez failli être victime et maintenant vous savez, par expérience personnelle, une des choses qui peuvent nous arriver dans les missions ».

 

 

 

Leurs Eminences Card. Gilroy et Gracias, de Bombay, parlant à deux juvénistes des Iles Salomon Nord et Sud. A droite, profil de S. E. Mgr Aubin, Vicaire Apostolique des Salomon Sud.

 

Je me trouvais à Honiara, nouvelle capitale des Iles Salomon, sous Protectorat Britannique. J'étais en visite à l'école de Tenaru et Mgr Aubin, Vicaire Apostolique, S. M., insistait beaucoup pour que j'allasse voir avec le C. F. Provincial, Buma, sur l'île de Malaïta. Monseigneur veut avoir là une école à tout prix. Le village est catholique. Presque tous les habitants sont à la sainte Messe tous les matins et au chapelet à l'église, chaque soir. Il en est de même, d'ailleurs, dans beaucoup d'autres villages ; mais, jusqu'ici il n'y a pas d'école de Frères, bien que le F. Ervan ait déjà fait la classe dans un village pendant trois mois, lorsqu'il étudiait les conditions de vie à Malaïta. Honiara est sur Guadalcanal dont on a tant parlé pendant la dernière guerre mondiale.

Avec Monseigneur, à bord du Summit, se trouvaient le C. F. Provincial, F. Andrew Corsini, le C. F. Directeur, F. Godfrey, F. Gervase et votre serviteur. Un jeune séminariste du village de Buma nous accompagnait et on espérait qu'il nous serait utile pour la visite des villages voisins.

Les RR. PP. Maristes nous ont accompagnés jusqu'au quai et notre départ avait l'air d'une excursion. Nous étions un peu comme des écoliers qui partent en congé. L'équipage se composait de trois indigènes dont le capitaine s'appelait « Jimmy ».

Il n'y avait pas de vent. On voyait bien la lune. Le ciel était clair. Après les « Au revoir », les « Good-Bye » et les « Bonne Nuit », tandis que nous nous éloignions du quai, nous nous groupâmes autour de Monseigneur pour recommander notre voyage à l'Etoile de la mer.

Tout promettait bien. Il n'y avait que 80 kilomètres de traversée. Du haut de la colline, le phare de Honiara nous envoyait sa lumière et semblait nous dire : «Allez-y! Courage et confiance ! » Mais, en regardant vers l'océan, je remarquai une nuée noire et menaçante suspendue sur notre route.

Nous traversions le détroit entre deux grandes îles : Guadalcanal et Malaïta, avec un groupe d'îlots au centre, Florida ou Ngalla. Tant de bateaux, croiseurs, croiseurs-cuirassés, destroyers, torpilleurs, transports, ont été coulés et maints avions, bombardiers, chasseurs, batailleurs, ont été abattus du ciel pour finir dans les profondeurs de la mer, qu'on appelle cette région « La Baie au fond de Fer ! » J'y pensais et je devenais inquiet, mais mon inquiétude avait sa source ailleurs.

Le vent s'étant levé, sifflait en effleurant le mât. Notre barque s'inclinait plus près des eaux. Les vagues montaient et personne ne parlait plus. Je demandai à Jimmy comment cela allait, mais il me répondit à peine, les yeux effarés collés à la boussole. Je remarquai que la moitié de la fenêtre de la cabine manquait et chaque vague qui montait à bord trempait Jimmy jusqu'aux os… et menaçait de nous inonder. Il fallait boucher l'ouverture avec une toile et la maintenir en place de son mieux. Le Frère Gervase, qui était encore debout, était complètement trempé lui aussi. Les autres voyageurs avaient passé par la douche et étaient hors de combat. Même Monseigneur admettait que pour la deuxième fois en 46 ans d'expérience dans ces régions, il ne se trouvait pas bien et délestait son estomac.

Pour prendre courage, je demandai au séminariste Xavier: « Avez-vous jamais vu une mer pareille ? Mais oui, répondit-il, souvent, et dans des bateaux plus petits que le nôtre ». Je me consolai avec cela, mais le vent tirait au front du bateau et de temps en temps nous soulevait en l'air de manière que les vagues passaient au-dessous et nous administraient des coups, nous frappaient avec une telle violence que la barque était secouée d'un bout à l'autre. Le choc qu'on éprouve en ces moments est une forte épreuve pour le système nerveux.

De temps à autre, il fallait se mettre à la pointe du bateau parce qu'on craignait les récifs et puis il fallait demander aux indigènes de vider l'eau pénétrée par la fenêtre brisée et par je ne sais où ! A un moment donné, je m'aperçus que Jimmy était seul debout et je me rappelai que quand les indigènes croient tout perdu, ils essaient de s'endormir. La mort est ainsi plus douce ! En ce moment, j'eus peur. Mais vite le remède se présenta à mon esprit. En bas, il y avait des sandwiches et du café chaud, noir et sucré, au thermos. Puisque les passagers se trouvaient dans l'impossibilité d'en accepter, je distribuai du réconfort à l'équipage. Le truc réussit et leur courage se ranima. Il en fallait !

Inutile de raconter les détails d'une nuit sans pareille : un cauchemar hors du sommeil ! Et on priait ! Vraiment, on ne faisait autre chose que dire des prières. Comme le jeune adolescent qui, dans une mine, voyait la voûte s'affaisser sur son crâne, on priait…

Vers trois heures du matin, nouveau contretemps : le moteur ne marche plus. Nous voilà en pleine mer et en des circonstances alarmantes, sans aucun moyen de propulsion. Nous étions le jouet des vagues. Tantôt la proue se levait à la cime d'une grande vague qui paraissait comme un monstre, l'écume aux lèvres ; tantôt la quille se montrait hors des eaux, la barre tournoyant dans l'air comme une bête enragée, et le Summit glissait en zigzag et enfonçait la proue dans le creux des vagues comme un serpent venimeux tout prêt à piquer et auquel on administre un coup sur le dos. Dans cette circonstance, je crois avoir bien compris le cri du psalmiste : « In manus tuas, Domine ». Que pouvions-nous faire ? Sans force, en tout cas, sans force motrice ! « Alors, dis-je, allons à la Ressource Ordinaire. Récitons un chapelet ». A peine avions-nous commencé que notre timonier réussit à relancer le moteur… A la bonne heure ! et merci à Notre-Dame du Saint Rosaire ! Et, on peut bien le croire, nous avons récité tout le chapelet.

Mais la mer ne nous lâchait pas. Croyant que tout allait bien, j'avais essayé de trouver un peu de repos ; mais je fus culbuté de mon étroite couchette et jeté sur le plancher. Aujourd'hui encore, des traces restent des chocs reçus alors.

Environ deux heures après notre chapelet dit à haute voix, j'entends le moteur qui hésite, ralentit et s'arrête. De nouveau, pas de force et pas de lumière. De nouveau, à la merci des éléments.

Jimmy monte, remonte et remonte le moteur, mais sans résultats. Est-ce que l'équipage, harassé de fatigue a laissé entrer l'eau ? Je n'en sais rien ! Mais, je Unis par dire : « Il me semble que la Sainte Vierge veut encore avoir un chapelet. C'est samedi. Allons ! Pour les âmes du Purgatoire ! Hail, Mary, full of grâce… Le croira-t-on ? A la troisième dizaine, notre moteur se met en marche. Non ! Je ne crie pas au miracle, mais je constate un fait. Rien à faire pendant un quart d'heure ! Puis, un chapelet en honneur de la Vierge, pour les âmes du Purgatoire, à notre intention, bien entendu, et voilà qu'à la troisième dizaine notre moteur reprend vie…

Nous récitâmes encore une fois l'« Ave Maris Stella ».

Plus tard, avec le lever du jour, le courage remonta parmi les passagers… Je regardais vers les montagnes indistinctes, vêtues des brouillards matinaux de Malaïta, et je remarquais, montant des chaumières indigènes, la fumée bleue qu'emportait le vent du sud. Cette fumée donnait du courage parce qu'elle parlait de vie, des gens, de mille choses dont les événements de la nuit auraient pu nous séparer pour toujours. J'ose dire que je ne crains pas la mort. Credo in misericordiam Dei… Cependant, je n'avais pas envie d'être le premier Frère Mariste noyé par accident en mer ou naufragé. Je regardais les longues vagues qui couraient auprès de notre barque comme autant de coursiers. Elles nous gagnaient, quoique notre vitesse fût de douze nœuds à l'heure, nous touchaient en passant et se perdaient dans l'océan, droit devant nous. Monseigneur, qui se trouvait à côté de moi, se plaignait que nous arriverions trop tard pour la Sainte Messe et nous invitait à prendre quelque chose, car le jour était déjà assez avancé et nous étions loin de chez nous.

Plus tard, au mouillage, il était difficile de croire que cette eau si paisible et calme nous avait malmenés en tyran intraitable. Nous étions sains et saufs à la Mission. Les Pères s'empressaient et demandaient des nouvelles. Les petits Noirs accouraient mais restaient à quelque distance, les yeux grands ouverts dévorant Monseigneur et tant d'étrangers qu'il amenait. En ce moment, j'ai compris plus que jamais cet esprit de famille qu'on trouve chez nos missionnaires. C'est que la Mission est une grande famille… une seule famille. Même les dangers qui cimentent la charité sont partagés, et on savait que la mer avait été rude, de mauvaise humeur, même sauvage et que nous l'avions échappé belle. La joie de nous voir était évidente. On nous félicitait. Tous, nous adressions des remerciements bien sincères au bon Dieu et à l'Etoile de la Mer qui — notre brave Jimmy aidant — nous avaient protégés des dangers et amenés à Buma.

Plus tard, le C. F. Chanel qui devait réparer notre bateau, nous informa qu'un trou dans la quille laissait entrer l'eau à deux cents litres l'heure. On peut se demander comment notre moteur ne s'est pas mis en panne définitive.

Le voyage de retour à Guadalcanal n'a pas été sans incident non plus. En bref, les Frères sont partis dans le Summit, Jimmy s'est égaré et, à deux heures du matin, nous nous trouvions au Nord-Est de l'île de Ngalla ou Florida au lieu d'être au Sud-Ouest. Nous n'avons eu que sept heures de retard et manqué l'honneur d'un déjeuner chez M. Stanley, The High Commissioner.

Monseigneur est parti à bord du bateau de la Mission six heures après nos Frères, c'est-à-dire à trois heures du matin et à cinq heures le bateau était accroché au-dessus d'un récif, le faux fond enfoncé ! On a dû jeter trois tonnes de fruits de coco et du bois taillé destiné à la Mission de Visalie. Heureusement, comme les compagnons de saint Paul, tous sont venus à terre. Le Haut Commissaire a envoyé des secours et Monseigneur est arrivé à Honiara avec deux jours de retard !.. Une bagatelle ! un rien du tout pour des missionnaires qui doivent interroger la mer lorsqu'ils ont un voyage à faire et se dire avec conviction chaque fois qu'ils montent à bord : In manus tuas, Domine !

Monseigneur a bien voulu m'accorder un certificat de vieux loup de mer ! Je l'apprécie, mais c'est le F. Gervase qui mérite le certificat. Il fut le meilleur marin parmi les passagers. Il n'a rien rendu ! Je n'oserai pas en dire autant pour moi !

Br. M. J.

 

Et voici le témoignage qu'a bien voulu donner S. E. Mgr le Vicaire Apostolique :

CERTIFICAT DE « VIEUX LOUP DE MER »

 

Dans la nuit terrible du 29 au 30 juillet 1953, à bord du « SUMMIT », entre les Iles Guadalcanal et Malaïta (Iles Salomon), le Très Cher Frère Mary Justinian, Assistant Général de sa Congrégation, s'est révélé un vrai « Vieux Loup de Mer ».

Alors que ses compagnons de voyage payaient leur tribut à la mer, lui, il est demeuré stoïque et impassible. Par sa bonne humeur et son entrain, par les paroles rassurantes adressées aux membres de l'équipage, par son esprit de piété et sa confiance en la Très Sainte Vierge, Patronne des Matelots, il a remonté le courage de tous.

En foi de quoi, je soussigné, dans la Flotte Salomonaise depuis 46 ans, Quartier-Maître au cours de la Première Guerre, Officier Supérieur dans la Seconde, dans la Marine Pontificale du Pacifique, ai l'honneur de décerner au Très Cher Frère Mary Justinian

 

LE CERTIFICAT DE « VIEUX LOUP DE MER »

 

Ce certificat lui donne accès sur tous les océans et lui sert de Passeport dans ses voyages autour du monde.

Jean M. Aubin, O.M.P.P.

Archipel Salomonais, 15 août 1953.

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